L’Agence spatiale canadienne (ASC ; , CSA) est l'agence spatiale du Canada. Elle a été fondée le par la Loi sur l'Agence spatiale canadienne, promulguée en . L'agence qui emploie et gère un budget d'environ de dollars canadiens a pour mission de planifier et de gérer les programmes spatiaux du Canada, d'accroitre et de diffuser le savoir-faire spatial dans l'industrie canadienne et de promouvoir l'utilisation des applications spatiales. Le principal programme spatial national est constitué par la série des satellites d'observation de la Terre radar Radarsat qui mobilise plus d'un tiers de ses investissements. Les autres projets de l'agence canadienne sont essentiellement des participations à des projets d'autres agences spatiales. L'ASC a participé à la réalisation de la Station spatiale internationale et à ce titre des astronautes canadiens font régulièrement partie de l'équipage de la station. Le Canada a un accord de coopération avec l'Agence spatiale européenne, avec un siège au Conseil qui gouverne cette dernière, et l'Agence spatiale canadienne fournit ou participe à la réalisation d'instruments scientifiques embarqués dans des missions européennes. Elle participe de la même manière à des missions scientifiques de la (NASA) comme la sonde spatiale martienne (MSL). vignette|Logo utilisé de 1989 à 2023

Description

Objectifs

L'Agence spatiale canadienne a été créée en 1989 avec quatre missions principales. : assister le ministre de tutelle pour coordonner les politiques spatiales et les programmes ; planifier et réaliser les programmes et projets liés à la recherche spatiale industrielle et scientifique ainsi qu'aux applications de la technologie spatiale ; promouvoir le transfert et la diffusion de la technologie spatiale au profit de l'industrie spatiale ; encourager l'exploitation commerciale des capacités spatiales, des technologies, des installations spatiales et des systèmes spatiaux.

Organisation vignette|Armoiries de l'Agence spatiale canadienne. Avec (2012), l'agence spatiale canadienne est d'une taille relativement modeste en comparaison des autres agences spatiales occidentales. Le siège de l'agence est situé au Centre spatial John H. Chapman, à Longueuil, au Québec inauguré en 1992 dans lequel se trouve environ 90 % des effectifs. L'agence dispose également d'un établissement à Ottawa dans le qui est principalement un centre technique. L'agence dispose de bureaux de liaison avec la NASA aux États-Unis à Washington, à Cap Canaveral et à Houston, et avec l'Agence spatiale européenne à Paris en France.. L'ASC a un statut semblable à celui d'un ministère fédéral et est placée sous l'autorité du ministère de l'Industrie. Son président est Walter Natynczyk, dont le mandat est effectif à partir du .. L'agence spatiale définit un plan quinquennal d'investissement qui est actualisé chaque année. La plupart des développements de l'agence se font en mode projet en appliquant une méthodologie de conduite de projet normalisée.

L'Agence spatiale canadienne dispose d'un budget qui a oscillé entre 2006 et 2018 à un plus haut de de $CAN en 2013 et un plus bas de en 2018.. Environ 15 % de ce budget est affecté au fonctionnement interne le reste est affecté aux différents projets.

Historique vignette|Le satellite de communication Hermès Le Canada développe dans les ses premières fusées avec la série des Black Brant conçues initialement pour servir de prototype à un système anti-missiles. Les Black Brant seront développés par la suite comme fusées-sondes. Elles sont toujours commercialisées en 2013. En 1957 des ingénieurs et des scientifiques du (DRTE), sous la direction de , développent le projet S-27 dans le cadre de recherches sur l'ionosphère qui débouchera plus tard sur la réalisation du premier satellite canadien . Celui-ci est lancé par une fusée Delta de la NASA en 1962 faisant du Canada (après le Royaume-Uni) le second pays après les deux superpuissances de l'époque à disposer d'un satellite en orbite. En 1972, le Canada est le premier pays à mettre en place un réseau de satellites de télécommunications en orbite géostationnaire avec le lancement du satellite .

L'agence spatiale canadienne n'est créée que le sous la responsabilité du ministre de l'Industrie, des Sciences et de la Technologie avec comme objectif de promouvoir et développer les utilisations pacifiques de l'espace, d'accroître les connaissances sur l'univers et les techniques spatiales pour le bénéfice des Canadiens et de l'humanité.

L'activité spatiale canadienne

Contrairement aux autres grandes agences spatiales telles que la NASA, l'Agence spatiale européenne (ESA) ou l'Agence spatiale fédérale russe (Rocosmos), l'ASC n'a pas pour objectif de développer un programme spatial plus ou moins indépendant afin d'avoir un accès à l'espace. Elle préfère s'associer aux autres agences, principalement à la NASA et à l'ESA, et ainsi collaborer à moindre frais aux grands projets spatiaux, tels la Station spatiale internationale (ISS) ou le Télescope spatial James Webb (successeur du Télescope spatial Hubble).

L'Agence spatiale canadienne consacre ses ressources et ses activités à l'exécution de trois objectifs clés : le programme données, informations et services spatiaux regroupe les applications spatiales dans le domaine par exemple de l'Observation de la Terre. Il s'agit de répondre aux priorités nationales telles que la souveraineté, la défense, la sureté, la gestion des ressources, la surveillance de l'environnement et des régions arctiques. Le projet emblématique de ce programme est RADARSAT. Ce programme représente jusqu'à 50 % des investissements de l'agence spatiale. Le programme en faveur de la connaissance et l'innovation via l'exploration spatiale regroupe les projets de recherches scientifiques et de technologie spatiale. Le principal projet rattaché à ce programme est la participation du Canada à la Station spatiale internationale. Le développement d'instruments scientifiques embarqués sur des missions d'autres agences fait également partie de ce programme. Ce programme représente environ 30 % du budget d'investissement de l'agence spatiale. Le programme de maintien et d'amélioration des capacités spatiales du Canada a pour objectif de maintenir un nombre minimum de spécialistes des technologies spatiales.

Les programmes nationaux

vignette|, premier satellite canadien.

Pour l'observation de la Terre, l'ASC utilise plusieurs satellites : RADARSAT-1 : lancé en et toujours en activité. C'est le premier satellite commercial canadien d'observation de la Terre. Équipé d'un puissant radar à synthèse d'ouverture, il peut acquérir des images de la Terre de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques, au couvert nuageux ou à la présence de fumée et de brouillard. RADARSAT-2 : lancé le , c'est une version améliorée de RADARSAT-1.

De plus, pour la recherche : SCISAT : lancé le , le satellite est destiné à aider les chercheurs canadiens et internationaux à étudier le problème de la couche d'ozone, en particulier la partie au-dessus du Canada et de l'Arctique.

SatelliteLancementStatutLancement Alouette 1 Retiré en 1972 Exploration de l'ionosphère Alouette 2 Retiré en 1975 Exploration de l'ionosphère Retiré en 1990 Exploration de l'ionosphère Retiré en 1990 Exploration de l'ionosphère Hermes Retiré en 1979 Satellite de télécommunications expérimental Radarsat-1 Retiré en 2013 Satellite de télédétection radar MOST Opérationnel Télescope spatial Opérationnel Observation de l'atmosphère terrestre Radarsat-2 Opérationnel Satellite de télédétection radar Opérationnel Détection d'astéroïdes et de satellites Opérationnel Usage militaire Opérationnel Nano satellite CASSIOPE Opérationnel Étude de l'ionosphère, Messagerie asynchrone expérimentaleRADARSAT Constellation Opérationnel Satellite de télédétection radar

Activités éducatives L'Agence Spatiale Canadienne participe à une étude ouverte à tous et organisée par Parlons sciences appelée Tomatosphère.

Participations aux programmes internationaux Participations à la Station spatiale internationale

L'Agence spatiale canadienne a fourni une partie du système de télécommunications de la Station spatiale internationale (SSI) ainsi que les principaux systèmes utilisés pour l'assemblage de la station et la manipulation de ses pièces de rechange et des expériences scientifiques externes : Canadarm2, lancé lors de la mission STS-100 qui a décollé le et complété par la mission STS-111 en Manipulateur agile spécialisé, utilisé sur le Canadarm2 et lancé lors de la mission STS-123 qui a décollé le

Grâce à cette participation, l'agence spatiale canadienne dispose de 2,3 % des droits d'utilisation de la station ce qui se traduit par la présence relativement fréquente d'astronautes de nationalité canadienne dans l'équipage de la station.

En 2018, le prochain astronaute canadien dans l'espace est David Saint-Jacques, partant le lundi de Baïkonour au Kazakhstan, pour rejoindre la Station spatiale internationale (SSI) pour six mois et participer aux expériences scientifiques à bord.

Collaboration avec la NASA

Le Canada a participé à plusieurs missions scientifiques de la NASA en fournissant des instruments scientifiques ou en contribuant à les développer :

CloudSat (2006) satellite d'observation de la Terre visant à étudier les nuages Terra (1999) ce satellite comprend plusieurs outils de mesure et d'observations de l'environnement terrestre UARS (1991) satellite d'observation de la Terre. Réalisation de l'instrument -, pour la mesure des vents de haute atmosphère Phoenix atterrisseur martien FUSE (1999) télescope spatial ultraviolet THEMIS (2007) Étude de la magnétosphère de la Terre (2012) rover martien. Participation à l'instrument APXS. OSIRIS-REx (2016) sonde spatiale de recueil d'échantillon d'astéroïde. Réalisation en coopération de l'altimètre laser . JWST (2017) télescope spatial infrarouge.

Collaboration avec l'Agence spatiale européenne

Le Canada est un membre associé, c'est-à-dire coopérant à statut privilégié, de l'Agence spatiale européenne. La contribution de l'agence canadienne de 0,5 % soit en 2012 lui donne droit automatiquement à un retour industriel équivalent qui lui permet de participer à la réalisation d'instruments scientifiques de plusieurs missions européennes. L'Agence canadienne contribue ou a contribué ainsi aux missions : ENVISAT (2002) satellite d'observation de la Terre SMOS (2009) satellite d'observation de la Terre Herschel (2009) télescope spatial infrarouge Planck (2009) observatoire spatial micro-ondes, Proba-2 (2009) démonstrateur technologique

Autres participations En outre, l'ASC collabore avec les agences spatiales suédoise, finlandaise et le CNES pour la France sur le projet Odin. (du nom du dieu de la mythologie nordique). Cette mission a pour but d'étudier l'atmosphère terrestre les objets astronomiques (étoiles, comètes). L'ASC a fabriqué le spectrographe OSIRIS, optique et imageur dans l'infrarouge. C'est cette mission qui en 2002 a démontré que l'appauvrissement de l'ozone était en perte de vitesse.. (1996) Satellite scientifique pour l'étude de la magnétosphère développé par l'agence spatiale russe Roscosmos, Akebono (1989) Satellite scientifique pour l'étude de la magnétosphère développé par l'agence spatiale japonaise JAXA Nozomi (1998) sonde martienne de la ASTRO-H (2014) télescope spatial rayons X de la

Historique des vols des astronautes canadiens En mai 2026, les astronautes canadiens ont effectué un total de 20 vols dans l'espace. De plus, William Shatner, âgé de 90 ans, participe en 2021 au vol suborbital Blue Origin NS-18 à bord du vaisseau New Shepard.