thumb| 200px |Fibule étrusque du La fibule (du latin signifiant agrafe, crampon, attache) est une agrafe, généralement en métal, qui sert à fixer les extrémités d'un vêtement. Elle est généralement considérée comme l'ancêtre de l'épingle de sûreté. Les premières fibules apparaissent à l'âge du bronze final.
thumb|200px|La fibule de Nordendorf ( ap. J.-C) portant l'inscription logaþorewodanwigiþonar pouvant évoquer les noms des dieux Wodan (dieu en chef de l'Alamanni), et Donar (dieu du tonnerre), ce qui évoque un charme protecteur ici associé à la fibule. thumb|200 px|Fibule trouvée à Bragança au Portugal (250-200 av. J.-C.), conservée au British Museum. thumb|200px|Fibule mérovingienne polylobée en argent doré, ivoire et verre rouge, ( ap. J.-C), trouvée à Charleville-Mézières (France), dans une tombe féminine. thumb|250px|Fibule romaine dite « en Oméga », construite sur le principe de la boucle de ceinture.
Présentation Utilisées par les Étrusques dès leur période orientalisante (), les fibules étaient surtout destinées à attacher des vêtements, certaines ayant pu jouer un simple rôle de broche décorative. C'est une amélioration par rapport au nœud ou à la simple aiguille moins fiable et qui se perdait plus facilement. Alors que la « tête » de la fibule était souvent décorée, « l'arc » ou « le corps », lui, comportait souvent des décorations plus élaborées et dans certaines cultures ces types de décorations pouvaient avoir des références symboliques ; elles ont pu être associées à un rang, une profession ou différencier les femmes mariées des femmes célibataires, des hommes, des guerriers ou des chefs.
Par exemple, la fibule étrusque de Chiusi datée vers -630 et conservée au Louvre, porte une « inscription parlante » en granulation : . Ce sont les marques de propriété et celle du nom du donateurLes orfèvres français sous l'Ancien Régime, Actes du colloque Nantes 1989, 39 Cahier du Patrimoine, 13.. Certaines fibules romaines ont pu représenter un grade dans l'armée. Les fibules pouvaient aussi jouer le rôle d'amulettes pour conjurer le mauvais sort et certaines étaient déposées dans des sanctuaires, ou sur les autels comme offrandes.
Les fouilles archéologiques ont permis de retrouver de nombreuses fibules en métal (bronze, argent, or, fer) ou ivoire, dont certaines incrustées de pierres précieuses ou richement ornementées.
Aujourd'hui, les fibules aident les archéologues à dater les couches stratigraphiques qu'ils fouillent.
Techniques de fabrication vignette|Paire de fibules de la reine Arnegonde (515-573), femme de Clotaire Ier (511-561), roi des Francs. Or et grenats, Gaule mérovingienne, vers 570. Découvert dans une tombe de Saint-Denis en 1959. En Europe centrale, au début de l'époque de la Tène les fibules sont très souvent en bronze, fabriquées avec un procédé dit « à cire perdue », ou avec une technique dite de « chaudronnerie et martelage » d'une barre de métal, bronze ou fer alternant avec des phases de recuit pour augmenter l'élasticité de la partie mobile, le ressort. Une autre technique, pour des métaux plus souples, consistait à enrouler un fil de métal autour d'un clou en fer. Utilisée durant l'Antiquité par les Gaulois et les Romains, cette technique permettait entre autres de former la boucle et le ressort de la fibule.
Composition d'une fibule
thumb|left|200px|Fibule à charnière type épingle de nourrice, âge du fer, trouvée à Bohuslän (Suède) thumb|left|200px|L'enroulement d'un fil de métal (ensuite trempé) lui confère les caractéristiques d'un ressort, qui conserve une forme décorative (double spirale) commune depuis la Préhistoire
Les premières fibules connues, de la fin de l'âge du bronze, ont généralement une forme d'arc et comportent une aiguille latérale évoquant les épingles de nourrice contemporaines.
Elles pouvaient avoir un corps rond, ovale, carré, plat ou torsadé.
Certaines portaient des perforations ou de petites décorations au niveau de l'arc. Des fibules de ce type ont été introduites dès le par les Mycéniens dans le Péloponnèse et se répandent dans toute la Grèce, Chypre et la Sicile.
Le corps d'une fibule peut être en forme d'arc ou plat suivant sa forme basique. Un arc est généralement long et étroit et souvent très recourbé. Une fibule plate sera plus large et de forme plus solide. Le corps des fibules était souvent décoré et son extrémité composée d'un ressort ou d'une charnière. Suivant son origine culturelle la tête de la fibule pouvait être courbée vers le bas, le haut ou sur le côté.
L’aiguille (ou ardillon) utilisée pour attacher les vêtements peut être composée d'une pièce différente attachée au corps de la fibule, ou peut faire partie de cette même fibule.
L’aiguille peut être attachée à un ressort ou à une petite charnière. Le ressort peut être spiralé, unilatéral ou bilatéral.
Le ressort unilatéral : il s'enroule dans un sens seulement et apparait tout d'abord vers le
Le ressort bilatéral : il peut être très court, tourné seulement une ou deux fois, ou plus long pouvant atteindre une taille de . La plupart des ressorts bilatéraux sont faits d'une seule pièce de métal et sont composés d'une seule corde allant d'un bout à l'autre et pouvant passer devant ou derrière le corps de la fibule. Le ressort bilatéral s'enroule autour d'un axe souvent en fer même si le reste du ressort est composé d'alliage de cuivre.
Au quelques fibules avaient leurs ressorts couverts par une extension du corps en métal, ces dernières sont connues comme fibules à ressort caché ou couvert.
Au début du apparaît un nouveau type de fibule portant une aiguille attachée par son bout à une petite charnière, ce mode de fixation est utilisé pour tous types de fibules. Au la charnière était placée au centre d'une longue barre créant la fameuse fibule du type crossbow ou arbalète, bien que ce type de fibule existât auparavant, il était encore très rare et avait disparu vers le début du .
Types de fibules Âge du bronze thumb|upright=0.6|Fibule type Haslau
Haslau : on voit apparaître pendant la période du bronze un style de fibule constituée de deux pièces roulées en spirale et attachées ensemble, ces fibules connues sous le nom de type Haslau ou St Lucija font penser à une paire de lunettes, et datent du Certaines de ces fibules en forme de cercle étaient de dimensions assez larges pouvant atteindre d'envergure. Une variante qui apparait au était composée de quatre petits cercles avec au centre un petit carré incrusté.
Serpentine : la culture de Villanova en Italie a introduit entre le et le une série de variations de fibule en arc. Dans cette variation, l'arc commence à sa tête par une forme semi-circulaire mais se plie en angle droit. Cet arc était souvent décoré de nœuds ou de piquants gravés, et pouvait également être courbé en vagues ou en vrilles, cette variante est connue sous le nom de fibule serpentine.
Sangsue : typique de la culture villanovienne d'Italie. L'arc présente un renflement qui fait ressembler la fibule à une sangsue.
Âge du fer Type de Marzabotto
Type de Duchkov ou type de Dux
Type de Münsingen Les fibules du type de Münsingen, du nom de la commune suisse, datent du
Type Mötschwil
Type de Nauheim
Tène : les fibules du type Tène viennent de l'Europe centrale et sont très souvent en bronze, fabriquées par le procédé de la cire perdue ; elles sont composées de représentations d'animaux fantastiques et de visages humains à l'aspect de masques souvent placés sur la partie inférieure de la fibule.
Alésia : cette fibule est nommée « Alésia » car plusieurs exemplaires de ce type ont été découverts sur le site éponyme dans les niveaux du siège de l'an -52. Elle se caractérise par un arc plat de forme triangulaire ou ogivale, par un pied redressé et souvent percé d'un ornement transversal et par une charnière repliée vers l'intérieur. Sa présence sur le site d'Alésia au moment de la conquête de César permet de dater cet artefact des années 60 - 40 avant notre ère soit la période LTD2b. Si ces fibules marquent la fin de la période gauloise, elles présentent une innovation technique par rapport aux fibules protohistoriques : la fermeture à charnière. Cette caractéristique pourrait prouver l'origine romaine de ces fibules, apportées sur le territoire gaulois par les armées de César. Ces "fibules de soldat" se trouvent d'ailleurs sur des sites où la présence de militaires est attestée ou fortement probable (site du Parc de La Grange à Genève, site de Sermuz et site du col des Étroits). À partir des années 40-20 avant notre ère, on peut cependant les trouver dans des contextes non militaires. Elles peuvent être à l'origine du type AucissaFiche de la base Artefact mentionnant la filiation.
Antiquité
Aucissa : au ap. J.-C, les fibules du type aucissa étaient très répandues, elles sont généralement constituées d'un arc important, semi circulaire et ayant pour fin un pied assez court. L'arc est plat et large et porte un anneau enroulé au centre. Les fibules aucissa furent les premières à utiliser une charnière plutôt qu'un ressort. Beaucoup de ces fibules portent les mots « AVCISSA » moulés au-dessus de la charnière ; les archéologues pensent qu'il s'agit du nom de l'atelier de fabrique.
Langton down
Type Nertomarus
Fibules à queue de paonI. Fauduet, Notes sur la technique des fibules gallo-romaines « à queue de paon », Revue archéologique du Centre de la France, tome 18, fascicule 3-4, 1979, p. 149-152. Lire en ligne
Fibules en forme d'animal : les fibules romaines peuvent être décorées de manière remarquable, par exemple en émail coloré, et elles ont parfois des formes spéciales, par exemple des animaux. La fibule en forme d'animal avait en arrière une aiguille à charnière pour l'attacher aux vêtements.
Cruciforme : cette fibule appelée Zwiebelknopffibeln en allemand (fibule à tête d'oignon) se caractérise par un arc massif, un pied large et rectiligne et un système de charnière avec porte-ardillon en gaine. Le décor se compose de protubérances en forme d'oignon, parfois facetté aux extrémités des bras transversaux et de la tête. Elles ont une datation assez tardive. Les six types identifiés se succèdent chronologiquement des années 260 aux environs de 400 de notre ère. Ces fibules appartenaient à la panoplie des militaires où elles servaient à attacher leur manteau, le paludamentum. On les retrouve donc quasi exclusivement en contexte militaire. Cela est également confirmé par l'iconographie : on en trouve une attachant le manteau militaire sur le diptyque de Stilicon du trésor de Monza ou encore sur le manteau du signifer Lepontius sur sa stèle conservée au musée de Strasbourg. Cette fonction militaire explique que l'on retrouve ces fibules dans l'ensemble de l'Empire jusqu'au Moyen-Orient et en Afrique.
Krâftig Profilierte : entre la fin du jusqu'à la fin du apparaissent des fibules du type "Kraftige Profilierte". Elles sont constituées d'un large ressort bilatéral, d'une large tête souvent plate sertie par un ou plusieurs anneaux se prolongeant par une partie plus fine se finissant par une protubérance. Il existe trois types de fibules profilierte : la première, originaire de Pannonie porte un double anneau sur son arc, la seconde provenant des Balkans n'est constituée que d'un simple anneau, et enfin, la dernière, originaire de la mer Noire, est constituée de deux anneaux mais ne porte pas de protubérance en son bout.
Fibule en forme de disque
Oméga : ces fibules « pennanulaires » (en anneau interrompu) se rattachent le plus souvent au groupe des broches celtiques, caractéristiques des Îles Britanniques ().
Haut Moyen âge thumb|70px|Fibule aquiliforme, wisigothique Arbalète : ce terme désigne un système de fermeture de fibule caractérisé par un nombre égal d'enroulements de fil de chaque côté de l'arc. On le retrouve sur des fibules datant du avant notre ère mais également sur des fibules romaines, jusqu'au de notre ère.