vignette|Le shack ou station d'un opérateur radioamateur en 2005.
Un radioamateur est une personne qui pratique un loisir technique permettant d'expérimenter les techniques de transmission et par conséquent d'établir des liaisons radio avec d'autres radioamateurs du monde entier. Beaucoup d'avancées technologiques sont dues aux radioamateurs, c'est par exemple grâce à eux que les fréquences au-dessus de sont aujourd'hui utilisées. L'activité radioamateur permet d'acquérir ainsi des connaissances techniques dans les domaines de la radio et de l'électronique et de développer des liens d'amitié entre amateurs de différents pays.
Définitions de l'Union internationale des télécommunications
Chargée de la réglementation et de la planification des télécommunications dans le monde, l'Union internationale des télécommunications donne les définitions concernant la radio d'amateur dans son règlement des radiocommunications.
Service d'amateur
Règlement des radiocommunications 1.56..
Service d'amateur par satellite
Règlement des radiocommunications 1.57.
Radioamateur
Amateur
Dans l'expression radioamateur, le mot amateur doit être compris dans son sens premier Littré, Dictionnaire de la langue française.. Le qualificatif amateur n'est pas une appréciation péjorative de la qualité des opérateurs qui ont souvent un niveau de technicité et de savoir-faire très élevé. D'autre part il sous-entend que les communications se font à titre privé et ne peuvent en aucun cas faire l'objet d'une quelconque rémunérationLittré précise par ailleurs : [...] sans en faire sa profession..
Qualifications techniques et théoriques
L'Union internationale des télécommunications recommande : que les administrations prennent les mesures qu'elles estiment nécessaires pour vérifier les qualifications techniques et opérationnelles des personnes qui souhaitent exploiter une station d’amateur ; que toute personne souhaitant obtenir une licence d’exploitation d’une station d’amateur fasse la démonstration de ses connaissances théoriques. Ces règles et recommandations sont appliquées dans la plupart des pays dans les mêmes termes.
Limites, SWL et CB
vignette|redresse=.4|Symbole international des radioamateurs représentant une antenne reliée à une inductance puis à la terre.
Les radioamateurs peuvent discuter de technique radio, mais on voit également apparaître dans les conversations d'autres sujets scientifiques connexes comme la météorologie, l'informatique, l'astronomie, etc. Aujourd'hui, l'usage admet qu'on aborde également ce qui concerne la vie associative pour autant que chaque opérateur discute en son nom propre et non pas au nom de tierces personnes. Les radioamateurs ont un devoir de réserve et s'interdisent d'aborder les thèmes politiques et religieux. Pour clarifier une confusion fréquente, les radioamateurs, radioécouteurs (SWL) et cibistes partagent tous la passion pour la radio de loisir. Il s'agit cependant de pratiques différentes qui correspondent chacune à une législation spécifique. Il n'est pas rare de voir un amateur passer d’une activité à l’autre. La licence radioamateur, grâce aux diverses bandes et à la puissance supérieure qu’elle autorise, donne plus de possibilités que la CB (Citizen-band), qui reste limitée à la bande des . Quant aux radioécouteurs, encore appelés SWL, abréviation de Short Wave Listener (écouteurs sur ondes courtes), ce sont les passionnés de l'écoute des communications radio. Les personnes qui écoutent les stations de radiodiffusion sont parfois appelées BCL pour Broadcast Listener.
Radioamateurs dans le monde
Le nombre total de radioamateurs licenciés dans le monde est proche de trois millions, avec une population très inégale selon les pays. Environ 15 % des radioamateurs sont des femmes (« YL », pour Young Lady). En France elles sont 2,31 % soit 344 YL en 2011.
Les pays les plus représentés sont les suivants :
Pays Nombre deradioamateurs Année desdonnées SourceÉtats-Unis 2019.Japon 2015.Thaïlande 1999.Corée du Sud 2000Allemagne 2007Bundesnetzagentur, cited by .Royaume-Uni 2009Taïwan 1999Canada 2019Espagne 1999Russie 1993Brésil 1997Italie 1993Indonésie 1997Chine 2008.Ukraine 2000Argentine 1999France 15 266 2024Inde 2000Afrique du Sud 1994Belgique 2018IBPT : Indicatifs attribués, publié le 6 mars 2018 sur le site de l'IBPT (consulté le 12 octobre 2018)Norvège 2000Suisse 2010
À l'opposé, des pays comme la Tunisie, Vanuatu ou le Laos, ne comptent que deux ou trois licenciés.
Seuls la Corée du Nord et le Yémen n'autorisent pas le radioamateurisme.
Histoire
thumb|Les « surplus » des années 1950.
Chronologie
Dès le début du . En France, la demande pour une station privée de télégraphie sans fil (TSF) est faite au directeur des postes, télégraphes et téléphones (PTT) du département où habite l'amateur de TSFLes installations radiotélégraphiques privées en France sont prévues par le règlement administratif du .Les postes radioélectriques privés d'émission sont prévus par l'article 3 de la loi du sur la correspondance télégraphique privée.. Le parait le décret qui classe les stations radiotélégraphiques en catégories et prévoit que l'administration des PTT doit accorder des autorisations pour l'installation des stations privées et des stations temporaires. 1908 : l'Union des Sociétés de TSF de France est fondée. 1914 : en France, quelques amateurs de TSF (radioamateurs) de la Société de TSF française à Juvisy-sur-Orge éditent la revue « TSF » le . Quatre mois après, quelques dizaines d'amateurs de TSF étaient membres de la Société de TSF. En 1914 on compte 23 postes privés expérimentaux autorisés à transmettre entre des heures définies : de 2 heures à 7 heures, de 9 heures à 10 h 45, de 17 heures à 19 heures. 1917 : en France, l’autorisation d’établir des postes radiotélégraphiques de transmission n’est accordée aux particuliers qu'au tant qu'il ne peut en résulter aucun inconvénient pour le fonctionnement des postes d'intérêt public. Les postes de réception sont autorisés dans les mêmes conditions que les postes de transmission. La concession est sollicitée par des citoyens français qui sont autorisés par le chef du service local des PTT sur demande de l'intéressé. En temps de guerre, tous les postes privés radioélectriques, sauf ceux utilisés par, ou pour, le compte des autorités militaires, doivent être supprimésLe décret-loi du .. 1921 : Attribution d'une bande de longueur d'onde inférieures à aux amateurs de TSFTableau d’attribution des bandes de fréquences de la conférence internationale radiotélégraphique à Londres 1912.. En France, la première bande d'amateurs de télégraphie sans fil est de à ( à ). 1923 : le , la première liaison transatlantique bilatérale sur ondes moyennes est réalisée sur () entre un radioamateur américain, Fred Schnell, 1MO, et le radioamateur français Léon Deloy, 8AB, à Nice. En France, le service amateur est clarifiéEn France, clarifié par le décret du concernant la réception, articles 1 à 7 et, concernant l'émission, articles 1 et 8 à 23, l’arrêté du 12 décembre 1923 concernant la délivrance des certificats d'opérateur radiotélégraphiste et radiotéléphoniste et l’arrêté du concernant les redevances.. Puissance et longueurs d’onde déterminées dans chaque cas, suivant le but recherché ( spécifier la nature des essais entrepris). Heures autorisées : 24 à 10 h. et 15h à 16h. des restrictions sont faites pour les longueurs d’onde suivantes 9, 15, 25, 45, 109, 115, à 125 mètresLa Revue des Radioamateurs français Histoire page 26. Semaine 29 - Juillet 2016. 1925 Création de l'Union Internationale des Amateurs de TSF à Paris ainsi que le Réseau des émetteurs français, l'association nationale des radioamateurs. 1929 Création des bandes d'amateurs de T.S.F. de 80 mètres, 40 mètres, 20 mètres, 10 mètres, 5 mètres par la Conférence de Washington de 1927. 1961 : lancement du premier satellite radioamateur (seulement quatre ans après Spoutnik 1). Depuis lors, une quarantaine de satellites de fabrication radioamateur ont été lancés. 2003 : environ dans le monde expérimentent et communiquent en différents modes de modulation et sur des fréquences s'étendant des LF () aux ondes millimétriques (). 2006 : le nombre de radioamateurs en France est de (-2,7 % par rapport à 2005) selon l'ANFR. En Belgique, on compte de l'ordre de . 2012 :Une évolution majeure de la prise en compte de l’article L33-2 par l’administration, tel que cela apparaît dans le compte rendu de la réunion du avec l’ARCEP, la DGCIS et l’ANFR : l’article 5 de la réglementation précédente concernant l’interdiction explicite de toute connexion à un réseau ouvert au public est maintenant abrogée :Les réseaux indépendants définis aux 1o et 3o de l’article L. 33-3 peuvent être librement connectés aux réseaux ouverts au public à condition de ne pas permettre l’échange de communications entre des personnes autres que celles auxquelles l’usage du réseau indépendant est réservé. 2015 : .
RAPPORT D’ACTIVITÉ 2020 ANFR.
2018 : en France (source ANFR). 2025 : La chute du nombre de radioamateurs en France semble enrayée. Selon les chiffres de de l'observatoire des radioamateurs de l'ANFR., il y avait 15 836 indicatifs radioamateurs ouverts en 2025. Le nombre de nouveaux licenciés annuellement n'a cessé de croitre depuis 2017 à l'exception de 2020 l'année du COVID19. De 137 nouveaux licenciés en 2017 on est passé à 548 en 2025 soit environ 4 fois plus.
Évolution en Europe
thumb|Le HRO de 1950 thumb|Un « Geloso » des années 1960 Après la guerre, les magasins de « surplus » militaires permettent de trouver des émetteurs et récepteurs à bas prix, comme les command set américains ou les FuG allemands, modifiables pour les bandes amateurs, ainsi que des composants spéciaux en abondance comme les « quartz » FT243. Les récepteurs HF les plus recherchés sont le BC342 des surplus, ou le « HRO » américain.
Dans les années 1960, des fournisseurs américains proposent des équipements spéciaux pour radioamateurs, comme Hallicrafters et Hammarlund. En Europe, l'italien Geloso propose récepteurs, émetteurs ou modules. Les kits adaptés aux passionnés comme ceux de Heathkit apparaissent. Mais les amateurs construisent toujours leur matériel, en télégraphie ou téléphonie, ou modifient les équipements aéronautiques déclassés pour démarrer en . La modulation BLU, plus performante, apparaît en HF et supplante progressivement l'AM (modulation d'amplitude).
Les années 1970 voient la généralisation des émetteurs-récepteurs BLU . Les amateurs les plus favorisés peuvent acheter la Collins S-line (la « Rolls Royce » des amateurs), les débutants se contentent des kits monobande HW32 de Heathkit. La yagi tribande en HF fait son apparition sur les toits, signalant les amateurs sans ambiguïté.
Ces marques historiques, presque mythiques, des années 1960-70, comme Collins, Swan, Drake, Heathkit, laissent progressivement la place aux trois fournisseurs asiatiques Icom, Kenwood et Yaesu.
, le radioamateurisme connaît un déclin en Europe de l'Ouest, alors qu'il explose en Europe de l'Est après la libéralisation des régimes. Les amateurs construisent de moins en moins leur matériel HF ou VHF, mais les expérimentateurs et techniciens s'orientent vers les micro-ondes, le « packet-radio », les relais, la télévision amateur... Certains pays d'Europe ont comme au Royaume-Uni des Foundations licences ou en Belgique la licence de base avec des examens très simple. La France avait les classes 3 novices FØ, mais il ne reste que l'examen classe 2 F4 avec un niveau technique très élevé. Beaucoup de gens qui grâce à des examens simples seraient devenu radioamateurs préfèrent être pirates sur 11 mètres, 45 mètres, PMR446. Il existe aussi le radioamateurisme virtuel par internet, comme avec HamSphere ou QsoNet.
Bande dessinée et cinématographie