Yèvre-le-Châtel est une commune associée depuis 1973 à la commune française de Yèvre-la-VilleLes données géographiques (superficie, altitudes, coordonnées) ainsi que démographiques sont disponibles sur la page de Yèvre-la-Ville, dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire.
La commune associée est classée parmi Les Plus Beaux Villages de France et est l'un des deux seuls villages de France à être labellisé Jardin remarquable.
Géographie
Yèvre-le-Châtel est située sur le dernier éperon rocheux, à la limite de la plaine de Beauce.
La rivière Rimarde traverse le village par une pittoresque vallée.
Lieux-dits et écarts
Souville, Nascelles, Saint-Martin, Moulin Vasle, la Basse-Cour et le Bourg. La commune de Souville fut supprimée par ordonnance royale de Louis XVIII du 12 septembre 1821. La paroisse Saint- Martin de Souville fut rattachée à Saint Gault en 1822, l'église fut ensuite détruite.
Sur le cours de la Rimarde trois moulins existaient : le moulin de Souville, le moulin Vasle, et le moulin de Petiton.
Communes limitrophes
Yèvre-la-Ville, Dadonville, Givraines, Estouy, La Neuville-sur-Essonne.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme de Castro Everae en 993Chartes de l'abbaye de Saint- Benoît-sur-Loire..
On trouve Evera, ou Evira vico sur les monnaies mérovingiennes. Avara devait être le nom primitif de la Rimarde, ruisseau sur la rive gauche duquel est situé Yèvre-le-ChâtelJacques Soyer - 1933 - Les noms de lieux du Loiret: recherches sur l'origine et la formation des noms de lieux du département du Loiret - Page 307.
Histoire Yèvre-le-Châtel était une importante place forte du diocèse d'Orléans, à la limite du diocèse de Sens, sur la voie d'Agedincum (Sens) à Vindinum (Mans).
Durant l'Antiquité, le village est situé à la limite du territoire des peuples gaulois des Carnutes et des Sénons. Le site surplombe alors la voie romaine reliant la ville de Sens au Mans. Après la christianisation de la Gaule gallo-romaine, la rivière Rimarde devient la frontière entre les évêchés de Sens (paroisse Saint-Martin de Souville, et léproserie Saint-Lazare) et d'Orléans (paroisses Saint-Gault et Saint-Lubin). Cette division subsistera jusqu'au .
Dès le , Yèvre est une des possessions de l'abbaye de Fleury. À plusieurs reprises, les moines de Fleury se plaignent au roi des Francs, Hugues Capet, des exactions du baron Arnoul de Yèvre. C'est sans doute pour faire oublier les excès de son mari que son épouse, Lucinde, fonde dans l'enceinte du château une abbaye sous l'invocation de saint Gault, un des Saints de Bretagne dont les reliques avaient été apportées dans la région par des moines fuyant l'invasion des NormandsLa chapelle de cette abbaye est aujourd'hui l'église paroissiale de Yèvre-le-Châtel..
Après le décès du baron Arnoul, le roi interviendra plusieurs fois pour soumettre ses successeurs et démanteler leurs châteaux qui ne devaient être que des fortins de bois, construits sur une « motte ».
Au printemps 1079, une armée venue de Bourgogne se joindre aux forces de pour assiéger Le Puiset fait étape à Yèvre. Les paysans du lieu avaient amassé tous leurs biens et leurs grains dans l'église, espérant qu'ils y seraient respectés. Cependant, avec l'autorisation du jeune évêque d'Auxerre qui était de l'expédition avec son père, le comte de Nevers, les chevaliers y prélevèrent de force l'orge nécessaire au ravitaillement de leurs chevaux. C'est la raison pour laquelle, selon Raoul Tortaire, fut battu au Puiset, par la volonté de saint BenoîtRécit latin de 1114 environ, édité et traduit par Bernard Gineste dans le Corpus Etampois.
Le rattachement du château à la couronne de France se situe vraisemblablement vers 1112 lorsque Louis VI le Gros contraint le vicomte Foulques à lui céder Yèvre-le-Châtel dont il fit une puissante châtellenie. Yèvre-le-Chatel devient alors une prévôté, puis en 1190 un bailliage.
vignette|La poterne d'entrée du château.
Vers 1200, sur ordre de Philippe Auguste, le château fut reconstruit selon les derniers perfectionnements de l'architecture militaire rapportés des croisades, notamment les arcs de décharge augmentant la résistance au travail de sape. Elle était une position stratégique entre les duchés d'Orléans et l'Île-de-France, sur la route entre Paris et Orléans, dans l'œuvre d'unification du Royaume par Philippe Auguste.
En 1280, Jean de la Coudre, un bourgeois d'Yèvre-le-Châtel, vend à la commanderie de Beauvais-en-Gâtinais la ferme des Coudres située à Larchant.
Pendant la guerre de cent ans, Yèvre resta, avec Montargis, la seule place forte au nord de la Loire à ne pas tomber entre les mains des Anglais ou des Bourguignons. Le capitaine de la place, Nicolas de Giresme, prit même une part active aux côtés de Jeanne d'Arc à la libération d'Orléans.
À la fin du , du fait de l'extension du domaine royal et des progrès de l'artillerie qui rendirent ses défenses obsolètes, Yèvre-le-Châtel perdit de son importance et son rôle de place forte. Un inventaire indique déjà, en 1610, que le château est en ruine.
En 1637, la maréchaussée est transférée à Pithiviers, mais la justice royale continue de siéger à Yèvre jusqu'à la Révolution française.
Au cours de la Révolution, la commune porte provisoirement le nom de Yèvre-le-Patriote..
Politique et administration
De 1790 à 1801, la commune est rattachée au canton de Boynes dans le district de Pithiviers. À partir de 1801, la commune est reversée dans le canton de Pithiviers. En 1821, Souville est supprimée et rattachée à Yèvre.
De 1926 à 1942, Yèvre-la-Ville et Yèvre-le-Châtel, comme toutes les communes du canton de Pithiviers dépendantes depuis 1800 (an VIII) de l'arrondissement de Pithiviers, furent rattachées à l'arrondissement d'Orléans durant la suppression temporaire de l'arrondissement. La réforme de 1942 reconstitua cet arrondissement dans les limites et le découpage qui étaient les siens jusqu'en 1926.
Yèvre-le-Châtel est le résultat du regroupement au de deux paroisses : Saint-Martin de Souville et Saint-Gault de Yèvre-le-Châtel.
Actuellement, la commune appartient au canton de Malesherbes.
Liste des maires
Politique environnementale La commune, labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de FranceNos villages – Yèvre-le-Châtel/, Les Plus Beaux Villages de France, consulté le , a été évaluée notamment selon plusieurs critères environnementauxLes critères de sélection des villages candidats - Protection du patrimoine naturel, Les Plus Beaux Villages de France, consulté le ..
Yèvre-le-Châtel est l'un des deux seuls villages de France à être labellisé Jardin remarquable.
Démographie L’évolution du nombre d’habitants est connue notamment à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. En 1823, la commune de Souville est rattachée à Yèvre-le-Châtel. À compter de 1973, à la suite d’une fusion-association, la population de Yèvre-le-Châtel est incluse dans celle de Yèvre-la-Ville mais fait néanmoins l’objet d’un comptage. Évolution de la population16961713176817871793180018061821183136038727027329631532030051018361841184618511856186118661872187651749350247648045347744142918811886189118961901190619111921192641540039138437836635731332119311936194619541962196819751982199032130127927527123823824024019992004201620202023237237212211222 De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; Pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini de 1793 à 1999, puis INSEE)
Patrimoine et politique environnementale
vignette|upright=0.7|Église Saint-Lubin.
Yèvre-le-Châtel est classé depuis 2002 parmi les Plus Beaux Villages de France et est l'un des deux seuls villages de France à avoir obtenu le label Jardin remarquable.
Le village est aussi labellisé « 4 fleurs ». et "Fleur d'Or 2026" par le Conseil National des Villes et Villages Fleuris (CNVVF) ainsi que site d'excellence dans "La route de la rose du Loiret". et "Jardin remarquable" en tant que village-jardin. vignette|La roseraie-conservatoire Marcel Robichon. vignette|L'envol - Œuvre monumentale de Claude Mercier. Une roseraie-conservatoire consacrée aux obtentions de Marcel Robichon, célèbre rosiériste et prédécesseur d'André Eve, a été créée en 2020 ainsi qu'un parcours de découverte d'œuvres contemporaines dans l'espace public.
Patrimoine religieux
Yèvre-le-Châtel possède deux églises : l'église Saint-Gault (ISMH 1925) et l'église Saint-Lubin, .
L’église Saint-Gault L'origine de Saint Gault est une fondation de Dame Lucinde, dans l'enceinte d'un des premiers châteaux. La relique fut apportée par des moines bretons fuyant les invasions normandes. L’église Saint-Gault est située dans la basse-cour du château. Elle subit les destructions de la guerre de Cent Ans et des Guerres de religion. Elle fut alors partiellement reconstruite fin XVI et début XVIIème siècle.
On y accède par un beau porche du XIIème siècle. La nef se termine par un choeur vouté en cul-de-four éclairé par une baie en plein cintre. Le vitrail représente Saint Gault. Une chapelle de la Vierge fut ajoutée au XIIIème siècle. Un collatéral à été ajouté au sud à la fin du XIIIème siècle. La nef est séparée du collatéral par deux hautes arcades dont les retombées se font sur des chapiteaux à crochets. Le clocher est à quatre côtés au dessus du carré du choeur.
Son saint patron est en fait saint Gurval. Selon Amédée Guillotin de Corson, saint Gurval, connu aussi sous le nom de saint Goal, aurait été le successeur de saint Malo comme évêque d'Aleth, avant de se démettre de cette charge pour vivre un temps en ermite dans des bois aux alentours de la ville actuelle de Guer. Il se serait réfugié ensuite dans une île de la lagune d'Étel qui prit le nom de "Loc-Goual" ("ermitage de Goal") ou Locoal. Après avoir créé en ce lieu un monastère qui aurait compté 188 religieux, il se serait retiré dans la forêt de Camors où il aurait fondé un nouveau couvent appelé "Locoal-des-Bois", où il serait mort le . Son corps aurait été transporté et inhumé dans l'île de Locoal (son tombeau fut retrouvé en 1878 dans l'église paroissiale de Locoal par le recteur de Locoal), avant d'être transporté (en passant par Pithiviers où ils auraient laissé un os du saint, devenu le saint patron de l'église d'Yèvre-le-Châtel sous le nom de saint Gaud ou saint Gault.) en Belgique dans l'église de l'abbaye Saint-Pierre-au-Mont-Blandin (près de Gand) par des moines bretons lorsque les moines de Locoal furent chassés par les Normands..
L'église Saint-Lubin
Au , compte tenu notamment de l'accroissement de la population, les habitants de Yèvre-le-Châtel obtinrent du roi la construction d'une seconde église dans le cimetière. Les travaux, qui furent interrompus, reprirent après la guerre de Cent Ans mais l’église ne fut jamais achevée. Les vestiges romantiques de cette église firent l’admiration, au , de Victor Hugo, en août 1834.
Le plan est une église en croix latine, comprenant une nef de deux travées, une croisée du transept et un choeur profond. Le chevet est plat percé de hautes fenêtres. La nef, les bras du transept et le choeur sont éclairées de hautes fenêtres. Le voûtement a disparu, mais tous les supports sont visibles. Seul reste l'arc doubleau du choeur. Les chapiteaux sont sculptés de feuillages. La sculpture est raffinée. Le porche s'ouvre à l'ouest par un porche en tiers point sans tympan, dans la voussure sont sculptés de petits motifs qui sont la seule modénature de l'édifice.
A l'ouest de Saint-Lubin s'élève une croix hosannière.
Patrimoine civil vignette|Yèvre-le-Châtel - Vue générale. La forteresse est ouverte à la visite tous les jours, de 14 à du au et toute l'année pour les groupes sur rendez-vous.