James Macrae (Ayr, 1677 - Orangefield, ) fut un capitaine écossais durant l'âge d'or de la piraterie, qui participe au combat d'Anjouan contre Edward England. Il devient par la suite gouverneur de Madras, dont il réforme l'économie, la loi et la santé publique. Ayant fait fortune, il retourne en Écosse où il retrouve sa sœur. Il fait don de sa fortune à son neveu et ses nièces, qui passent ainsi de la pauvreté à la richesse de la même manière que dans un conte de fée. Le neveu, James Macrae, défraye la chronique pour un duel en 1790, tandis que les descendants des nièces apportent une aide précieuse au poète Robert Burns dans sa quête du succès à Édimbourg en 1787.
Biographie Jeunesse James Macrae est né aux alentours de la petite ville portuaire d'Ayr en Écosse en 1677. Ses ancêtres sont inconnus, et l'histoire du clan Macrae indique que son grand-père paternel était peut-être John Macrae, connu sous le nom de Ian Dubh Mac Ian Oig, « John le noir fils de John le jeune ». Lorsqu'il était enfant, Macrae gardait des vaches, et quand son père mourut sa mère déménagea dans une petite chaumière des alentours d'Ayr. Tandis qu'elle était lavandière, James contribuait aux revenus en étant garçon de course. J. Talboys Wheeler, qui travaillait pour le gouvernement anglais au Critique de « The history of India from the Earliest Ages » par J. Talboys Wheeler. The Calcutta review, volume 61, pages 369-380, 1875, écrit que Macrae semble s'être « lassé de cette vie monotone » et « doté de l'énergie qu'il démontra par la suite, il aurait assimilé le désir passionné de s'embarquer dans les aventures commerciales de l'époque ». Plus prosaïquement, le Dr Eric J. Graham, historien écossais spécialisé en histoire maritime, conclut qu'en s'embarquant en mer en 1692, « Macrae s'enfuit d'une vie proche de la famine ». Il laisse derrière lui sa mère et sa sœur Bella, qui a épousé Hugh MacGuire, charpentier et violoniste.
Le capitaine et les pirates
Sa carrière pendant près de trente ans est inconnue. Il est fait à nouveau mention de lui que le , comme capitaine du Cassandra, un grand voilier de 380 tonnes. Ce jour-là, il fait voile depuis le cap de Bonne-Espérance en compagnie du commandé par Robert Kirby, et d'un vaisseau hollandais, lesquels étaient convenus de voyager ensemble. À l'approche des Comores, des insulaires se portent à sa rencontre en canoëSelon Graham, les passagers du canoë sont des insulaires. Cependant, la lettre écrite par Macrae et reproduite par Defoe stipule que les occupants du canoë étaient des pirates. et lui signalent que les pirates du essayaient de construire un nouveau navire à la suite de leur naufrage sur l'île de Mayotte. Macrae reçoit alors le soutien de Kirby et du Hollandais pour combattre les pirates. Cependant, le , ils font la rencontre du pirate Edward England, commandant le et accompagné du . Le navire de Macrae étant le dernier à lever l'ancre, il est rattrapé tandis que les deux navires devant le soutenir prennent la fuite. Macrae envoie une bordée dans le , le forçant à s'éloigner pour opérer des réparations. Le combat naval avec le dure alors pendant plus de trois heures. Lorsque les pirates décident de se rapprocher pour aborder, Macrae tire sur la ligne de flottaison, détruisant les rames. Dans la poursuite qui s'ensuit, le s'écrase sur une barre sableuse et Macrae en profite pour faire tirer plusieurs bordées qui font une centaine de morts parmi les cinq cents pirates. Après un engagement naval de plus de dix heures, Macrae ordonne d'abandonner le navire et, sous le couvert de la fumée des canons, la plupart de ses hommes réussissent à rallier la côte en chaloupes ou à la nage. La bataille fut qualifiée par Graham d'« engagement le plus sanglant et meurtrier [du règne de terreur] des pirates le long de la côte africaine », ainsi que de « rencontre la plus coûteuse avec un navire de commerce dans l'histoire de la piraterie ».
Le lendemain, Macrae rallie la ville du roi de l'île, à . Blessé à la tête par une balle de mousquet, il apprend que sa tête est mise à prix par Edward England, pour , soit . Cependant, il reçoit l'assistance du roi. Celui-ci ne le livre pas aux pirates et l'aide à se cacher en faisant circuler la rumeur de sa mort. Dix jours plus tard, Macrae se présente de lui-même aux pirates. Il explique ce geste par l'impossibilité de quitter l'île, s'y trouvant presque nu comme la plupart de ses hommes qui n'avaient rien pu sauver avant d'abandonner leur navire. Nombre des pirates souhaitent le tuer, et Macrae ne doit sa survie qu'à sa longue carrière. En effet, plusieurs des pirates avaient été marins avec lui. L'un d'entre eux, un homme barbu avec une jambe de bois, ceinturé de pistolets, se range du côté de Macrae en jurant que nul ne devrait oser lui faire du mal. Grâce à son amitié avec Edward England, Macrae peut même prendre possession du qui était destiné à être brûlé. Son capitaine, Taylor, avait un tempérament agressif et a perdu beaucoup de ses hommes durant la bataille mais il est amadoué à grand renfort de punch. Les pirates mettent les voiles le . Cinq jours plus tard, Macrae prend la mer à son tour avec des mâts improvisés. Ayant seulement cinq tonnes d'eau pour 44 membres d'équipage, chacun est rationné à un demi-litre par jour au cours d'une traversée qui dure 48 jours avant d'arriver à Bombay le .
Bombay est alors un lieu de production important pour la compagnie anglaise des Indes orientales. Pendant que Macrae effectue sa traversée, la compagnie à Bombay a nommé Walter Brown amiral de la flotte et l'a envoyé attaquer la forteresse de à . Ses forces étaient constituées du vaisseau amiral , de la frégate , des voiliers et Defiance, de la galère , et de plusieurs autres navires. Brown se montre particulièrement incompétent : il tente de bombarder le fort alors qu'il est hors de portée, veut opérer un débarquement nocturne sans plan défini et alors que d'autres vaisseaux doivent le rejoindre, puis ordonne à ses troupes d'occuper un bâtiment qui s'avère être une pile de pierres. Afin que ses hommes soient vaillants au combat, Brown prend l'initiative de leur distribuer une quantité illimitée de rhum. L'équipage est donc totalement ivre pendant que l'ennemi renforce ses défenses. Brown abandonne mais, sur le chemin du retour, il rencontre les pirates à bord du Cassandra et du ainsi que deux navires capturés en route. Les pirates pensent qu'il s'agit d'une flotte potentiellement amie, et n'ont pas l'intention de se battre. Lorsqu'un de leurs navires se porte à la rencontre de Brown, celui-ci en demande le nom. S'entendant répondre , il pense qu'il s'agit du de sa propre flotte. Lorsqu'il répond que son navire est le , les pirates réalisent qu'il s'agit de la flotte anglaise et tirent une bordée. La flotte anglaise se disperse, dans le désordre, et Brown rentre de son expédition à Bombay. Le gouverneur, exaspéré, renvoie Brown en mer mais accompagné de Macrae qui est à présent aux commandes. Contrôlée par Macrae, la flotte opère de façon telle que les pirates préférèrent battre en retraite, considérant que ces eaux étaient à présent trop dangereuses pour eux. Dans une colère noire après être ainsi repoussés par Macrae à qui ils ont donné un bateau, les pirates choisissent de se venger sur leur capitaine. Edward England est débarqué, et Taylor est élu nouveau capitaine John Biddulph, « The Pirates Of Malabar And An Englishwoman In India Two Hundred Years Ago », Kessinger Publishing, 2004. Chapitre 6, Expedition against Gheriah, pages 65 - 77..
Gouverneur de Madras
La compagnie des Indes orientales, impressionnée par l'efficacité de Macrae pour lutter contre les pirates, le nomme super-intendant. En 1723 il est chargé par la compagnie d'enquêter et de mettre un terme à la corruption chronique qui touche les établissements anglais sur la côte ouest de Sumatra. Malgré l'importance de la corruption que Macrae révèle et les mesures qu'il propose de mettre en place, la compagnie ne prend pas réellement de mesures et la corruption qui la touche se poursuit. En 1723, Macrae est élevé à la position de vice-gouverneur de Fort Saint-David pour son efficacité contre la piraterie et ses tentatives contre la corruption, ce qui le place en ligne directe pour devenir gouverneur de Madras. En tant que vice-gouverneur, Macrae fait prospérer les affaires de la compagnie ainsi que les siennes, tout en essayant de ne pas entrer en conflit avec d'autres. Homme ayant le souci du détail, il s'implique personnellement dans la gestion, n'hésitant pas à examiner lui-même les marchandises.
Le , le gouverneur de Madras, , part en retraite et laisse son poste à Macrae et retourne en Angleterre à bord du . La première séance de Macrae au conseil, telle que consignée dans les registres, se déroule de la façon suivante :
Macrae entreprend un ambitieux programme de réformes. Sur le plan économique, il augmente les profits de la compagnie, réduit les dépenses, et améliore le taux de change entre l'or et l'argent. Sur le plan de la santé publique, il lance une étude de la ville et de ses environs afin de gérer les problèmes conduisant à une mortalité galopante. Au lieu d'exploiter les autochtones ainsi que ses prédécesseurs l'avaient fait, il choisit d'instaurer un commerce juste. Il a donc également un impact sur la loi, en permettant aux autochtones de faire un recours légal. Enfin, il fait restaurer les bâtiments, et fait construire la première mission protestante en 1726.
Macrae se fait également des ennemis. Ainsi, il dénonce les astuces utilisées par le gouverneur de Bombay, Walsh, pour falsifier les livres de compte. Walsh est renvoyé sans sa fortune, et remplacé par un Écossais proche de Macrae, Robert Cowan. De retour en Angleterre, Walsh lance plusieurs accusations contre Macrae, qui s'ajoutent à d'autres et résultent en une enquête. Le résultat de l'enquête blanchit Macrae, mais il fait savoir son intention de démissionner en . Le , George Morton Pitt, vice-gouverneur de Fort Saint-David, vient relever Macrae de ses fonctions et devient le nouveau gouverneur.
Macrae ne laisse aucun livre de compte pour inspection : depuis la mort du secrétaire employé par la compagnie en , Macrae gérait lui-même les comptes. Il part le , avec une fortune de , dont presque la moitié est constituée de diamants. À ce moment-là, de nombreuses plaintes sont déposées contre son assistant auprès des autochtones, Gooda Anconah. Une seule est déposée contre Macrae lui-même, par Gopal et Guruvappa. Ils relatent avoir été amenés devant Macrae, qui menaçait de les mettre au pilori et leur couper les oreilles pour avoir essayé de vendre un gros diamant au lieu de l'apporter directement au gouverneur. Ils déclarent également avoir réglé l'affaire en vendant le diamant pour un petit prix à Macrae, à la suite de quoi Gooda Anconah leur demanda une partie du prix obtenu en dédommagement de ses efforts pour que leurs oreilles ne soient pas coupées.
Il est avéré que Gooda Anconah était fortement corrompu, et il écope d'une importante amende par la suite. Il est de plus connu que Macrae a amassé une quantité notable de diamants durant son rôle comme gouverneur, mais il est généralement expliqué qu'ils ont été offerts par les habitants en remerciement pour les réformes. Devant l'enquête légale faisant suite à la demande de Gopal et Guruvappa, on découvre qu'ils avaient en réalité volé un marchand local et que Macrae les en avait punis. Ainsi, Macrae est blanchi pour cette affaire.
Le retour en Écosse