Le château de Bionne, anciennement château de Mont-Louis, est une folie montpelliéraine de la fin du , modifiée au .
Cet édifice est situé au de la rue de Bionne, à l'ouest de Montpellier, dans l’Hérault.
Historique Le nom du château de Mont-Louis apparaît pour la première fois en 1685, quand il est la propriété du puissant Nicolas de Lamoignon de Basville, « intendant de justice, police et finances, commissaire départi pour l'exécution des ordres du roi dans la province de Languedoc ». Celui-ci y abrite sa liaison adultère avec une amie de sa femmeMadame de Basville, née Anne Louise Bonnin de Chalucet, était la petite-nièce de Richelieu. Parlant d'elle dans une lettre à l'évêque de Nîmes, son mari écrit : « Si les camisards la prenaient, ce ne serait pas une grande perte. » In Jean Nougaret, Éloge de Robert Poujol, discours de réception à l'Académie des sciences et lettres de Montpellier, 9 janvier 2007., Gabrielle Pavée de Villevieille, par ailleurs épouse de son logeur à MontpellierNicolas Lamoignon de Basville loue durant trente-trois ans l'hôtel de François d'Audessan..
Tout Montpellier est au courant de ce vaudeville. Un pamphlet à clefs de l'époque, intitulé Le conte des fées du mont des Pucelles, décrit madame d'Audessan sous le nom de « Minaudette » et l'intendant sous celui de « Sage Druide »In Robert Poujol, Basville, roi solitaire du Languedoc, intendant à Montpellier de 1685 à 1718, Presses du Languedoc, Montpellier, 1992.. En tout état de cause, ce dernier conserve le château jusqu'à son retour à la Cour, en 1718.
L'édifice passe ensuite en différentes mains dont celle des Bonnier, qui possèdent également le château de la Mosson et le château d'Alco. C'est à cette période qu'il prend le nom actuel de château de Bionne. Une légende locale raconte que Bonnier de la Mosson utilisait des souterrains pour venir de chez lui visiter une demoiselle de BionneIn Claude Fregnac, Merveilles des châteaux de Provence, coll. Réalités, Hachette, Paris 1965, p. 293..
Au cours du siècle suivant, il échoit aux familles de Pourtalès, de Montpezat, Thibault, Tissié et enfin Leenhardt dont sont issus l'historien Albert LeenhardtÉrudit montpelliérain cité en bibliographie. et le journaliste Étienne Leenhardt. Il devient ensuite un centre de colonie de vacances géré par l'association des Amis de l'école laïque, puis le premier centre d'IVG de Montpellier.
C'est aujourd'hui un château-hôtel. Le , s'y sont déroulées des épreuves de la Poker CupProgramme de la Poker Cup 2010 sur site poker.fr.
Bionne et Fréderic Bazille Entre la famille Thibault et la famille Leenhardt, le domaine de Bionne a été la propriété de la famille Tissié pendant près d'un siècle et joua ainsi un rôle dans la vie du peintre montpelliérain Frédéric Bazille. Le , André Tissié, fondateur de la banque Tissié-SarrusLa famille Tissié-Sarrus, modifié le sur le site pays-saint-ponais.fr (consulté le 5 janvier 2024), devient propriétaire du domaine de Bionne, succédant à la famille Thibault (archives de Grasset, notaire à Montpellier). Son fils Louis Tissié lui succède en 1866. Alfred Bruyas, ami de Louis Tissié, vient apprécier en été le domaine avec ses platanes menant à la Mosson. Un tableau du Musée Fabre de Montpellier peint par Glaize, Intérieur du cabinet de Bruyas, témoigne de l'amitié de ces deux amateurs d'art. Déjà, André Tissé peignait en amateur et le Musée Fabre conserve deux de ses toiles.
En 1867, Suzanne, la fille de Louis Tissié, épouse Marc, le frère de Frédéric Bazille. Suzanne figure sur La Réunion de famille du jeune artiste en robe rayée noir et blanc. Elle porte certainement le deuil de son grand-père André Tissié, décédé le . Frédéric Bazille peint les vignes de Bionne en 1868, tableau du Musée Fabre Étude pour une vendange.
En 1881, Alphonse Tissié, fils de Louis, devient propriétaire de Bionne. Il offrira son portrait en uniforme de cuirassier, peint par Frédéric Bazille, au Musée Fabre en 1918. Pauline, la fille d'Alphonse Tissié, épouse d'Edmond Leenhardt, architecte renommé de Montpellier, hérite finalement du domaine en 1919.
Description Le château de Bionne diffère des autres folies montpelliéraines en ce qu'il présente un toit à la Mansard. Il a subi certaines modifications à la fin du - début du qui altèrent son aspect initial. Notamment, des ardoises et chéneaux de zinc ont remplacé la couverture traditionnelle de tuiles creuses.
Le principe architectural est à rapprocher de celui du château de Flaugergues, également de la fin du .
Sous la terrasse, une grotte-fontaine, vraisemblablement de l'époque de Nicolas de Basville, fin début , a été conservée.
Notes et références
Annexes Bibliographie
Claude Huver, Folies et domaines autour de Montpellier, 2025 Collectif, Châteaux et belles demeures des environs de Montpellier, bulletin du syndicat d'initiative , ville de Montpellier 1975.
Articles connexes Folie (Montpellier) Liste des châteaux de l'Hérault
Lien externe Château-résidence de Bionne La famille Tissié-Sarrus sur le site d'histoire locale du Pays Saint-Ponais
Catégorie:Patrimoine du XVIIe siècle Catégorie:Château dans l'Hérault Catégorie:Folie montpelliéraine Catégorie:Monument à Montpellier Catégorie:Famille de Pourtalès