La fosse Arenberg (souvent écrit à tort Aremberg) ou Auguste d'Arenberg de la Compagnie des mines d'Anzin est un ancien charbonnage du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Wallers. Les puits Arenberg 1 et 2 sont commencés en 1900 au nord-est de la commune, dans une partie encore inexploitée de la concession d'Anzin. Le puits 1 est un puits d'extraction, le 2 un puits d'aérage. La fosse commence à extraire en , elle est baptisée en l'honneur d'Auguste Louis Albéric d'Arenberg, administrateur de la Compagnie d'Anzin. Très vite, elle devient un des sièges d'extraction les plus importants de la compagnie. Des cités, avec écoles, école ménagère, église, salle des fêtes... sont édifiées autour de la fosse. En 1936, le puits 1 est doté d'un nouveau chevalement qui surplombe l'ancien. Le terril conique 160, Arenberg, prend de la hauteur.
La Compagnie des mines d'Anzin est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Valenciennes. La fosse est choisie pour devenir l'un des plus grands sièges de concentration du bassin minier. À ce titre, le puits à double-compartiments 3 - 4 est commencé en 1954, et est doté d'installations modernes. Un lavoir est implanté à l'ouest du carreau de fosse. Le nouveau puits est mis en service le . Les déchets sont emmenés sur un terril plat 171, Mare à Goriaux. La crise pétrolière donne à la fosse quelques années de fonctionnement en plus. Le terril conique 160 commence à être exploité en 1980. Un tunnelier est mis en service le . Outre le percement des bowettes, il a surtout l'utilité de faire des essais en vue du creusement du tunnel sous la Manche. L'extraction cesse à la fin du mois de . Les installations ont ensuite été sauvées grâce au tournage du film Germinal qui accélère les premières mesures de protection (1992) et la patrimonialisation du site..
Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits 1, 2 et 3 - 4, et y installe des exutoires de grisou. La salle des fêtes et l'école ménagère sont inscrites aux monuments historiques en , la fosse est classée le , quelques années après sa rénovation complète. La fosse Arenberg, la cité pavillonnaire de Bellaing, la cité de corons d'Arenberg, la salle des fêtes, l'école ménagère, l'église Sainte-Barbe, l'école, le dispensaire de la Société de Secours minière, la cité pavillonnaire du nouveau monde et son école, les cités modernes de la Drève et du Bosquet, l'école de la cité du Bosquet, la mare à Goriaux et le terril plat Mare à Goriaux, ainsi que l'embranchement ferroviaire de la fosse, ont été inscrits le au patrimoine mondial de l'Unesco. En , le centre de création cinématographique « Arenberg Créative Mine » est inauguré.
La fosse
Après l'ouverture et la mise en service des fosses Audiffret-Pasquier, La Grange, Blignières et Cuvinot depuis les années 1880, la Compagnie des mines d'Anzin décide d'ouvrir une nouvelle fosse dans une partie encore non exploitée de sa concession, au nord. La fosse Arenberg est ouverte dans la même commune que la fosse Lambrecht, mais à l'opposé du finage.
Fonçage
Les puits 1 et 2 de la fosse Arenberg sont foncés en 1900 par la méthode de la trousse coupante. La puits 1 a un diamètre de cinq mètres et est destiné à l'extraction. Le puits 2, situé à au nord-ouest, est destiné à l'aérage, son diamètre est de . Les orifices des deux puits sont situés à l'altitude de . Le terrain houiller est atteint à la profondeur de dans le premier puits et à dans le deuxième puits.
La fosse est baptisée en l'honneur d'Auguste Louis Albéric d'Arenberg, administrateur de la Compagnie d'Anzin.
Exploitation thumb|left|Le puits 1 vers 1912.
La fosse commence à extraire en . Très vite, elle devient une des fosses les plus importantes de la Compagnie d'Anzin. Elle produit en 1906, en 1925 et en 1930.
Les installations du puits 1 ont été modernisées en 1936. Le changement le plus visible est l'installation d'un nouveau chevalement à molettes superposées qui est venu surmonter l'ancien. Une nouvelle salle des machines a été construite à 90° de l'ancienne, et la machine d'extraction est à poulie Koepe.
Siège de concentration
La Compagnie des mines d'Anzin est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Valenciennes. En 1946, l'extraction et le service sont assurés par le puits 1, le puits 2 est quant à lui affecté à l'aérage et au service. Dès la nationalisation, il est prévu que la fosse devienne un puissant siège d'extraction et en 1954, le puits 3 - 4 est commencé. Il est équipé d'un double compartiment, d'où un diamètre de . Foncé jusqu'à l'étage d'extraction de , le puits est coiffé d'un chevalement portique à quatre molettes superposées identique à celui de la fosse 13 - 13 bis du Groupe de Béthune et assure, à partir du , l'extraction par quatre cages à trois étages recevant des berlines de . Chaque compartiment est numéroté : 3 et 4. Ceux-ci peuvent fonctionner de manière indépendante.
Le puits 1 cesse alors d'extraire et devient un puits de service pour le personnel et le matériel, et le puits 2 sert pour le remblayage par descente de schistes calibrés au moyen d'une tuyauterie installée dans le puits. Les puits 1 et 2 servent de retour d'air. Les installations nouvelles sont complétées par un lavoir à grains moderne capable de produire nettes par jour. Il entre en fonction en 1961 en même temps que le puits 3 - 4.
thumb|left|upright=0.7|Le puits 3 - 4 en 2011. Le siège Arenberg assure la plus forte production du Groupe de Valenciennes avec nettes par jour. En 1964, sont employées au fond et 215 au jour. En 1969, le puits 1 est équipé d'un guidage par câble et reçoit des modifications pour permettre la circulation de berlines de . Il assure alors les navettes entre les différents étages de 314 à . Il est utilisé comme bure, et ne peut remonter le charbon jusqu'à la surface.
Le , la fosse est rattachée à l'Unité de production de Douai. En 1975, la crise de l'énergie et l'augmentation du prix du pétrole font réviser le Plan Charbonnier qui prévoyait l'arrêt du siège vers 1979 ou 1980. Le puits 3 - 4, accroché à l'étage de pour le compartiment 3 et établi au diamètre de jusqu'à l'étage de , est élargi en au diamètre de et approfondi jusqu'à . Dès le , les premières berlines remontent le charbon provenant d'un panneau de la veine Melchior, par le nouvel étage. Le , le lavoir est arrêté après avoir traité vingt millions de tonnes de charbon bruts provenant de la fosse Arenberg, mais également des fosses Saint Mark et Agache de 1968 à 1972.
En 1982, il est décidé d'approfondir le puits 3 - 4 à afin d'extraire les deux millions de tonnes de ressources de cet étage. Une bowette descendante, pentée à 13 %, est creusée à partir de l'étage de jusqu'à et le puits est approfondi de . Pour la première fois dans une mine française, le fonçage des bowettes est confié à un tunnelier qui arrive en pièces détachées dès le mois de . Cette machine du type T.B. 500, conçue par l'entreprise Bouygues, doit creuser trois kilomètres de bowettes pour accéder au gisement et entre en service le . Prévu pour creuser dix mètres par jour, le tunnelier atteint douze mètres dès le mois d'avril. Les compartiments 3 et 4 sont accrochés à l'étage de les 2 et et dès le mois de septembre une taille à scrapper-chaîne est mise en route dans la veine Robert . Le but était aussi de tester un tunnelier pour le tunnel sous la Manche.
Le vendredi , à onze heures, les « dernières » berlines remontent au cours d'une cérémonie qui rassemble la presse et les élus régionaux. La dernière vraie remontée s'effectue à huis clos, le vendredi , soit une semaine plus tard. Ainsi s'arrête le dernier puits du Valenciennois, qui a extrait de houille. Les quatre puits ont été remblayés en fin du 1989.
thumb|Tournage de scènes du téléfilm L'Affaire Salengro le 26 juin 2008.
Reconversion
Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits Arenberg 1, 2 et 3 - 4, et y installe des exutoires de grisou. Le BRGM y effectue des inspections chaque année.
La fosse, quasiment intacte, a servi de manière occasionnelle comme plateau de tournage, notamment pour les films : Germinal, Moi, Louis, enfant de la mine, La Compagnie des glaces, L'Affaire Salengro, La Vie devant elles... L'ensemble du carreau de fosse a été rénové. C'est grâce au tournage de Germinal en 1992 par Claude Berri que la fosse a été conservée, elle était alors destinée à être totalement détruite. Il subsiste des décors des différents tournages de cinéma.
La comédie musicale Arenberg de Vincent Handrey, sous commande de la ville de Wallers et de la Communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut, est présentée les 12 et sur le site minier d'Arenberg, Sylvie Dervaux assure les castings d’environ , la mise en scène et la direction artistique du spectacle Terres de Mineurs, adaptation en version son et lumières.
L'ancien site minier, en totalité, constitué du puits 1 avec son chevalement, son ancien bâtiment de recette et son bâtiment actuel de la machine d'extraction et les dispositifs techniques qu'ils contiennent ; du puits 2 avec son chevalement, son sous-sol, son bâtiment de recette, son bâtiment de la machine d'extraction, son bâtiment des compresseurs, ses ateliers, les vestiges des ventilateurs et de la galerie d'aérage reliant le puits 1 au puits 2) et les dispositifs techniques qu'ils contiennent ; le puits 3 - 4 avec son chevalement, son bâtiment de recette y compris le moulinage, ainsi que les deux bâtiments symétriques des machines d'extraction et les dispositifs techniques qu'ils contiennent ; le bâtiment contenant les salles des pendus, la lampisterie et les bains-douches ; la passerelle reliant le bâtiment au puits 3 - 4 ; le poste électrique ; la dynamitière ; les sols et sous-sols s'inscrivant dans un espace encadrant les bâtiments protégés (à l'exception de la dynamitière) fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le . Les premiers arrêtés de protection datent de 1992, mais le périmètre a été étendu en 2010. La fosse Arenberg fait partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle constitue une partie du site 15.
Le , le centre de création cinématographique Arenberg Creative Mine est inauguré. Il regroupe un studio d'enregistrement, un plateau TV et un système de capture de mouvement avec fond vert. Cet ensemble est installé dans les bâtiments des puits 1 et 2 ainsi que dans un nouveau bâtiment moderne...
Les terrils
L'exploitation de la fosse Arenberg a donné lieu à l'établissement de deux terrils.
Terril 160, Arenberg thumb|left|Le terril Arenberg. thumb|Le terril Mare à Goriaux.
Le terril 160, Arenberg, situé à Wallers, est le terril conique de la fosse Arenberg. Haut de cent mètres, il a été exploité à partir de 1980, il ne subsiste que la base.
Terril 171, Mare à Goriaux
Le terril 171, Mare à Goriaux, situé à Wallers et Raismes, est le terril plat de la fosse Arenberg. Haut de vingt mètres, il s'étend sur près de deux kilomètres, et est entièrement préservé. Il fait partie, avec l'étang d'affaissement minier de la mare à Goriaux, des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Il constitue une partie du site 15.
Les cités
Les cités de la fosse Arenberg sont remarquables, et ses différents éléments ont été conservés. La cité pavillonnaire de Bellaing (à Bellaing), la cité de corons d'Arenberg, la cité pavillonnaire du nouveau monde, les cités modernes de la Drève et du Bosquet (à Wallers), font partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Elles constituent une partie du site 15.
Cité d'Arenberg
La cité d'Arenberg est construite à partir de 1900, à l'est du carreau de fosse et de son cavalier, sur le territoire de Wallers, et, pour quelques habitations, sur Raismes. Elle est « éclatée » en différentes parties qui ont été bâties jusque 1923, et constituée majoritairement de maisons jumelles de deux logements, situées en front de rue.