Georges Marion, né Simon Baruch, est un journaliste français, né le à Nice (Alpes-Maritimes).

Biographie Enfance et jeunesse Fils d’un responsable communiste qu’il admire, il est placé très jeune en pension à Bruxelles dans Les Cailloux, une institution proche du PCFProfession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, page 18.. Il voit rarement son père, mais constate qu'il lit très attentivement le journal Le Monde, pour la fiabilité des informations, tout en exécrant son orientation, et ce qui l'initie « aux subtilités du comportement schizophrène qui imprégnait une bonne part du monde communiste d'alors »« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, page 141..

Adhérent de l'Union des étudiants communistes (UEC), il en est exclu lors de sa reprise en main par la direction du Parti communiste français au milieu des années 1960. En 1966, il participe avec les autres exclus de l’UEC à la fondation de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), ancêtre de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d'Alain Krivine.

Il est chargé d’aider les dissidents trotskistes des pays d’Europe de l’Est. Deux agents de la DST tentent d’installer des écoutes dans son appartementProfession, « fouille-merde ». Les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de Georges Marion, en 2008, chez Le Seuil, , page 208..

Il est candidat de ce parti aux législatives de 1973 dans le de Paris, sous son vrai nom de Simon BaruchJean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981). Instrument du Grand Soir ou lieu d'apprentissage ?, éditions Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2005, page 402.. face à Jean Tiberi (gaulliste), le communiste Henri Malberg l'écologiste Aguigui Mouna et Albert Brimo, candidat d'une formation centriste et réformatrice, père de Nicolas Brimo, futur directeur du Canard enchaînéAntoine Perraud, Mon arrondissement à l’heure des législatives de 1973, mediapart.fr, 19 mars 2023.

Journaliste à Rouge (1976-1978) Il effectue des piges pour Rouge, un hebdomadaire de cette mouvance dès 1969, alors qu’il exerce encore la profession de sociologue dans un centre de recherche. Il est ensuite embauché quand ce journal devient quotidien, de 1976 à 1978 et travaille alors avec Edwy Plenel, qui est à la rubrique éducation tandis que lui est à la rubrique police-justice.

Assez rapidement le tirage de ce quotidien est retombé, pour se stabiliser à seulement « Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, page 22.. Malgré « une forme artisanale et militante » de journalisme, il est « reconnaissant » d'être considéré comme un « journaliste comme les autres par ses confrères »Profession, « fouille-merde ». Les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de Georges Marion, en 2008, chez Le Seuil, , page 141..

Admiration pour James Sarazin Au cours de ses enquêtes, il « croise souvent » James Sarazin, le rubriquard police du Monde, « le mieux informé de toute la profession (...) à qui tous les autres doivent beaucoup »Profession, « fouille-merde ». Les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de Georges Marion, en 2008, chez Le Seuil, , page 143.. Comme d'autres, Georges Marion admire celui qui « rend compte avec une compétence sans égale des diverses facettes de la réalité policière », en fréquentant « assidûment les syndicats » et en parvenant « par leurs militants à nouer des contacts dans tous les services ». Issu d'un « milieu modeste », il est à l'écoute d'un « métier que ses membres, plus éduqués » que la génération précédente, « entendaient faire sérieusement, avec un minimum de reconnaissance sociale »Profession, « fouille-merde ». Les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de Georges Marion, en 2008, chez Le Seuil, , page 142..

Quand le patron du casino niçois Ruhl s'estime diffamé par un livre de James Sarazin et lui fait un procès, le quotidien d'extrême-gauche avertit ses lecteurs militants en donnant les dates d'audienceSource association radar .. En , à l’occasion de l’affaire Klaus Croissant, James Sarazin a « ridiculisé » les ministres de la Justice et de l’Intérieur de Valéry Giscard d'Estaing, observe Marion, en révélant dans Le Monde, grâce à une « fréquentation assidue » des syndicats de policiers, comment fut remplie artificiellement une salle d’audienceProfession, « fouille-merde ». Les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de Georges Marion, en 2008, chez Le Seuil, , page 145 par des élèves du Centre d'application des polices urbaines (CAPU)Source Monde ., afin qu'elle ne se transforme pas en caisse de résonance des partisans de Klaus Croissant.

Rencontre de Bernard Deleplace Comme James Sarazin, Georges Marion se met à fréquenter « assidûment les organisations professionnelles policières, notamment le syndicat national autonome des policiers en civil (Snapc) »Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, en page 204.. C’est avec Bernard Deleplace, responsable du SGP, qu’est réglé en 1978 le problème d’allégations infondées, sous couvert de points d’interrogations, de mauvais traitements par des policiers à une jeune allemande, Heidi Kempe Botcher, dans le de Paris au printemps 1978« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, page 27., alors que le journal est sous la pression de militantes de la LCR« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation », livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, page 28..

Journaliste au Canard Enchaîné (1979-1986) Rencontres avec Claude Angeli James Sarazin souhaitant changer de rubrique, il propose aux dirigeants du Monde la candidature de Georges Marion, qui en rencontre plusieurs, sans succès. Il quitte quand même le journal Rouge, désirant trouver une situation plus stable et pouvoir travailler librement. En , titulaire d’une carte de presse mais au chômage« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, en page 31., il est candidat au Canard enchaîné, reçu par Claude Angeli, qui ne lui propose que des piges. C'est seulement trois ans ans après qu'il décrocher un salaire mensualisé, en 1981., après avoir en 1980 apporté des informations exclusives importantes dans l’affaire De Broglie, étayées par un rapport de police officiel, qui lui valent une pige au montant très élevé, au versement réparti sur plusieurs mois pour ne pas attirer l’attention des Renseignements généraux« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, en page 115.. En 1981, il est stupéfait d’apprendre que le nouveau ministre de l’intérieur Pierre Joxe n’en tire pas de conséquences. En 1980, il travaille quelque temps au Nouvel Observateur et rencontre l’inspecteur divisionnaire des Renseignements généraux Gilles KaehlinProfession, « fouille-merde ». Les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de Georges Marion, en 2008, chez Le Seuil, , page 178..

Affaire des Irlandais de Vincennes Il a travaillé en tandem avec Edwy Plenel, alors au journal Le Monde, pour révéler les scandales des Irlandais de Vincennes et du Rainbow Warrior... Concernant la première de ces deux affaires, c’est son ex-collègue de Rouge, Edwy Plenel, qui vient d’intégrer, pour un remplacement, la rubrique police-justice du Monde, après avoir travaillé à la rubrique Éducation, qui reprend contact avec lui en , discute avec lui de cette affaire, puis publie dans Le Monde du le premier article récapitulant les aspects peu clairs de cette affaire. Peu après, les trois Irlandais sont libérés en mai« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, ISBN, en page 74..

Georges Marionn est dès lors surveillé de près par l’Élysée« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, en page 75. et accepte de rencontrer à l’été 1983 le capitaine Paul Barril, qui l’informe sur les abus de certains nationalistes en Corse, donnant un gros scoop au Canard enchaînéProfession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation », livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, en page 78., ce qui déclenche un second, apporté cette fois par Thierry Fagard, avocat de Jean-Marc Rouillan, en fuite, que Baril avait tenté d’approcher et qui informe Georges Marion« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, en page 81..

Sa réputation d’enquêteur solide ne cesse de se renforcer auprès des sources. En , il est contacté par le commandant Jean-Michel Beau, acteur important de l’ affaire des Irlandais de Vincennes« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, en page 83.. En , il publie ainsi un article mettant en cause le commandant Prouteau, chef de la cellule antiterroriste de l'Élysée, nommé quelques jours après l'intervention de 1982 contre les trois Irlandais de Vincennes.

Affaire Greenpeace, coulage du Rainbow Warrior Mi-, juste après que le bateau de Greeneace Rainbow Warrior a coulé en Nouvelle-Zélande, il dîne avec une de ses sources d’information Pierre Verbrugghe, qui ne desserre pas les dents sur le sujet« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, en page 108. mais accepte de dîner à nouveau deux mois plus tard avec lui, le vendredi , cette fois avec Edwy Plenel, et alors que toute la presse est intoxiquée« Profession, « fouille-merde », de Georges Marion : les coulisses du journalisme d'investigation, livre autobiographique de 2008, chez Le Seuil, en page 110. depuis des semaines: les autorités françaises multiplient les écrans de fumée et fausses pistes : agents provocateurs, services secrets britanniques ou russes, militants d'extrême droite, agents de renseignement calédoniens loyalistes.