Ménandre (en grec ancien ) est un auteur comique grec de l'Athènes du début de l'époque hellénistique et disciple du philosophe Théophraste. Considéré comme l'un des plus importants représentants de la Nouvelle Comédie, il travaille dans le dernier quart du

Biographie

Ménandre naît en 342/341 av J.C — la même année qu'Épicure — dans une famille aisée. Son père, Diopeithès (), était originaire du dème de Céphisia, sa mère s'appelait Hégéstrate. Il commence sa carrière au théâtre en 321. Son père pourrait avoir été arbitre en 325/324. Il vécut sous la protection de son condisciple Démétrios de Phalère qui gouverna Athènes de 317 à 307 et il connut huit triomphes aux concours comiques. Il mourut de noyade accidentelle, en 292/291 ou 291/290, dans le port du Pirée.

Postérité

Antiquité

Dans l'Antiquité, Ménandre fut un véritable modèle culturel. Des documents archéologiques montrent un bon nombre d'affiches de ses comédies. Il était étudié dans les écoles, spécialement pour sa rhétorique et pour ses Sentences morales, qu'on détachait de ses œuvres et dont on composa, en les mêlant à des vers tirés d'autres auteurs, un recueil gnomique à l'usage des classesLes « Sentences monostiques () de Ménandre » servirent à l'enseignement du grec depuis l'Antiquité tardive jusqu'à la Renaissance au moins : P. Boulhol, « Grec langaige n'est pas doulz au françois ». L'étude et l'enseignement du grec dans la France ancienne (IV siècle – 1530). Aix en Provence, Presses Universitaires de Provence, 2014, , 158, 315 et 325..

Il devint un modèle de la comédie latine en influençant Plaute et Térence qui, en grande partie, imitèrent et adaptèrent ses intrigues. Térence — que Jules César appela un « demi-Ménandre »Suétone, Vita Terentii, 5 : « O dimidiate Menander ... ! ». — se rendit en Grèce essentiellement, semble-t-il, pour se procurer les comédies de Ménandre qu'il ne possédait pas, et serait mort dans un naufrage en regagnant l'Italie avec la traduction de 108 de ses piècesCf. Suétone, Vita Terentii, 5 : « Q. Cosconius redeuntem e Graecia perisse in mari dicit cum C. et VIII. fabulis conversis a Menandro »..

Aristophane de Byzance, qui dirigeait la Bibliothèque d'Alexandrie, rangea Ménandre à la suite d'Homère — alors qu'à l'époque, le classement des bibliothèques se faisait par ordre hiérarchique. L'admiration d'Aristophane de Byzance pour Ménandre s'exprime dans la question célèbre : « Ô Ménandre, ô vie, lequel de vous deux a imité l'autre ? »Rapporté par Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique, X, 3, 12..

Plutarque, dans sa Comparaison d'Aristophane et de Ménandre (Traité 56 des Œuvres morales) chap. X, déclare : (traduction de G. Lachenaud).

Époque moderne

Ménandre exerça une influence sur le théâtre classique, bien que ses textes fussent alors inaccessibles. Boileau le mentionne dans son Art poétique :

Racine évoque dans la Préface de sa pièce Bérénice la simplicité créatrice de Ménandre, avec lequel il se sent une affinité. Goethe et Goldoni s'inspirent également de son théâtre. En grande partie, le théâtre improvisé italien ressemble aux mises en scène de la Nouvelle Comédie dont Ménandre est l'un des principaux représentants.

Redécouverte de Ménandre au

Malgré la publication des travaux de Guillaume Guizot en 1855Guillaume Guizot, Ménandre, étude historique et littéraire sur la comédie et la société grecques. Paris, Didier, 1855, 457 p., Ménandre n’était connu, à la fin du , que par de nombreuses citations plus ou moins brèves et disparates, par quelques anecdotes d’authenticité douteuse et par les adaptations latines fort libres du poète comique Térence. Il est redécouvert au et considéré comme l'un des fleurons de la papyrologie littéraire. En effet, les papyrus d'Oxyrhynque nous ont rendu, à partir de 1907, six comédies complètes ou largement conservées : Le Dyscolos () ou Le Bourru, trouvé parmi les papyrus Bodmer dont la publication par Victor Martin en 1959 a relancé les études ménandriennes, L'Arbitrage (), La Samienne (), La Tondue (), Le Bouclier () et les Sicyoniens (). Des fragments papyrologiques moindres appartiennent à d’autres comédies perdues (Le Fantôme, La Femme possédée par la divinité, etc.).

Œuvres connues

De ces œuvres connues, il n'existe que de courts fragments pour la plupart, et le contenu des autres ne se laisse conjecturer qu'à partir des adaptations romaines. Les titres sont donnés ici par ordre alphabétique de leur translittération du grec. Certains titres chez Ménandre correspondent à des types psychologiques décrits par Théophraste, dans son ouvrage Les Caractères.

Éditions A. Körte et A. Thierfelder, Menandri quae supersunt, t. II, Leipzig, 1959. Ménandre (trad., notes et présentation Alain Blanchard), Théâtre. Paris, Librairie Générale Française, coll. "Le Livre de Poche classique", 2000. Menander, Volume I: Aspis to Epitrepontes. Volume II: Heros to Perinthia. Volume III: Samia to Phasma, édité et traduit par W. Geoffrey Arnott, Harvard (Mass.), The Loeb Classical Library, vol. 132.459.460, 1979–1996–2000.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

.

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Articles connexes

Comédie grecque antique Le Dyscolos Plaute Térence

Liens externes

Ménandre sur scène. L’expérience néo-hellénique Ménandre. Le comique raffiné Personal relationships and other features of Menander

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