right|thumb|Armoiries : « D'azur à un chêne au naturel sur une terrasse d'or. » La châtellenie de Château-Chinon, devenue ensuite le comté de Château-Chinon, est un ancien fief féodal situé au centre de l'actuelle région de Bourgogne.
Bien que limitrophe de la Bourgogne et du Nivernais, la châtellenie, puis le comté de Château-Chinon ne firent jamais partie de ces provinces et les seigneurs, puis comtes de Château-Chinon furent toujours les vassaux directs du roi de France.
Érection de la châtellenie en comté La date d'érection de la châtellenie en comté est inconnue.
D'après l'abbé Baudiau et le comte Georges de Soultrait, le roi Charles VI érige en 1389 la châtellenie de Château-Chinon en comté en y incluant la châtellenie d'Ouroux, les seigneuries de Brassy et des Places, ainsi qu'une partie de la baronnie de Lormes. Joseph Pasquet reprend cette même date dans son ouvrage Le Haut-Morvan et sa capitale Château-Chinon.
Néanmoins, comme l'a souligné le Bogros, aucune lettre patente ne confirme une telle érection. De plus, certains écrits officiels, postérieurs à 1389, mentionnent encore les terres de Château-Chinon sous l'appellation de « châtellenie ». C'est notamment le cas en dans une charte de Louis XI confirmant la création d'une élection et d'un grenier à sel dans ; en , le même roi, dans une charte de cession de ces mêmes terres à Jean II de Bourbon, parle encore .
Toutefois, en 1506, Charles Quint porte le titre de « comte de Château-Chinon ».
L'érection en comté serait donc située à la fin du ou au tout début du .
Historique Maison Delorme de Beauregard (1095-1240) Le plus ancien seigneur, connu de Château-Chinon, est Seguin de Lormes. Il engagea au Comte de Nevers sa terre de Saint-Victor ou Biches en 1086. Il partit avec ses fils et ses soldats en Croisade, en 1096 afin de délivrer les Lieux Saints à la suite du concile de Clermont et de l'appel de Pierre l'Ermite en 1095. Il donna avant son départ, une partie des dîmes de ses terres à la cathédrale de Nevers.
Hugues I de Château-Chinon, que les historiens pensent être le fils de Seguin, assista en 1146, à l'appel de Bernard de Clairvaux pour la deuxième croisade. De retour en France en 1153, il donna à l'Abbaye de Reigny, avec l'autorisation de son épouse Parisie et celle de ses fils Hugues et Seguin, certains droits d'usage et pacage sur sa terre de Lormes, en actions de grâces de son heureux voyageDom Georges Viole, Histoire manuscrite de Régny.
Hugues II de Blain, Hugo de Blino, est le nom qu'il porta du vivant de son père. Avant de partir en croisade, il donna les bois, prés et terres de Serault, près Planchez, à l'abbaye de Régny, en 1177, avec l'autorisation de son épouse Aremburge et de ses enfants, Seguin, Hugues et Adelis, en présence d'Étienne et de Thybault, respectivement évêque d'Autun et évêque de Nevers. Il fit confirmer cette concession par Antelme, son peau-père et par la femme de Seguin, dame Élisabeth, et sa fille Adelis. Seguin et Hugues partirent en Terre Sainte en 1190 lors de la troisième croisade. Seguin périt en Judée. À son retour en 1193, Hugues donna les dîmes en sa possession sur la terre de Château-Chinon à l'Abbaye Notre-Dame de Bellevaux, pour le repos de l'âme de son frère.
Hugues III de Lormes, Hugo ab ulmis, seigneur du lieu, de Château-Chinon, de Blain, etc. était fils de Hugues et petit-fils de Hugues II de Château-Chinon. Il était l'époux de Elvis de Montbard, dame d'Espoisse et proche parente de la maison de Vergy. Il hérita de la totalité de châtellenie de Château-Chinon, à la mort de son aïeul de son oncle Seguin et de sa tante Adelis tous deux morts sans postérité, dont il n'était seigneur qu'en partie. Il confirma en 1208, les donations pieuses de ses ancêtres et en fit de nouvelles. Les vieilles chroniques disent qu'il était très pieux. En 1219, il gratifia plusieurs abbayes de ses largesses: Abbaye de Régny, la Chartreuse d'Apponay et le prieuré de Collonge. Il fonde en 1235, la Chartreuse du Val-Saint-Georges et décéda en 1236. Il ne laissa qu'une fille prénommée Elvis comme sa mèreJean-François Née de la Rochelle,Mémoires, p. 269. Celle-ci épousa Dreux I de MelloDu Bouchet, Histoire générale de la maison de Coutenay, Livre VIII a qui elle apporta la châtellenie de Château-Chinon et d'Espoisse.
thumb|100px|Armes de la famille de Mello.
Maison de Mello (1240-1323) La seigneurie de Château-Chinon rentre dans la maison de Mello en 1240 à la suite du mariage de Dreux V de Mello avec la fille de Hugues III de la famille Delorme de Beauregard, qui lui apporte en dot les seigneuries de Château-Chinon, mais aussi de Lormes et d'Époisses. C'est à partir de cette époque que la seigneurie de Château-Chinon semble échapper à la suzeraineté des évêques d'Autun.
Le dernier seigneur de Château-Chinon issue de la famille de Mello meurt en 1323 lors de la bataille de Saint-Verain. Il laisse derrière lui un seul enfant : sa fille, Jeanne de Mello. Cette dernière s'étant mariée 4 ans avant avec Raoul I de Brienne, comte d'Eu et de Guines, la terre de Château-Chinon passe entre les mains de la famille de Brienne.
Maison de Brienne (1323-1389) thumb|100px|Armes de Raoul I de Brienne. Raoul I de Brienne devient donc seigneur de Château-Chinon en 1323 à la suite du décès de son beau-père. Il est nommé connétable de France par le roi Philippe VI de France en 1328. Il décèdera en 1344 ou 1345.
Raoul II de Brienne, son fils, hérite de ses titres mais est fait prisonnier lors de la prise de Caen en 1346. Libéré à l'automne 1350, il sera décapité pour trahison dès le mois de novembre de la même année. Dès 1346, c'est alors sa mère, Jeanne de Mello, qui administre ses terres. À sa mort, ses terres furent confisquées, puis la seigneurie de Château-Chinon est donnée à Gautier VI de Brienne, mari de sa fille, Jeanne de Brienne (sœur de Raoul I).
Gautier VI de Brienne décède le à la bataille de Poitiers et c'est sa veuve, la duchesse d'Athènes, qui administre la terre de Château-Chinon jusqu'à sa mort en 1389.
La seigneurie est alors confisquée par le roi Charles VI et relève désormais directement de la Couronne.
Maison de Bourbon (1394-1454) Durant 5 ans, Charles VI conserve la seigneurie, puis, en 1394, l'échange contre d'autres avec Louis II de Bourbon. À sa mort le , son fils, Jean I de Bourbon, hérite de ses terres.
Durant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, Jean I de Bourbon prend le parti de Louis I d'Orléans, contre les Bourguignons. Une troupe d'Armagnacs, dirigée par le capitaine Baquin-Beul, occupe à cette époque la seigneurie de Château-Chinon et gêne les proches fourrageurs de l'armée royale qui se voient obligés de se ravitailler dans le Nivernais. Jean I de Bourgogne, dit Jean sans Peur, décide alors d'éliminer ce contingent et met donc le siège devant le château de Château-Chinon à la fin du mois de juin 1412. Retenu au siège de Bourges, Jean I de Bourbon ne peut venir en aide aux assiégés. Les Armagnacs capitulent fin juillet ou début août, après un mois de siège. Ce fut une « capitulation honorable » puisqu'ils . En effet, la petite forteresse était difficilement prenable du fait de sa position et, plutôt qu'une capitulation, il s'agissait plutôt de l'achat d'une reddition. Malgré tout, les Bourguignons démantèlent les murs de la ville et ruinent le château.
Jean I de Bourbon combat ensuite en octobre 1415 à la bataille d'Azincourt où il est fait prisonnier par les Anglais. Resté en captivité durant 18 ans, il meurt à Londres en 1434. Son fils, Charles I de Bourbon lui succède donc en tant que seigneur de Château-Chinon. Vingt ans plus tard, le , sa fille, Isabelle épouse en secondes noces son cousin Charles le Téméraire, futur duc de Bourgogne, et lui apporte notamment en dot les terres de Château-Chinon.
Maison de Bourgogne (1454-1477) thumb|100px|Charles le Téméraire, seigneur de Château-Chinon de 1454 à 1477. En 1462, Charles le Téméraire obtient de son cousin le roi Louis XI, la création d'un grenier à sel et d'une élection à Château-ChinonVoir la Charte établissant la création d'une élection et d'un grenier à sel à Château-Chinon sur Wikisource, dépendant de la généralité de Moulins et comprenant 42 paroisses.
Le , alors que Charles le Téméraire assiège en vain Neuss en Allemagne, une bataille éclate près de Château-Chinon entre les troupes de Louis XI et les Bourguignons dirigées par le comte de Boussi, gouverneur de Bourgogne. Le lieu de cette bataille reste incertain : Prosper de Barante évoque le combat de Guipy, près de Château-ChinonProsper de Barante, Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois. 1364-1477, Paris, Ladvocat, 1824-1826, Livre VI, pp. 332-335Le Bogros, dans son Histoire de Château-Chinon p. 70, précise que cette localisation est peu probable dans la mesure où le village de Guipy se trouve à une trentaine de kilomètres de Château-Chinon. ; Adolphe Joanne indique qu'elle eut lieu près de SermagesAdolphe Joanne, Itinéraire général de la France, Louis Hachette et , 1863, p. 168 ; Jean de Troyes mentionne Guy, près de Château-ChinonJean de Troyes, Chronique scandaleuse, éd. Desrez, p. 312. C'est ce dernier lieu qui semble le plus probable et défendu par René-Pierre Signé« Historique de Château-Chinon » sur le site officiel de la commune. ainsi que par le docteur Bogros. Il s'agirait donc de Guy-lès-Château-Chinon, petit village aujourd'hui disparu, situé au nord de l'actuel territoire de Château-Chinon (Campagne) vers le lieu-dit Montbois, proche de l'actuelle chapelle Saint Roch.
À l'issue de la bataille de Guy, les troupes bourguignonnes sont vaincues par celles de Louis XI. À cette occasion, le château et les remparts de la ville furent détruits. Seule subsiste de cette époque la tour de guet du château sur le faîte du Calvaire.
Charles le Téméraire meurt le à la bataille de Nancy. Marie de Bourgogne, sa fille unique, hérite des nombreux fiefs de son père, un héritage qu'elle a du mal à assumer du fait de la situation économique très dégradée de beaucoup de ces Etats, encore aggravée par la crise démographique et les épidémies de peste qui y sévissent. Louis XI en profite pour attaquer le duché de Bourgogne et autres terres satellites. Il donne notamment ordre de s'emparer de Château-Chinon qui se rend. Tout en assurant qu'il souhaite ainsi protéger les biens et droits de la duchesse de Bourgogne, le roi « cède » la jouissance de la seigneurie à Jean II de Bourbon, l'oncle de Marie, début 1477Voir la Charte établissant la cession de la seigneurie de Château-Chinon au duc de Bourbonnois sur Wikisource.
Quelques mois plus tard, le , Marie de Bourgogne épouse l'Archiduc Maximilien d'Autriche, futur empereur du Saint-Empire romain germanique, et lui apporte en dot la seigneurie de Château-Chinon avec l'État bourguignon. L'Archiduc ne put néanmoins profiter de la jouissance de Château-Chinon, cédée à la maison de Bourbon, avant le traité d'Arras de 1482.
Maison d’Autriche (1482-1517) thumb|160px|La seigneurie de Château-Chinon et les autres terres bourguignonnes à la suite du traité d'Arras. Le , le traité d'Arras permet enfin à Maximilien d'Autriche de bénéficier de la seigneurie de Château-Chinon. Mais ce même traité prévoit que cette terre, avec d'autres, soit comprise dans la dot de sa fille alors âgée d'à peine 2 ans, Marguerite d'Autriche, à l'issue du mariage prévu avec le fils du roi Louis XI, le dauphin Charles. Le mariage est finalement annulé et Maximilien conserve Château-Chinon à la suite du traité de Senlis du .
Le fils de Maximilien, Philippe le Beau, alors roi de Castille, se fait .
Après sa mort en 1506, on note que son fils aîné âgé de , Charles Quint (futur roi d'Espagne, roi de Sicile et empereur du Saint-Empire romain germanique) porte le titre de comte de Château-Chinon.