La famille O’Riordan est une ancienne famille d'origine irlandaise établie au dans le pays nantais.
Origines La famille O'Riordan était autrefois considérée comme une branche de la dynastie eugénienne des rois de MunsterRichard Francis Cronnelly, Irish Family History, 1864, pp. 246-247.. Les historiens actuels lui donnent désormais pour ancêtres les rois d'Éile Tuascert (anglais : Ely)Diarmuid Ó Murchadha, Family names of County Cork, 1985, page 270, entre Thurles et Birr, dans l'actuel comté de Tipperary. Cette principauté, divisée et amputée par les invasions normandes et les incursions des O'Brien au , fut ensuite dominée par les O'Carroll, qui se qualifièrent Princes d'Ely O'Carroll jusqu'au temps du roi Henry VIII.
Le prénom Riordan, littéralement barde royal (gaélique : righ-bardan), fut porté par plusieurs membres de la dynastie d'Éile Tuascert, au nombre desquels le roi Riordan Mac Cucoirne, tué à la bataille de Sliabh gCrot en 1058Annales des quatre maîtres. Près d'un siècle plus tard, en 1152, le roi Domnall Mac Riordan fut assassiné par un O'Carroll, issu d'une branche rivale. Ses descendants, définitivement écartés du trône, prirent le surnom Ó Ríoghbhardáin (anglais : O'Riordan), c'est-à-dire à partir de son fils ou neveu, Raghnall O'Riordan, qui fut tué à la bataille de Waterford en 1170, à laquelle il combattait aux côtés de Dermot MacCarthy, roi de Munster.
thumb|600px|right Les successeurs de Raghnall O'Riordan sont restés attachés aux descendants de ce Dermot MacCarthy, auprès desquels ils se sont établis dans le comté de Cork, au nord de Macroom (province de Muskerry). Les O'Riordan, désormais chefs ou comtes du Clan Riordan (gaélique : taisech Muintir Riordain, anglais : chief of Munter RiordanRichard Francis Cronnelly, Irish Family History, 1864, page 247. L'auteur assimile Munter Riordan à un district dans la province de Muskerry mais le mot Munter signifie Clan et désigne donc à la fois la famille O'Riordan et son domaine. MacFirbis situe quant à lui Munter Riordan dans la principauté d'Ely O'Carroll.) étaient les premiers feudataires des Lords de MuskerryP. Louis Lainé, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, 1836, article Mac-Carthy, page 326 (12 de l'article).
Les auteurs indiquent que les O'Riordan de Muskerry ont donné plusieurs chefs de guerre de valeur au service des MacCarthy, dans les nombreuses luttes qui les opposaient aux seigneurs dalcassiens et aux barons anglo-normandsMichael C. O'Laughlin, Families of Co. Cork, Ireland, 1999, page 129. C'est cette étroite proximité entre les O'Riordan et les MacCarthy, nouée pendant plusieurs siècles, qui fit dire que le clan O'Riordan était issu de la même race, c'est-à-dire de la dynastie eugénienne des rois de Munster. Ces deux maisons étaient néanmoins véritablement parentes grâce à plusieurs mariages : le pedigree d'Étienne O'Riordan (1696-1780)Archives Nationales, Lettres de reconnaissance de noblesse d'Etienne O'Riordan, Maison du Roi, O 1, 145, fol. 95. (pedigrees contenus dans le dossier) nous apprend notamment que son ancêtre Denis O'Riordan de Derryroe avait épousé au début du Eleanor MacCarthy Mór, fille de Florence MacCarthy (1561-1640), The MacCarthy Mór, et de Lady Ellen MacCarthy, fille et unique héritière de Donal Mac Carthy Mor, comte de Glencar (1518-1596), dernier roi de Desmond. D'après ce même pedigree, le fils de Denis O'Riordan et d'Eleanor MacCarthy Mór, Donogh Mór O'Riordan, fut investi Chef de son Nom, conformément à la tradition nobiliaire gaélique, rejetant ainsi les coutumes anglaises.
Première émigration : Bataille de Kinsale (1601) et la Fuite des comtes La reconquête de l’Irlande par les Tudor, à partir d’Henry VIII, rencontra de nombreuses résistances dans la noblesse terrienne, et les O’Riordan n’échappèrent pas à ce mouvement : on les retrouve très nombreux dans les listes de pardons octroyés par le roi d’Angleterre, en particulier sous le règne d’Elizabeth Journal of the Cork Historical and Archaeological Society, 1935, 1937, 1939 (Pardons octroyés par Elizabeth ). Cette dernière a notamment accordé en son pardon aux frères Dermot et Owen Mac Donogh na mbrón O’Riordan, de Kilcrea (Muskerry), lesquels ont néanmoins participé quelques mois plus tard à la bataille de Kinsale en compagnie également de Cormac Mac Donogh na mbrón O’Riordan et de Donnell Mac Shane O'Riordan de Muskerry.
Après la défaite, n’ayant pas respecté la neutralité exigée par le pardon qui leur avait été accordé quelques mois plus tôt, ces O’Riordan furent contraints de quitter l’Irlande lors de la Fuite des comtes : ils embarquèrent à Kinsale en avec don Juan d'Aguila et se réfugièrent dans les Flandres espagnoles. On les retrouve plus tard dans cette province, avec : Daniel, Dermot (en 1618), Eugène (Owen, 1620), Denis (1626), John (au régiment du comte de Tyrone en 1639) et Richard O’Riordan (soldat de la compagnie du capitaine Daniel Carty en 1643)Brendan Jennings, Wild geese in Spanish Flanders, 1582-1700, Stationery Office for the Irish Manuscripts Commission, 1964.
Seconde émigration : Oliver Cromwell (1649) thumb|Daniel de Ryordan Après l’exécution de Charles Stuart (1649), la Confédération irlandaise s’allia avec les royalistes contre les forces de Cromwell, qui débarquèrent bientôt pour conquérir l’Irlande.
Les O’Riordan prirent une part active à la lutte contre la Conquête cromwellienne de l'Irlande : John Mac William O’Riordan, gentleman, commandait le château de Blarney en 1641-1649 pour Lord Muskerry, tandis que le colonel Timothy O’Riordan a commandé le château et l’île d’Inishbofin (Comté de Mayo) jusqu’à leur prise par les troupes de Cromwell en 1652.
Après la défaite, les O’Riordan de Derryroe s’installèrent à Limerick, tandis que le major Germain O’Riordan dit MacCarthy, également un fidèle de Lord Muskerry, gagna le continent où il rejoignit le régiment de cavalerie du duc d’York (futur James II). À la restauration, le major O’Riordan resta en Europe où il participa à la traque des régicides (1663)Alan Marshall, Intelligence and Espionage in the Reign of Charles II, 1660-1685, Cambridge University Press, 2003, pages 292-298. Sa fidélité à la religion catholique lui valut de perdre son poste dans l'armée en 1667 mais il s'était réfugié en France dès 1665, à Carnoët (Bretagne), où il se maria et eut des enfants.
Le major O’Riordan avait un frère, le lieutenant Dermot dit Derby O’Riordan de Muskerry, lui aussi au service de Lord Muskerry et officier au régiment du duc d’York sur le continent. Il fut l’auteur en 1661 à Paris d'un ouvrage sur la restauration de Charles II : Relation des véritables causes qui ont amené le rétablissement du RoiD. Riordan de Muscry, Relation des veritables causes et des conjonctures favorables: qui ont contribué au retablissement du Roy de la Grand' Bretagne, chez Augustin Courbé, Paris, 1661. Rentré en Irlande à la mort de Lord Muskerry, Derby O’Riordan sollicita une position d’officier auprès de Henry Bennet ()Mary Anne Everett Green, F. H. Blackburne Daniell,Calendar of state papers / Domestic series / Reign of Charles II, Volume 3, Longman, Green, Longman, & Roberts, 1862, pages 425-426.
À la même époque, on trouve aussi plusieurs O'Riordan à Toulouse, au séminaire irlandais et à la faculté de médecine, comme Daniel de Ryordan (†1675), de Cork, régent de la faculté (image ci-contre)Catholic Record Society of Ireland, Archivium hibernicum, Volumes 57 à 59, 2003, pages 38, 61, 74, 88, 210Jules Barbot, Les Chroniques de la Faculte de medecine de Toulouse du treizième au vingtième siècle, Volume 1, C. Dirion, 1905, pages 131, 135, 143, 154, 157, 161, 330, 460, 503 etc..
Troisième émigration : la Glorieuse Révolution (1688-1689) et la Bataille de Culloden (1746) La déposition de James II Stuart, dernier monarque catholique d’Angleterre, lors de la Glorieuse Révolution (1688), et sa défaite définitive à la bataille de la Boyne en 1690 provoquèrent l’exil définitif de nombreux Irlandais catholiques, qui lui étaient favorables.
Ainsi Daniel O’Riordan, capitaine au régiment de Dillon, a suivi le roi déchu dans son exil au château de Saint-Germain et a payé sa fidélité jacobite de la confiscation de ses terres de Derryroe et de Bawnmore, au nord de Macroom, par décision de Chichester House en 1700Ces terres avaient été accordées en 1675 par le comte de Clancarty à son père, Donogh O’Riordan, qui les lui avait transmises en 1687. Daniel O’Riordan se fixa alors en France, où il était aide-de-camp du duc de Vendôme lorsque James III lui délivra des lettres de reconnaissance de noblesse, en 1702National Library of Ireland (Dublin), Certificate, in French, of James III of the gentle birth of Daniel O'Rierdane, captain in Dillon's regiment, descended from the O'Rierdanes of Banmore, Co. Cork, and the Nolans, of Ballinrobe, Co. Galway. March 25, 1702. (Stuart Mss). Le colonel O'Riordan s'installa à Chanos-Curson, dans le Dauphiné, avec son épouse, Jeanne de Coston.
Un autre Daniel O'Riordan, son parent et homonyme (aussi originaire de Derryroe), était quant à lui resté à Limerick lors de la Restauration des Stuart (1660). Il avait épousé Mary MacCarthy Reagh, laquelle appartenait à une prestigieuse famille également acquise à la cause de cette dynastie : elle était la fille du colonel Charles MacCarthy Reagh, prince titulaire de Carbery, ayant servi dans le régiment du duc d'York (1657) puis au régiment de MacCarthy-Reagh. Quant à son épouse, Eleanor MacCarthy, elle était la propre sœur de Lord Muskerry, de Clancarty, ce qui faisait de Daniel O’Riordan le cousin du duc de Mountcashel, fondateur de la Brigade irlandaise.