Jean-Marie Saisset (ou de Saisset, usuellement appelé l'amiral Saisset), né le à Paris , mort le à Paris , est un officier de marine et homme politique français.

Contre-amiral puis vice-amiral, il s'illustre pendant la guerre de 1870 en commandant les troupes de marine, en dirigeant la défense des forts de l'Est de Paris, et réussit l'attaque du plateau d'Avron.

Élu député en 1871 et nommé général en chef de la garde nationale de Paris au début de la Commune de Paris, il tente une difficile médiation entre Paris et le gouvernement réfugié à Versailles. Il réussit un accord avec la Commune sur la base du mandat que lui a donné le gouvernement, mais il est désavoué par l'Assemblée nationale qui refuse toute concession. Après l'échec des négociations, Saisset démissionne de la garde nationale et reprend place à l'Assemblée nationale. Il y siège au centre, d'abord au centre gauche puis au centre droit.

Biographie Jeunesse Jean-Marie Joseph Théodose Saisset, né le , est le fils du négociant Pierre-Joseph Saisset, appelé plus tard Pierre-Joseph de Saisset, et de Marie Joséphine Félicité de Lardemelle ; il est le neveu du député Jean Baptiste Joseph de Lardemelle..

Il suit ses études primaires à Nancy puis à Paris, entre ensuite au collège royal de Bourbon, suit la classe de Mathématiques supérieures et intègre à 15 ans l'école de la marine royale à Angoulême.

Officier de marine En , il est aspirant de et embarque sur la Victorieuse pour le Levant, puis sur la Proserpine pour le blocus d'Alger. Nommé en 1829 aspirant de sur l'Atride, il prend part successivement à la prise d'Alger (1830) et à la campagne de l'Adriatique (1831). Il sert au Levant comme enseigne de vaisseau, puis est second sur la Lionne et participe à diverses opérations en Algérie. Il retourne au Levant en 1835, puis est officier de manœuvre dans l'escadre de la Méditerranée..

Saisset est nommé en lieutenant de vaisseau, second du Ducouédic en 1838, puis en 1839 commandant de la Mutine en Guadeloupe. En 1841 il devient aide de camp du gouverneur de la Guadeloupe. En , il commande la Loire qu'il emmène de Guyane aux Antilles puis en Afrique du Sud pour une mission économique particulière : il est chargé d'y repérer les meilleurs emplacements de guano et de protéger les navires français qui en récoltent, ce qui lui vaut des félicitations officielles en .

Il devient capitaine de frégate en , second sur l'Iéna ; il commande ensuite l'Alcibiade au Brésil et à La Plata de 1848 à 1850, puis est de nouveau second sur l'Iéna.

Capitaine de vaisseau en février 1852, il prend en août le commandement de la Forte et est chef d'état-major de l'amiral Febvrier Despointes qui commande la division du Pacifique, mais Saisset ne s'entend pas avec son supérieur ; il intervient pour protéger les Français à Guayaquil, puis rentre en France en 1853.

Saisset est nommé en mars 1854 commandant de l'Alger et participe à la guerre de Crimée, où il se distingue particulièrement à l'attaque de Sébastopol en . Il prend le mois suivant le commandement de la marine en baie de Kamiesch, et met en place l'organisation des transports militaires.

En , il est nommé gouverneur des établissements français d'Océanie, et commandant de la division navale d'Océanie ; en 1859 il commande la pacification de la Nouvelle-Calédonie et organise les premières structures administratives de ce territoire. À la tête d’une petite colonne, il effectue également deux traversées de l’île : dans le sud, de Nouméa à Yaté, et dans le centre, de Canala à Ouaraï (commune de La Foa aujourd'hui)Voyage à la Nouvelle-Calédonie, par Jules Garnier.

Il rejoint ensuite l'escadre d'évolutions où il commande le Saint Louis de 1861 à 1863.

Amiral, défend Paris Devenu contre-amiral en , Saisset commande en sous-ordre l'escadre d'évolutions.

En 1870, pendant le siège de Paris, l'amiral Saisset commande le groupe des forts de l'Est ; ces forts sont ceux de Romainville, de Rosny, de Noisy et de Nogent. En , il s'illustre à l'attaque du plateau d'Avron qu'il réussit à occuper ; il est alors nommé vice-amiral en récompense de son succès et de son esprit d'initiative.

Député, médiateur entre la Commune et le gouvernement Saisset est élu député de la Seine le , le sur 43Avec sur , soit 47 % des suffrages exprimés (Robert et Cougny).. Il fait partie de la commission parlementaire chargée de suivre les négociations sur les préliminaires de paix.

thumb|right|upright=1.3|Proclamation aux Parisiens (Affiche, 23 mars 1871) Au début de la Commune de Paris, le , la population veut nommer Saisset à la tête de la garde nationale.. L'amiral est populaire dans Paris, pour sa défense de la capitale à la tête des marins. Saisset accepte le commandement sous condition de ratification par le pouvoir exécutif légal ; Thiers le nomme officiellement général en chef de la garde nationale de Paris et de Seine-et-Oise. Saisset tente alors de rallier progressivement la garde nationale, en grossissant les rangs de ceux qui l'entourent, et en gagnant peu à peu et pacifiquement jusqu'au cœur de l'insurrection ; il y parvient partiellement, mais tente vainement de détacher des membres du Comité central pour se les rallier. Il rencontre les maires d'arrondissement, s'assure de leur soutien, et veut adresser le une première proclamation aux habitants pour obtenir leur ralliement ; mais les maires ne s'étaient engagés que verbalement et refusent leur signature. Il continue cependant ses négociations pour le rapprochement entre la population insurgée et le gouvernement de Versailles..

Le , Saisset parvient à ébaucher un accord entre les élus de Paris et le gouvernement ; il élabore une proclamation pour faire afficher sur les murs de Paris le contenu des négociations avec le gouvernement : la reconnaissance des franchises municipales, l'élection de tous les officiers de la Garde nationale, des modifications à la loi sur les échéances, et un projet de loi sur les loyers, particulièrement favorable aux locataires modestesCirculaire signée par le Vice-Amiral, commandant en chef provisoire, Saisset, Paris, le 23 mars 1871, en ligne sur Gallica... Selon Du Camp et selon les dépositions faites à la commission d'enquête ultérieure, la proclamation est publiée sous une forme qui considère comme acquis ce que l'amiral comptait soumettre au vote de l'AssembléeMaxime Du Camp, Les convulsions de Paris. La Commune à l'Hôtel de ville, Paris, Hachette, 1883..

La population parisienne est en lisant cette afficheFrédéric Damé, La résistance, les maires, les députés de Paris et le comité central..., Paris, Lemerre, 1871.. Le Comité central doit reconnaître que satisfaction est donnée aux parisiens ; mais il se montre intransigeant sur la date des élections. À Versailles, une majorité de la Chambre désavoue les concessions faites par Saisset. Les tentatives de conciliation échouent pour ces raisons. Saisset démissionne alors de sa charge de commandant de la garde nationale. Il a eu pour seuls résultats tangibles la libération de plusieurs prisonniers dont le général Chanzy qui était menacé d'exécution, et l'absence d'effusion de sang pendant la semaine de son commandement, ce qui était une de ses principales préoccupations..Henri Girard, Histoire illustrée de la troisième République..., Paris, 1884..

Il revient à Versailles et y Duchesse d'Uzès, Souvenirs, Paris, Plon, 1939 ; rééd. Paris, Lacurne, 2011, 116.. Il reprend sa place à l'Assemblée nationale et y siège au centre gauche. Il vote alors pour l'abrogation des lois d'exil, pour la dissolution des gardes nationales, pour le pouvoir constituant de l'Assemblée, et soutient le gouvernement d'Adolphe Thiers. Il prend parfois la parole, à propos des traités commerciaux, de la marine marchande, des incompatibilités parlementaires. Il est fait Grand officier de la Légion d'honneur le .

À la suite du message du président de la république le , Saisset se rapproche du centre droit et contribue le à la chute de Thiers. Il vote pour le septennat, pour l'état de siège, pour la loi des maires, pour le ministère de Broglie, contre l'amendement Wallon, contre les lois constitutionnelles. Il quitte en 1875 le service actif..

Il ne se représente pas aux élections de 1876. À cette époque, il préside la société d'études pour un chemin de fer de Soissons à ChartresProjet d'un chemin de fer vicinal de Soissons à Chartres, par Villers-Cotterets, Meaux, Melun, Étampes et Orsonville, signé : le président de la Société d'études : Saisset (Notice BNF)..

Décès, inhumation avec son fils thumb|Tombe de l'amiral Saisset et de son fils Edgard, lieutenant de vaisseau - Cimetière Montmartre Il meurt le , à ParisActe de décès de Jean-Marie Saisset sur le site des Archives de Paris , acte n° 901..

Il est inhumé au cimetière Montmartre, , avenue Cordier (), avec son épouse Adélaïde-Armande de Chateaubodeau (1821-1878) et son fils Edgard Saisset, lieutenant de vaisseau tué à l’ennemi le à l’âge de 24 ans, atteint mortellement par un obus au Fort de MontrougeMort du fils de l'amiral Saisset, Le Figaro, 18 janvier 1871« Obsèques d'Edgard Saisset », Le Figaro, 19 janvier 1871..

On a donné le nom du fils de l'amiral à une rue de Montrouge.

Le nom de l'amiral Saisset est donné à la Perruche de Nouvelle-Calédonie, appelée Cyanoramphus saisseti en son honneur.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie thumb|Tombe de l'amiral Saisset et de son fils Edgard, lieutenant de vaisseau, Cimetière Montmartre . . . . . . .

Articles connexes Chronologie du siège de Paris (1870) Commune de Paris (1871)

Liens externes

Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Personnalité du Second Empire Catégorie:Député à l'Assemblée nationale (1871) Catégorie:Médiation politique Catégorie:Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie Catégorie:Amiral français du XIXe siècle Catégorie:Député de la Seine (Troisième République) Catégorie:Personnalité liée à la Commune de Paris Catégorie:Naissance en janvier 1810 Catégorie:Naissance dans l'ancien 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décès en mai 1879 Catégorie:Décès dans le 8e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 69 ans