Le site archéologique d'Alba-la-Romaine, correspondant à la ville gallo-romaine d' : « tous les textes, littéraires ou épigraphiques, s'accordent sur la dénomination de la ville, Alba, et non Alba Augusta, comme certaines traditions historiques l'ont défendu. », est situé près de l'actuelle ville d'Alba-la-Romaine, dans le département de l'Ardèche, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Alba a été du ., sous l'empire romain, la capitale du peuple gaulois des Helviens dont le territoire recouvrait la région du bas Vivarais. La ville connaît son premier développement à l'époque augustéenne ( à ) et son apogée au .
Un musée y a ouvert ses portes en https://archive.wikiwix.com/cache/19981130000000/http://museal.ardeche.fr/627-une-ville-vieille-de-2000-ans.htm.. MuséAl regroupe ainsi le site archéologique, le musée et un dépôt archéologique.
Vers 1800, Jean-Paul Delichères fait les premières découvertes sur le site. Honoré Flaugergues en 1819-1821 entreprend des fouilles. Jos Jullien et Frank Delarbre relancent les fouilles en explorant le théâtre et le quartier Saint Pierre entre 1935 et 1965. Les fouilles se poursuivent et en 2001, une réserve archéologique accessible au public est mise en place. En deux siècles, au moins 200 opérations archéologiques ont eu lieu sur le site d'Alba-la-Romaine, mais depuis 2001, seules des fouilles préventives ont lieu. Depuis 2019, des méthodes de prospection non destructrices, par magnétisme ou radar, sont employées pour établir le plan du site.
Histoire L'oppidum de l'âge du fer vignette|La Gaule et les peuplements gaulois, d'après César. On a pu supposer que la ville d'Alba avait pris, au début de l'Empire romain, la succession, comme souvent en Gaule, d'une agglomération antérieure. L'existence d'un oppidum protohistorique sur le plateau de Chaulène, au nord-ouest d'Alba, est en effet vraisemblable. L'hypothèse d'un habitat de plaine peut être simultanément retenue, les fouilles pratiquées à l'ouest du site (« Saint-Pierre ») ayant livré des débris d'outillage lithique datant de la fin du millénaire. À l'emplacement de deux « domus » du sud-est du site (« maisons du champ Delauzun »), un habitat de La Tène III () a par ailleurs été révélé par la découverte de céramiques importées, campaniennes de type A, dont des débris ont également été recueillis à « Saint-Pierre », ainsi que de cols, anses ou lèvres d'amphores vinaires d'Italie et une monnaie allobroge, émise avant le troisième quart du . D'autres oppida sont connus sur le territoire des Helviens comme ceux de Jastres-Nord.C. Lefebvre, Oppida Helvica, les sites fortifiés de hauteur du plateau de Jastres, De Boccard, Paris, 2006 et de Jastres-Sud.
Les Helviens alliés des Romains au Quand Bituitos, roi des Arvernes, peuple situé au-delà des Cévennes, fut battu en par le consul romain Fabius Maximus, Alba était déjà le chef-lieu des Helviens dont le territoire, l'« Helvie », correspond sensiblement au sud du département de l'Ardèche. Leurs voisins étaient au nord les Ségusiaves, à l'ouest les Vellaves et les Gabales, au sud les Volques ArécomiquesCésar, Bell. Gall, VII, 7, 8, 64 et 65.. Fabius Maximus réussit à dissocier les Helviens des Allobroges et des Arvernes et à les attirer dans l'alliance avec Rome. Ils obtinrent les titres d'alliés et amis du peuple romain et Jules César observait lors de son arrivée en Gaule qu'ils étaient autonomes, avaient leurs propres coutumes et leur administrationCésar, Bell. Gall, I, 1, 45 et 47.. Dans la décennie de , le chef helvien Caburos obtenait sous le nom de Caïus Valerius Caburus la citoyenneté romaine et son fils Caïus Valerius Procillus devint l'ami de CésarCésar écrit qu'il « crut plus convenable de députer vers Arioviste C. Valerius Procillus, jeune homme plein de courage et de mérite, dont le père, C. Valerius Caburus, avait été fait citoyen romain par C. Valerius Flaccus. Sa fidélité était connue et il savait la langue gauloise, qu'une longue habitude avait rendue familière à Arioviste, et les Germains n'avaient aucune raison pour le maltraiter. » (I, 1,47). La politique pro-romaine des Helviens permettait à César d'installer ses forces à proximité des Arvernes. Après sa victoire le territoire helvien et sa capitale Alba Helviorum connaissent un important développement économique.
Une cité de droit latin Par la suite Alba reçoit le privilège du droit latin, ce qui lui permet d'obtenir des avantages juridiques et commerciaux. Rattachée d'abord à l'Aquitaine au temps de Strabon, il semble qu'elle soit intégrée à la Narbonnaise. « Point de départ des voies romaines vers Valence, Vienne et Lyon par la rive du Rhône, d'autre part vers Bourg-Saint-Andéol et la Narbonnaise, enfin vers Gergovie - sans compter les routes secondaires -; centre d'une région agricole et surtout viticole ; centre de commerce régional, gaulois, et même impérial (…), Alba est dès le une ville importante », observe Marcel Le Glay, sans égaler la splendeur d'Arles, Orange, Nîmes ou Vienne. Sans doute faut-il mettre en rapport son essor avec un fait rapporté par Pline l'Ancien selon qui on avait découvert à Alba, et adopté dans la région, un plant de vigne dont la floraison passait en un jour.
Jusqu'à son apogée, au , elle se développe alors sur deux pôles, au sud sur les terrasses de l'Escoutay et le théâtre, au nord dans le quartier de « Bagnols » situé près de la voie qui mène de la vallée du Rhône au Massif central. Du milieu du se construit des édifices publics monumentaux dont un théâtre de .
Déclin et abandon de la cité L'époque de la christianisation de la ville est incertaine, entre la fin du ou celle du . On a longtemps pensé qu'Alba avait été le premier siège épiscopal de la région, mais un réexamen des sources, associé à des indices discordants (absence de baptistère sur le site de Saint Pierre, abandon de la ville dès le IVe s.) encourage à penser que ce ne fut pas le cas.
La fin du marque le déclin de la cité. Le site antique est déserté, une nouvelle agglomération se forme au Moyen Âge à l'emplacement du village actuel.
Contre le mur du cimetière juif dans le quartier nord de Bonn / Allemagne se trouve un relief de la pierre tombale du premier habitant de Bonn nommément connu, un légionnaire romain venu en de Alba Helviorum (aujourd’hui Alba-la-Romaine). L’inscription tombale, traduite du latin, signifie : « Ici repose Publius Clodius, fils de Plubius, de la région de Voltinia, né à Alba, soldat de la , , décédé après de service. »Klaus Polak / Nadine Martin: Bonn, CityGuide, , , Reise Know-How Verlag 2010, Bielefeld (Allemagne),
Archéologie Installée sur une voie de communication reliant la vallée du Rhône au Massif central, la ville antique, dépourvue d'enceinte, s'étend sur , circonscrite par les nécropoles de Saint-Martin ( ) au sud-est et de Saint-Pierre ( ) à l'ouest. La ville est organisée à partir de deux voies majeures qui se coupent à angle droit, l'une orientée nord/sud (le cardo maximus) et l'autre ouest/est (que l'on présume être le decumanus maximus, selon un réseau de rues perpendiculaires. Le cardo maximus, pavé de grandes dalles, large de et long de plus de , part de la rivière et aboutit au centre monumental qu'il longe. Un troisième axe, long de , a été mis au jour au nord de la ville, orienté nord-est/sud-est et reliant le forum au sanctuaire de Bagnols. Il témoigne de l'existence d'un schéma urbanistique antérieur au premier siècle avant notre ère qui organise toute la partie orientale de la ville.
Le périmètre de la ville est évalué à quatre kilomètres. L'évaluation de la population reste cependant extrêmement difficile. Son approvisionnement en eau se faisait par des aqueducs depuis des sources situées sur les versants du massif du Coiron. Les vestiges de l'un d'entre ont été découverts. Dans une domus un puits domestique atteste l'utilisation simultanée de la nappe phréatique. Des tuyaux, en plomb ou en bois, permettaient la distribution de l'eau. Un système d'égouts maçonnés assuraient l'évacuation. Cardo et decumanus étaient notamment équipés d'un égout latéral qui recueillaient les eaux usées ou pluviales collectées par de nombreux caniveaux.
Quartier nord (« Les Bagnols ») Le quartier que l'on appelle aujourd'hui de Bagnols est là où ont été repérées les premières traces d'habitat sur la plaine d'Alba. La ville antique est partie de ce quartier dès le premier siècle avant notre ère et s'est ensuite étendue sur le lieu-dit du Palais, autour du centre monumental.
Au nord de la ville antique, alors qu'elle se développe, se situent un sanctuaire gallo-romain important, un habitat populaire construit en matériaux périssables (terre, bois) et vraisemblablement une activité artisanale ou commerciale.
Le lieu est occupé par un sanctuaire gaulois au Ier s. av. J.-C. Entre 40 apr. J.-C. et la fin du Ier s., le sanctuaire devient monumental, sur le modèle romain : un temple d'où part un quadriportique créant une cour où se trouve deux autres temples, un fanum et un temple sur podium. Nous ne savons pas quels dieux et déesses y étaient vénérés, mais le culte impérial y est attesté notamment par une statue retrouvée en 1992. Cette statue, aujourd'hui exposée au MuséAl, est exceptionnelle en ce qu'elle représente l'empereur Trajan (divinisé par Hadrien en 118) sous des traits divins, nu, paludamentum sur l'épaule gauche. Le quartier est relié au centre monumental par une voie processionnelle qui longe ensuite le centre monumental par l'est. Toutefois, dès le , des traces d'abandon et de réutilisation des pierres du sanctuaire sont avérées, signe d'un début de décadence.
Cardo et decumanus vignette|gauche|Le cardo et les boutiques. La ville romaineInformations réunies d'après les notices présentées sur le site archéologique fut fondée, à l'extérieur du village actuel, au nord de l'Escoutay, à partir de deux axes perpendiculaires, le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest), qui forment la base du quadrillage de l'urbanisme romain. Aujourd'hui dégagé sur , le cardo est composé de blocs de calcaire dur (« marbre de Lussas »), d'une épaisseur d'environ , sur lesquels apparaissent encore les traces des roues des charrettes. La chaussée, d'une largeur d'environ cinq mètres, rebords non compris, recouvre un réseau d'adduction d'eau et un égout.
Le cardo conduit au forum (« quartier du Palais ») et longe sa façade ouest bordée d'un portique d'une largeur de . Une vingtaine de boutiques surmontées d'un étage sont alignées en contrebas, quatre escaliers menant à l'esplanade supérieure. Cinq d'entre elles ont livré un matériel datant de plusieurs époques séparées par des couches correspondant à deux incendies, le premier ayant vraisemblablement lieu au plus tard au milieu du . On devait vendre dans les boutiques de la vaisselle en terre cuite (coupes, lampes votives aux décors surmoulés) et en verre.
Centre monumental et forum (« Le Palais ») Édifice public quadriportique Au nord, un édifice à vocation publique, composé de quatre ailes à portique, est construit autour d'un grand jardin avec deux bassins. Le portique s'ouvre sur des exèdres semi-circulaires ou rectangulaires. Jusqu'au milieu du l'exèdre monumentale, composée d'une salle voûtée comportant une banquette latérale habillée de mortier de tuileau, se situe à l'est. Des modifications surviennent par la suite, l'aile nord se monumentalise et un bassin d'agrément est créé. La fonction de cet « édifice public quadriportique » est, tout comme l'édifice au nord du centre monumental, obscure.
Édifice économique ou religieux Un premier édifice, datant du , est situé au sommet du centre monumental en bordure du cardo maximus. Sa fonction pourrait être en rapport, dans le cadre de la vie économique et religieuse de la cité, avec les corporations.