Golda Meir (en hébreu : גּוֹלְדָּה מֵאִיר, connue aussi sous le nom de Golda Meirson), née Golda Mabovitch à Kiev le et morte à Jérusalem le , est une femme d'État israélienne. Elle participe à la création de l'État d'Israël, a été ministre des Affaires étrangères, ainsi que la quatrième Première ministre d'Israël du au .
En raison de sa fermeté et de ses victoires sur le plan militaire, elle est surnommée la « Dame de fer » avant que ce qualificatif soit repris pour Margaret Thatcher, Première ministre du Royaume-Uni. Pendant sa vie politique, Golda Meir est surnommée « meilleur homme du gouvernement » (par Ben Gourion) et « grand-mère d'Israël » par la presse populaire.
Elle est la première femme Premier ministre en Israël et la troisième femme dans le monde à ce poste (seules Sirimavo Bandaranaike au Sri Lanka et Indira Gandhi en Inde l'ont précédée).
Biographie Jeunesse et formation gauche|vignette|Golda Mabovitch avant 1910.|200x200px Golda Mabovitch naît à Kiev en Ukraine au cœur de l'Empire russe, dans une famille nombreuse juive non pratiquante mais traditionaliste. Elle est la septième des huit enfantsSes cinq frères meurent en bas âge, seules survivent sa sœur aînée Sheyna (ou Shana) et sa sœur cadette Zipke (Tzipka ou Zipporah, connue plus tard sous le prénom de Clara). de Blume Neiditch et de Moshe Mabovitch (ou Mabowitz), modeste menuisier et ébéniste qui milite dans des cercles sionistes-socialistes clandestins.. Fuyant les pogroms et la zone de résidence imposée par le tsar à ses sujets juifs, son père choisit d'émigrer vers les États-Unis en 1903 et de s'installer dans le Wisconsin, à Milwaukee, où sa famille le rejoint en 1906. Elle y reçoit une éducation juive, aide sa mère dans la petite épicerie qu'elle tient dans un des quartiers populaires de la ville, tandis que son père est devenu cheminot.
gauche|vignette|Golda Mabovitch en 1914.|271x271px
À l'âge de , alors qu'elle veut poursuivre des études supérieures pour devenir enseignante, elle quitte la maison de ses parents qui souhaitent la marier à un homme plus âgé. Elle rejoint sa sœur Sheyna à Denver (Colorado) et y rencontre Morris Meyerson (nom anglicisé en Meirson), un jeune peintre d'affiches, qu'elle épouse le ..
Engagement politique Suivant sa sœur qui l'a précédée dans son engagement sioniste, elle commence sa vie militante à 18 ans dans des réunions politiques, au cours desquelles elle prend la parole pour défendre un sionisme socialiste. Elle organise des marches de protestation et rejoint le mouvement marxiste Poale Zion.
Le , son père devient citoyen américain sous le nom de Morris Mabowehz. Elle obtient cette citoyenneté par filiation. Le , Golda, son mari et sa sœur Sheyna font leur alya : ils embarquent à bord du et émigrent vers la Palestine alors sous mandat britannique.
gauche|vignette|Golda Meir dans les champs du kibboutz Merhavia (années 1920).|267x267px
À leur arrivée, ils rejoignent le kibboutz Merhavia et leur vie est faite d'arbres à planter, de cuisine et de travaux de la ferme. Golda commence alors à s'affirmer en tant que . Elle est notamment choisie par son kibboutz comme représentante auprès du syndicat de la (embryon du futur parti travailliste) jusqu'en 1924, date à laquelle son mari et elle-même choisissent de quitter le kibboutz pour déménager à Tel Aviv, puis à Jérusalem. Ils y ont deux enfants : Menahem né en 1924 et Sarah née en 1926.
Lorsque Golda doit retourner avec ses enfants à Tel Aviv en 1928 pour y devenir secrétaire générale des (le Conseil ouvrier féminin de la Histadrout), son époux reste seul à Jérusalem jusqu'à sa mort en 1951, le couple étant séparé depuis 1940 mais n'ayant jamais divorcé. Elle gagne progressivement en influence au sein du Comité central de la qui compose une forme de gouvernement de l'ombre, dans l'attente de la création de l'État d'Israël. En 1930, elle est une des fondatrices avec David Ben Gourion du parti Mapaï..
Carrière politique En 1938, elle est nommée « observateur juif de Palestine » à la conférence d'Évian, et en 1940 elle devient directrice du département politique de la ..
En 1946, le pouvoir britannique arrête de nombreux politiques sionistes de Palestine, mais Golda Meir y échappe et prend alors en charge l'organisation. Elle négocie avec les Britanniques tout en restant en contact avec le mouvement de guérilla.
Le , Golda Meir est parmi les (et une des deux femmes avec Rachel Cohen-Kagan) qui signent la déclaration d'indépendance de l'État d'Israël. Le lendemain, elle reçoit le premier passeport israélien édité pour se rendre aux États-Unis et y collecter des fonds..
À son retour, elle devient la première ambassadrice israélienne en Union soviétique, poste qu'elle quitte en 1949 pour rejoindre la , le parlement israélien, où elle siège jusqu'en 1974.
De 1949 à 1956, elle est ministre du Travail. En 1956, elle devient ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de David Ben Gourion, qui dit d'elle qu'elle est . Il lui fait changer son nom de famille pour un nom hébreu, Meir (abréviation de son nom marital Meirson), qui désigne un « éclat brillant ».
Elle est logée dans l’appartement supérieur de la villa Harun ar Rashid, une villa appartenant à la famille palestinienne de George Bisharat et dévolue au Gardien des propriétés des absents en vertu de la loi sur la propriété des absents. Lors de la visite du secrétaire des Nations unies, Dag Hammarskjöld, elle fait décaper le nom de la maison gravé en arabe sur la façade afin de dissimuler la spoliationDanna Piroyanski, Guillaume Ratel (traducteur), « Retrouver son foyer : propriété et dépossession dans les récits de visite des exilés palestiniens à leur ancienne maison », Revue d'histoire moderne et contemporaine, 2014, 61-1..
En 1965, elle quitte le gouvernement, fatiguée par l'exercice de ses responsabilités. Elle est rapidement rappelée aux affaires pour prendre la fonction de secrétaire générale du Parti travailliste pendant huit mois, avant de se retirer à nouveau le .
Première ministre d'Israël alt=Golda Meir, Tel Aviv, 1969|vignette|Golda Meir à Tel Aviv, en 1969. À la mort soudaine de Levi Eshkol le , le Parti travailliste choisit Golda Meir pour devenir présidente du parti et Première ministre d'Israël.
L'état d'esprit des Israéliens pendant le mandat de Golda Meir est une confiance totale, notamment liée à la victoire écrasante et aux conquêtes de la guerre des Six Jours de 1967. Golda Meir n'a jamais jugé nécessaire de rechercher des compromis avec les Palestiniens.
vignette|Golda Meir et le président américain Richard Nixon, en 1973. Golda Meir conteste la notion de peuple palestinien en affirmant le : ; ainsi que le : .. Elle exprime son point de vue lors d'un entretien télévisé avec le journaliste Edwin Newman sur NBC News en 1973 : il n'y a jamais eu d'État palestinien, c'est la Société des Nations qui a découpé artificiellement la Syrie en mandat français (Syrie et Liban actuels) et mandat anglais, et les Britanniques, qui découpèrent ensuite leur territoire entre rive droite (Transjordanie) et rive gauche (Palestine) du Jourdain.. Selon Golda Meir, les Arabes de Palestine ne diffèrent en aucun point (religieux, culturel, ethnique, historique) des Arabes de Jordanie, la distinction venant du découpage britannique de 1922. L’argument est donc qu'un « peuple palestinien » est une invention politique destinée à contester la souveraineté d'Israël et que leur situation de réfugiés vient de la politique délibérée des États arabes de refuser leur intégration pour les instrumentaliser contre Israël.
Son mandat est marqué par des troubles au sein de la coalition au pouvoir et par un manque de direction. Elle est accusée d'une mauvaise utilisation des informations transmises par le , qui aurait permis le succès initial de l'attaque surprise par les armées arabes le jour du en 1973, avant d'être innocentée par une commission d'enquête. À l'issue de la guerre du Kippour, Golda Meir démissionne le , et Yitzhak Rabin lui succède. Elle prend sa retraite politique et se retire principalement au kibboutz Revivim, dans la maison de sa fille Sarah..
Citations controversées Golda Meir se voit souvent attribuer des citations dont la véracité a été contestée par une enquête. notamment des variations autour de la citation « Nous pouvons pardonner à nos ennemis d’avoir tué nos enfants, mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants ».
D'après l'enquête de Haaretz en 2015, on trouve une première version de cette citation dans une partie annexe d'une biographie de Meir, construite à partir de sources compilées et éditées en 1973 et qui n'est pas de la main de Golda Meir elle-même. La citation est datée d'une conférence de presse à Londres en 1969 sans qu'aucune source écrite ou audio d'époque n'en fasse état. Sa biographie définitive, My Life, parue en 1975 après son mandat de Premier ministre, ne compte plus ni la partie annexe ni cette phrase, mais celle-ci continue depuis à circuler : elle est présente dans un livre de Jean Daniel en 2008, mais sous la forme seulement du souvenir d'une tierce personne, précédée de . En 2014, 2018 ou 2026, la phrase connaîtra plusieurs usages aux États-Unis comme en FranceCommuniqué de protestation du MRAP le 15 mai 2018 .
Un livre de 1970« As Good As Golda: The Warmth and Wisdom of Israel's Prime Minister », par Israel et Mary Shenker en 1970, cité par Harvey Rachlin le 16 juin 2015 dans The Jewish Press lui attribue aussi deux autres citations fréquemment reprises, dont l'origine apparait également discutée et qui entretiennent une parenté avec cette citation :
"Citation erronée de Golda Meir : l'a-t-elle fait ou non ?", Harvey Rachlin, 16 juin 2015, The Jewish Press ; .
Mort vignette|Tombe de Golda Meir. À l'automne 1978, elle est hospitalisée à l'hôpital Hadassah de Jérusalem, où elle meurt à l'âge de d'un probable lymphome de faible malignité compliqué à la fin de métastases osseuses et hépatiques. Le diagnostic de maladie de Waldenström a été évoquéGolda Meir sur le site de la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer : http://www.fnclcc.fr.. Sa disparition donne lieu à plusieurs hommages de personnalités politiques à l'international..
Le , Golda Meir est inhumée dans le carré des « Grands de la nation » du mont Herzl à Jérusalem..
Fonctions en Israël Du au : ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Du au : ministre du Travail. Du au : ministre des Affaires étrangères. Du au : Première ministre. Du au : ministre de la Justice (en tant que Première ministre).
Dans les arts et la culture populaire Théâtre En 1977, Anne Bancroft joue le rôle de la femme politique dans la pièce Golda de William Gibson. En 2003 l'actrice américaine Tovah Feldshuh retrace sa trajectoire politique dans , seconde pièce de Gibson sur la vie de Meir. Ce est controversé, Gibson y suggérant que Golda Meir aurait envisagé d'utiliser des armes nucléaires pendant la guerre du Kippour, ce qui aurait pu déclencher une Troisième Guerre mondiale.
Filmographie Cinéma Dans Golda's Balcony, sorti en 2007, Valerie Harper interprète le rôle de Golda. En 2005 l'actrice Lynn Cohen joue le rôle du Premier ministre dans le film Munich de Steven Spielberg. Tovah Feldshuh interprète à nouveau le rôle de Meir dans le film Ô Jérusalem d’Élie Chouraqui, adaptation cinématographique du récit éponyme de Dominique Lapierre et Larry Collins.
En 2019 Tovah Feldshuh interprète son rôle dans Golda's Balcony réalisé par Scott Schwartz. En 2023 Helen Mirren joue le rôle du Premier ministre dans le biopic Golda de Helen Mirren dans le prochain film de Guy Nattiv : Golda..
Télévision Documentaire En 2019 Sagi Bornstein, Udi Nir et Shani Rozanes réalisent Golda.
Téléfilm En 1986 Colleen Dewhurst joue Golda dans Vengeance réalisé par Michael Anderson.
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