Frederic Archibald Lamond (né à Glasgow, le - mort à Stirling, le ) est un pianiste et compositeur écossais et l'un des derniers survivants des élèves de Franz Liszt. Il s'impose comme un grand interprète de Beethoven et de Liszt.
Biographie Formation Lamond est né à Glasgow en Écosse dans une famille pauvre. Il commence des études, piano et contrepoint, avec son frère aîné David et dans sa ville natale : le violon, puis le piano, l'orgue à l'église et joue aussi du hautbois et de la clarinette.. Il assure pendant les quatre mois de l'hiver 1876-77, la direction de l'orchestre et dirige Liszt, notamment Les Préludes qui y font sensation. À Glasgow, il est considéré comme un prodige et on lui conseille de poursuivre sa formation à l'étranger, alors qu'il n'a que quatorze ans. Frederic a d'abord l'espoir de suivre l'enseignement de Robert Schumann en Allemagne. Mais il suit celui de Max Schwarz (un élève de Bulow et Liszt) pour le piano, d'Anton Urspruch pour la composition, ainsi que Heermann pour le violon au Conservatoire de Raff de Frankfort. il travaille le clavier aussi avec Clara Schumann et avec Hans von Bülow (directeur de l'institution). Lamond confie :
Il remporte le premier prix du conservatoire avec le deuxième concerto pour piano de Saint-Saëns. Il effectue un voyage à Bayreuth pour y écouter Parsifal.
Il étudie donc avec le vieux Franz Liszt, dont il est l'un des derniers disciples : à Weimar en juin, et à Rome en 1885 – il a dix-sept ans –, puis à Londres au mois d'avril de l'année suivante, où l'abbé Liszt participe à lancer la carrière de Lamond. À Weimar, il rencontre Bernhard Stavenhagen, Alexandre Siloti et Moriz Rosenthal, autres membres de la classe de piano du maître. L'Écossais réalise le rêve de son enfance… et commence l'enseignement avec la fugue de la sonate Hammerklavier… À Londres, il croise un autre élève du pianiste, Harold Bauer, présent lors du concert du à St-James Hall.
Lamond se produit à Berlin pour la première fois le , puis en février 1886, à Vienne, donne un récital consacré exclusivement à Johannes Brahms, chose rare à l'époqueLe programme était très consistant : Sonate en fa mineur, op. 5, une Rhapsodie, deux Ballades, le Scherzo en mi bémol mineur, deux Capriccios extraits de l'op. 76, les Variations Haendel, et les Variations Paganini.. Il rencontre le maître, lors de la création de la Quatrième symphonie par Bulow à Meiningen. Brahms conseille le jeune musicien sur l'interprétation de ses œuvres.
Lamond a aussi fait la connaissance de Anton Rubinstein en Allemagne. Il a pu l'entendre jouer au piano et diriger de nombreuses fois, ainsi que plus tard en Russie, dans les années 1890.
Carrière En plus de devenir un grand interprète de Brahms, Lamond est considéré comme une autorité sur la musique pour piano de Beethoven avant Artur Schnabel. L'éditeur Breitkopf & Härtel publia son édition des sonates pour piano du maître de Bonn. Lamond avait une affinité quasi-spirituelle avec les œuvres de Beethoven :
Un texte de Lamond ayant pour objet les sonates pour piano de BeethovenFrederic Lamond, Beethoven : notes on the Sonatas, Glasgow, 1944. s'ouvre sur cette phrase :
En 1893, Lamond est invité par Vassili Safonov (qui fut le professeur de Josef Lhevinne) à Moscou pour jouer le premier Concerto pour piano de Tchaikovsky à la requête du compositeur. Il n'est pas certain que Lamond ait rencontré, à la faveur de ce voyage, Alexandre Scriabine, mais il jouera plus tard la seconde Sonate pour piano (opus 19).
En 1904, il épouse l'actrice autrichienne Irene Triesch (1877–1964) et s'établit à Berlin, sauf pendant les années de guerre. Lamond visite les États-Unis dès 1902, et y effectue de fréquentes tournées durant les années 1920. Il est nommé professeur à l'Eastman School of Music en 1923.
Pendant la saison 1924, il est le soliste du Philadelphia Orchestra.
En 1917, il est nommé professeur au Conservatoire Royal de La Haye et au cours des années 1930, il se fixe à Berlin, jouant l'intégrale des sonates de Beethoven dans de nombreuses capitales du vieux continent. En 1935, Lamond entreprend une tournée en Amérique du Sud, et l'année suivante, tel Anton Rubinstein avant lui, donne une série de concerts couvrant toute la musique écrite pour le clavier de Byrd à Liszt.
Dans les années 1920 et 1930, Lamond a enregistré de nombreuses œuvres de Beethoven, par exemple, pour la première fois de l'histoire, le Concerto pour piano n° 5 Empereur sous la direction de Eugène Goossens pour His Master Voice. Il enregistre les sonates Clair de Lune, Pathétique, Waldstein et Appassionata, ainsi que les opus 26, et 31 n° 2 La Tempête et l'opus 110.
On dispose aussi de pièces de Liszt et un assortiment de petites pièces de divers compositeurs. Bien que ne disposant plus de la technique qui avait été ovationnée dans sa jeunesse (Variations Paganini de Brahms), ses phrasés sont gracieux et chantants.
Lamond parlait un français parfait, l'allemand dont plusieurs de ses dialectes, un peu le russe, le turc, et a étudié le gaélique.
Fin de sa vie Malgré le déclin de sa technique pianistique, Lamond continue à donner des concerts jusqu'à la fin de sa vie. En 1938, il est surpris à Prague, où il donnait un cycle de récitals, lorsque les Allemands envahissent la Tchécoslovaquie. Trois semaines plus tard, il est forcé d'y abandonner ses biens, notamment le manuscrit d'un roman inachevé, et part avec sa femme pour l'Angleterre. Un de ses amis, raconte qu'à Eger, à la frontière, il fut arrêté par un agent de la Gestapo, qui insistait pour voir son passeport. Le policier lui demanda alors s'il était aryen. Lamond répondit : . Lamond était un homme au franc-parler qui ne supportait pas l'absurdité Page Lamond sur arbiterrecords.com..
En 1940, obligé de gagner sa vie, se rend à Glasgow et y donne des cours d'interprétation à l'Académie de Musique, parfois sur un simple piano droit. Une autre source de revenu fut les dix-neuf émissions pour la BBC. Modeste fin de carrière pour un pianiste ayant connu les grandes figures de Liszt, Anton Rubinstein, Richard Strauss ou Brahms.
Frederic Lamond est mort à l'âge de quatre-vingts ans à Stirling.
Lamon était un professeur hautement respecté. On peut citer quelques élèves : Rudolf am Bach, Gunnar Johansen (1906–1991), Jan Chiapusso (lui-même professeur de Rosalyn Tureck notamment), Ervin Nyíregyházi (1903–1987), et Victor Borge (1909–2000). À propos de son enseignement, Johansen a écrit :
Lamond faisait d'abord travailler ses élèves à fond le Clavier bien tempéré de Bach pour la forme, puis les Études de Henselt. C'est seulement alors qu'ils les plongeait dans la vaste littérature du piano.
Œuvres Orchestre Symphonie en la majeur, op. 3 (1889, création Londres 1890) Ouverture From the Scottish Highlands, pour orchestre op. 4 Sword Dance (Danse du Sabre) Tirée de Eine Liebe im Schottischen Hochlande
Chambre Trio avec piano en si mineur, op. 2
Piano Klavierstücke, op. 1 Impromptu
Livres The memoirs of Frederic Lamond Préface de Ernest Newman, introduction & notes d'Irene Triesch Lamond - Glasgow 1949, éd. William MacLellan, 130 p. Beethoven : notes on the Sonatas, Glasgow, 1944.
Édition Beethoven, Sonates pour piano - Breitkopf & Härtel
Œuvres enregistrées Symphonie en la majeur, Ouverture From the Scottish Highlands, Sword Dance - BBC Scottish Symphony Orchestra, Dir. Martyn Brabbins (2004, Hyperion CDA67387)
Discographie Excepté une session d'enregistrements pour Decca en 1941, Lamond a essentiellement enregistré pour La Voix de Son Maître et son pendant Allemand, Electrola Beethoven, Concerto pour piano n° 5 Dir. Eugene Goossens, Sonates 8, 12 & 14 (vol. 1) (Biddulph Records LHW 42) Beethoven, Sonates n° 17, 21, 23 & 31 (vol. 2) (Biddulph Records LHW 43) Élèves de Liszt : Beethoven, Rondo, op. 51 n° 2 ; Glinka-Balakirev, L'Alouette (Zhavoronok) ; Liszt, Liebestraume n° 2 (S541/2) ; (Pearl 9972) Liszt (Intégrale des enregistrements Liszt HMV/Electrola 1919-36, APR 5504) Liszt's last pupil : Auber-Liszt, Tarantella di Bravura (S386) ; Brahms, Capriccio op. 76 n° 2 ; Chopin, Nocturne, op. 32 n° 2 ; Glinka/Balakirev, L'Alouette (Zhavoronok) ; Liszt, Sonnet de Petrarque n° 104 (ext. Deuxième Année de pèlerinage, S161/5) ; Tarentelle (idem S162/3), Étude d'exécution transcendante, S139/05 Feux follets, Étude de concert, Un sospiro (S144/3 - deux versions 1927 et 1936), Études de concert, Waldesrauschen (S145/1), Étude de concert, Gnomenreigen (S145/2), Liebestraume (Rêve d'amour, S541/3), Valse impromptu, (S213) ; Rossini-Liszt (extr. Stabat Mater) Cujus Animam (S553/1) ; Rubinstein, Barcarolle en sol, op. 50 n° 3 ; Schubert-Liszt, Der Erlkonig (S558/04) (Pearl 9911) Le programme APR et le Pearl 9911 se recouvrent presque. Le son est plus filtré, lointain et tubé chez APR au détriment de la présence ; quoique pourvu d'un bruit de surface important, le piano semble plus naturel sur le dernier disque.
Carton perforé On trouve également une douzaine de pièces pour piano sur un piano Welte-Mignon enregistrées sur carton perforé à Leipzig le (dont l'étude de concert, S144/R5, n° 3 en ré bémol majeur « Un sospiro »Naxos Welte-Mignon Piano Rolls, Vol. 2 (1905-1915) 8.110678., l'étude de concert, S145/R6, n° 2 Gnomenreigen (Ronde des Lutins)Naxos 8.112054, Second mouvement de la Cinquième Symphonie de Tchaikovsky ; Sonate n° 32, opus 111 de Beethoven ; Ouverture du Freischütz de WeberFrederic Lamond sur un disque Fonè.) Pour Philipps Duca, un autre procédé, le à FrankfortPour Philipps Duca sur pianola.org En 1924, un rouleau ou Lamond interprète une étude de concert de Liszt (The Grand Piano Era, Nimbus NI 8801) Sur un disque Pierian ("The Caswell collection vol. 10" 0039/40), consacré aux élèves de Liszt, on peut entendre Frederic Lamond parler lui-même pendant moins de huit minutes, à propos de sa première rencontre avec Liszt. Document enregistré le par la BBC.
Bibliographie
Frederick Kohn, Frederic Lamond: A Memoir, dans The Journal of the British Institute of Recorded Sound, , , .
Notes et références
Liens externes
Une biographie par Gerard Carter sur rodoni.ch
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