L'église di Santa Maria foris portas est le plus ancien édifice de la commune de Castelseprio en province de Varèse (Lombardie).

Elle est située sur une butte distante de deux cents mètres des murailles d'un ancien castrum romain, d'où son appellation en latin médiéval. De l'ancien bourg fortifié, cette église extra moenia est l'unique édifice, rescapé de la destruction et sauvé de l'abandon grâce à la dévotion liée au lieu de culte.

Son principal point d'intérêt est la qualité de conservation du cycle de fresques de l'abside qui représente l'un des témoignages les plus élaborés de l'art pictural européen du haut Moyen Âge. Quelques éléments sont exposés non loin dans l'Antiquarium, un petit monastère du reconverti en musée.

L'ensemble du site fait partie de la série « Les Lombards en Italie. Lieux de pouvoir (568-774 après J.-C.) », comprenant sept lieux qui abondent en témoignages sur l'architecture, la peinture et la sculpture de l'art lombard. En 2011, ce groupe de sites a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial établie par l'UNESCO.

Intérieur gauche|vignette|L'église en 1957, par Paolo Monti.

Les fresques Les fresques de l'abside orientale sont en effet des exemples canoniques de la peinture murale du haut Moyen Âge italien, héritage ou terreau de l'art carolingien et macédonien et a fortiori des préceptes de Vitruve (par l'usage de la technique dite mixte). Comme dans d'autres monuments religieux à fresque, l'église de Moutiers-en-Puisaye () pour citer la Bourgogne, les thèmes abordés font sans surprise référence à l'Ancien et au Nouveau Testament. L'historienne Paula D. Leveto estima toutefois dans les années 1990 que ces fresques étaient plus une référence au culte marial qu'à la nativité, thèse que tous les scientifiques ne partagent pas : l'affrontement entre les tenants d'un cycle christologique ou d'un cycle marial n'est pas clôt.

Leur découverte fortuite remonte à (l'église était alors désaffectée) et engendre immédiatement une vaste controverse de datation : les hypothèses vont de l'époque Justinienne au milieu du , pendant l'épiscopat milanais d'Aderico Cotta (936-958). Aujourd'hui, la fourchette s'étend des années 830 à 950 avec, selon Kurt Weitzmann, une préférence pour la datation basse.

Si le nom du ou des peintres (on hésite entre une ou deux mains pour la réalisation picturale) est jusqu'ici inconnu, on appelle couramment, et pour des raisons pratiques, l'artiste par le nom de Maestro di Castelseprio (le maître de Castelseprio). centré|vignette|420x420px|Le songe de Joseph (Matthieu 1:20) : Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint Esprit [...] centré|vignette|420x420px|Une fresque pompéienne, dans le style romain classique qui inspira les canons picturaux du haut Moyen Âge par l'intermédiaire d'ouvrages spécialisés (notamment le De architectura).

Architecture et pavement gauche|vignette|L'intérieur de l'église ; la charpente est encore visible.

vignette|Le pavement de la nef à décor géométrique bichrome.

Extérieur

Notes et références

Voir aussi

Santa Maria foris portas Catégorie:Architecture chrétienne au Moyen Âge Catégorie:Peinture médiévale Catégorie:Monument dans la province de Varèse Catégorie:Patrimoine mondial en Lombardie Catégorie:Église fondée au Ve siècle Catégorie:Castelseprio