La famille de Barrau, anciennement Barrau ou encore Barrau de Carcenac, est une famille subsistante de la noblesse française originaire de la province du Rouergue, de nos jours le département de l'Aveyron, en France.
Elle débute ses alliances nobles au cours du . Au siècle suivant, Guion de Barrau se donne la qualité de noble et réussit à se faire maintenir en cette qualité après avoir été condamné pour usurpation de noblesse. Au Madame de Barrau est enlevée puis arrêtée par lettre de cachet. Pierre Firmin de Barrau de Caplongue est l'un des rédacteurs du cahier de doléances de la noblesse de la sénéchaussée de Rodez et bailliage de Millau en 1789. Durant la Révolution française Barrau père et fils sont convoqués devant le Tribunal révolutionnaire après le pillage et l'incendie de leur château. Après la Révolution, certains ont des fonctions politiques locales, sont historiens et mémorialistes, lancent deux journaux en Aveyron, parmi eux Hippolyte de Barrau qui propose en 1836 la création d'une société savante, la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron. D'autres s'impliquent dans la vie nationale comme Adolphe de Barrau qui est botaniste au sein de la Commission d'exploration scientifique d'Algérie, Eugène de Barrau qui remplit une mission confidentielle auprès d'Henri d'Artois, Jean de Barrau qui est membre du comité directeur de la fédération nationale des Camelots du roi et le secrétaire particulier de Philippe d'Orléans.
Cette famille a laissé plusieurs traces de son histoire dans le département de l'Aveyron.
Histoire Patronyme Le patronyme Barrau précédé d'une particule a été porté par différentes familles. Ainsi de nos jours il ne faut pas confondre la famille de Barrau (de Carcenac, en Aveyron) avec les familles de Barrau de Muratel et d'Abbadie de Barrau, ces deux dernières se faisant en outre usuellement appeler de Barrau.
Des origines dans la partie centrale du Rouergue vignette|redresse|130px|Situation géographique du département de l'Aveyron (anciennement province du Rouergue).|alt=Carte administrative de la France mettant en exergue le département de l'Aveyron. vignette|redresse|130px|Vue partielle de Salmiech avec l'église Saint-Firmin.|alt=Photographie en dégradé de gris du village. vignette|redresse|130px|L'entrée du village de Carcenac, côté Est.|alt=Photographie de l'entrée du village. Joseph de Bonald dans Documents généalogiques sur des familles du Rouergue écrit que cette famille remonte par filiation à l'année 1557 et que des actes plus anciens aux archives départementales ont des lacunes. Gustave Chaix d'Est-Ange écrit que cette famille est mentionnée dans des actes depuis la fin du . Hippolyte de Barrau écrit : .. Dans l'ouvrage Cartulaire de l'abbaye de Bonnecombe édité par Pierre-Aloïs Verlaguet il est mentionné dans le village de Carcenac-Salmiech, un personnage nommé Barraus da Carcennac, témoin à un accord de dîme en 1233Cartulaire de l'abbaye de Bonnecombe, tome 1 [Texte imprimé], 1 vol. (LXXIV-743 p.) : carte ; , pages 578-579 et 585-586, Pierre-Aloïs Verlaguet, éditeur scientifique, collection « Archives historiques du Rouergue », 5, Rodez, imprimerie P. Carrère, 1918-1925. et cédant des droits sur un mas en 1242, mais il ne donne pas de preuves de filiation. Carcenac est un village ancien qui est situé à quelques kilomètres au nord-est de Salmiech. Au Moyen Âge, il n'y a pas de château dans la paroisse de Carcenac qui relève de la châtellenie de Salmiech, domaine des comtes de Rodez puis des seigneurs de Landorre à partir des premières années du et , ..
La filiation prouvée et suivie de cette famille remonte à Firmin Barrau, qui exerce la profession de notaire au à Salmiech.
Des derniers Valois aux premiers Bourbons : l'ascension sociale Deux générations Barrau prennent alliances au sein de la vieille noblesse du Rouergue
Firmin (II) Barrau, fils de Firmin Barrau, épouse dans la deuxième moitié du Françoise de Méjanès dont la famille appartient à l'ancienne noblesse du Rouergue. Durant les guerres de Religion son beau-père a défendu une place de la province contre les avancées des huguenots. Firmin II Barrau et son épouse ont notamment pour enfants Firmin III qui reprend le domaine familial situé à Carcenac, et Laurens qui hérite du domaine du Coutal entre Arvieu et Salles-Curan formant une branche qui restera roturière.
Firmin (III) Barrau épouse à son tour une noble en 1611. Gustave Chaix d'Est-Ange écrit à ce sujet : . François de Faramond est l'aîné de son lignage et sa mère est née Marguerite de Morlhon. Louise de Lapanouse-Fabrègues, dame de Grèzes, est la fille de Guion de Lapanouse et d'Helips de Brezons..
Ainsi, depuis deux générations sous les derniers rois Valois et les premiers rois Bourbons, les héritiers Barrau à Carcenac contractent des alliances dans l'ancienne noblesse de leur province. Ces deux alliances se font avec des familles locales qui habitent la même partie du Rouergue qu'eux. La famille de Méjanès, possessionnée en Lévézou, remonte sa noblesse au Moyen-Âge. La famille de Faramond tire son nom d'un lieu relevant de la châtellenie de Salmiech, la Faramondie, elle remonte sa noblesse au avec une ascendance noble présumée au , elle était vassale des châtelains de Salmiech au Moyen Âge. Ces deux alliances donnent des ascendances et parentés nobles aux Barrau. Ces deux mariages représentent un désir de promotion sociale mais aussi la capacité à pouvoir entretenir une femme issue de la noblesse et leur donnent dès cette époque des parentés au sein de la noblesse d'épée du Rouergue.. Sur la signification sociale des alliances sous l'Ancien Régime, l'historien Roland Mousnier écrit : Roland Mousnier, Les institutions de la France sous la monarchie absolue. 1598-1789, Quadrige manuels, PUF, 2005, page 173). et Martin de Framond : ..
Du règne de Louis XIV à celui de Louis XVI : une famille de la noblesse rurale et militaire Le
À la génération suivante, l'un des fils de Firmin (III), prénommé Guion, devient par son mariage en 1656 avec Anne de Vedelly, tome 1, année 1998, jugements de A à F, page 214 : « Contract de mariage de Fermin de Barrau, produisant, qualiffié noble, avec demoiselle Anne de Flavin, par lequel il paroist qu'il est fils dudit Guion de Barrau, pareillement qualifié noble, et de demoiselle Anne de Vedelly, du 08-10-1680, passé par devant Jean Gresfuilhe, notaire royal du lieu de Comps »., possesseur en partie de la seigneurie de Trémouilles.. Il n'a pas fait un mariage noble mais grâce aux alliances de son père et de son grand-père il a plusieurs ascendants proches qui sont nobles. Par l'héritage de sa femme il peut désormais se qualifier de « seigneur » (« La propriété d'une seigneurie est une dignité sociale »Roland Mousnier, Les institutions de la France sous la monarchie absolue. 1598-1789, Quadrige manuels, PUF, 2005, page 372.) et tirer des revenus de cette terre. Il n'exerce pas de professionChérin 15, généalogie de la famille de Barrau à Carcenac-Salmiech en Rouergue, BnF, site de Richelieu à Paris.. Fort de ses parentés et probablement de l'héritage de sa femme, il se donne la qualité de noble. depuis le milieu du . ou encore en 1660 (noble Guion de Barrau, écuyer) .. En 1666, le roi Louis XIV ordonne une grande enquête sur la noblesse. Ne pouvant prouver une noblesse ni depuis 1560, ni par anoblissement, Guion Barrau de Carcenac est condamné le pour usurpation de noblesse à d'amende par jugement de Claude Pellot, intendant de Bordeaux et de Montauban. Malgré sa condamnation, il continue à se qualifier noble et écuyer dans le contrat de mariage en 1680 de son fils noble Firmin de Barrau (1663-1739) qui épouse une damoiselle issue d'une famille d'ancienne chevalerie. En 1689, 1691 et 1692 il est encore mentionné noble Guion de Barrau.
Son fils, noble Firmin de Barrau, sert au ban et arrière ban en 1689, 1692 et 1694 vu les certificats des commandements de la noblesse du Rouergue justificatifs de ses services et le déchargeant en 1696.
En 1695, messieurs de Barrau père et fils (Guion et Firmin de Barrau) sont imposés à l'impôt de capitation nobleGuy Chaussinand-Nogaret dans son ouvrage La noblesse au , éditions Complexe, 2000, page 75 écrit : « […] la noblesse était inscrite sur des listes séparées. La capitation noble était assise par l'intendant de la généralité avec la collaboration nominale d'un gentilhomme. ».. Firmin de Barrau doit payer de capitation, ce qui correspond à la classe 10 dans laquelle sont imposés les gentilshommes seigneurs de paroissesFrançois Bluche et Jean-François Solnon, La véritable hiérarchie sociale de l’ancienne France – Le tarif de la première capitation (1695), page 103, éditions Droz, Genève, 1983 et réédité en 1995.François Bluche, La noblesse française au , Hachette, 1995, pages 16 à 17 : Classe 10 « gentilshommes seigneurs de paroisses ».François Bluche et Jean-François Solnon, La véritable hiérarchie sociale de l'ancienne France. Le tarif de la première capitation (1695), Droz, Genève, 1983 (réédition en 1995), pages 46 à 49., le degré supérieur des nobles rurauxRoland Mousnier, Les institutions de la France sous la monarchie absolue. 1598-1789, Quadrige manuels, PUF, 2005, page 136 : « En dixième classe, à 120 livres, le degré supérieur des nobles ruraux, les gentilshommes seigneurs de paroisses »., et son père , ce qui correspond à la classe 19 dans laquelle sont imposés les gentilshommes n'ayant ni fief ni château.
Pour ce qui est des alliances et parentés proches en ce siècle, Firmin (III) Barrau a pris alliance dans la vieille noblesse, son fils Guion s'allie dans la bourgeoisie possédant seigneurie, son petit-fils Firmin (IV) s'allie dans la vieille noblesse. D'autres alliances avec des familles nobles ou bourgeoises possédant fief sont contractées.
Le , Guion de Barrau, du lieu de Carcenac, obtient par jugement de Félix Le Peletier de La Houssaye, intendant de la généralité de Montauban, une maintenue en la noblesse. Cette maintenue fut fondée sur la filiation d'une famille homonyme, la famille de Barrau de Muratel.. En effet Guion de Barrau a fait valoir un faux extrait d'acte de baptême du par lequel il est dit fils de Jean de Barrau, seigneur de Campouliès, membre de la famille de Barrau de Muratel. Ce rattachement factice à cette famille a entraîné des confusions entre ces deux familles chez des généalogistes jusqu'à l'époque contemporaine.
Il n'y a pas au d'autres jugements que ceux de 1666 et 1699.
La famille de Barrau, du lieu de Carcenac, en Rouergue, obtient au total trois maintenues en la noblesse par les intendants de Montauban : par l'intendant Le Peletier de La Houssaye en faveur de Guion de BarrauBNF Richelieu, cabinet des titres, manuscrit français 32296 (ces trois maintenues en la noblesse rendues en faveur de la famille de Barrau sont consultables dans ce manuscrit : pages 458 à 460 ; pages 491 à 492 ; pages 509 à 510). Ces trois maintenues ont été reprises dans l'ouvrage de Jean Vignau, Nobiliaire des généralités de Montauban et d'Auch, et du pays de Foix… : dressé sur titres originaux réunis par les intendants lors de la recherche des usurpateurs du titre de noblesse entre 1696 et 1718, tome 1, année 1998, jugements de A à F, pages 212 à 214. ; par l'intendant Legendre en faveur de Firmin de Barrau ; par l'intendant Laugeois en faveur à nouveau de Firmin de Barrau, dans ce jugement il est fait mention de celui de 1699. Ces maintenues ont été rendues sur une preuve de noblesse datant de l'année 1539 qui est relative aux Barrau de Muratel.
Le Au cours du des membres de la famille de Barrau servent dans la maison militaire des rois Louis XV et Louis XVI (gardes du corps du roi, mousquetaire).
L'un des fils de Pierre de Barrau dira de son père : .. Lors de ses périodes de service à Versailles, un jour de fête, Pierre de Barrau figure dans une contredanse (quatre couples de danseurs dans un carré) dans laquelle est également la reine Marie-Antoinette.