Le Moineau rutilant () est une espèce d'oiseaux de la famille des . C'est un petit oiseau trapu, au gros bec, granivore. Il mesure 14 à de long. Son plumage est principalement roux au-dessus et gris en dessous. Il présente un dimorphisme sexuel, comparable à celui du Moineau domestique. Ses vocalisations ont une tonalité douce et musicale qui, lorsqu'elles s’enchaînent, forment un chant.

Ce moineau se nourrit principalement de graines mais il mange aussi des baies et des insectes, en particulier pendant la saison de reproduction. Ce régime alimentaire en fait un nuisible d'importance mineure dans les zones agricoles, mais aussi un prédateur d'insectes ravageurs. En période de reproduction, il n'est pas social et ses nids sont dispersés. En dehors de cette période, il vit en groupe mais ne s'associe que rarement à d'autres espèces. Dans certaines parties de son aire de répartition, il est sédentaire ; dans d'autres, il est migrateur et se déplace en hiver vers des latitudes ou des altitudes inférieures. Son nid est situé dans un creux d'arbre ou dans un trou d'une falaise ou bien d'une maison. Le mâle choisit le lieu de nidification avant de trouver une compagne et utilise le nid pour la parade nuptiale. La couvée contient typiquement cinq ou six œufs blanchâtres. Les deux sexes couvent les œufs et nourrissent les jeunes.

Trois sous-espèces sont distinguées, différant surtout par la présence ou non de couleur jaune sur leur ventre. Les sous-espèces et vivent dans certaines régions d'Asie orientale, où on les trouve généralement dans les bois, et la sous-espèce vit dans l'Himalaya où elle est habituellement associée aux cultures en terrasses. C'est un passereau typique des zones d'habitation humaine dans les régions où les moineaux domestique et friquet sont absents. Il préfère les altitudes élevées dans la partie méridionale de son aire mais, dans le nord, il se reproduit au niveau de la mer. Il est suffisamment commun dans l'Himalaya pour avoir sa propre dénomination dans certaines langues locales. Il est de plus représenté dans l'art japonais.

Description thumb|left|upright|Mâle en plumage nuptial à Kullu, en Inde

Le Moineau rutilant est un petit oiseau trapu, au plumage roux. C'est un passereau de taille moyenne mesurant de 14 à de long pesant 18 à . Il a un bec épais adapté à son régime granivore, noir chez le mâle en période de reproduction, de couleur corne en période de non-reproduction, et jaunâtre avec le bout foncé chez la femelle. Son envergure va de à chez les mâles et de à pour les femelles. La queue, le bec et le tarse ont des longueurs respectives de à , à et à . Ces mesures varient selon les lieux, entre les trois sous-espèces et aussi au sein de la sous-espèce himalayenne . Cette dernière est généralement plus grande que les autres, et les individus vivant aux altitudes les plus élevées ont tendance à être plus grands que les autres, avec une variation clinale, les plus petits oiseaux vivant à l'ouest et les plus grands à l'est de leur territoire. L'iris est marron. Les pattes des deux sexes sont beige à rosâtre. Le vol de tous les moineaux est rapide mais celui du Moineau rutilant est décrit comme plus rapide et plus direct que celui du Moineau friquet.

thumb|Femelle en plumage nuptial à Kullu, en Inde.

Le dimorphisme sexuel de son plumage est semblable à celui du Moineau domestique. Le mâle reproducteur est roux clair ou cannelle sur ses parties supérieures, depuis la couronne jusqu'au croupion, avec des stries noires sur le manteau. Il a une petite bavette noire et le tour de l'œil est noir, séparé de la couronne rousse par un très mince sourcil blanc. Les côtés du cou et les joues sont blanc cassé et le ventre gris pâle à jaune, suivant les régions. Les épaules et les grandes plumes de couverture sont marron, les plumes de couverture moyennes sont noires à la base et blanches à l'extrémité. Le reste des ailes est beige avec des reflets noirs. La queue est brun foncé, brun gris sur les bords. Le mâle non-reproducteur diffère peu du mâle reproducteur, il est simplement un peu plus clair avec les parties supérieures un peu plus orangées. Le mâle ne peut être confondu qu'avec le Moineau friquet, qui diffère par une tache noire sur la joue et le dos brun. La femelle a les parties supérieures en majorité beige, les parties inférieures gris pâle, et elle ressemble à la femelle du Moineau domestique. Elle en diffère par son plumage légèrement plus sombre, teinté de roux. Elle a un sourcil crème bien visible au-dessus de l'œil et autour de sa tête, et une bande brune au niveau des yeux. Elle a les ailes principalement brun grisâtre et le dos rayé de noir et de chamois. Le juvénile est semblable à la femelle, quoique plus pâle, un peu sable. Lorsque le juvénile mâle atteint son premier hiver, il ressemble à l'adulte, en différant par sa couleur châtain un peu moins vive et un bavoir sombre.

Il y a quelques variations entre les trois sous-espèces, en particulier dans la coloration des parties inférieures. Les oiseaux de la sous-espèce ont les joues et les côtés du cou blanc cassé et les parties ventrales gris pâle. Les oiseaux de la sous-espèce sont jaune pâle sur le dessous et les joues et ont les parties supérieures plus sombres, tandis que ceux de la sous-espèce sont d'un jaune voyant au niveau ventral. Leur mue est mal connue, les seuls documents à ce sujet proviennent des régions de Sakhaline et de l'Himachal Pradesh. Comme tous les moineaux, il a une mue post-juvénile complète. Dans la région de Sakhaline, la mue a lieu aux mois d'août et septembre, entre la saison de reproduction et celle de migration automnale. Dans l'Himachal Pradesh, l'aviculteur G.A. Perreau a observé les oiseaux sauvages et en captivité et a déclaré qu'ils avaient le ventre jaune de décembre au printemps et blanchâtre pendant le reste de l'année, un modèle qui est peut-être atypique.

Écologie et comportement thumb|Mâle en plumage nuptial ébouriffant ses plumes.

Par de nombreux points, le comportement du Moineau rutilant est semblable à ceux du Moineau domestique et du Moineau friquet. Comme eux, il se nourrit au sol mais passe le plus clair de son temps perché dans les arbres. Contrairement à eux, il préfère se percher sur les branches aux vues dégagées

Chant

Beaucoup de gens considèrent les vocalisations du Moineau rutilant comme « les plus agréables et les plus musicales » de tous les moineaux. Son appel de base est un piou ou coui, semblable à celui des autres moineaux. Cet appel est monosyllabique, à la différence du pépiement du Moineau domestique, et plus doux que celui des autres moineaux. Cet appel est donné comme signe de fuite, ou de parade des mâles. Les variations enregistrées comprennent un chweep par les mâles au nid et un cheeep roulé. Parfois, les appels des mâles s'enchainent sur un ton strident, créant une sorte de petit chant, qu'on peut transcrire par cheep chirrup cheeweep ou chreet-chreet-chreet. Le chant est entrecoupé de sibilants chu-swik similaires à ceux de la Bergeronnette grise (). Un fin swee swee rappelant celui du Pseudotraquet indien () a aussi été reporté, mais on ne sait pas dans quel contexte cet appel est émis. Au cours de différends territoriaux, les mâles émettent un rapide chit-chit-chit.

Relations intra et interspécifiques Comportement social au sein de l'espèce En dehors de la période de reproduction, il est grégaire et forme de grandes bandes pour trouver de la nourriture, s'associant même souvent avec d'autres espèces d'oiseaux. Le Moineau rutilant se nourrit alors en avançant par un système de roulement, où les individus à l'arrière passent continuellement à l'avant. Le Moineau rutilant est aussi social la nuit durant l'hiver, et il forme de grands dortoirs dans les arbres et les buissons. Par contre, en saison de reproduction, les femelles dorment dans les nids et les mâles dans le feuillage à proximité.

Relations interspécifiques Bien qu'en dehors de la saison de reproduction ce moineau forme souvent des volées mixtes d'alimentation avec d'autres espèces d'oiseaux, des individus ont été observés en train de tenter de voler le nid de mésanges noires (parasitisme de nid). Il est pour sa part victime de parasitisme de couvée du Coucou gris.

Comme de nombreuses autres espèces d'oiseaux, le Moineau rutilant subit l'assaut de parasites. Les taux de mortalité n'ont pas été étudiés chez ce moineau, mais on sait que de nombreux jeunes meurent d'infections dues à , face auxquelles l'oiseau a peu de résistance. D'autres parasites comprennent les mouches à viande et les poux .

Au niveau des relations avec l'humain, il est décrit comme timide et méfiant par certains observateurs mais James Denis Summers-Smith l'estime abordable dans les collines de l'Inde. En hiver, les bandes de Moineaux rutilants ont tendance à se tenir à l'écart des habitations.

Alimentation Adulte, ce moineau se nourrit habituellement sur le sol, surtout de graines de mauvaises herbes mais aussi de riz, d'orge et d'autres céréales. Il consomme aussi des baies, telles que celles de certaines espèces de Berbéris lorsqu'il en trouve. Les oisillons sont nourris principalement d'insectes, notamment de chenilles et de larves recueillies sur les arbres et d'insectes capturés en vol Au cours de la saison de reproduction, les adultes consomment aussi des insectes. Les individus vivants dans les zones urbanisées peuvent aussi se nourrir de déchets alimentaires trouvés dans les rues.

Reproduction thumb|« Hibiscus et Moineau » par Hokusai (vers 1830) montrant un Moineau rutilant.

La saison de reproduction du Moineau rutilant est courte, environ trois mois en moyenne. La sous-espèce himalayenne se reproduit d'avril à août, la sous-espèce type de mai à juillet et la sous-espèce ne semble se reproduire qu'en mars. Au cours de sa saison de reproduction, ce moineau n'est pas grégaire et les nids sont dispersés de façon homogène plutôt que réunis par paquets. Les nids sont le plus souvent construits dans des cavités d'arbres, souvent des nids de pics désaffectés. On a pu observer que des Moineaux rutilants faisaient leurs nids à côté de ceux de Moineaux friquets et de Bergeronnettes grises dans les nids de Milans noirs, profitant de la défense territoriale de ces rapaces pour éviter la prédation de leurs propres nids. Parmi les autres sites de nidification, on trouve les avant-toits de chaume, les murs en pierre, les remblais et les boîtiers électriques. Au Bhoutan, il niche dans des trous de murs des monastères, souvent aux côtés du Moineau friquet. Sur l'île de Sakhaline, il construit parfois son nid dans les buissons. Il utilise également les nids désaffectés de l'Hirondelle rousseline et on a vu un couple de moineaux tenter d'évincer un couple de Mésanges de Vigors () de leur nid.