Les élections générales québécoises de 2012 ont lieu le . Les députés de la de l'Assemblée nationale du Québec sont élus.
Un gouvernement minoritaire du Parti québécois est élu, le premier dans l'histoire du parti, et Pauline Marois devient la première femme première ministre du Québec.
Contexte
Déclenchement des élections Le , le quotidien montréalais La Presse annonce que l'élection générale aurait lieu le . Le contexte québécois (Grève étudiante, commission Charbonneau) aurait été la cause de l'anticipation des élections.). Le , Jean Charest confirme les rumeurs et demande la dissolution du parlement provincial et la tenue d'élections législatives anticipées..
Après trois mandats à la tête du Québec, bon nombre d'observateurs de la scène politique québécoise estiment que le premier ministre Charest prend un pari risqué en déclenchant des élections quinze mois avant la fin théorique de son mandat, en . Pour remporter un quatrième mandat consécutif — ce qui égalerait la performance de Maurice Duplessis entre 1944 et 1959 —, il doit regagner la confiance de l'électorat francophone pour se faufiler entre le Parti québécois de Pauline Marois et la Coalition avenir Québec, un nouveau parti politique, fondé par l'ex-péquiste François Legault et héritier de la défunte Action démocratique du Québec, le parti de centre-droit de Mario Dumont.
Partis politiques
Voici, par ordre décroissant du nombre de députés au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale, les partis politiques en lice pour les élections générales québécoises du .
Parti libéral du Québec
Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, a décidé de faire de la stabilité et du maintien de l'ordre établi son thème en début de campagne. Contesté par des manifestants qui s'opposent à la hausse des frais de scolarité et à la loi 12, le premier ministre sortant a organisé sa première conférence électorale sur le tarmac de l'aéroport international Jean-Lesage de Québec, plutôt qu'au domaine Cataraqui, qui avait été réservé la semaine précédant le déclenchement de l'élection.
Durant le point de presse inaugural de la campagne électorale, Jean Charest (PLQ) axe sa communication sur la crise étudiante (2012) et le développement économique. Lorsqu’il aborde le sujet, il accuse le mouvement étudiant d’utiliser des méthodes d’intimidation et de vandalisme. Il accuse le Parti québécois de s’associer aux contestataires qu’il juge intransigeants. Sur le développement économique, il insiste sur son Plan Nord. En fait pour lui, la mise en place du plan est conditionnelle .
Jean Charest s'en remet à la « majorité silencieuse », qui selon lui approuve sa façon de gouverner et de ne pas abdiquer « ses responsabilités face à la rue », et se défend d'avoir déclenché des élections en août, avant la reprise des travaux de la Commission Charbonneau et affirme qu'il n'a pas de leçon à recevoir en matière de probité.
Le Parti libéral du Québec compte aussi sur le vote des électeurs anglophones. Dès le début de la campagne, Jean Charest déclare à ceux qui seraient tentés de s'abstenir en raison de la performance éthique du gouvernement que leur abstention s'assimilerait à un vote en faveur d'un référendum sur la souveraineté du Québec.
Parti québécois
Le Parti québécois, qui forme l'opposition officielle depuis 2008, compte tirer profit de « l'usure et de la corruption » du gouvernement libéral au pouvoir depuis 2003. Se présentant comme le parti de « l'honnêteté », la chef péquiste Pauline Marois oppose la vision économique et nationale de ses adversaires libéraux et caquistes à celle de sa formation politique, axée sur les thèmes de « s'affirmer, s'enrichir, s'entraider ».
En avance dans les sondages, le Parti québécois affirme qu'il cherche d'abord un mandat pour gouverner et non seulement pour organiser un nouveau référendum sur le statut politique du Québec, bien que cette question demeure un fondement du parti : , rappelait Pauline Marois le .
Coalition avenir Québec
À l'occasion de la première campagne de son histoire, la CAQ articule un message axé sur le thème du changement. Le chef du parti et ancien ministre péquiste François Legault insiste sur un nationalisme économique qui passe par un changement de mission de la Caisse de dépôt et placement du Québec, l'exploitation des ressources naturelles « au bénéfice de l'ensemble des Québécois » et la lutte contre l'influence des syndicats et autres bureaucrates qui résistent au changement notamment dans les commissions scolaires, dans le système de santé et à Hydro-Québec.
Option nationale
Le parti Option nationale entend mener la première campagne de son histoire sur le thème de la souveraineté du Québec. Pour Jean-Martin Aussant, le chef de ce nouveau parti fondé en 2011, . Lors du lancement de sa campagne à Nicolet, Aussant a reçu l'appui du député indépendant Pierre Curzi, qui ne sollicitera toutefois pas un second mandat lors de l'élection de 2012. Les priorités du programme d'Option nationale seront la nationalisation des ressources naturelles, la gratuité scolaire et l’instauration d’élections à date fixe incorporant un mode de scrutin proportionnel.
Option nationale veut également augmenter la participation des jeunes dans le processus politique, soulignant que son équipe de candidats sera la plus jeune parmi celles des grands partis en lice. L'ancien député péquiste admet que la campagne de son parti sera plus modeste que celle de ses adversaires, une lacune qu'il comblera par une présence accrue sur le terrain et les médias sociaux.
Dans le cadre de la campagne électorale, Option nationale s'est entendue avec Québec solidaire pour que ces derniers ne présentent pas de candidat dans Nicolet-Bécancour afin de faciliter l'élection de Jean-Martin Aussant. En échange, Option nationale ne présente pas de candidat dans Gouin, circonscription de la coporte-parole de Québec solidaire Françoise David..
Québec solidaire
Pour sa troisième campagne électorale, Québec solidaire a pour objectif d'augmenter sa représentation à l'Assemblée nationale et de faire une percée à l'extérieur de Montréal. Les deux porte-parole du parti, Amir Khadir et Françoise David, affirment que la présence de leur formation politique est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie et qu'« une quinzaine de circonscriptions » seront ciblées au cours de la campagne.
Le parti de gauche, qui fera campagne avec le slogan « Debout », veut axer sa campagne sur cinq thèmes : l'éducation gratuite, la protection des ressources naturelles, les transports électriques, les retraites et l'indépendance du Québec.
Québec solidaire ne présente pas de candidat dans Nicolet-Bécancour, circonscription du chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant. En échange, Option nationale ne présente pas de candidat dans la circonscription de Gouin, où se présente la coporte-parole de Québec solidaire Françoise David.
Autres partis Un total de 20 partis politiques ont été autorisés par le Directeur général des élections du Québec. De droite, de gauche ou de nature plus ludique, les plus petits partis ne présentent pas de candidats dans toutes les circonscriptions. Cinq nouveaux partis ont été enregistrés depuis la dernière élection, dont le Parti de la classe moyenne du Québec (7 candidats), le Parti nul (10 candidats), le Parti conservateur du Québec (27 candidats) — dirigé par un ancien député conservateur fédéral, Luc Harvey — et Équipe autonomiste (17 candidats), un parti fondé par des militants de la défunte Action démocratique du Québec s'étant opposés à la fusion de leur parti avec la Coalition avenir Québec. Parmi les autres partis enregistrés auprès du Directeur général des élections du Québec, on compte le Bloc Pot (2 candidats), la Coalition pour la constituante (29 candidats, concentrés essentiellement dans la région de Montréal), le Parti équitable (un seul candidat, à savoir son chef), le Parti indépendantiste (10 candidats), le Parti marxiste-léniniste du Québec (25 candidats), le Parti unité nationale (12 candidats), le Parti vert du Québec (67 candidats) et l'Union citoyenne du Québec (20 candidats). On trouve également le parti Québec - Révolution démocratique, qui présente un seul candidat..
Union citoyenne du Québec
À l'occasion de la première campagne de son histoire, l'Union citoyenne du Québec compte rassembler le vote fédéraliste qui se refuse à accorder sa confiance au Parti libéral du Québec. Il est principalement composé de candidats actifs au sein des partis fédéraux Nouveau Parti démocratique et Parti libéral du Canada ainsi que de nombreux anciens membres du Parti libéral du Québec qui ont rompu avec ce dernier.
Enjeux Avenir politique du Québec
La question de l'avenir politique du Québec est un enjeu de la campagne électorale. Avec deux autres partis — Québec solidaire et Option nationale — qui affichent clairement leur position en faveur de la souveraineté du Québec, le Parti québécois, porteur historique de cet enjeu, propose une stratégie afin de rapatrier des compétences et des budgets actuellement exercées par le gouvernement fédéral.
Dans une entrevue au Globe and Mail de Toronto quelques jours avant le déclenchement de la campagne, le porte-parole péquiste en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes, Bernard Drainville, a expliqué que son parti désirait exercer l'ensemble des compétences dans les domaines de l'assurance-emploi, des communications et du développement économique régional en plus d'exiger que les politiques linguistiques québécoises s'appliquent partout au Québec, y compris dans les domaines de compétence fédérale.
Économie L'économie québécoise demeure relativement robuste malgré les soubresauts de la crise économique mondiale de 2008. Depuis 2006, le taux de chômage fluctue autour d'une moyenne de 7,5 %, après un sommet à 8,5 % en 2009. En , le taux de chômage désaisonnalisé au Québec s'établissait à 7,7 %.
Jean Charest, qui veut faire de l'économie son principal cheval de bataille a promis la création de et la réduction du taux de chômage à 6 % au cours d'un prochain mandat libéral. Dans un document rendu public au second jour de la campagne et qualifié de « mince » par la presse, le PLQ compte en outre «assurer le rayonnement de notre métropole» et stimuler l’emploi, notamment chez les travailleurs «expérimentés» par une série de mesures à être annoncées plus tard. Commentant l'annonce, le rédacteur en chef de Jobboom, Éric Grenier, fait toutefois remarquer que l'économie québécoise a ajouté entre 2003 et 2008 pour une croissance annuelle de 1,25 %. Cette performance est toutefois inférieure à l'Ontario qui avait enregistré une croissance de 1,43 % durant la même période. Les prévisions économiques du mouvement Desjardins et d'Emploi-Québec prévoient d'ailleurs que de seront créés en 2012. Les prévisionnistes des deux institutions prévoient d'ailleurs l'atteinte d'un taux de chômage de 6 % d'ici cinq ans, ce qui en fait une promesse peu risquée.
Finances publiques Au cours des neuf années du gouvernement Charest, la dette brute du Québec a augmenté un peu plus rapidement que l'inflation, passant de 53,1 % à 55,8 % du produit intérieur brut (PIB). Durant la même période, la dette représentant les déficits cumulés du gouvernement, exprimée en pourcentage du PIB, est demeurée relativement stable à 34,5 % et s'établissait à en 2012. Les économistes des grandes institutions financières québécoises estiment que la dette publique est « très élevée » mais que ce problème n'est « pas trop préoccupant présentement », compte tenu des bas taux d'intérêt sur les marchés obligataires. François Desjardins, économiste au Mouvement Desjardins, estime toutefois que cette dette limite la marge de manœuvre du gouvernement.
Éducation