Le temple de Zeus Olympien, de style dorique, mesurant de long sur de large.., est un temple grec situé à Olympie, érigé entre 470 et 456 av. J.-C..
Pausanias affirme que le temple et la statue de Zeus furent érigés grâce au butin pris par la cité d'Élis (capitale de l'Élide), lors de la destruction de sa voisine et rivale Pise ou Pisa, à une date inconnue.
On sait que ces deux cités se disputaient Olympie ; certains événements historiques (en 471, Élis se constitua en nouvelle cité démocratique) confirmeraient la position de Pausanias. Le temple est traditionnellement attribué à l'architecte Libon d'Élis.
Totalement ruiné, le temple colossal d'ordre dorique était périptère, présentant 6 x 13 colonnes, fait de calcaire coquillier local et recouvert de stuc blanc. Seul le toit et quelques décors étaient en marbre.
Historique Le temple de Zeus à Olympie, qui était la structure principale du sanctuaire, a été érigé dans les années 480/470 à 456 Le temple, qui mesure 64 m de long, 28 m de large et 20 m de haut est l'un des bâtiments les plus importants de la première architecture classique.
C'était le plus grand temple du Péloponnèse et, au moment de sa construction, le plus grand temple de la Grèce continentaleLe temple de Corinthe découvert plus tôt sur la base de quelques vestiges n'a pas atteint la taille du temple d'Olympie. Christopher Pfaff: Archaic Corinthian Architecture, ca. 600 to 400 B.C. In: Charles K. Williams II., Nancy Bookidis (Hrsg.): Corinth: Results of Excavations. Bd. 20: Corinth, the Centenary, 1896–1996. American School of Classical Studies at Athens, Princeton (NJ) 2003, S. 117.. Le cinquième jour des Jeux olympiques, tous les athlètes et spectateurs s'y rendaient en procession solennelle pour sacrifier du bétail qui était ensuite consommé lors d'un festin commun.
Construction
Entre environ 480/470 et 456 , l'architecte Libon, autrement inconnu, serait venu de la région pour diriger la construction du temple de ZeusPausanias 5, 10, 3: .. En général, on se fie à Pausanias qui déclare que le temple et la statue de Zeus (ἐποιήθη δὲ ὁ ναὸς καὶ τὸ ἄγαλμα τῷ Διὶ) ont été financés grâce au butin d'une victoire remportée sur Pisa par les Éléens en 472 Pausanias 5, 10, 2.. Le doute demeure cependant devant cette paternité supposée des Éléens, au vu des coûts immenses du temple et la statue de Zeus, qui peuvent être estimés à plusieurs centaines de talents. Malgré des recherches archéologiques intensives à Élis, aucun ensemble urbain d'une telle richesse n'a jamais pu être identifié, ce qui s'applique également aux Pisates vaincus. De plus, Pise (Pisa, en Élide) a été fondée cent ans plus tôt, soit en 572 av. J.-C., avant d'être écrasée et annexée par Élis sous le règne de , roi d'Élis de -480 à -472Pausanias 6, 22, 4; cf. Strabon 8, 362; Mait Kõiv: Early History of Elis and Pisa: Invented or Evolving Traditions? In: Klio. Bd. 95, 2013, S. 315–368.. Cependant, rien n'est connu d'une refondation de Pise avant celle du qui aurait pu conduire à la bataille de l'Altis. On suppose, implicitement ou explicitement, que les Éléens auraient pu au mieux financer le temple, mais pas la statue de Zeus créée près de deux décennies plus tardCf. Gisela M. A. Richter: The Sculpture and Sculptors of the Greeks. Yale University Press, New Haven (Conn.) 1967, S. 226; Burkhard Fehr: Zur religionspolitischen Funktion der Athena Parthenos im Rahmen des delisch-attischen Seebundes. In: Hephaistos 1, 1977, S. 73 Anm. 38; Contrairement à l'opinion générale des chercheurs, l'hypothèse a récemment été avancée que le bâtiment était un don des Spartiates et de leurs alliés. András Patay-Horváth: Die Bauherren des Zeustempels. In: Hephaistos. Bd. 29, 2012, S. 35–50..
En l'an 456 , le temple devait être achevé à un point tel que les Spartiates ont pu avoir un bouclier doré avec une inscription de la fondation attachée à la frise de la façade du temple.
Selon Pausanias :
« Il y a un vase doré sur chaque coin du toit, et au milieu du fronton une Victoire aussi dorée ; au-dessus de la Victoire est un bouclier d'or, sur lequel est représentée la Gorgone Méduse. » — Pausanias : 5, 10, 4. Traduction M. Clavier, 1820.
L'inscription qui est sur le bouclier nous apprend par qui il a été dédié et à quelle occasion ; voici ce qu'elle porte :
Ναὸς μὲν φιάλαν χρυσέαν ἔχει, ἐκ δὲ Τανάγρας τοὶ Λακεδαιμόνιοι συμμαχία τ᾽ ἀνέθεν δῶρον ἀπ᾽ Ἀργείων καὶ Ἀθαναίων καὶ Ἰώνων, τὰν δεκάταν νίκας εἵνεκα τῶ πολέμω.
« Les Lacédémoniens et leurs alliés ont consacré à Jupiter ce bouclier d'or, pour la dîme du butin fait sur les Argiens, les Athéniens et les Ioniens, qu'ils ont vaincus à Tanagre. » — Pausanias : 5, 10, 4. Traduction M. Clavier, 1820.
La bataille de Tanagra, au cours de laquelle les Spartiates ont vaincu les Athéniens et leurs alliés lors de la première guerre du Péloponnèse, a eu lieu en 457 Cette date est le seul moment précis qui puisse être lié à l'érection du templePausanias 6, 22, 4; vgl. auch Strabon 8, 362; Mait Kõiv: Early History of Elis and Pisa: Invented or Evolving Traditions? In: Klio. Bd. 95, 2013, S. 315–368..
Entretien du bâtiment
Après 438 , le sculpteur Phidias a commencé à réaliser la statue colossale de Zeus en or et ivoire . L'intérieur du temple a été radicalement repensé, et même les colonnes ont été démontées et reconstruites avec un entraxe différentArnd Hennemeyer: Der Umbau des Phidias im Zeustempel von Olympia. In: architectura. Zeitschrift für Geschichte der Baukunst – Journal of the History of Architecture. Bd. 43, Heft 1, 2013, S. 1–18.. Le temple a probablement existé dès le Il a subi de réparations importantes, probablement à la suite du tremblement de terre de 374 Des composants du temple de Zeus ont été trouvés dans les fondations de la salle d'Écho et dans une fondation de salle abandonnée plus tard. Des parties de l'entablement de la façade est ont été installées dans la façade ouest lors de réparations ultérieures. Dans certains cas, des pans entiers du bâtiment ont dû être démontés et reconstruits, notamment le vestibule est, devant le naos. Les réparations et remplacements ont également affecté les statues du frontonHans Schrader: Die „Ersatzfiguren“ im Westgiebel des Zeustempels zu Olympia. In: Jahreshefte des Österreichischen Archäologischen Instituts. Bd. 25, 1929, S. 82–108.. Au moins 37 tambours de colonnes ont été retravaillés, tout comme 17 blocs d'entablement, eux aussi réutilisés dans des tambours de colonnes. D'autres travaux importants ont été effectués sous Agrippa, et surtout sous DioclétienSur les travaux de réparation du , voir : Arnd Hennemeyer: Die Wiederherstellung des Zeustempels in klassischer Zeit. In: Vinzenz Brinkmann (Hrsg.): Zurück zur Klassik. Ein neuer Blick auf das Alte Griechenland. Ausstellungskatalog Liebieghaus Skulpturensammlung, Frankfurt am Main 2013. München 2013, S. 126–129; Arnd Hennemeyer: Kontinuität und Wandel. Beobachtungen am Zeustempel von Olympia. In: Iris Gerlach – Dietrich Raue (Hrsg.): Sanktuar und Ritual Heilige Plätze im archäologischen Befund. Rahden/Westf. 2013, S. 19–26..
La fin Le temple est resté debout jusqu'au Il est communément admis que Théodose II a ordonné la destruction du temple, ce qui n'a pas de sens si l'on observe la législation impériale défendue par ce même empereur, qui stipule explicitement que quiconque vandalise un ancien édifice public souffrira de la peine de l'amputation<ref>The Archaeology of Late Antique "paganism" - Luke Lavan/Michael Mulryan, 2009 - Judith McKenzie, 2007</ref>.
Deux tremblements de terre, en 522 et 551, ont détruit le temple, jetant les colonnes dans les positions dans lesquelles elles sont encore aujourd'hui. Dans le temps qui a précédé leur excavation, les ruines ont été en partie réutilisées par les habitants de la région dans des maisons et d'autres bâtiments. Au fil des siècles, une grande partie du temple a disparu sous les dépôts du fleuve Alphée et les masses de terre de la colline de Kronos ont recouvert l'Altis à plusieurs reprises, à la suite de tremblements de terre.
Fouilles archéologiques
Les fouilles du temple commencent réellement en 1829 avec l'expédition française de Morée. La mission scientifique de l'expédition passe six semaines à partir du 10 mai 1829 à Olympie. Léon-Jean-Joseph Dubois (de la section d’Archéologie) et Abel Blouet (de la section d'Architecture et de Sculpture) y entreprennent les premières fouilles. Ils y sont accompagnés des peintres Frédéric de Gournay, Pierre Achille Poirot, Pierre Félix Trézel et Amaury-Duval, ainsi que de plus d'une centaine d'ouvriers. Le site d'Olympie avait été redécouvert en 1766 par l'antiquaire anglais Richard Chandler. Depuis, il avait été visité par de nombreux voyageurs-antiquaires comme Fauvel, Pouqueville, Gell, Cokerell et Leake. Son repérage général par les archéologues de l’expédition de Morée est permis grâce aux descriptions plus précises d'Edward Dodwell (pour Dubois) et de John Spencer Stanhope (pour Blouet). La plupart des bâtiments est en effet invisible à l’œil, car comme le note Abel Blouet, ils doivent être recouverts d'une épaisse couche de sédiments due aux nombreux débordements des rivières Alphée et Cladée.
alt=gravure noir et blanc : vue aérienne de champs avec un relevé de plan de temple au centre.|vignette|upright=1.4|Plan des premières fouilles archéologiques d'Olympie et du temple de Zeus Olympien découvert par l'expédition de Morée en mai 1829 (par Abel Blouet et Pierre Achille Poirot).
Seul un fragment de colonne dorique d'une grande dimension est visible. Il avait déjà été repéré par les voyageurs précédents, car les habitants des villages voisins y avaient creusé des tranchées pour en retirer la pierre, mais aucun ne l'avait attribué avec certitude au temple de Zeus. Abel Blouet précise : « Il ne pouvait donc y avoir de mérite à y découvrir un monument. Mais ce qui pouvait être une découverte, c'était d'y trouver des preuves que ce monument était le fameux temple de Jupiter Olympien ; et c'est ce que nos fouilles nous ont mis à même de démontrer. Lorsque nous arrivâmes à Olympie, M. Dubois, directeur de la section d'archéologie de notre expédition, y était déjà depuis quelques jours avec MM. Trézel et Amaury Duval, ses collaborateurs. D'après les instructions qui lui avaient été données par la commission de l'Institut, cet antiquaire avait fait commencer des fouilles dont le résultat avait été la découverte des premières assises des deux colonnes du pronaos et quelques petits fragments de sculpture. » Dubois met ses ouvriers à la face antérieure du temple et Blouet les siens à la face postérieure afin de donner à ces fouilles toute l'extension possible. Le peintre Amaury-Duval offre également dans ses Souvenirs (1829-1830) un témoignage personnel, direct et précis, des circonstances qui conduisent à l'identification précise du temple de Zeus Olympien, qui est ainsi déterminé pour la première foisPlan de l'emplacement du temple de Zeus à Olympie dans ..
Les descriptions précises des sculptures, des éléments de structure du temple et des métopes représentant les Douze travaux d'Héraclès, par Pausanias qui visita le site au cours du , se révèlent cruciales pour valider l'identité du temple de Zeus. Ces sculptures, qui témoignent des débuts de l'art classique et du style sévère, frappent fortement les archéologues sur place ou à l’Académie à Paris par leur type nouveau empreint de naturalismeExtrait du rapport de M. Raoul-Rochette, lu à la séance publique des quatre Académies le 30 Avril 1831, dans ..
vignette|upright=1.3|Modèle de restauration du temple de Zeus Olympien (par Abel Blouet)|alt=Dessin du projet de restauration du temple