Richard Nelson Williamson, né le à Londres et mort le à Margate (Kent, Angleterre), est un évêque catholique traditionaliste britannique. Qualifié d'intégriste, il est connu pour ses propos négationnistes.
Élevé dans l'anglicanisme, il se convertit au catholicisme en 1971 puis rejoint la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) en 1972. Il y est ordonné prêtre en 1976, puis consacré évêque en 1988 sans mandat pontifical par Marcel Lefebvre, sous le pontificat de Jean-Paul II. Avec les autres participants à la consécration épiscopale, il est frappé d'excommunication, sanction levée par Benoît XVI en 2009.
Richard Williamson exerce pendant plus de vingt ans la fonction de recteur de plusieurs séminaires de la . Il fait partie de ceux qui s'opposent à un rapprochement de la avec le Saint-Siège, ce qui lui vaut d'en être exclu en . Il entreprend alors un ministère indépendant auprès de communautés traditionalistes de contre la nouvelle direction de la . Le , il consacre un évêque sans mandat pontifical et est ainsi, de nouveau, frappé par l'excommunication latæ sententiæ, puis il consacre de nouveaux évêques en , et .
Richard Williamson nie à plusieurs occasions l'existence des chambres à gaz nazies, accuse les autorités américaines d'avoir organisé les attentats du 11 septembre 2001 et affirme que les Juifs sont les et probablement les créateurs de la Covid-19.
Biographie Jeunesse Richard Williamson naît à Londres., deuxième d'une fratrie de trois fils. Sa mère, d'origine américaine, est une adepte de la Science chrétienne et son père, d'origine écossaise, est acheteur chez Marks & Spencer.. Il grandit dans une famille aisée et effectue ses études au Winchester College puis au Clare College de l'université de Cambridge et obtient un diplôme en littérature..
Il enseigne ensuite au Ghana pendant deux ans puis, à partir de , à la St Paul's School de Londres pendant les cinq années suivantes. Outre l'anglais, il enseigne le français, l'allemand, l'italien et l'espagnol, langues qu'il parle couramment.
En 1971, il se convertit au catholicisme sous l'influence du journaliste conservateur Malcolm Muggeridge.. et du père John Flanagan, un prêtre du diocèse d'Arundel et Brighton. Ce dernier l'encourage dans sa vocation de prêtre et Richard Williamson participe à une session de formation du diocèse d'Arundel et Brighton, mais ses propos sur la nécessité de la pénitence sont jugés trop rétrogrades et le diocèse ne donne pas suite. John Flanagan lui conseille alors de se tourner vers la congrégation de l'Oratoire..
Richard Williamson passe quelques mois en tant que postulant à l'oratoire de Brompton, avant de s'opposer à l'un de ses professeurs en suggérant de ne pas se contenter des commentaires modernes de la Bible et de lire ceux d'Augustin d'Hippone. Lorsqu'il rapporte l'incident à John Flanagan, celui-ci lui répond que le seul endroit qui puisse lui convenir est le séminaire d’Écône, dirigé par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, où il entre en 1972 après avoir accompli les d'Exercices spirituels d'Ignace de Loyola..
Ordonné prêtre en 1976, il enseigne la métaphysique de Thomas d'Aquin au séminaire d'Écône. En 1983, il est nommé recteur du séminaire américain de la Fraternité., à Ridgefield dans le Connecticut, en remplacement de Donald J. Sanborn (Sanborn fut muté en Irlande pour insubordination et finalement exclu de la ), et continue d'occuper cette fonction lorsque le séminaire est transféré en 1988 à Winona, dans le Minnesota, où il reste jusqu'en 2003.
Consécration et excommunication vignette|Richard Williamson en 1991. Le Marcel Lefebvre consacre quatre évêques sans permission expresse du pape, après quoi le cardinal Bernardin Gantin, préfet de la Congrégation pour les évêques, déclare excommuniés Lefebvre lui-même, Antônio de Castro Mayer, l'évêque coconsécrateur, et les quatre nouveaux évêques, dont Richard Williamson.. Les évêques de la , pour leur part, considèrent comme nulle et sans effet l'excommunication dont ils ont fait l'objet.
Ministère après 1988 En 2003, Richard Williamson est nommé recteur de l'un des plus importants séminaires de la à La Reja, près de Buenos Aires, en Argentine... Le , la direction de la Fraternité le relève de ses fonctions, semble-t-il avec son accord, à la suite du retentissement médiatique de ses propos négationnistes.....
Levée de l'excommunication Par décret de la congrégation pour les évêques du signé par le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation, l'excommunication qui frappait les quatre évêques consacrés par Lefebvre, Richard Williamson, Bernard Fellay, Alfonso de Galarreta et Bernard Tissier de Mallerais, est levée de façon unilatérale et sans concession de la part des quatre évêques concernés...
Face au scepticisme des catholiques après la réintégration des évêques de la FSSPX, Benoît XVI tient à préciser que la levée de l’excommunication « ne signifiait pas de soi le retour à la pleine communion du mouvement intégriste, et qu’elle ne pouvait se faire que dans le respect de l’enseignement du concile Vatican II »...
Exclusion de la FSSPX En 2012, les discussions avec le Vatican concernant une possible régularisation du statut de la Fraternité entraînent des tensions entre les différents membres de la , et notamment entre ses quatre évêques. Ces tensions mènent à un affrontement entre le supérieur, Bernard Fellay, et les trois autres évêques de la Fraternité, Richard Williamson et Bernard Tissier de Mallerais et Alfonso de Galarreta. Ces derniers insistent sur le fait que le différend avec Rome est d'ordre doctrinal, position qui était déjà celle de Marcel Lefebvre, et que le débat doit se porter sur ce terrain préalablement à toute discussion formelle. Tous trois adressent une lettre en ce sens à Bernard Fellay....
Dans la chronique hebdomadaire qu'il publie depuis plusieurs années sur Internet, les Eleison Comments, Richard Williamson reprend et développe les arguments qui vont à contre-courant de la position de Fellay. Celui-ci lui ordonne de cesser de publier les Eleison Comments. Williamson refuse, ce qui conduit Fellay à l'exclure de la Fraternité le .......
Ministère après 2012 Après son exclusion de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X en 2012, Richard Williamson fonde l'Union sacerdotale Marcel-Lefebvre, rassemblant .. Il procède, le , à la consécration épiscopale illicite de l'abbé , se retrouvant de fait excommunié latae sententiae.... Le , il réitère cet acte en consacrant le Brésilien , connu sous le nom de père Thomas d'Aquin, prieur de Santa Cruz, à Nova Friburgo... Il procède, le à la consécration épiscopale du Mexicain ..
Le , en secret, Richard Williamson consacre évêque l'abbé , prêtre italien exerçant son ministère en Irlande, et que l'Irlande est menacée d'être . Cette consécration n'est révélée publiquement que deux ans plus tard, en . Le , il consacre évêque , ancien membre de la , qui avait été cérémoniaire lors des sacres de 1988 à Écône.. Le , il consacre comme évêque en Pologne.. Fin 2023, il reconsacre sub conditione Carlo Maria Viganò comme évêque..
Richard Williamson meurt à 84 ans le des suites d’une hémorragie cérébrale.. à l'hôpital Queen Elizabeth The Queen Mother de Margate..
L'affaire Williamson L' est un terme communément employé dans les médias.... pour désigner à la fois les déclarations négationnistes de Richard Williamson, leur publication et les réactions qui ont suivi.
Contexte L'affaire se déroule au moment même où le Vatican s’apprête à rendre publique la levée de l'excommunication, prononcée en 1988 contre Williamson et ses trois confrères..
L'interview Le , après avoir ordonné un diacre en Suède, Williamson accorde, portrait de Richard Williamson un entretien à Ali Fegan. , journaliste de la chaîne de télévision publique suédoise SVT, dans le cadre de l’émission hebdomadaire Uppdrag granskning.
À cette occasion, Ali Fegan demande à Williamson de revenir sur les propos sur la Shoah qu'il avait tenus à Sherbrooke au Québec en . Le détail des propos de Richard Williamson en 1989 se trouve également dans . : il avait alors affirmé que les Juifs étaient les « ennemis du Christ » et que la Shoah était une invention des sionistes en vue de la création de l'État d'Israël.. À l'époque, le président de la conférence épiscopale du Canada, l'archevêque d'Halifax James Martin Hayes, avait envoyé un télégramme au Congrès juif canadien pour désapprouver ces propos négationnistes..
Williamson répond à Ali Fegan : Retranscription complète de l'interview, en français, et analyse dans ..
Le , en prévision de la diffusion, programmée pour le , de l'émission Uppdrag granskning sur le thème de la Fraternité Saint-Pie-X, le diocèse catholique de Stockholm publie un communiqué dans lequel il « rejette complètement toute forme de racisme ou d'antisémitisme »...
Le , le contenu de l'interview est révélé au public par le magazine allemand Der Spiegel.. L'entretien est ensuite diffusé le par la chaîne télévisée SVT.
Les réactions FSSPX Dans un premier temps, le supérieur général de la , Bernard Fellay, déclare dans un courrier du à la SVT que Richard Williamson est l'unique responsable de ses opinions et que la Fraternité n'a pas l'autorité pour juger des questions historiques. Sans condamner les propos de son évêque, il estime même « honteux » que l'interview ait porté sur des sujets séculiers « controversés » et non exclusivement sur la religion ; voir aussi , ou qui présentent une version différente de la réaction de B. Fellay..
Le lendemain, , Fellay affirme que la position de Williamson n'est pas celle de la Fraternité, que ce dernier « n'engage que sa personne », ajoutant que l'« on va conclure que toute la Fraternité est antisémite », s’« [érigeant] avec véhémence contre une telle accusation »Réintégration de la Fraternité Saint-Pie-X: les membres de la communauté saluent la décision du pape, Le Journal de 19:30 sur la TSR.
Trois jours plus tard, le , Fellay revient sur les déclarations de Williamson, précisant que celles-ci et qu'il . Il demande ensuite au nom de la Fraternité.
Dans une lettre adressée au cardinal Darío Castrillón Hoyos., prélat chargé au Vatican des négociations avec la , Richard Williamson exprime des « regrets sincères » pour les « souffrances » causées au pape Benoît XVI par ses propos « imprudents », sans pour autant les rétracter.. Ces excuses sont aussitôt jugées « tout à fait insuffisantes » par le primat des Gaules, le cardinal Philippe Barbarin. tandis que le porte parole du Vatican, Federico Lombardi rappelle que l'évêque intégriste n’est pas un évêque normal de l’Église catholique..
Dès le lendemain d'une déclaration papale condamnant le négationnisme le ., Florian Abrahamowicz, le prêtre de la Fraternité responsable pour le nord-est de l'Italie relance la polémique par des propos ambigus, expliquant que « les chambres à gaz ont existé au moins pour désinfecter », mais ne sachant dire « si elles ont causé des morts ou non » au prétexte qu'il n'« [a] pas approfondi la question ».. Il prétend aussi que ceux qui s'indignent publiquement des propos de Richard Williamson ne le font que pour contrarier le Vatican.. Le , l'abbé Abrahamowicz est expulsé de la « pour des motifs disciplinaires graves » et afin d'« éviter que l'image de la Fraternité Saint Pie X ne subisse des distorsions supplémentaires. ».
L'Église catholique