Albert-Camille-Jean Cahuet, dit « Albéric Cahuet », né le à Brive-la-Gaillarde et mort à Lyon 7 le Archives municipales de Lyon, acte de décès n°159, vue 28 / 283, est un journaliste et écrivain français.
Biographie Descendant d'une vieille famille périgourdine, fils de Jean Cahuet, comptable à la compagnie des chemins de fer d'Orléans, Cahuet passa son enfance à Brive-la-Gaillarde où une rue porte son nom. Il fit de bonnes études au collège Cabanis qui lui permirent d'obtenir une bourse d'État pour poursuivre des études secondaires au lycée de Périgueux. En 1895, il s'inscrivit à la faculté de Bordeaux où il étudia le droit mais aussi commença à écrire des pièces, des critiques littéraires et à donner des conférences comme au théâtre d'Ussel, le sur « L'action sociale du félibrige ».
De 1898 à 1899, il accomplît ses obligations militaires au R. I. de Brive puis, de 1899 à 1902, il séjourna à Paris où il participa à la vie intellectuelle en écrivant dans Gil Blas et l'Écho de Paris. Dès 1898, il écrivait des pièces : en 1900 La Sieste et Noël d'amour qui fut dédiée à l'épouse de Marc Sangnier, un de ses amis qui devint directeur du Sillon la même année.
Le , il soutint sa thèse de doctorat La Liberté du théâtre en France et à l'étranger à la faculté de droit de l'Université de Paris. Malgré le tumulte que provoqua sa prise à partie de la censure, il obtint le titre de docteur en droit et s'inscrivit au barreau de Paris.
En 1903, la revue Lemouzi publia un de ses comptes rendus et l'année suivante, grâce à l'appui de Henri de Noussanne, un compatriote limousin qui écrivait dans L'Illustration, son article La Question d'Orient dans l'histoire contemporaine fut publié. L'année suivante, l'Écho de Paris publia en feuilleton La Corbeille d'argent et, petit à petit engagé dans l'écriture, Albéric Cahuet délaissera sa carrière d'avocat tout en continuant à s'intéresser à l'actualité judiciaire qu'il commenta avec l'affaire Steinheil et ultérieurement, en 1914, l'affaire Caillaux.
En 1907, Henri de Noussanne lui permit de devenir rédacteur à L'Illustration où il devint secrétaire de rédaction.
À partir de 1908, année où il épousa Marie Petit et où, en juin, il fut admis au sein de la Société des gens de lettres, chaque semaine il rédigeait une série de critiques littéraires sur les dernières parutions dans sa chronique Les livres et les écrivains. Il participa aussi aux publications de la Petite illustration qui publia plusieurs de ses œuvres. Associé avec Gaston Sorbets et Louis Bénière, il écrivit la pièce Le Roi s'ennuie qui eut trois-cents représentations au théâtre Antoine en 1909.
Il continua à écrire des biographies, des articles historiques sur Napoléon notamment. Peu avant la Grande Guerre, il mena une campagne de presse contre l'abandon dans lequel étaient laissées la maison de l'Empereur et sa tombe à Longwood.
En 1914, mobilisé, il dut quitter L'Illustration et fut affecté à l'intendance militaire comme officier d'état-major. Son dévouement et son zèle furent cités à l'ordre de la de cavalerie. À la fin de la guerre, de 1918 au début de l'année 1919, sa pièce Les Roses rouges écrite avec Gaston Sorbets fut jouée au Théâtre de l'Odéon.
Le , démobilisé, il reprit sa place au siège de L'Illustration, au 13 de la rue Saint-Georges, dans le IX arrondissement de Paris avec davantage de responsabilités au sein de la rédaction. Ceci lui donna un travail énorme : lire six cents livres par an et recevoir dix mille lettres si l'on en croit l'article de Jean Paul Duquesnoy : Un homme de lettres : Albéric Cahuet (1877-1942), publié par la revue Lemouzi du 2009.
Ses qualités et sa valeur lui valurent d'être nommé directeur littéraire. Ces responsabilités ne l'empêchèrent pas d'écrire des critiques, mais aussi de collaborer à L'Écho de Paris, au Temps, au Figaro, au New York Herald, à la Revue de France, à La Ruche Corrézienne.
En 1921, élu vice-président de la Société des gens de lettres à laquelle il appartenait depuis treize ans, on le chargea d'établir un projet de statut des écrivains. Il semble qu'en 1935 Albéric Cahuet ait songé à poser sa candidature à l'Académie française, mais la déclaration de guerre en relégua ce projet au second plan et il continua son activité à L'Illustration qui ne fut pas ralentie si l'on en juge par la liste des contributions qui suit cette « biographie ».
En 1940, il abandonna son appartement de Passy et suivit la rédaction de L'Illustration qui le fit passer par Tours, Bordeaux, Clermont-Ferrand et finalement Lyon, au 87 cours Gambetta. Il ne put se retirer en Dordogne : il passa donc ses derniers jours dans la capitale des Gaules où à la Foire de Lyon, du au , au stand du journal, il accueillit le maréchal Pétain.
Le , il meurt brutalement à sa table de travail. Ses obsèques religieuses ont lieu à la cathédrale Saint-Jean de Lyon et il est enterré au cimetière de FranchevilleLe Temps, 4 février 1942, p.4 : "En la cathédrale Saint-Jean ont lieu ce matin les obsèques de notre regretté confrère, M. Albéric Cahuet. (...) Dans le cimetière de Francheville, où a eu lieu l'inhumation, ils se sont réunis à nouveau à la fin de la matinée, formant autour de Mme Albéric Cahuet et de son fils une assemblée intime.".
Son épouse, Marie Petit, meurt en 1959. Leur fils, le docteur Robert Cahuet, fera transférer, en 1980, leurs restes du cimetière de Francheville à celui de Cénac près de Fondaumier, dans la région de Sarlat, où se trouve la gentilhommière où il avait passé son enfance, ses vacances et où il avait écrit Le Missel d'amour » et Pontcarral.
Pontcarral
Albert Cahuet reste surtout célèbre comme l'auteur de Pontcarral paru en 1937 et qui connut un certain engouement à la suite de son adaptation à l'écran : le , les lecteurs de L'Illustration furent prévenus du tournage de Pontcarral, colonel d'Empire par un article de Bernard Zimmer, réalisateur du film avec Jean Delannoy. À sa sortie, le à Angoulême et le de la même année à Paris, le film, malgré la tonalité pétainiste des écrits d'Albert Cahuet, fut perçu comme un appel à la résistanceTonalité pétainiste peut-être mais les deux citations suivantes - en espérant qu'on puisse en trouver d'autres - montrent qu'il n'avait aucune admiration pour Hitler : dans L'Illustration du 27 avril 1940, sous le titre « L'Amérique, espace vital du Reich », il écrit : « Hitler, le visionnaire de Mein Kampf, le délirant tragique, ennemi méprisant de toute liberté » ; et dans L'Illustration du 6 août 1938, dans l'article « Les livres et les écrivains » on peut lire : « Si l'on regarde l'histoire des raisons qui firent triompher les dictatures, action, prestige, dynamisme d'un homme, sont aussi à la longue la cause de leur déclin. ».
Œuvre d'Albert Cahuet Inventaire des écrits disponibles à la vente en ligne : 1897 L'Action sociale du félibrige, texte d'une conférence faite au théâtre d'Ussel le 1900 La Sieste, pièce de théâtreNoël d'amour, pièce de théâtre 1902La Liberté du théâtre en France et à l'étranger, thèse de doctorat soutenue à la faculté de droit de l'Université de Paris le Histoire, fonctionnement et discussion de la censure dramatique 1904Au jardin des vierges, roman de mœurs parisiennesLa Question d'Orient dans l'histoire contemporaine1906La Corbeille d'argent, roman 1907La Fêlure, roman contemporain 1908Victor Margueritte, article dans L'Illustration du 1909Affaire Steinheil, texte de l'opuscule accompagné de croquis d'audience exécutés par Charles Paul Renouard, Louis Sabattier et George Scott 1910Les Dernières Joies de Séverin Chantal1913Après la mort de l'Empereur, roman couronné par l'Académie française où l'on trouve Les Derniers Serviteurs de Napoléon, La Fin d'une captivité, Le Mariage de Marchand, Noël Santini et la Sainte Alliance, L'Ours d'Helvétie, Le Bibliothécaire de Longwood, Les Pèlerins de Sainte-Hélène, Documents inéditsLa Légion étrangère, reportage dans L'Illustration du 1914Napoléon délivré, roman où l'on trouve Le Coup de théâtre de 1840, Les immortelles de Longwood, L'Aumônier de la Belle Poule, La Nuit de la résurrection, Le Second Retour de l'Empereur, Une journée impériale sous la monarchie de Juillet, Les Lendemains, Documents et témoignages inédits1918Les Roses rouges, pièce de théâtre écrite avec Gaston Sorbets représentée à l'OdéonL'Armée française de l'Alsace reconquise, article dans L'Illustration du 1919Le Roi s'ennuie, pièce de théâtre écrite avec Gaston Sorbets qui eut, après le , 300 représentations au Théâtre AntoinePolytechnique et centrale. Les rentrées après la guerre1920Le Front après la guerre ; un pèlerinage en auto-mail. Voyage sur les terres dévastées des anciens champs de bataille, villages et monuments, articles parus dans L'Illustration les 12 et 1921Du au , article consacré au premier centenaire du décès de Napoléon dans L'Illustration du 1923Le Missel d'amour, roman 1924Le Masque aux yeux d'or, récit romancé de l'évasion du maréchal Achille Bazaine adapté en 1973 pour la télévisionLes Poupées de province à Paris, article dans L'Illustration du Correspondance de Jean-Jacques Rousseau, article dans « L'Illustration » du Vercingétorix et Maurin des Maures, article dans L'Illustration du 1925Régine Romani, roman 1925-1926 Préfaces aux cahiers intimes inédits de Marie Bashkirtseff 1926Moussia ou La Vie et la mort de Marie Bashkirtseff, biographie de l'artiste peintreLa Nuit d'émeraude, nouvelleL'Affaire de Bombon, article dans L'Illustration du 1927 À la Recherche d'Elvire, page liminaire du roman cité ci-dessous où l'auteur explique son nouveau livre sur les amours célèbres d'Alphonse de Lamartine et de Julie Charles Les Amants du lac, roman sur Alphonse de Lamartine et Madame Julie CharlesVoir un extrait du roman Les amants du lac sur le blog de Consensus - France. Lamartine et la terre natale où l'on trouve Les maisons de Lamartine, Le Château de Laurence et la tombe de Jocelyn, Les demeures d'Alphonse de Lamartine au pays natal 1928 Mademoiselle de Milly, roman ' Les Vieux Jardins oubliés de Paris : le jardin des feuillantines, les vestiges de l'ancien jardin d'Adrienne Lecouvreur, le jardin brumaire, le jardin de M. et Helvétius à Auteuil, article dans L'Illustration du 1929 Le Manteau de porphyre, roman Texte d'une carte adressée à Jacques Chardonne le « La Saison fulgurante des jouets », article dans L'Illustration du 1930 Irène, femme inconnue, roman Moussia et ses amis, biographie 1931 Les fantômes du Boulangisme, article écrit avec Marcel Boulanger dans L'Illustration du 1932 Sainte-Hélène, petite île, roman paru le dans La Petite Illustration Retours de Sainte-Hélène 1821-1840 1933 La Comtesse de Noailles n'est plus, article dans L'Illustration du Mr François Mauriac à l'académie, article dans L'illustration du Le Cavalier noir et la fiancée de Noël, nouvelle pour les journées du livre 1934 La Nuit espagnole, roman 1935 Lucile de Chateaubriand, un Werther féminin, roman « À propos d'une exposition; la seconde vie de Marie-Louise », article dans L'Illustration du « Sur la route, la vitesse et la vie », article dans L'Illustration du 1936 « Henri De Noussanne », article dans La Brise de mai- « Le Centenaire de Jocelyn », article dans L'Illustration du « Vieux châteaux », article dans L'Illustration du « Mr Georges Duhamel à l'Académie française », article dans L'Illustration du « Le Symbolisme à La Bibliothèque nationale », article dans L'Illustration du « Des Noms sur la route », article dans L'Illustration du 1937 Pontcarral, roman Claude-Adolphe Nativelle 1812-1889, biographie de l'inventeur de la digitaline dans son époque « Le Désert de Bièvres », article dans L'Illustration du « Croisade nationale de l'esprit », article dans L'Illustration du « La Sagesse du chef », article dans L'illustration du « Les Revendications coloniales allemandes », article dans la Revue des deux Mondes du « La IVe internationale »], article dans la Revue des deux Mondes du