Le prieuré Saint-Symphorien de Bonnieux est un ancien prieuré remarquable par son clocher roman du . Il est situé à Bonnieux au cœur du massif du Luberon, dans le département français de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Localisation Le prieuré est propriété privée et surplombe l'ancienne route de Marseille à Apt dans la vallée de l'Aigue Brun, près de l'intersection des routes D943 et D113.
Historique Le prieuré Saint-Symphorien est une dépendance de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, édifiée aux Guy Barruol et Jean-Maurice Rouquette, Promenades en Provence romane, Zodiaque, 2002, p.89.
Une étude historique a été menée par l'historien Jean MéhuHistoire du Luberon - Copyright © 2004-2008 de Jean Méhu (une féodalité contrariée) de Cadenet dont voici les principales conclusions :
Comportant une nef unique longue d'une quinzaine de mètres, terminée à l'est par une abside, cette église était peut-être prolongée à l'ouest par des bâtiments conventuels. On a émis l'hypothèse d'une clôture délimitant une cour et donnant à l'ouvrage un caractère défensif. Dès l'origine, l'édifice bâti le long de la voie empruntant le lit de l'Aiguebrun aurait donc eu une double vocation de lieu de culte et de refuge pour les voyageurs dans les temps troublés. De toute façon, comme on l'a vu, il est fort possible que l'établissement religieux ait été doublé par précaution, dès le , d'un ouvrage militaire - en l'occurrence une tour, ancêtre du futur château seigneurial de Buoux. Selon les auteurs qui ont pu travailler sur le site, on peut distinguer à Saint-Symphorien, cinq étapes de construction qui s'étagent entre le et l'époque contemporaine, la magnifique tour-campanile (que l'on peut, seule, admirer de loin à présent) datant, pour sa part, de la première partie du . Il est possible que le souvenir de la fondation elle-même ait été conservé sur une pierre utilisée en remploi dans le mur, au-dessus de la porte du bâtimentÀ ce sujet voir l'excellente étude de J. Barruol, L'inscription médiévale de Saint-Symphorien, près d'Apt, dans Provence historique, tome XV, 1965, pp. 146-157.. Jusqu'à sa disparition au début de 1962 on pouvait y lire l'inscription suivante: vignette|droite|alt=Le prieuré de Saint-Symphorien de Bonnieux la tour en 1900|Le clocher en 1900.
Ce que l'on peut traduire par Rostang, Teutbert, Ailald, Pons ont édifié cette église Saint-Symphorien. Pons, homme bien connu, a exercé son ministère en cette église.
Mais qui étaient Rostang, Teutbert, Ailald et Pons ?
Les textes de l'épigraphie représentée ci-dessus permettraient d'en savoir plus: en mentionnant l'existence de Pons et Ripert, cités comme donateurs en 1053, à la suite de leur grand-mère Ingilrade, ils suggèrent que le prieuré existait déjà au tout début du , du temps de cette aïeule précisément.
Cette inscription, disparue, nommait en effet les fondateurs de Saint-Symphorien (qui s'appelait alors Saint-Pierre, avant de devenir Saint-Pierre et Saint-Symphorien, puis Saint-Symphorien). Elle ferait remonter la fondation une ou deux générations avant Ingilrade, c'est-à-dire dans les années 960, au temps d'Arbald III, de l'évêque Rostang, et du Pons (peut-être apparenté aux vicomtes de Marseille) qui avait épousé Hermengrade, la sœur du comte Griffo - sans qu'il soit toutefois permis d'en tirer des conclusions sur la personnalité du (ou des) Pons de l'inscription.
vignette|gauche|Le prieuré en 1900. Au total, l'incertitude demeure donc quant à la personnalité de trois des fondateurs de Saint-Symphorien. Il semble que Rostang ait plus de chances d'être l'évêque d'Apt que son beau-frère, car alors le fils précèderait le père dans l'inscription. Mais l'identité de Pons, ou des Pons, demeure incertaine. Ne peut-on pour autant dater la fondation de Saint-Symphorien ? D'une manière générale les églises épiscopales ainsi que les abbayes - et plus particulièrement celle de Cluny - jouaient à l'époque le rôle de notre Enregistrement. Or au vu des chartes de Cluny et de l'Église d'Apt, la seule période où figurent simultanément les noms des personnages identifiés dans l'inscription se situe entre 955 et 976, avec une probabilité plus forte pour la séquence comprise entre 955 et 961J. Barruol, L'inscription médiévale de Saint-Symphorien, près d'Apt, dans Provence historique, tome XV, 1965, p. 156.. Saint-Symphorien daterait donc bien de la seconde moitié du . Ingilrade pouvait faire une donation à l'établissement à la fin du ou au début du . Et Pons et Ripert, co-seigneurs de Bonnieux, qui étaient ses petits-enfants, confirmer ce don en 1053…
Saint-Symphorien cependant n'était pas le seul établissement religieux qui pouvait accueillir le voyageur dans le Luberon. Outre Sainte-Marie-d'Espeil, on peut compter au débouché du chemin des crêtes avec l'église du Fort de Buoux - où les fouilles ont montré que l'édifice, longtemps attribué au seul début du , s'appuyait en fait sur une structure plus ancienne que ses caractéristiques renvoient tout droit vers le . Comme on a vu que l'existence de l'ancien village de Saint-Germain s'était précisément arrêtée au , il est assez tentant d'envisager là une continuité entre les deux sites, le Fort ayant toujours dû constituer de toute façon un refuge pour les habitants de Saint-GermainF. Sauve, Le vallon de l'Aiguebrun, Buoux, le village et l'ancien Fort, Saint-Symphorien (Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 1904, et F. Seguin, Avignon, 1904), pp. 33-34.. vignette|droite|alt=Implantation historique du prieuré Saint-Symphorien de Bonnieux|Époques de construction.
Classement et restauration Le clocher fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le alors que l'église fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le ..
En 1980, Daniel Vial, actuel propriétaire, rachète le prieuré à la mère de Roger Vadim. Démarre alors une longue campagne de restauration, avec l'aide de Dominique Ronsseray, architecte en chef des Monuments Historiques, et d'Anthony Ingrao, architecte à New York. vignette|Couverture du livre Le Prieuré de Saint-Symphorien, une histoire de mille ans.
Architecture L'élément le plus remarquable du prieuré Saint-Symphorien est son clocher du , qui se dresse, solitaire, parmi la végétation.
Surmonté d'un petit toit carré, le clocher est édifié en moellons encadrés d'impressionnants chaînages d'angles en pierre de taille.
Les baies du second étage du clocher sont très conventionnelles : il s'agit de baies géminées séparées par une colonnette. Par contre, les baies du premier étage présentent un agencement plus curieux : il s'agit de baies simples cachées chacune derrière un triplet de colonnettes.
Voir aussi Bibliographie Un livre sur l'histoire du prieuré et sa restauration a été édité par son propriétaire Daniel Vial en 2016.
Articles connexes Liste des monuments historiques de Vaucluse
Liens externes
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Références
Bonnieux, Saint-Symphorien Bonnieux, Saint-Symphorien Catégorie:Monument historique en Vaucluse Catégorie:Monument historique classé en 1921 Catégorie:Monument historique inscrit en 1949 Bonnieux, Saint-Symphorien Bonnieux, Saint-Symphorien Catégorie:Prieuré dans le Vaucluse Catégorie:Prieuré bénédictin en France Catégorie:Bonnieux