La porte Saint-Honoré est une porte disparue de Paris.

Elle fut la principale porte d'entrée de la ville à l'ouest vers Saint-Germain-en-Laye (avec la porte Saint-Denis au nord vers Saint-Denis, la porte Saint-Antoine à l'est vers Vincennes, et la porte Saint-Jacques au sud vers Orléans).

Il y eut successivement trois portes Saint-Honoré, au fur et à mesure de l'extension des différentes enceintes de la ville, s'échelonnant le long de la rue Saint-Honoré. Elles furent l'une après l'autre détruites pour faciliter le ravitaillement et la circulation dans Paris.

Historique Première porte (début du )

La première porte Saint-Honoré, appelée communément « barrières des Sergents « Les barrières des Sergents », sites.google.com (consulté le 6 mars 2019).Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.A la fin du XVIIIe siècle un petit édifice subsiste à cet endroit comme on peut le voir sur le plan Verniquet de 1793 dans un léger retrait de la rue Saint-Honoré à l'Est du débouché de la rue Croix-des-Petits-Champs, sous forme d'un petit rectangle, grisé à la manière des édifices publics. Ce baraquement en bois est démoli en novembre 1804 pour « embellir » le trajet du cortège du couronnement de Napoléon (Joseph du Saulchoy, Histoire du couronnement ou Relation des cérémonies religieuses, politiques et militaires qui ont eu lieu pendant les jours mémorables consacrés à célébrer le couronnement et le sacre de Sa Majesté Impériale Napoléon 1er, Paris, chez l’auteur, 1805, p. 99 (Lire sur Gallica). », se trouvait au niveau des Les deux immeubles ne disposent que d'une entrée au . L'orientation des souches de cheminées indique l'axe de l'enceinte. de la rue Saint-Honoré, soit juste devant la façade de l'actuel temple protestant de l'Oratoire du Louvre, juste après le croisement avec la rue de l'Oratoire ().« L'enceinte de Philippe Auguste vers 1300 », paris-atlas-historique.fr (consulté le 6 mars 2019)..

Construite sous le roi Philippe II Auguste en 1190-1200, elle a été détruite au (en 1533Jacques Hillairet, Connaissance du vieux Paris, op. cit. ou vers 1545Renaud Gagneux et Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris, op. cit. selon les sources).

Elle doit son nom à la collégiale Saint-Honoré qui a donné son nom à la rue Saint-Honoré.

Deux tours de de diamètre et de 15 de haut encadraient une ouverture ogivale fermée par deux vantaux de bois et protégée par une herse. La forteresse du Louvre (un donjon de de haut entouré de sa propre enceinte haute de , le tout construit en 1190-1202) la protégeait contre une attaque par terre comme par le fleuve venant de Normandie, alors propriété des Plantagenêt, ennemis des rois de France.

La station de métro la plus proche est celle Louvre - Rivoli (ligne 1).

Deuxième porte (fin du )

L'exactitude de l'emplacement de la deuxième porte a été confirmée en 1866, lors de travaux effectués sur les égouts. D'une profondeur de sur de longueur environ, la deuxième porte Saint-Honoré se trouvait entre les de la rue Saint-Honoré (sur l'actuelle place André-Malraux, près du Palais-Royal). Construite sous le roi Charles V en 1380 à plus à l'ouest que la première porte, elle a été démolie en 1636 ().« L'enceinte de Charles V vers 1450 », paris-atlas-historique.fr (consulté le 6 mars 2019)..

La station de métro la plus proche est celle Palais Royal - Musée du Louvre (lignes 1 et 7).

Cette porte fortifiée était constituée par une bastille formant saillie en avant de la muraille, surmontée de tourelles ; le passage se faisait sous une voûte de de long. L'entrée côté faubourg était protégée par un double pont-levis (charretier et piétonnier) donnant sur un pont franchissant deux fossés, d'abord un en eau de de large puis un second sec de , avec une avant-porte entre les deux fossés (les plans de 1552, Quesnel de 1609 et Mérian de 1615 la représentent assez fidèlement). L'ensemble s'allongeait sur de longueur, jusqu'à la rue de l'Échelle (ancienne « rue des Fossés »), qui est l'ancien chemin de ronde au-delà des fossés.

Après le sacre de Charles VII à Reims, Jeanne d'Arc se dirige sur Paris pour délivrer la ville alors aux mains des Anglais. Le , elle combat à Montépilloy et loge le dans le village de la Chapelle avec les ducs d'Alençon et de Bourbon, les comtes de Vendôme et de Laval, les maréchaux Gilles de Rais et Lahire et leurs troupes. Après avoir effectué pendant plusieurs jours des reconnaissances et des escarmouches sur diverses portes de Paris, Jeanne d'Arc pria dans la chapelle Sainte-Geneviève avant de donner l'assaut à Paris.

Le jeudi , au petit matin, Jeanne d'Arc, le duc d'Alençon, les maréchaux Gilles de Rais et Jean de Brosse de Boussac partent du village de la Chapelle et installent des couleuvrines sur la butte Saint-Roch pour soutenir l'attaque contre la porte Saint-HonoréHenri Couget, Jeanne d'Arc devant Paris, Éditions Spes, 1925, .. Michelet, dans son Histoire de France, relate comment . Tentant de franchir le fossé en eau devant la porte, Jeanne d'Arc fut blessée d'un carreau d'arbalète à la cuisseJean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, tome I, 1858, . (une plaque se trouve au mitoyen des 161 et 163 de la rue Saint-Honoré, due au sculpteur Maxime Real del Sarte ; une seconde plaque identique se trouve dans la cour du 15 de la rue de Richelieu, à l'emplacement où Jeanne fut blessée). Jeanne fut ramenée à son logis de la Chapelle. Bien qu'elle eût souhaité reprendre l'attaque de Paris, le roi lui donna ordre de se replier sur l’abbaye de Saint-Denis.

Le , les troupes royales d'Henri III y firent leur entrée dans Paris contre la Ligue catholique.

Le , à du matin, des soldats d'Henri IV échouèrent à s'emparer de la porte, malgré leur déguisement en paysans menant des charrettes de farines (journée des Farines).

Troisième porte ()

thumb|left|La troisième porte (), vue de l'extérieur de la ville. La troisième porte Saint-Honoré se trouvait à hauteur des de la rue Saint-Honoré, juste avant le croisement avec la rue Royale ().« L’enceinte bastionnée, dite des Fossés jaunes vers 1650 », paris-atlas-historique.fr (consulté le 6 mars 2019)..

Les stations de métro les plus proches sont : Concorde (lignes 1, 8 et 12) et Madeleine (lignes 8, 12 et 14).

Ce n'est d'abord qu'une simple route sortant du côté ouest d'un bastion des nouvelles fortifications de 1566, à un kilomètre plus à l'ouest que la deuxième porte. Une porte est construite sous le roi Louis XIII en 1632-1634. La voûte d'entrée est surmontée d'un bâtiment avec deux pavillons latéraux, aux parements d'angles en pierre calcaire, avec murs en brique et toit d'ardoise ; un pont franchit le fossé, séparé de la porte par un pont-levis.

Largement élargie dans les années 1670-1680 pour laisser passer plus facilement le trafic, elle fut détruite en 1732Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817, . Lire en ligne... Les plans de Quesnel de 1609, de Mérian de 1615 et de Gomboust de 1652 la représentent dans son évolution ; sur celui de Turgot de 1739, elle est démolie.

Le , c'est par cette porte que Louis XIV fit son retour à Paris contre les Princes frondeurs (Condé, Orléans, Mademoiselle…), la municipalité rebelle de Pierre Broussel et le Parlement.

et siècles Il n'y eut pas de quatrième porte Saint-Honoré : la barrière d'octroi du mur des Fermiers généraux au débouché de la rue du Faubourg-Saint-Honoré (sur l'actuelle place des Ternes) avait pour nom la « barrière du Roule » (construite en 1786-1788, elle était ornée d'un des propylées de Ledoux), tandis que la porte de l'enceinte de Thiers (1841) prit celui de « porte des Ternes « Paris en 1790 avec le mur des Fermiers généraux », paris-atlas-historique.fr (consulté le 6 mars 2019).« L'enceinte des Fermiers généraux et l'enceinte de Thiers », paris-atlas-historique.fr (consulté le 6 mars 2019). ».

Notes et références

Bibliographie . .

Voir aussi

Articles connexes Enceintes de Paris Porte Montmartre Porte Saint-Antoine Porte Saint-Denis Porte Saint-Martin

Saint-Honore Catégorie:Rempart à Paris Catégorie:1er arrondissement de Paris Catégorie:Bâtiment détruit à Paris