Un chef (en latin : caput) est la tête d'un mort, séparée du reste du corps lors de l'inhumation ou par la suite. vignette|Le chef de saint Yves dans la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier. Cette pratique a souvent lieu pour des raisons religieuses, soit pour honorer en plusieurs lieux différents des reliques constituées par un morceau du corps de la personne vénérée, soit pour des raisons de commodité (transporter la seule tête d'un défunt est plus aisé que transporter l'ensemble du corps, place manquante dans les églises pour y placer l'ensemble des corps des défunts).
Bretagne En Bretagne, des chefs sont conservés dans des boîtes à crâne. Il existerait 66 boîtes à crânes (dont 53 qui contiennent toujours des crânes). Le plus ancien connu date du milieu du XVIe siècle. Cette pratique est à rapprocher de la relation entre les bretons et la mort, qui se retrouve dans les enclos paroissiaux, avec la construction d'ossuaires et les représentations de l'Ankou. Les boîtes donnent le nom et la date de mort du défunt, dont les ossements finissent dans la fosse communeAndrew Paul Sandford et Yves Pascal Castel, « Patrimoine sacré en Bretagne », éditions Coop Breizh, 2012, .. Les boîtes peuvent être blanches pour un enfant, noires pour un adulte et bleues pour les jeunes filles. Elles possèdent généralement une ouverture en forme de cœur, permettant de voir le crâne (souvent l'arrière du crâne).
Cette pratique se retrouve principalement en basse-Bretagne. La plus grande quantité de boîtes se trouve dans la cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon, avec 33 boîtes. 25 boîtes sont recensées dans les Côtes-d'Armor. À Plouha le chef de LezobréJean de Lannion, baron des Aubrays, capitaine de guerre prestigieux, décédé en 1658. est présenté dans une boîte à crâne dans la chapelle de Kermaria-an-Isquit ; l'église Saint-Blaise de La Méaugon conserve plusieurs boîtes à crâne datant du alignées sous le porche ; huit boîtes à chef sont exposées dans l'ossuaire de Saint-Fiacre ; à Plouescat, la chapelle du Calvaire conserve dans une boîte à chef le crâne de Jacques Marhic, recteur de la paroisse au début du ; un crâne est aussi exposé dans la chapelle Notre-Dame-des-Fleurs à Moustoir-Remungol et deux sont encastrés dans le mur nord de la chapelle Saint-Nicolas-des-Eaux à Pluméliau ; trois crânes sont incrustés au-dessus du bénitier dans le mur ouest de la chapelle Saint-Martin de Sarzeau et un dans le mur nord de la chapelle Saint-Gilles du Guermeur à GuernBernard Rio, « Voyage dans l'au-delà. Les Bretons et la mort », éditions Ouest-France, 2013, .
Prosper Mérimée et Gustave Flaubert ont évoqué ces boîtes à la suite de leur visite en Bretagne :
Gustave Flaubert évoque l'ossuaire de Quiberon en 1847 : Le dernier décollement de chef connu en Bretagne fut celui du peintre Yan' Dargent réalisé selon sa volonté dans le cimetière de Saint-Servais en 1907 :
Pays bamiléké Parmi les bamilékés, il est d'usage de récupérer, après plusieurs années, le crâne du défunt afin de l'inhumer dans la "case aux cranes" familiale.
Dans la fiction
Dans Les Royaumes du Nord, Lyra découvre, en explorant Jordan College avec son ami Roger, que les cryptes du collège ne contiennent en plus des corps des Maitres, que les crânes des érudits afin de gagner de la place.
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Relique chrétienne Catégorie:Patrimoine culturel en Pays bamiléké Catégorie:Monument ou structure funéraire Catégorie:Culture bretonne Catégorie:Thanatologie