Les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE, D3E) ou PEEFV sont une catégorie de déchets constituée des équipements en fin de vie, fonctionnant à l'électricité ou via des champs électromagnétiques, ainsi que les équipements de production, de transfert et de mesure de ces courants et champs (ce sont surtout des ordinateurs, imprimantes, téléphones portables, appareils photos numériques, réfrigérateurs, jeux électroniques, télévisions).

En Europe, la directive 2002/96/CEDirective 2002/96/CE, EUR-Lex. visant un meilleur recyclage des produits électriques et électroniques, limite cette catégorie aux matériels fonctionnant avec des tensions inférieures à en courant alternatif et en courant continu. Au-delà, ils sont considérés comme des déchets industriels.

Diverses lois et taxes sont mises en place dans les pour gérer ces déchets et limiter l'utilisation des substances dangereuses (RoHS et DEEE en Europe, en Californie, China RoHS en Chine).

vignette|Écran d'ordinateur abandonné, contenant des matériaux précieux, mais aussi toxiques (or ou plomb). vignette|Le recyclage des déchets électronique se met peu à peu en place, dans des conditions d'hygiène et de sécurité parfois douteuses, dans certains pays pauvres. vignette|Le recyclage est rendu difficile du fait que les concepteurs et fabricants ne le prennent pas en compte via l'éco-conception ou l'empêchent. vignette|Récupération de matériaux sur des tubes cathodiques dont le verre est fortement enrichi en plomb (sa fusion est source de vapeur toxique de plomb, facteur de saturnisme), ici à New-Delhi en Inde.

Enjeux du point de vue du développement durable Ces déchets ont une empreinte écologique très élevée en raison des importantes quantités de ressources en eau, métaux, et énergies mobilisées par la conception, la fabrication, le transport, l'utilisation et le recyclage des composants et objets électriques et électroniques.

Les DEEE contiennent des métaux précieux (argent, or, palladium, cuivre et indium en particulier), source potentielle d'emplois, mais d'emplois dangereux s'ils ne sont pas associés à des législations et pratiques prenant en compte que certains composants des DEE sont aussi des déchets toxiques ou dangereux ( teneur en aluminium, cuivre, plomb, zinc, métaux du groupe du platine, argent, et des polluants persistants tels qu'arsenic, mercure, cadmium, lithium…), ainsi que du verre, du plastique et de la céramique. Ils doivent théoriquement être traités conformément aux conventions internationales et réglementations nationales ou régionales, mais de nombreux pays envoient leurs déchets dans des pays pauvres où ils sont retraités sans précautions, et parfois par des enfants.

En électronique, de nombreux produits, sans danger lors d'une utilisation normale, sont utilisés dans un ordinateur personnel. Cependant lorsque ces produits sont abandonnés, les substances composant un ordinateur peuvent devenir toxiques par manque de stabilité. Ainsi, un moniteur à tube cathodique est constitué de verre plombé et de PVC produisant des toxines lors de leur incinération. Chaque moniteur contient jusqu'à de plomb au niveau de l'entonnoir et dans ses composants électroniques. Un moniteur contient également du baryum et du phosphore, des éléments toxiques pour l'environnement et la santé humaine. L'unité centrale est également composée de produits comme le béryllium, le plomb et le chrome hexavalentAttention, Dangers, France, , , .. Le matériel électrique et informatique contient aussi des agents ignifuges bromés dont certains sont en laboratoire des perturbateurs endocriniens avérés, qui affectent l'environnement, mais auxquels les personnes qui démontent ou cassent du matériel électronique sont particulièrement exposées (une étude suédoise a mesuré les taux de PBDE dans l'organisme de différentes catégories de travailleurs, montrant que les recycleurs de déchets électriques et électroniques étaient particulièrement touchés..).

En France, par « composants dangereux provenant d'équipements électriques et électroniques », on entend aussi bien les composants électriques et électroniques que « les piles et accumulateurs que ceux considérés comme dangereux, des commutateurs au mercure, du verre (plombé et traité avec des terres rares) provenant de tubes cathodiques et autres verres activés »

L'entreprise Terra Nova parle de « mine urbaine » et met en place en 2010 un procédé nouveau de recyclage des cartes électroniques par extraction mécanique du fer et de l'aluminium, pyrolyse de la résine époxy et envoi en fonderie de l'agglomérat résiduel de cuivre et métaux précieux. Le gisement européen serait de de cartes électroniques par an dont pourraient être traitées par les fonderies..

Filières Pour une partie des déchets, les recycleries offrent une seconde vie aux matériels, qui sont réparés, nettoyés et remis en vente à des prix moins élevés. La durée d'utilisation des produits en est allongée et leur impact environnemental négatif réduit.. Cette filière présente une meilleure empreinte écologique que le recyclage, lequel détruit les équipements pour n'en récupérer que certains matériaux.

L'incinération des déchets détruit leur fonction comme leurs matériaux, et n'en retire que le contenu énergétique.

Réglementation Europe vignette|upright=0.6|Le symbole de la directive DEEE. La vise à rendre obligatoire la valorisation des Déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE ou D3E). Elle instaure le principe de la responsabilité du producteur.

Elle définit les DEEE comme dans des catégories précisées par décret (en France, décret 2005-829 du , sur Légifrance.).

Elle classe les appareils concernés (par la Directive 2002/96/CE) en dix catégories : gros appareils ménagers ; petits appareils ménagers ; équipements informatiques et de télécommunications ; matériel grand public ; matériel d'éclairage (à l'exception des appareils d'éclairage domestique et des ampoules à filament, auxquels s'appliquent néanmoins les du décret du ) ; outils électriques et électroniques (à l'exception des gros outils industriels fixes) ; jouets, équipements de loisir et de sport ; dispositifs médicaux (à l'exception de tous les produits implantés ou infectés) ; instruments de surveillance et de contrôle ; distributeurs automatiques.

En raison des enjeux de défense, le matériel militaire n'est pas concerné par la Directive 2002/96/CE.

La directive européenne de gestion des déchets électroniques a été mise en place en . La Suisse applique sa propre directive, plus ancienne (1998), dénommée ORDEE () .. Elle dispose également d'un programme visant à développer le recyclage du matériel électronique dans les pays en voie de développement ..

Certaines substances dangereuses sont également interdites depuis le dans les équipements électriques et électroniques (directive RoHS).

Le recyclage par l'ensemble des pays de l'Union Européenne en 2005-2006 a représenté .. La Norvège, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni sont les pays européens qui ont collecté le plus de déchets par habitant (plus de ).

L'Europe du Nord est le plus gros producteur d'e-déchets au monde..

France En France, la filière de retraitement des DEEE est financée par les particuliers (via la contribution visible, nommée aussi éco-participation ou éco-contribution), mais ce sont les fabricants qui pilotent les quatre éco-organismes agréés..

Afin de réduire le volume de déchets en favorisant la durée de vie des équipements, les législateurs mettent en place un « indice de réparabilité » des équipements électriques et électroniques afin d'informer les consommateurs sur la capacité à réparer le produit concerné. Les producteurs, importateurs, distributeurs ou autres metteurs sur le marché d'équipements électriques et électroniques communiquent sans frais aux vendeurs de leurs produits ainsi qu'à toute personne qui en fait la demande l'indice de réparabilité de ces équipementsArticle L541-9-2 du code de l'environnement.. Un décret du précise que l'indice est une note sur dix prenant en compte la durée de disponibilité de la documentation technique, le caractère démontable de l'équipement, la durée de disponibilité sur le marché des pièces détachées, sur Légifrance.

Amérique du Nord Aux États-Unis, les déchets électroniques sont pour la plupart stockés dans des décharges, une infime quantité est incinérée et une petite quantité est recyclée. Ainsi, l’Agence de protection de l'environnement (APE) estime que 70 % des ordinateurs et des écrans et 80 % des téléviseurs sont déposés dans des décharges et seulement 20 % des déchets électroniques sont recyclés..

+ Sort des déchets électroniques aux États-Unis en 2005. Type de déchets Quantité(en milliers de tonnes) Pourcentage de recyclageTV (CRT)759,113,4 %Moniteurs (CRT)389,824,5 %Imprimantes, claviers, souris324,926,1 %Ordinateur de bureau9,526,1 %TV (LCD)132,813,4 %Portables30,826,1 %Téléphones cellulaires11,719,2 %Moniteurs (LCD)4,924,5 %

Il est plus rentable d'envoyer à l'étranger ses déchets électroniques que de les faire traiter sur le territoire des États-Unis. Pour l'instant, l'Agence de protection de l'environnement n'impose pas aux fabricants et aux exportateurs de respecter des normes de traitement, mais elle étudie plusieurs solutions à mettre en œuvre..

Asie La Chine était l'un des premiers pays à récupérer les déchets électroniques pour en récupérer les métaux. De nombreux villages sont des décharges de déchets électroniques., par exemple la décharge de GuiyuGuiYu, Reportage (), 2007.. Malgré l'interdiction d'importation de déchets électroniques en 2018 par les autorités., le commerce n'a pas baissé.

En 2018, une réaction importante des pays destinataires de déchets s'est enclenchée. Cette année-là, la Chine, qui était jusqu’alors le plus gros importateur de DEEE, a interdit ce type d'importation en raison du coût environnemental induit, que les profits dégagés ne justifiaient plus. Les pays voisins tels que la Thaïlande, le Laos et le Cambodge ont donc repris le marché.. Les lois environnementales laxistes permettent à ces pays d’accueillir ces déchets. Toutefois, la situation en Thaïlande semble évoluer.. D'autres pays emboîtent le pas de la Chine, menacés par les flux qu'elle n’accepte plus : Malaisie, Philippines, Indonésie renvoient depuis 2019 des containers de déchets vers les pays émetteurs.

Recyclage Conscient que les déchets électroniques sont une source de pollution et de danger pour l'homme et pour l'environnement, le recyclage s'organise peu à peu dans de nombreux pays afin de récupérer notamment les métaux précieux contenus dans ces déchets. Aux États-Unis ou en France, le recyclage devient obligatoire et les déchets doivent être pris en charge par des filières et entreprises spéciales. Une réglementation internationale, la convention de Bâle, impose aux pays exportateurs de déchets dangereux de signaler au destinataire la nature des déchets. L'Union européenne impose aux fabricants de produits électroniques de prendre en charge le traitement de leurs propres déchets..

Malgré cela, de nombreux déchets électroniques quittent les pays développés vers les pays en sous-développement où toute une filière s'est mise en place comme à Accra au Ghana. Dans les , une partie des déchets exportés le sont plus facilement en étant présenté comme matériel d'occasion réutilisable, mais en réalité souvent inutilisable (dans les 3/4 des cas selon le BANJeffries E. (2006). Produit électroniques : la carte-amère. L’État de la Planète, , juillet/.. De nombreux enfants démontent, trient et brulent des déchets électroniques afin de récupérer les métaux comme le cuivre. Les autres débris non valorisés sont rejetés dans l'environnement ou brulés dégageant de nombreux produits dans l'air, l'eau et le sol, toxiques pour l'environnement et l'homme.. La Chine est également devenue depuis les un cimetière pour les déchets électroniques.

Situation (production, recyclage)