Pieter Pourbus, né à Gouda en 1523 ou 1524 et mort à Bruges le , est un peintre, dessinateur, ingénieur et cartographe de la Renaissance flamande, actif à Bruges au . Il est principalement connu pour sa peinture religieuse et ses portraits.

vignette|upright=1.5|L'Annonciation, 1552, huile sur panneau, , signé et daté : « PETRVS POVRBUS ME FECIT 1552 », , Pays-Bas

Biographie Naissance et origine On sait très peu de choses sur l'enfance et la jeunesse de Pieter Pourbus, à l'époque où il vivait à Gouda. Toutes les sources ne font qu'une brève mention de ses origines. Elles s'accordent, toutefois, sur les points suivants : Pieter Pourbus est né à Gouda en 1523 ou 1524 et il s'est installé à Bruges à l'âge de 20 ans.

Gouda Sa première biographie a été écrite par l'artiste biographe contemporain Karel van Mander dans son célèbre ouvrage Schilder-boeck de 1604Marc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda. 86 pages. Article écrit par Paul H.A.M. Abels, §.1, page 31.. Ils se sont rencontrés en 1580, lorsque Van Mander a fui les ravages de la guerre de Quatre-Vingts Ans et est resté à Bruges pendant un certain temps. Pourbus a dû le submerger d'informations sur tous les beaux sites de Bruges à cette époque, car il était la source de la plupart des écrits de Van Mander concernant l'école de peinture de BrugesArticle écrit par Paul Huvenne, §.1 page 9, dans Marc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus, Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2018 au Musée Gouda, 86 pages..

À l'occasion de l'exposition sur Pieter Pourbus au musée Gouda en 2018, malgré le peu d'informations connus sur ses liens avec la ville, Paul Abels a souligné dans le catalogue de cette exposition, le rôle qu'elle a joué dans sa vie, en s'appuyant sur le contexte de la vie religieuse et sociale médiévale à GoudaArticle écrit par Paul HAM Abels, §.1, page 31, dans Marc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus, Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda, 86 pages..

Le nom Pourbus apparaît plusieurs fois à Gouda au début du . Mais selon AbelsMarc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda, 86 pages. Article écrit par Paul H.A.M. Abels, §.1, page 31, une seule personne dans les archives pourrait effectivement être considérée comme le père de Pourbus, à savoir « Jan Pieterssoen Puerboss », qui figure dans les comptes de la ville en 1529. Ces archives mentionnent un paiement qui lui a été fait pour avoir « peint le tableau qui se tient devant la fenêtre ». La mention est brève, mais elle permet de corroborer Van Mander sur les racines de Pourbus à Gouda par une autre source contemporaine.

Cette source montre également qu'il était également peintre, bien qu'il ne soit pas possible de savoir quelles étaient ses réelles compétences artistiques. La mention se réfère très probablement à la peinture d'un blason (de ville) sur un voletPaul H.A.M. Abels, §. page 31, dans Marc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus, Maître peintre de Gouda , 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda. 86 pages.

On ignore où a eu lieu la formation initiale de Pourbus en tant que peintre. Il a peut-être étudié son métier avec des peintres basés à Utrecht tels que Jan van Scorel ou les maîtres de Leyde. Des recherches techniques récentes suggèrent LeydeMarc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda. 86 pages. Article écrit par Anne van Oosterwijk, §.4, page 66, plus encore qu'UtrechtMarc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda. 86 pages. Article écrit par Paul H.A.M. Abels, §.2, page 34. Lucas van Leyden et Cornelis Engelbrechtsz décèdent alors que Pourbus est encore un enfant, mais il est peut-être entré en contact avec les trois fils d'EngelbrechtszMarc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda, 86 pages. Article écrit par Paul H.A.M. Abels, §.2, page 34, , , et Pieter, qui ont suivi les traces de leur père et sont devenus des peintres à part entière.

De Gouda à Bruges Le déménagement de Pourbus à Bruges s'explique par le fait que Bruges est alors connue pour être une ville qui produit une excellente peinture, bien que cette réputation diminue légèrement lorsque Pourbus arrive. Les deux villes sont étroitement liées par le commerce de la bière, qui était à l'époque le principal secteur d'activité de Gouda.. C'est un territoire familier pour les habitants de Gouda et Pourbus aura entendu beaucoup d'histoires sur cette ville dans son enfance, une des plus grandes des Pays-Bas à l'époque avec environ ., et un centre de commerce international renommé., bien que son déclin s'amorce au profit d'Anvers au cours du .

À l'époque, Pourbus ne se considérait lui-même pas comme originaire de Bruges. Lorsqu'il s’inscrit en tant que maître peintre auprès de la guilde des sculpteurs et selliers en 1543 sous le nom de « Pieter Jansyns Poerbus », il est explicitement marqué « comme un étranger » (vrymde) dans les registresMarc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda. 86 pages. Article écrit par Paul H.A.M. Abels, §.2, page 31. Il devait avoir 19 ou 20 ans à l'époque, sur la base des mentions de son âge dans une série de documents contemporains. De là, on peut conclure qu'il doit être né en 1523 ou 1524.

Il n'y a pas de portrait ou d'autoportrait de Pieter Pourbus, mais Paul Huvenne pense qu'il s'est probablement représenté sur l'aile gauche de l'autel du « Triptyque de la fraternité du Saint-Sacrement »Marc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda. 86 pages. Article écrit par Paul Huvenne, fig.1, page 9 dans la Cathédrale Saint-Sauveur de Bruges.

Pourbus à Bruges Peu de temps après son inscription à la Guilde des sculpteurs et selliers de Bruges en 1543 (la « Guilde de Saint-Luc » de Bruges), il se marie avec Anna, la plus jeune fille du peintre Lancelot BlondeelMarc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda. 86 pages. Article écrit par Paul Huvenne, §.2, page 11. Ce mariage avec la fille d'un artiste établi sans héritiers masculins est très important pour sa réputation et sa carrière future de maître peintrePaul Huvenne, Pierre Pourbus, peintre brugeois, 1524-1584, cat. exp., Musée Memling (Hôpital Saint-Jean), 29 juin-30 septembre 1984, Bruges, Crédit Communal, 1984, p.23. En 1545 ou 1546, elle lui donne un fils, Frans (« Frans Pourbus l’Ancien »), qui est prédestiné à reprendre la brosse de son père après lui.

On connaît très peu de détails concrets de ses premières années à Bruges, ainsi que sur sa formation. Il semblerait qu'il ait d'abord travaillé sous l'aile de son propre beau-père.

Pourbus s'intègre facilement à la ville de Bruges et devient membre de la guilde des arbalétriers de Saint-Georges à partir de 1544.

Élève de Blondeel Blondeel, peut-être l'artiste de sa génération faisant le plus autorité à Bruges, y a introduit une première forme de peinture de la renaissance italienne. droite|vignette|350px|La cène, 1548, , Groeningemuseum, Bruges Les premiers travaux de Pourbus s'inscrivent dans cette école de peinture. En fait, on ne sait pas dans certains cas si les œuvres sont le résultat d'une collaboration ou si elles ont été peintes par lui individuellement. Paul Huvenne penche pour une collaboration des deux artistes par exemple dans le cas des Sept joies de la Vierge, qui se trouve dans la cathédrale Notre-Dame de TournaiMarc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda. 86 pages. Article écrit par Paul Huvenne, §.3, page 11.

Une des premières œuvres de Pourbus, La Cène, indique que son beau-père l'a également introduit dans les cercles des Rederijkers ou rhétoriciens de poètes amateurs et d'artistes récitants. Ces réunions sont organisées par la Chambre du Saint-Esprit. Blondeel, qui en est un membre très respecté, l'y a peut-être présentéMarc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus , Maître peintre de Gouda, 2018. Catalogue de l'exposition du 17 février au 17 juin 2108 au Musée Gouda. 86 pages. Article écrit par Paul Huvenne, cf. note 8 de l'article où il renvoie à la découverte en 2000 de la petite version de La Cène, datée de 1548, qui a pu alors être reliée à la Chambre du Saint-Esprit. Il représente la Cène comme elle est décrite dans les refrains du rhétoricien Eduard van Dene. On remarquera sur ce petit tableau une iconographie rare pour ce sujet, avec la présence d'un diable entrant dans la pièce sur la droite du tableau. Il a peint cinq autres tableaux de La Cène, tous imposants en taille, contrairement au premier, et notamment en 1559 le Triptyche de la Fraternité du Saint Sacrement (cathédrale Saint-Sauveur de Bruges) et celui de 1562 qui se trouve dans l'église Notre-Dame, à Bruges. Le premier a toujours ses deux volets d'origine, celui de gauche montrant l'offrande de Melchisedech et celui de droite, Elie nourri par les anges.

On ne sait pas exactement quand Pourbus a commencé à travailler pour lui-même. On sait en revanche qu'il a commencé à peindre pour le marché de l'art espagnol à un stade précoce. Son triptyque monumental Le Baptême du Christ, qui remonte à 1549 et est aujourd'hui accroché au Musée du Prado de Madrid, montre à quel point ces commandes peuvent être importantes.

Une de ses œuvres récemment découvertes est l'épitaphe espagnole de Martin Cruzat, qui date de 1548. Il s'agit d'une Pietà classique représentant le portrait du défunt, visiblement destinée à la tombe de son église paroissiale de Pampelune. L'œuvre a été présentée pour la première fois au public lors de l'exposition du en 2018Catalogue de l'exposition, page 13.

Un autre tableau des premières années de Pourbus à Bruges est son dernier ouvrage d'histoire non religieuse, Une allégorie de l'amour véritable, actuellement dans les collections de la Wallace Collection à Londres. centre|vignette|450px|Une allégorie de l'amour véritable, c. 1547, , Wallace collection, Londres Ce tableau montre à quel point le style de peinture de Pourbus est alors vraiment innovantPaul Huvenne, in Catalogue of the exhibition Feb.17 - June 17 2108 at Museum Gouda: Marc De Beyer & Josephina De Fauw, Pieter Pourbus, Master painter of Gouda, 2018. 86 pages. §.2 page 13.

Renommée autonome et grandissante et membre actif de la Guilde vignette|277x277px|Portrait de Jan van Eyewerve, 1551, Groeningemuseum, Bruges vignette|274x274px|Portrait de Jacquemyne Buuck, 1551, Groeningemuseum, Bruges À partir de 1549, Pourbus quitte l'ombre de son beau-père. Dès lors, son nom commence à apparaître dans toutes sortes de documents historiques avec une grande fréquence. Il est nommé chaque année, et parfois même quotidiennement, dans de nombreuses sources officielles.

Sa première commande importante, en 1549, est un ensemble de dessins préparatoires pour la Joyeuse entrée de l'empereur Charles Quint et le couronnement du prince Philippe II d'Espagne à Bruges. Cette commission notable aura également joué un rôle dans l'augmentation de sa renommée (Joyeuse entrée de Charles Quint et du prince Philippe II en 1549).