Antoine de HenninLes Délices des Pays-Bas, Liège, 1769, p. 400 : ., puis Antoine de Haynin, en latin Antonius HayniniusIohannes Buzelinus (Jean Buzelin), Gallo-Flandria sacra et profana, Duaci, in officina Marci Wyon, 1625 ; "Quartum à paucis annis Theologorum Collegium condere cœpit Iprensium Pontifex Antoniius Hayninius"., né à Valenciennes en 1555 et mort à Ypres le , est le cinquième évêque d'Ypres. Il est le fils de Claude Hennin, seigneur de Querenain, et de Catherine L'Aoust, sa première épouse, et appartient à la branche cadette du Cornet de la Maison de Haynin, rameau des seigneurs de Warlaing et de QuérénaingFélix-Victor Goethals, « » [archive], Polack-Duvivier, 1857, 50., une très ancienne famille de la noblesse du Hainaut.
Sa carrière Antoine étudie à la faculté de théologie de l'Université de Douai d'où il sort avec le grade de licencié en théologie.
Il est rapidement nommé chanoine de l'église métropolitaine de Cambrai, mais lorsque cette ville tombe sous le contrôle du duc d'Alençon, partisan de l'indépendance des Pays-Bas, il se réfugie à Ypres où l'évêque Pierre Simons lui confère la cure de la paroisse de Saint-Nicolas et le fait chanoine du chapitre de la cathédrale.
C'est alors qu'il est curé de Saint-Nicolas qu'il fonde auprès de l'Université de Douai le séminaire destiné à l'étude de la théologie qui porte son nom, le Seminarium HenninianumCensura sacrae facultatis theologiae Duacensis, Douai, 1722 : .
Le , il succède à Jean Vischer comme évêque d'Ypres.
La guerre d'indépendance des Pays-Bas La carrière d'Antoine de Haynin se déroule durant une époque troublée par la guerre d'indépendance des Pays-Bas.
Le duc d'Alençon, resté catholique, est favorable au parti de l'indépendance et prend le titre de protecteur de la liberté des Pays-Bas. Il est invité par Guillaume d'Orange à devenir le souverain des Pays-Bas et il reçoit le titre de duc de Brabant en 1582.
Les Pays-Bas du Nord parviennent à créer un État indépendant où règnent la liberté de culte et de conscience<ref>Robert Collinet, La Réformation en Belgique au XVIe siècle, Bruxelles : Édition de la librairie des Éclaireurs Unionistes, 1958, p. 114 : .</ref>.
Quant aux Pays-Bas méridionaux (Belgique actuelle ; France partiellement Nord et PdC), ils retombent sous domination espagnole où seul le culte catholique est autorisé.
Son action religieuse Antoine de Haynin a marqué de son nom son époque et le secteur de Bruges par ses actions pour rétablir le catholicisme, suivant en cela la politique d'Albert et Isabelle qui le firent évêque de Bruges. Il parvint alors à éloigner le protestantisme de son diocèse.
L'éditeur de Rhaban Maur L'érudit Jacques de Pamele (Iacobus Pamelius) avait préparé une gigantesque édition des œuvres complètes de Raban Maur mais, mourant inopinément le , ne peut en surveiller l'édition.
C'est Antoine de Haynin, aidé de Georges Colve, qui mènera à bien ce travail, édité à Cologne chez l'imprimeur Antonius Hieratus en 1626 en 3 volume in-folio de six tomes : Hrabani Mauri, abb. Fuldensis, postea archiep. Moguntini, Opera, a R. D. Jac. Pamelio edita. Coloniae-Agripp., sumpt. Antonii Hierati, 1626, in-fol., 6 tom. en 3 vol.
Son tombeau Le mausolée en marbreMémoires de la Société des antiquaires de la Morinie, vol. 18, 1883: . Le texte cité ici ajoute erronément le nom "Liétard". de ce prélat a été restauré .
Ce monument situé dans le chœur de la cathédrale d'Ypres, tout près de celui de Rithovius, porte selon SanderusSanderus, Flandria Illustrata, tom. II, pag. 3o3, dit ce qui suit: l'inscription suivanteLe nom repris sur sa tombe est de Haynin.:
Ad majorem Dei Gloriam Antonius de Haynin, V. Episcopus Iprensis, Vivens fundavit, dotavit, et haeredem scripsit, Seminarium Henninianum. Sancto Salvatori Sacrum In Academiâ Duacenâ Reliquiarumque Sancti Martini Huic Ecclesiae donavit. Obiit Kalend. Decemb. Ann. CIC. VI. C. XXVI Aetatis suae LXXI Qui frequentiori gloriae populique precibus Se commendatum cupiens Hoc loco carnis resurrectionem expectat. Lector, ora pro eo, Symbolum hujus praesulis fuit : In Cruce Salus Traduction: "À la plus grande gloire de Dieu, Antoine de Haynin, cinquième évêque d’Ypres, a de son vivant fondé, doté et institué par testament comme son héritier le séminaire de Haynin consacré au Saint Sauveur à l’Université de Douai. Il a offert à cette église le reliquaire de Saint Martin. Il est décédé le décembre 1626, âgé de 71 ans, celui qui est destiné à une plus grande gloire se recommande aux prières du peuple, à cet endroit attend la résurrection de la chair, lecteur, prie pour lui. La devise de cet évêque était dans la croix est le salut".
Bibliographie 1846 : Annales de la Société d'émulation pour l'histoire et les antiquités de la Flandre, volume VIII, 1846, 1872 : Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies, volume 19. 1883 : Mémoires de la Société des antiquaires de la Morinie, volume XVIII, Société des antiquaires de la Morinie, 1883. 1891 : Les évêques et les archevêques de France depuis 1682 jusqu'à 1801, Armand Jean, 1891. 1970 : Revue d'histoire ecclésiastique, Université catholique de Louvain, 1970. 1998 : L'Université de Douai dans la tourmente (1635-1765)'', Gilbert Dehon, 1998.
Notes
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