Bruxelles, siège de la plupart des institutions de l'Union européenneEn effet, la Commission, le Conseil de l'Union européenne, et le Conseil européen y ont leur siège. Le Parlement européen, dont des sessions se déroule à Bruxelles, est quant à lui partagé avec la ville de Strasbourg (où d'autres sessions sont organisés) et son secrétariat général se trouve à Luxembourg., est considérée de facto comme la capitale politique des 27. Cependant, l'Union n'a pas de capitale officielle et aucun projet ne va actuellement dans ce sens.
Histoire Naissance des Communautés
En 1951, la Belgique, l'Allemagne de l'Ouest, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas signent le traité de Paris, qui crée la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), dotée d'institutions (la Haute Autorité, le Conseil des ministres, la Cour de Justice et l'Assemblée commune). Plusieurs villes ont été proposées pour les accueillir et Bruxelles aurait probablement été acceptée, mais le gouvernement belge appuyait Liège, dont les autres membres ne voulaient pas, et non Bruxelles à cause de conflits internes.
Un accord a dû être trouvé, car les institutions devaient commencer à travailler. Luxembourg a été choisi comme siège provisoire des institutions, sauf l'Assemblée commune qui s'est installée à Strasbourg, la seule ville disposant d'un hémicycle assez grand, celui du Conseil de l'Europe. Cet accord était temporaire et il était prévu de créer un « district européen » à Sarrebruck, ce qui n'est jamais arrivéLe plan prévoyait que le « district européen » serait géré par l'Allemagne et la France et que les institutions y déménageraient une fois que le statut serait en place. Mais trois ans plus tard, Sarrebruck a massivement voté pour rejoindre l'Allemagne de l'Ouest, annihilant le plan de district européen et maintenant ainsi la position luxembourgeoise..
Le traité de Rome de 1957 établit deux nouvelles communautés, la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom). Elles partagent l'Assemblée et la Cour de la CECA, mais disposent chacune d'un Conseil et d'une Commission (l'équivalent de la Haute Autorité de la CECA). Les discussions sur le siège de ces nouvelles institutions ont été reportées au dernier moment, avant l'entrée en vigueur du traité, afin de ne pas retarder sa ratification par les États membres.
Bruxelles n'a été candidate qu'un mois avant le début des pourparlers et a été officieusement soutenue par plusieurs États membres. Les États étaient d'accord sur le principe de localiser les exécutifs, les conseils et l'assemblée dans une seule et même ville, sans pour autant décider quelle serait cette ville, et en repoussant de six mois la prise de décision. En même temps, l'Assemblée désire rester à Strasbourg, et les nouvelles commissions se rencontrent alternativement au siège de la CECA et au château de Val Duchesse à Bruxelles. Les Conseils se réunissaient là où leurs présidents le désiraient. Dans les faits, jusqu'à l'automne 1958, c'était le château bruxellois qui était choisi, jusqu'à un déménagement au centre de Bruxelles, au 2 rue Ravenstein.
Installation à Bruxelles et développement urbanistique hasardeux
Bruxelles a manqué le coche à cause de la faible campagne du gouvernement belge, alors que la population soutenait cette candidature. Le gouvernement belge a finalement poursuivi sa campagne, et a commencé à construire sur une grande échelle, louant des espaces de bureaux à l'est de la ville pour l'utilisation par les institutions. Le , les six gouvernements concluent un accord non officiel sur le siège des communautés. En partant du principe qu'il faudrait deux ans pour préparer les bureaux après qu'une décision soit prise, tous les services sont installés à Bruxelles, dans l'attente d'un rapport d'un comité d'experts sur le choix approprié.
En attendant la fin des travaux des bureaux de l'avenue de la Joyeuse Entrée, les bureaux déménagent au 51-53 rue Belliard le (locaux qui seront utilisés plus tard exclusivement par l'Euratom). Le nombre de fonctionnaires augmentant rapidement, les services sont installés rue du Marais, avenue de Broqueville, avenue de Tervueren, rue d'Arlon, rue Joseph II, rue de la Loi et avenue de Cortenbergh. Le gouvernement belge fournit des bureaux neufs au Mont des Arts (22 rue des Sols) pour le secrétariat du Conseil des ministres et pour la Banque européenne d'investissementLa BEI a déménagé à Luxembourg en 1965..
Le comité d'experts déclare que Bruxelles pourrait être une bonne option pour être la future capitale européenne : c'est une grande ville de disposant d'une zone métropolitaine active, de moyens de communication efficaces avec les autres capitales européennes et dont le centre est fluide et où la qualité de l'habitat est bonne, située au cœur d'un vaste système de transport interne, étant un centre d'affaires international important, capable d'accueillir les fonctionnaires européens et une économie ouverte. Elle offre des possibilités culturelles et de loisirs variées avec ses centres culturels, ses grands musées, ses cinémas et ses théâtres. Elle abrite plusieurs écoles européennes et internationales et deux universités. De plus, elle dispose d'une infrastructure médicale et hospitalière de qualité et d'un système de sécurité sociale avancé et accessible aux citoyens européens. Enfin, elle est située à la frontière entre les cultures latine et germanique et elle est le centre de la première expérience d'intégration d'après-guerre : le Benelux. Enfin, en tant que capitale d'un petit pays, elle n'est pas susceptible de receler une possibilité de faire peser une influence excessive sur les autres États, étant considérée comme un territoire neutre entre les deux plus grandes puissances européennes, la France et l'Allemagne. Le rapport du comité a été approuvé par le Conseil, le Parlement et les Commissions; cependant, le Conseil était incapable de procéder au vote final et a remis la décision pendant trois ans, malgré le fait que les institutions désiraient rester à Bruxelles.
La décision a été remise à cause de divergences entre les positions nationales, qui empêchaient qu'un compromis unanime soit trouvé. Le Luxembourg souhaitait conserver le siège de la CECA ou obtenir des compensations, la France souhaitait maintenir Strasbourg et l'Italie, initialement derrière Paris, souhaitait qu'une ville italienne contrecarre Luxembourg et Strasbourg. En attendant, le Parlement a passé une série de résolutions non contraignantes, se plaignant de la situation de confusion dans laquelle il se trouvait, étant lui-même éparpillé à travers trois villes.
Traité de fusion des exécutifs communautaires : statu quo politique et urbanistique vignette|Le Charlemagne (avant sa rénovation), siège du Conseil entre 1971 et 1995.
Le traité de Bruxelles de 1965 est l'occasion de résoudre ce problème, les Commissions et Conseils étant réunis. Le Luxembourg, concerné par la perte de la Haute Autorité, propose un compromis entre Bruxelles et Luxembourg. La Commission et le Conseil iraient à Bruxelles et Luxembourg conserverait la Cour et l'Assemblée parlementaire, ainsi que quelques départements de la Commission. Cette proposition a bien été accueillie, mais la France s'y est opposée car elle ne voulait pas voir le Parlement quitter Strasbourg. Le Parlement, quant à lui, voulait être près du pouvoir exécutif et regrettait de ne pas être consulté sur sa propre localisation.
De là est sorti un statu quo, mais avec quelques ajustements : la Commission, ainsi que la majorité de ses départements, est maintenue à Bruxelles. C'est également le cas pour le Conseil, sauf aux mois d'avril, juin et octobre, pendant lesquels il se réunit à Luxembourg. Dès lors, le secrétariat de la CECA sis à Luxembourg fusionne avec celui de la CEE et de l'Euratom à Bruxelles. D'abord installé dans le site du Ravenstein, au Palais des Congrès, le secrétariat unifié s'installe ensuite au Charlemagne avant d'intégrer le Berlaymont en 1971. Cet accord conforte l'Union européenne à Bruxelles, même si le Luxembourg garde la Cour de Justice, quelques départements de la Commission et le secrétariat du Parlement européen. Quant à Strasbourg, elle garde le siège du ParlementCVCE Siège de la Commission européennePublication de la Commission européenne: Europe in Brussels 2007.
Durant les deux dernières décennies du , à Bruxelles, les fonctionnaires sont donc répartis au sein de plusieurs bâtiments différents depuis la rue Belliard, l'avenue de la Joyeuse Entrée, la rue du Marais et le Mont des Arts. Le premier bâtiment construit est le Berlaymont, inauguré en 1969, qui est capable d'accueillir 3.000 fonctionnaires mais se révèle être trop petit, obligeant l'institution à s'agrandir dans le voisinage, Brussels-Europe Liaison Office (2008-07-20).
Pourtant, malgré l'accord pour que ces institutions restent à Bruxelles, la situation, pendant la première décennie, est précaire et la ville a cherché à consolider sa place en investissant dans de nouvelles constructions et infrastructures. Dans un premier temps, les constructions se font de manière sporadique, sans vision d'ensemble et sont basées sur la spéculation (voir : bruxellisation).
Début de cohérence urbanistique à la rue de la Loi vignette|Vue aérienne du Quartier européen.
Avec le temps, l'implantation, côte à côte, du Berlaymont et du Charlemagne pour la Commission, et, en face, du Juste Lipse (Justus Lipsius) a induit un plan d'ensemble regroupant les institutions européennes de part et d'autre de la rue de la Loi, importante artère rectiligne connectée vers l'extérieur de la ville par des tunnels automobiles et ferroviaires. Or, la rue de la Loi est située dans la perspective monumentale de l'arc de triomphe du Cinquantenaire prolongeant la large avenue de Tervuren dont les huit kilomètres paysagers donnent accès à la banlieue résidentielle où habitent principalement les fonctionnaires européens. Cette situation offre un potentiel de développement propre à donner une certaine ampleur au paysage urbain du quartier européen tout en améliorant le fonctionnement des institutions. Dans ce but, il existe un plan général dû à Christian de Portzamparc visant à donner au quartier un monumentalisme représentatif de l'importance de la construction européenne par l'édification de tours jalonnant la rue de la Loi à la place des immeubles fonctionnels qui la bordent en ligne continue. Ce plan regroupe les bureaux européens tout en créant, entre les tours, des perspectives qui "aèrent" le quartier, notamment en ouvrant des vues vers le Parlement européen situé à moins d'un kilomètre. Cette proximité permet une liaison du parlement avec le siège de la commission et le conseil des ministres grâce à la ligne de chemin de fer souterraine qui, tout en étant utilisée par les migrants quotidiens qui viennent travailler à Bruxelles, assure des contacts faciles entre les divers organes de l'autorité européenne. S'y ajoute le métro urbain de la S.T.I.B. qui irrigue quelques-uns des quartiers de Bruxelles, les uns résidentiels à l'est, les autres, bureaucratiques, au centre-ville. Et à partir de ce nœud ferroviaire, une nouvelle ligne -entièrement creusée en souterrain en ouvrant les rues au minimum- relie le quartier européen avec l'aéroport international.
Ainsi, en même temps que le groupement administratif européen, la station de métro et la gare souterraine de chemin de fer interconnectées -dénommées toutes deux Schuman du nom d'un des pères de l'Europe- contribue d'ores et déjà à améliorer les circulations tout en accentuant l'homogénéité des institutions européennes.