Gaby oh Gaby (Gaby oh ! Gaby, selon la graphie de la pochette du 45 tours) est une chanson française interprétée par Alain Bashung, sortie en 1980.
Écrite par Boris Bergman et composée par Bashung, la chanson sort d'abord en single en 1980 chez Philips, avec le titre Ell' s'fait rougir toute seule en face B. Devant l'immense succès du single, la chanson est incluse dans la réédition de l'album Roulette russe (), renommé Nouveau couplage.
Contexte En 1980, le chanteur Alain Bashung a déjà quatorze années de carrière professionnelle derrière lui, mais est considéré par ses pairs du métier comme l'archétype du loser : un type brillant, mais à qui le succès commercial échappe et qui pourrait ne jamais l'atteindre..
C'est ce que pense Philips, le label de Bashung, qui songe à lui rendre son contrat. Mais c'est sans compter sur le directeur de production Gérard Baqué, sensible au talent du chanteur, qui avouera à Boris Bergman lors des obsèques de Bashung en qu'il a financé l'enregistrement du 45 tours de la chanson . Le musicien réputé, roi de l'easy listening à la française, aurait, sans le savoir, sauvé la carrière de Bashung.
Le texte de Gaby oh Gaby est écrit par Bergman au Japon et devait être la face B du single Ell' s'fait rougir toute seule. Puis Bashung demande à son parolier d'écrire un nouveau refrain pour le morceau Max Amphibie, titre initial en référence à l'éditeur des chansons du duo Bashung/Bergman, Max Amphoux, qualifié de selon Bergman, qui lui a inspiré . En témoigne l'attaque de cette première mouture : .
Bergman réécrit les paroles, s'attachant à évoquer un travesti ou une personne trans, « Gaby » provenant de l'argot des apaches. « gaboune », qui désignait un homosexuel.
Gaby oh Gaby est enregistrée aux Studios Ferber à Paris, où elle sera complétée par les dernières phrases. Alors que Bashung s'absente pour aller aux toilettes, Bergman griffonne sur le pupitre ; il indique à ce sujet : , dira-il plus tard. À la fin des prises, l'ingénieur du son Dominique Blanc-Francard lâche : , mais Bergman prend ça comme un remontant.
Thèmes Boris Bergman, parolier de la chanson Gaby oh Gaby, a expliqué après la mort d'Alain Bashung :
Bergman considère la chanson J’sors avec ma frangine comme la suite de Gaby oh Gaby :
Accueil Accueil commercial À la sortie du single Gaby oh Gaby en , Alain Bashung a déjà quatorze ans de métier derrière lui. Des singles enregistrés de 1966 à 1977 ont tous été des échecs commerciaux, et son premier album Roman-photos (1977), qu'il renia par la suite car peu satisfait, connaît le même sort. Gaby oh Gaby change la donne en faisant découvrir le chanteur au grand public. La chanson est diffusée dans de nombreuses émissions télévisuelles le soir et la nuit, à la radio, et fait même l'objet d'une « une » dans le journal Libération.
Toutefois, le lancement du single est difficile, car , selon Jacky Jakubowicz, alors attaché de presse du chanteur, ajoutant que .
Jakubowicz persévère pendant six ou sept mois, mais se voit répondre par les radios que cela , le titre peinant à se faire connaître dans un paysage médiatique encore limité à trois radios périphériques et deux mensuels de rock (Rock & Folk et Best). Mais une chronique parue dans le magazine Best convainc la radio Europe 1 de diffuser le titre trois fois par jour, puis RTL et France Inter suivent.
Entré dans le top 20 des ventes de 45 tours à partir du , le single s'y maintient durant dix-huit semaines, se classant pendant deux semaines en première place du classement IFOP du au .. Il s'écoule au total à plus de Ventes de 1980.
Pourtant, s'il reconnaît que ce tube l'a sauvé professionnellement, Bashung est décontenancé par ce succès imprévu. Dans l'album Play blessures (1982), il y évoquera ces tourments face à son nouveau statut de vedette de la chanson, dans le titre J'croise aux Hébrides :
Le , le disque d'or du 45 tours original est mis aux enchères à Paris, par le collectionneur particulier qui le possédait. Il est adjugé à .
Accueil critique Dans l'ouvrage La Discothèque parfaite de l'odyssée du rock (2006) de Gilles Verlant, Gaby oh Gaby est incluse dans une liste de des classiques du rock, qualifiée par ailleurs d'un des 1980 avec un autre titre de Bashung, Vertige de l'amour..
Notes et références
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