Louis Paul André Chack, né le à Paris et mort fusillé le au fort de Montrouge à Arcueil, est un officier de marine, écrivain et collaborateur français.

C'est un marin, distingué à plusieurs reprises avant et pendant la Première Guerre mondiale, un écrivain réputé avant la Seconde Guerre mondiale, il se porte volontaire au début de celle-ci pour reprendre du service alors qu'il est en retraite.

Favorable sous l'Occupation à la politique de collaboration avec l'Allemagne, il préside le Comité d’action antibolchévique. Il est condamné à mort à la Libération, en ., et est, avec Robert Brasillach, l'un des quelques intellectuels français exécutés pour intelligence avec l'Allemagne nazie.

Robert Aron rappelle dans son Histoire de l'épuration en 1967 les conclusions du commissaire du gouvernement, faisant office de procureur, lors de son procès :

Biographie Marin et écrivain Il est le deuxième enfant de la cantatrice française Marie-Louise Chack dite Marie Scalini (1852-1931), et d'un aristocrate anglais (ou irlandais ?), lord FingallLa source principale de ce paragraphe est l'ouvrage d'Étienne Taillemite cité en bibliographie.. Ce dernier n'épouse pas Marie Scalini, mais lui assure une maison au Vésinet, en grande banlieue parisienne, et une pension. Sa mère se reconvertira en dame patronnesse à partir des années 1890, comme présidente d'un orphelinat, et obtiendra la Légion d'honneur en 1925.

Paul Chack entre à l'École navale en ( sur 75) et en sort aspirant de classe, en après avoir effectué sa formation d'officier sur le Borda et l'Iphigénie.

Affecté sur le cuirassé Hoche puis sur le Masséna en escadre du Nord, il est promu enseigne de vaisseau en et sert sur la Mouette à la station navale de Constantinople où il se distingue en luttant courageusement contre un incendie, ce qui lui vaut du sultan une médaille d'or.

En 1902, il est officier élève sur le torpilleur l'Algésiras d'où il sort breveté et embarque ensuite sur le Masséna en Méditerranée.

Professeur adjoint à l’École des marins torpilleurs de Toulon sur le Magenta. En 1905, il est affecté au Service hydrographique de la marine où il se spécialise sur les instructions nautiques.

Nommé lieutenant de vaisseau en , il commande à Toulon le sous-marin Grondin et est détaché comme officier d'ordonnance du gouverneur général de l'Indochine en 1908.

En 1911, il suit les cours de l’École d'application du tir à la mer à Toulon sur le Pothuau et est nommé en 1912 officier canonnier sur le cuirassé Jauréguiberry où, fortement apprécié de ses chefs et noté comme officier d'élite à promouvoir rapidement, en 1914 il occupe la fonction de directeur de tir du cuirassé Courbet. Il participe alors aux opérations de l'armée navale en Méditerranée et dans l'Adriatique puis est désigné pour commander le contre-torpilleur Massue en . Il participe alors aux opérations des Dardanelles, au blocus des côtes d'Anatolie, à l'évacuation de l'armée serbe et aux escortes de convois en Méditerranée.

Le , il attaque vivement un sous-marin allemand pendant la nuit et le force à disparaître. Il est alors cité à l'ordre de l'Armée.

Capitaine de corvette (), il sert au Service de l'armement des bâtiments de commerce au Havre puis commande le front de mer de la Gironde. Il est ensuite nommé capitaine de frégate () et commande en second le cuirassé Provence en Méditerranée avant d'être affecté en 1921 au Service historique de la marine comme directeur de la Revue maritime et comme chef de service en 1923. Il occupe ce poste jusqu'en , lorsqu'il part à la retraite quelques mois avant la limite d'âge, avec une amertume certaine . Il est promu capitaine de vaisseau en et commandeur de la Légion d'honneur en .

En , il est élu à l'Académie de marine. Il représente l'année suivante la marine française au Congrès international des sciences historiques à Oslo.

Il se consacre à partir des à la rédaction de nombreux ouvrages spécialisés pour la plupart sur les aspects navals de la Grande Guerre, grâce à la documentation du Service historique de la Marine qui lui donne la matière d’une carrière d’écrivain et à l'encouragement de Claude Farrère : La Guerre des croiseurs (1922), On se bat sur mer (1926) , Sur les bancs de Flandre (1927), Combats et batailles sur mer (avec Claude Farrère), etc. Ses livres obtiennent un immense succès en France et à l'étranger, font connaître la marine et ont suscité de nombreuses vocations. Il fait partie des écrivains soutenus par Horace de Carbuccia: il collabore à l'hebdomadaire Gringoire et les éditions de France publient plusieurs de ses livres. C'est aussi un conférencier, vice-président en 1935 de La Conférence française. Il écrit aussi les paroles de chansons .

Il devient premier vice-président de la Société des gens de lettres en 1932, vice-président en puis président le de l'Association des écrivains combattants (AEC), succédant à Claude Farrère. En 1939, cette association regroupe 540 écrivains. Il préside en 1938 et 1939 la vente de charité annuelle de cette association, destinée à ses caisses de secours et appelée . C'est une manifestation mondaine durant laquelle des écrivains comme Géo London, Roland Dorgelès, José Germain, Abel Bonnard, Henry Bordeaux, Jean Cocteau, Henri Troyat ou François Mauriac dédicacent leurs livres que vendent des vedettes de la scène ou de l'écran telles Yvonne Printemps, Mireille Balin, Danielle Darrieux, Suzy Solidor ou Gaby Morlay, ou bien des femmes du monde. Le président de la République vient inaugurer chaque année cette manifestation. Ainsi, Chack accueille en 1939 Albert Lebrun accompagné du ministre Jean Zay, Malade, Chack n'a pas participé à celle de 1937. AG de l'association en 1937 : .

Il écrit en 1939 Tu seras marin, un ouvrage relatant les grandeurs et les servitudes des « marins d’État », véritable encouragement pour les jeunes gens à servir leur pays dans la Royale.

Mobilisé en 1939, il remet la présidence de l'AEC à Jean Valmy-Baisse. Il se réengage dans l'armée pour la durée de la guerre et est nommé au Commissariat à l'information.

Il a épousé en 1905 Augustine Marie Royer. Sa fille Colette Paul-Chack et Jean-Jacques Antier s'occuperont en 1969 de la réédition de l'ensemble de son œuvre concernant la guerre navale 1914-1918 sous le titre L'Histoire maritime de la Première Guerre mondiale.

Engagement politique à l'extrême droite vignette|Quelques-unes des personnalités assistant au meeting du Front révolutionnaire national au Vél'd'Hiv' le . De gauche à droite : Claude, Châteaubriant, Déat, Bucard et Chack. Au début des années 1930, il n'est pas antisémite et il s'engage même publiquement contre l'antisémitisme : deux périodiques juifs signalent sa présence à la tribune des personnalités invitées par la LICA lors de la grande réunion publique de protestation contre l’antisémitisme hitlérien au palais du Trocadéro le , .Une réunion au Trocadéro, Paix et droit, mai 1933, .La Paix retrouvée, 25 mai 1933..

Cependant, à plus de soixante ans, il commence à avoir une activité politique plus intense. Il est vice-président de l'Association nationale des officiers combattants (ANOC), fondée en 1929 ou 1930 et présidée par le colonel Jean Ferrandi puis Charles Trochu, conseillers municipaux parisiens de droite, à la fin des années 1930. Et président du Club de l'effort, succédant à Ferrandi, mort en . Ce club a été fondé en par les administrateurs de l'ANOC pour aider au développement de leur organisation. Il comprend à l'origine des officiers de réserve, souvent membres des ligues.. Ce club n'a guère laissé de trace dans la presse, hormis sa participation annuelle au défilé en l'honneur de Jeanne d'Arc à Paris et son adhésion en 1934 au Front national, auquel adhère aussi l'ANOC.

En 1937, il fait partie des personnalités de droite et d'extrême droite qui rendent hommage à Charles Maurras après sa sortie de prison lors de deux meetings. Il adhère au Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot en 1937L'Emancipation nationale du PPF le cite comme adhérent en janvier 1938 : Jean-Paul Brunet, Jacques Doriot, du communisme au fascisme, Balland, 1986, ., s'intéresse en 1938 à ses Cercles populaires pour lesquels il donne deux conférences et devient membre de son bureau politique, sans avoir réellement milité pour ce parti. Il assiste à quelques réunions du parti. Il préside un meeting de la fédération parisienne du PPF en , aux côtés de Doriot, Paul Marion et Ramon Fernandez.

Il adhère en 1937 aux Camarades du feu, une petite association regroupant des dissidents des Croix de feu ayant rompu avec le colonel François de La Rocque, fondée par le commandant Sicé, en faveur de qui il témoigne au cours du procès opposant La Rocque à ses adversaires en . Il préside en un meeting anticommuniste et antisémite de cette association, dont il est le vice-président ; il dénonce la qui mine la nation lors de cette réunion organisée . Il préside en un congrès d'écrivains et y appelle à la lutte contre le communisme. Il devient membre du « comité de défense des patriotes emprisonnés » (dirigeants anciens combattants de l'UCAD liés à la Cagoule : le général Édouard Duseigneur, le duc Joseph Pozzo di Borgo). En , il cosigne une déclaration d'intellectuels d'extrême droite sur l'union nationale, souhaitable mais sans [allusion aux communistes]. On le trouve en à un meeting des nationaux au Vélodrome d'hiver, aux côtés de Charles Trochu, de parlementaires de droite, de leaders royalistes comme Maurras, des chefs du PPF. En , il prend part à un meeting en faveur de l'Espagne de Franco, organisé par le mouvement de l'Ordre national de Georges Loustaunau-Lacau, une organisation anticommuniste qui collabore alors avec le PPF.

Il donne alors des conférences sur la marine française ou l'empire colonial français à des associations politiques de droiteLe Journal, 16 mars 1939 (Union corporative des instituteurs de Serge Jeanneret), L'Action française, 19 juin 1939 (L'Œillet blanc, présidée par Maurras), L'Action française, 9 juin 1939 (Association des légionnaires décorés au péril de leur vie ; il appartient à son conseil d'administration)..

Il est particulièrement réputé pour son anglophobie, anglophobie considérablement renforcée par la bataille de Mers el-Kébir, le , et les 1293 marins français morts qui en résultent..

Sous l'Occupation allemande, il se montre pleinement favorable à la politique de collaboration avec l'Allemagne.

Il accepte de présider le Comité d’action antibolchévique (CAA, 1941-1944), officine de propagande anticommuniste et antisémite, qui sert d'annexe de propagande pour le recrutement en faveur de la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF). Ce comité organise l'exposition Le Bolchevisme contre l'Europe. Chack préside son comité d'organisation et inaugure l'exposition en à Paris, aux côtés de personnalités allemandes et françaises comme Paul Marion, Fernand de Brinon ou Georges ClaudeLe Matin, 2 mars 1942.. Il prend part à des cérémonies ou réunions de la Légion tricolore en 1942 et de la LVF en 1943Le Matin, 22 juin 1943Le Matin, 22 août 1942..

Il se présente aussi comme un antisémite convaincu en dans Le Matin, se moquant des lettres anonymes reçues :

On le trouve d'ailleurs à l'inauguration de l'Institut d'étude des questions juives en et il écrit pour Le Cahier jaune un article intitulé . Il préside également le Cercle aryen, qu'il inaugure en à Paris au 5 boulevard Montmartre, aux côtés de Louis Darquier de Pellepoix. Il y déclare selon un communiqué du PPF :