Pierre-Élie Jacquot, né le à Vrécourt (Vosges) et mort le dans la même ville, est général d'armée et résistant français, grand-croix de la Légion d'honneur.

Biographie

Famille, enfance et études (1902-1925)

Pierre-Élie JacquotActe de naissance de Pierre-Élie Jacquot, État-civil numérisé de la commune de Vrécourt, Archives départementales des Vosges, vue 19 (en ligne) est le fils d'Alexis Jacquot (1861-1938), lieutenant trésorier de gendarmerie, alors domicilié à Bar-le-Duc (Meuse), et de Marie-Caroline Renaud (1869-1959).

Son père Alexis Nicolas Aimé Jacquot est né le à Morizécourt (Vosges), il habitait à Bulgnéville (Vosges) lors de son mariage en 1887 avec Marie-Caroline Renaud.

Alexis Jacquot voyage beaucoup et pendant cinq ans, Pierre-Élie Jacquot suit son père au gré de ses affectations.

Alexis Jacquot est entré au service comme appelé le État de services du gendarme Jacquot Alexis, fait à Nancy le 29 juillet 1907.. Il fait partie de la liste de recrutement de 1881 à Neufchâteau (Vosges).

Ses affectations successives sont : : d’artillerie, canonnier servant ; : d’artillerie, canonnier servant ; : d’artillerie, brigadier ; : d’artillerie, maréchal-des-logis ; : compagnie de gendarmerie des Vosges, gendarme à cheval ; Il prête serment le à Épinal (Vosges) ; : compagnie de gendarmerie de Meurthe-et-Moselle, brigadier à cheval ; : compagnie de gendarmerie de Meurthe-et-Moselle, maréchal des logis, adjudant ; : compagnie de gendarmerie de Meuse, sous-lieutenant trésorier ; : compagnie de gendarmerie de Meuse, lieutenant trésorier ; : compagnie de gendarmerie de Meuse, lieutenant ; : de gendarmerie de Meuse, lieutenant ; : de gendarmerie de Meuse, compagnie de Meurthe-et-Moselle, lieutenant.

En 1906, le lieutenant Alexis Jacquot est en poste à Mirecourt (Vosges). Son fils effectue de 1907 à 1910 ses études primaires à l'école de Mirecourt (, et ).

Le , le lieutenant de gendarmerie Alexis Jacquot est nommé chevalier de la Légion d'honneur, décoration remise par le général Pau, commandant le corps d’armée à NancyProcès-verbal de réception d'un chevalier de la Légion d'honneur, 012, fait à Nancy le 14 juillet 1907..

Muté à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine) en 1911, le capitaine Alexis Jacquot emmène avec lui sa famille. Pierre-Élie Jacquot continue donc sa scolarité en Bretagne :

1912-1913 : , 1915-1916 : , : Certificat d’études secondaires du premier degré, 1916-1917 : Seconde D, 1917-1918 : Première D, 1918-1919 : Terminale (option mathématiques), : Baccalauréat option sciences, langues vivantes & mathématiques (mention passable).

Son père vient de prendre sa retraite en tant que capitaine quand éclate la Première Guerre mondialeLe 26 juin 1914 exactement.. Le capitaine Jacquot est mobilisé le pour exercer les fonctions de prévôt du camp retranché à Épinal, sous les ordres du général Burkhardt. Le jeune Pierre-Élie Jacquot reste à Saint-Servan avec sa mèreOn trouve trace dans les archives d'un voyage de 8 jours à Épinal en août 1915.. Il est trop jeune pour prendre part à la Première Guerre mondiale.

thumb|upright|left|Le sous-lieutenant Jacquot en 1922 à sa sortie de Saint-Cyr. thumb|upright|right|Pierre-Élie Jacquot en 1924, alors lieutenant au bataillon alpin de chasseurs à pied.

En 1920, engagé volontaire à Neufchâteau pour une période de huit ans, Pierre-Élie Jacquot entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (Promotion de la Devise du Drapeau) dont il sort deux ans plus tard comme sous-lieutenant. En 1923, il devient alors instructeur adjoint à l’École militaire d’infanterie de Saint-Maixent ( régiment d’infanterie). D' à , il est affecté au bataillon alpin de chasseurs à pied (BACP)Journal Officiel du 21 septembre 1922.. Il est alors en garnison dans les pays rhénans et participe à l'occupation de la Ruhr (Datteln, Herne, Gelsenkirchen, Düren). En , il est promu lieutenantJournal Officiel du 9 octobre 1924..

Légion étrangère et guerre du Rif (1925-1929)

Dès , il demande son affectation à la Légion étrangère. Il est d'abord affecté au régiment étranger en Algérie puis il rejoint le régiment étranger d'infanterie au Maroc. Jusqu'en 1929, il participe à plusieurs campagnes dans le Nord-Maroc et le Moyen-Atlas. , il obtient sa première citation en Citation à l’ordre de la Division – Ordre Général 1201/A du 13 novembre 1925 – Le Général Naulin, Commandant Supérieur des TM cite à l’ordre de la Division, le lieutenant Jacquot Pierre : . Cette citation comporte le droit au port de la Croix de guerre des TOE avec étoile en argent.. Le à Marrakech, le chef de bataillon Henry de CortaFils de Charles Alphonse de Corta, décédé à Hanoï en 1932, d'après le livre Charles Corta, le Landais qui servit deux empereurs (1805-1870) d'Anne de Beaupuy et Claude Gay. remet au lieutenant Jacquot la Croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieurs.

Il est admis le à l’École supérieure de guerre (ESG). Cette date marque la fin de son engagement au régiment étranger d’infanterie.

La même année, le à Vrécourt, il épouse Lucie Mamet (1909-1999), fille de Paul Mamet (1881-1953), chevalier du Mérite agricole, et de Marie-Hélène Roublot (1883-1953). Ils auront deux enfants (Line, née le et Philippe, né le ).

École supérieure de guerre, École de guerre belge, avant-guerre (1929-1939)

thumb|upright|left|Brevet d'état-major obtenu à l'École supérieure de guerre en 1931. thumb|upright|right|École de guerre belge à Bruxelles en 1931.

Le , le lieutenant Jacquot est admis à l’École supérieure de guerre (ESG) et affecté au régiment d'infanterie. Il en sort breveté d'état-major le . Par la suite, il suit les cours de l’École de guerre belge à Bruxelles jusqu'au mois d'. Il est alors affecté à l’État-major de l’Armée, , sous les ordres du colonel Rivet. À cette occasion, il approche pour la première fois le président du Conseil Édouard Daladier. Le , il est promu capitaineJournal Officiel du 24 septembre 1933.. Il effectue alors son temps de commandement de capitaine au d’infanterie à Chaumont (Haute-Marne)Journal Officiel du 25 juin 1936.. Le , il est élevé à la dignité de chevalier de la Légion d'honneur. Fin 1938, il a la douleur de perdre à Neufchâteau, son père, le capitaine de gendarmerie Alexis Jacquot.

thumb|upright=1.5|center|Le capitaine Pierre-Élie Jacquot au d'infanterie à Chaumont en 1936.

À partir d', il est placé à la disposition du ministère de la Défense Nationale, bureau, section PR (Lutte contre la Propagande Révolutionnaire dans l'Armée). Il est remplacé en par le capitaine Bonnet, puis par le commandant Devaux. À la déclaration de guerre en , il rejoint son poste de mobilisation au Grand Quartier général, TOE. Début , à la demande du colonel Revers, chef de cabinet du général Bineau, major général des armées, il reprend au GQG et pour les armées mobilisées, des fonctions analogues à celles qu'il avait exercées en temps de paix du cabinet du ministre. Au printemps 1940, il est remplacé à ce poste par le capitaine de réserve Benaerts.

Campagne de France (1940)

Le , Pierre-Élie Jacquot est promu commandant (chef de bataillon). Il demande immédiatement à effectuer son temps de commandement dans une unité au front. Il rejoint en , le d'infanterie sous les ordres du lieutenant-colonel Marchand, régiment dont il commande le . Le du d'infanterie est placé aux avant-postes dans la région de Folschviller, de la cité Jeanne d'Arc, de Carling ou encore Saint-Avold en avant de la ligne Maginot.

thumb|upright|left|Le commandant (chef de bataillon) Jacquot au printemps 1939. thumb|upright|right|Le commandant Jacquot au printemps 1939.

Dès le , lors de l'attaque allemande, il subit de très forts bombardements d'artillerie. Le , le chef de bataillon Jacquot est blessé pour la première fois au moulin de BéningAttestation signé par le médecin-lieutenant Guyot Raymond, médecin-chef du III/109 – certifié par le docteur N. Neimann médecin-chef du RI, le 10 juillet 1940 – le chef de bataillon Jacquot Pierre Elie, commandant le III/109, ayant été renversé dans sa voiture au cours d’un bombardement d’artillerie ennemie, a présenté une contusion importante de la région cervicale avec volumineux hématome et douleurs irradiées dans la colonne vertébrale et petit éclat d’obus dans la lèvre inférieure..

Le , le reçoit l'ordre de se mettre en mouvement de la Lorraine vers la forêt de Villers-Cotterêts. Le , il arrive à Roye (Somme). Le , il livre de durs combats à Crapeaumesnil, puis à Roiglise. Le , le chef de bataillon Jacquot est de nouveau blessé lors de la défense de l'Oise et de la destruction du pont de Pont-Sainte-MaxenceAttestation signé par le médecin-lieutenant Guyot Raymond, médecin-chef du III/109 – certifié par le docteur N. Neimann médecin-chef du RI, le 10 juillet 1940 – 16 heures, le chef de bataillon Jacquot, chargé de régler la circulation sur le pont, a été blessé au cours d’un bombardement d’aviation qui a détruit ledit pont. Il était porteur de contusions multiples, de trois petits éclats de bombe à l’avant-bras droit et d’un écrasement de la première phalange index et pouce gauche. Il a refusé de se faire évacuer.. Après s'être replié sur Senlis, le bataillon entame une longue série de replis successifs, toujours sur ordre, qui vont le mener à Villeparisis, Vert-Galant, La Queue-en-Brie, Mennecy puis le à La Ferté-Alais où il embarque pour Orléans. Le 16, le bataillon gagne la région de Jargeau (Loiret) où il se bat pour défendre la Loire. Le 18 au soir, l'ordre de repli sur le Cher arrive. Un long repli sans contact avec l'ennemi commence alors jusqu'au , jour où l'armistice entre en vigueur. Le bataillon a alors atteint la Dordogne à Bergerac (Dordogne) où le RI se regroupe et stationne jusqu'au début du mois de . Il fait finalement mouvement vers Châtres où le régiment est dissous le .

Pour son action lors de la campagne de 1940, le d'infanterie en entier est cité à l'ordre de l'Armée par le général WeygandCitation à l’ordre de l’Armée du RI – N° 106/C du 30/07/1940 – Homologuée JO du 11/08/1941 page 472 – Signé : Weygand.Le commandant Jacquot a été aussi cité à l'ordre du régiment, à titre individuel le 31 août 1942 – /C – publiée au JO du 9 décembre 1942 – .

Dès la fin du mois de , la femme du commandant Jacquot a quitté, avec ses deux enfants, la zone occupée (Paris puis Vrécourt) pour venir s'installer, en passant par Bordeaux, à Bergerac puis à Brive-la-Gaillarde en zone libre. Par la suite, sa famille s'installe à Aubazines (Corrèze).

Armée d'armistice, procès de Riom, le général Frère, démobilisation (1941-1942)

thumb|upright=0.7|right|Ordre de mission permanent renouvelé en août 1941 par le général Frère.

Le chef de bataillon Jacquot est alors affecté au d'infanterieCertains des principaux artisans de la résistance corrézienne sont issus de ce régiment. En particulier, les capitaines Guedin et Vaujour. En novembre 1942, le capitaine Guedin camoufle une grande partie de l'armement du RI. en cours de reconstitution à Brive pour faire partie de l'Armée d'armistice ( division, Arrondissement de Bergerac). Il y est nommé commandant du . Il reste à ce poste pendant 6 mois jusqu'en . Il est ensuite affecté à l'état-major du groupe de divisions militaires à Royat (Puy-de-Dôme). Le chef d'état-major est alors le colonel Revers.

thumb|upright|left|Enveloppe de la convocation au procès de Riom en mai 1941.

En , au procès de Riom, il témoigne en faveur du président Daladier. Ce témoignage lui vaudra par la suite le ressentiment du régime de VichyD'après le général Frère : , juillet 1941. D'après le document Note sur les rapports entre le général Frère et le chef de bataillon Jacquot, 1944, signé Jacquot, SHAT.. Convoqué le , il n'a pas la possibilité de témoigner à nouveau. La convocation est annulée à la suite de la suspension des audiences de la cour suprême le pour . Le , le procès est définitivement interrompu.