La boiserie est un ouvrage de menuiserie recouvrant les murs intérieurs d'un édifice. Ouvrage formé de bâtis, panneaux, plinthes et cimaises, pour revêtir les murs de lambris. Ce travail constitue une branche de l'art décoratif. Histoire

La première boiserie provient probablement d'Égypte ancienne, elle a été utilisée par les pharaons pour décorer leurs palais.

Il faut peut-être chercher dans les stalles ou certains chancels des édifices religieux, l'origine des boiseries des édifices civils. Les boiseries du chancel de la chapelle haute du château de Gaillon, vers 1513, conservées au château d'ÉcouenBoiseries de la chapelle haute du château de Gaillon, la grande clôture : face gothique sur photo.rmn.fr sont un exemple remarquable.

Dans les châteaux se ménagent progressivement des cabinets de retraite ou de curiosité, en Italie des studioli richement boisés. L'usage se prolonge à la Renaissance, comme on peut le voir au château de Blois, dans le cabinet de François Ier vers 1520.

On peut supposer que ces boiseries jouaient un rôle important dans l'isolation thermique, comme avaient pu le faire aussi les tapisseries. L'effet de paroi froide en est considérablement atténué, même en l'absence d'isolation, au sens moderne du terme. Une amélioration de l'acoustique des pièces devait être aussi recherchée.

La boiserie a été largement utilisée pour décorer les plus grands palais européens, comme Versailles (France), château de Laeken (Belgique), palais de Buckingham (Royaume-Uni), château de Schönbrunn (Autriche), Ermitage (Russie)

Elles ont été l’œuvre d'ornemanistes architectes et d'ébénistes-menuisiers réputés. Pour les ornemaniste et architectes, citons Charles Le Brun, Jules Hardouin-Mansart, Jean Le Pautre, Pierre Le Pautre; Pierre Cailleteau dit « Lassurance », Jean-Baptiste Leroux, Robert de Cotte, Nicolas Pineau Pour les artisans citons Jacques Verbeckt, André Legoupil, Jules Degoullons, François Roumier, Jules Antoine Rousseau, Jean-Baptiste Chapuis

Les boiseries pour les appartements d'été, les tapisseries pour les appartements d'hiver diminuent dès le règne de Louis XVI et font place aux papiers de tenture comme le témoigne la destruction de la manufacture de Réveillon en 1789. En 1801, depuis longtemps, on ne fait plus d'appartements en boiserie si ce n'est au rez-de-chaussée, pour en bannir l'humidité, et depuis longtemps encore, les tentures en papiers qu'on voulait garder de l'humidité des murs, étaient sur des toiles tendues par des porte-tapisseriesHenri Lavallée, Auguste Orts, Egide-Rodolphe-Nicolas Arntz, Jules Théodore Bartels. La Belgique judiciaire: gazette des tribunaux belges et étrangers. 1854.

Le mouvement Art nouveau les remettra au goût du jour en leur donnant une nouvelle interprétation. Le mouvement moderne, lui, bannira tout ornement.

Galerie

Dans le monde arabe

Composition Les boiseries sont principalement constituées par les lambris qui sont terminés en bas par une plinthe et en haut par une cimaise. Le lambris lui-même est un ouvrage d'assemblage constitué d'un bâti et d'un panneau qui s'y insère par embrèvement. Le bâti est constitué par les battants, pièces verticales qui reçoivent les traverses par assemblage à tenons et mortaises.

Texte sur les boiseries

Précis historique extrait des manuscrits de Christian Pingeon, Maitre ébéniste, expert en boiseries.

Les boiseries

Depuis la fin du Moyen Âge, l'usage s'établit peu à peu, dans les demeures seigneuriales, de se ménager une petite pièce intime dite "cabinet de retraite", entièrement recouverte de boiseries, y compris le plafond, pour conserver la chaleur du foyer. "Ce décor fixe a l'avantage de se poser devant un mur qu'il n'est pas nécessaire de soigner et il assure une isolation de celui-ci".

Comme dans le "cabinet de deuil" au château de Châteaudun, qui a aussi conservé des boiseries très simples dans l'ancien charretier.

vignette|Château de Blois, chambre des secrets. L'usage en continuera au , comme on peut le voir au château de Blois, dans le cabinet de la Reine Catherine de Médicis (1519-1589), et au château de Beauregard, dans le Loir-et-Cher, au cabinet des grelots, qui sont entièrement boisés, ou celui du château de Pibrac (Haute-Garonne).

Les boiseries, dites "chambrillage" ont pour but d'assurer une isolation thermique au bas des murs de pierre au-dessous des tapisseries mobiles murales. Celles qui datent du ont aujourd'hui presque disparu, sauf quelques vestiges tels les boiseries provenant d'une maison de la région du Mans (Sarthe) et qui sont au Musée de Philadelphie.

Faits de planches étroites de un pied débitées à la scie à eau, inventée en 1322 à Augsbourg. Assemblés à tenons-mortaises et chevillés, ces panneaux peuvent être ornés de sculptures en bas-relief de motifs de "remplages" ou de "plis de serviettes".

Les peintures de l'époque telle l'Annonciation par Gérard DAVID (1460-1523), nous représentent souvent des boiseries avec des sièges incorporés, tels des stalles comme celles provenant du château de Villeneuve-Lembron, aujourd'hui conservés au Musée des Arts Décoratifs.

Concurremment au décor mobile des tapisseries, on trouve des murs entièrement revêtus de boiserie, mais ce décor immuable est "plus coûteux". Inspirés peut-être par les dosserets des stalles et les boiseries des chapelles.

À partir du , les vantaux des portes s'encadrent dans les boiseries dites « à la française », c'est-à-dire « à hauteur de bras levé » (sept à huit pieds environ) pour pouvoir s'insérer dans une boiserie continue constituée de petits panneaux étroits sculptés ou peints. Le décor de serviettes de la période précédente est remplacé par des motifs verticaux.

Les boiseries aux panneaux simplement étagés sont proportionnelles à la largeur des planches débitées par les scieurs de long. Ceux des boiseries basses de la chambre de parade d'Henri II au Louvre (1559), sont de forme carrée, ornés de trophées d'armes antiques, sculptés et dorés.

Si les exemples de boiseries antérieures à Mazarin ne nous sont parvenus que dépecées et arbitrairement disposées (boiserie de l'hôtel de Bullion 1634 à Paris; boiserie de la chambre et du cabinet de la Maréchale de La Meilleraye, à l'Arsenal 1637). On en trouve encore, soigneusement remontées comme celles du château de Chenailles (Loiret), décoré entre 1610 et 1620, et qui sont au musée d'art de Toledo (États-Unis), ou encore in situ dans le château de Cormatin (Saône et Loire), au cabinet des Vertus au château d'Oiron, au cabinet des Muses (vers 1635); au château d'Ancy-le-Franc (cabinet du Pastor Fido).

Les boiserie "à hauteur de bras levé", dont le sommet des panneaux continue la ligne des portes, sont rehaussées de dorures et divisées verticalement en trois parties : boiserie basse, boiserie d'étage et attique. Du parquet au plafond, on trouve: une plinthe peinte en faux marbre, pour effectuer la transition entre le parquet de chêne naturel et la boiserie et aussi pour dissimuler les marques des coups de balai; un soubassement décoré en peinture de bas-reliefs peints en grisaille, dénommé "basse taille" ou des natures mortes de fleurs et de fruits, en trompe-l'œil, sommé d'une cimaise légèrement saillante. Ce sont les boiseries d'appui qui règnent avec les allèges des fenêtres.

Au-dessus on trouve les boiseries d'étage, ou boiseries à demi-revêtement, composées de panneaux verticaux décorés de paysages, de vases de fleurs ou de grotesques, ornés de guirlandes, supportant un entablement saillant (astragale) sur lequel on peut poser des vases de faïence (chenailles) à moins que ceux-ci ne soient peints en trompe-l'œil, comme dans un cabinet du château de Saint-Marcel-de-Félines (Loire) 1661; enfin entre l'entablement et la corniche, l'attique, orné de peintures sur toile souvent séparées par des montants peints et sculptés. Les peintures narratives ont pour sujet la mythologie (château de Cormatin, hôtel Lambert, dans les cabinets de l'Amour, des Muses et des Bains (1643-1644), Arsenal dans le cabinet des Femmes Fortes), ainsi que l'histoire et les cycles romanesques à la mode : le Roland furieux, la Jérusalem délivrée, le Pastor Fido, l'Aminte.

Les dévots refusent toutefois d'avoir chez eux des peintures à sujets mythologiques, qu'ils jugent païennes, et ils commandent des tableaux illustrant des scènes de l'Ancien Testament, celles du nouveau étant réservées aux églises et aux couvents.

Dans les grandes pièces, outre les boiseries d'appui surmontées de tapisseries, on trouve des parois entièrement boisées ; à Fontainebleau à l'exemple de la galerie et de la salle de Bal, le grand cabinet d'Henri IV a un haut soubassement de boiseries moulurées distribuées avec symétrie, mais avec plus de liberté vis-à-vis de l'Antiquité et des Ordres. Ces boiseries sont surmontées de grandes peintures sur toile narrant l'histoire de Théagène et Chariclée, par Ambroise Dubois.

Certaines boiseries de Fontainebleau sont peintes en ocre rouge foncé ou en blanc et la décoration de paysages et de scènes antiques qui les ornent est associée à "des vases, des chiffres, ou des ornements légers" ainsi que le souligne Jean-Pierre Samoyault.

D'autres grandes pièces sont bientôt décorées d'un quadrillage de boiseries sur toute la hauteur des parois; au-dessus de la boiserie d'appui qui joue le rôle du stylobate, des panneaux étroits tiennent lieu de pilastres et séparent des panneaux réguliers à grands cadres, au tracé rectiligne montant jusqu'à la frise sous la corniche, comme à Sully-sur-Loire et à Villebon (Essonne) (1620) où ils sont peints en faux bois ainsi que les "portes à placards" placées en enfilade le long de la façade et souvent de manière symétrique vers le fond (1650). Au château de Maisons, sur les dessus de portes du salon à l'italienne, des vases de Chine peints en trompe-l'œil succèdent à l'emploi de porcelaines véritables posées sur les chambranles saillants.

À défaut des fastueux appartements de Mazarin, disparus à l'exception de la galerie, nous pouvons nous en faire une idée en voyant les décors exécutés au milieu du siècle dans l'appartement de la reine mère à Fontainebleau et dans un certain nombre d'hôtels parisiens. À l'hôtel Lambert, dans la chambre de la Présidente, les doubles portes symétriques des deux enfilades et qui sont aussi précieusement ornées que les boiseries peintes de grotesques inspirés de Raphaël, se détachent sur un fond de dorure que l'on retrouve sur les poutres du plafond, encadrant les toiles d'Eustache Le Sueur (1615-1655).

Mais c'est à Vaux-le-Vicomte qu'on voit le plus bel ensemble des décors de "style Mazarin" ou, plutôt ne faudrait-il pas parler de "style Fouquet" ?

Cependant, on peut penser que c'est au jeune Charles Le Brun, qu'il faut attribuer l'unité du décor -inachevé- du célèbre château.

L'aménagement des bibliothèques trouve sa forme classique illustrée dans l'ouvrage consacré au cabinet de la bibliothèque de Sainte-Geneviève établie en 1675. Ses gravures montrent une galerie au sol carrelé et aux parois entièrement garnies de rayonnages intégrés aux boiseries, séparés par des pilastres. Les portes sont dissimulées par des dos de faux livres.

Jean Le Pautre, dans une gravure intitulée le Cabinet des Beaux-arts, place les rayonnages de part et d'autre d'une table supportant une pendule et des instruments scientifiques: globes terrestres et célestes, aux supports tournés ou sculptés, qui font partie du mobilier de ces pièces.

La richesse des formes et des matières des boiseries rivalise avec celle des plafonds.

Par souci d'un confort permanent (isolation thermique, hygrométrique, et acoustique), l'habitude de revêtir les parois des appartements de boiseries se répand. En effet, le bois est un matériau sain dont la seule servitude est la largeur des assemblages.

Comme l'importation de bois tendre est interrompue en 1668 par la guerre de Hollande, l'emploi du bois de chêne de France se généralise.

thumb|left|Bibliothèque Mazarine. Salle de lecture de la Bibliothèque (2010)