La Comédie de Reims est un centre dramatique national et ancienne maison de la Culture située dans la ville de Reims en France. La Comédie est desservie par le tramway A et B ainsi que par les lignes de bus 1, 7, 8, 30 et N. Depuis le , elle est dirigée par Chloé Dabert. Ce théâtre est labellisé Architecture contemporaine remarquable.

Historique. Maison de la Culture "André Malraux" L’Espace André Malraux, puisque tel est le nom de baptême de ce bâtiment, a été conçu pour répondre aux missions des Maisons de la Culture voulues par André Malraux, c’est-à-dire être un lieu de diffusion culturelle pluridisciplinaire destiné au plus large public. À son origine, le bâtiment était donc constitué d’une grande salle (1000 places) pouvant accueillir tous les types de spectacles (théâtre, danse, musique ou opéra) avec sa fosse d’orchestre, une salle de cinéma, une médiathèque, une salle d’exposition ainsi qu’une cafétéria. Les dimensions importantes du hall permettaient d’en faire un espace d’exposition de peintures, de photos ou de sculptures. Toutes ces activités étaient encadrées par un personnel d’environ soixante-dix employés.

Préfiguration de 1966 à 1969 : Direction André Meignan En 1961, lors d’une visite à Reims, André Malraux propose à Jean Taittinger, maire de Reims, la création d’une Maison de la Culture dans sa ville. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire que la ville se dote d’une compagnie théâtrale reconnue dans le domaine de la décentralisation. Sur le conseil de Pierre-Aimé Touchard, la Ville accueille la d'André Meignan, dit André Mairal en l. Elle a le statut de troupe permanente nationale intégrée dans le plan de décentralisation théâtrale et à ce titre reçoit une subvention de l’État.

Le , le conseil municipal décide de doter la Ville de Reims d’une Maison de la Culture et en , Jean Taittinger, maire de Reims, invite différentes personnalités du milieu culturel, des enseignants, des syndicats… à participer à la création d’une association loi de 1901 dite « Maison de la Culture de Reims » et à assister à l’assemblée générale constitutive le .

En , la première pierre de la Maison de la Culture est posée. Les architectes Jean Le Couteur, Jacques Herbe, assistés de Denis Sloan et Pierre Philippon sont chargés de la construction. Le cabinet CETAC (Sarger, Demangeat, Bernhart, Bunel, Levant et Valbur) assiste les architectes dans les études techniques.

Le conseil d’administration donne son accord le pour engager André Mairal et son équipe à compter du jusqu’au pour animer la Maison de la Culture durant la préfiguration, inaugurée le .

André Mairal est nommé directeur de la Maison de la Culture à compter du avec un contrat de 3 ans dans la perspective de l’ouverture du bâtiment en construction Chaussée Bocquaine en 1969. Il reçoit les félicitations du conseil d’administration pour le travail accompli depuis le début de la préfiguration. Mais le , le conseil d’administration dénonce le contrat au motif qu’il faut entrer dans le cadre de la nouvelle orientation décidée par le Ministère de la culture.

À son ouverture, elle est la neuvième des 18 maisons de la Culture réalisées sous l’égide de Emile-Jean Biasini. L’État prenait en charge la moitié du coût de construction, les maisons devenaient à l’ouverture propriété de la communehttps://www.culture.gouv.fr/content/download/182892/file/20170831_fiches_edifices_label_architecture_contemporaine_remarquable.pdf?inLanguage=fre-FR.

De 1969 à 1972 : Direction René Jauneau - Arrivée de René Jauneau nouveau Directeur de la Maison de la Culture

Inauguration de la Maison de la Culture par Edmond Michelet, Ministre de la Culture. Lors de son discours, il demande que le bâtiment prenne le nom d’André Malraux. Il s’appellera désormais « Maison de la Culture André Malraux ».

Événements clés de cette période L’exposition d’ouverture « Le Vitrail et les Peintres à Reims » avec la venue de Marc Chagall qui a créé et offert à la Maison de la Culture le dessin de l’affiche L’exposition « La sculpture dans la Cité » présentée au quartier de l’Europe La venue du Groupe de recherche Musicale de l’ORTF avec Jean Michel Jarre Les concerts de Jean-Philippe Collard, Eric Heidsieck, l'Orchestre du Gürzenich de Cologne Concerts de Pierre Henry, les Soft Machine, Jean-Luc Ponty La venue du Ballet National de Cuba (70 artistes) dans le cadre d’une Quinzaine Culturelle Cubaine Le Ballet National de Prague, le Ballet Indien du Kalakshetra (30 artistes et musiciens) La venue de Claude Nougaro, Guy Bedos-Sophie Daumier, Marcel Mouloudji … La mise en place de la Décentralisation avec l’achat d’un ancien Bus de la RATP aménagé pour accueillir et informer le public, l’organisation de Semaines Culturelles dans des villes comme Troyes, Epernay, un spectacle de théâtre en tournée en zone rurale « Les Poubelles » mise en scène Jean Bouchaud avec Georges Beller, Danièle Girard. Le développement de l’activité Cinéma avec ses week-ends, ses cycles et la présence de metteurs en scène. La création de l’activité « Cabaret » dans la Cafétéria chaque week-end. C’est un tremplin pour de jeunes artistes comme Bernard Haller, Marie-Paule Belle, Alex Metayer, Henri Gougaud, Avron-Evrard

Octobre 1971 – l’arrivée de Robert Hossein avec sa compagnie « Le Théâtre Populaire de Reims – TPR - » et la création de son école de Théâtre. Il a la responsabilité de l’activité Théâtre, la mise à disposition de la Grande salle de la Maison de la Culture André Malraux (M.C.A.M) La du TPR, mise en scène de Robert Hossein est « Crime et Châtiment » avec Jacques Weber en suivie de « Les Bas Fonds » de Gorki.

De 1972 à 1978 : Direction Alain Guy Les relations entre la M.C.A.M et le TPR évoluent vers une collaboration plus étroite entre le Théâtre et les autres disciplines. Le public vient par car de toute la région et de la Belgique. Le Théâtre occupe une place importante dans la M.C.A.M

Événements clés de cette période La Maison de Bernarda Alba avec Annie Ducaux de la Comédie Française, Isabelle Adjani, Dominique Vilar. Pour qui sonne le Glas avec Armand Mestral, Isabelle Huppert, Marc Cassot, Maria Meriko. Hernani par la Comédie Française, mise en scène de Robert Hossein La présence de la Capsule Appolo 10 sur le parvis de la Maison de la Culture dans le cadre d’une rencontre avec Albert Ducrocq sur le thème « La Lune et les Planètes… Pourquoi ?» en 1973 Le Festival de l’Opéra de Salzbourg (1974) (135 artistes durant 2 semaines) La venue de Yehudi Menuhin (1975) et Sviatoslav Richter (1976), Philippe Entremont et l’orchestre de Vienne L’arrivée de la Cie Jean et Colette Roche (1972) qui vont assurer l’animation et la création théâtrale en direction de l’enfance dans toute la région durant 10 années Le Ballet Shéhérazade en création mondiale –coproduction MCAM-TPR -… La venue de Carolyn Carlson, chorégraphe et danseuse, du Ballet Folklorico de Mexico Le Festival de Jazz en collaboration avec Saint Ex et le M.A.R (1974) En 1974 « L’Islam dans l’histoire et dans le Monde » Sur ce thème, nous accueillerons de nombreux artistes (Tunisie, Égypte). L’ex reine Narriman d’Égypte vint assister à la création du spectacle ISIS créé spécialement pour la MCAM par le Théâtre National d’Égypte Les récitals de Guy Bedos-Sophie Daumier, Georges Moustaki, Pia Colombo, Raymond Devos, Stéphane Grapelli, les Soft Machine… L’ouverture d’une Galerie de Prêt d’œuvres d’Art aux Collectivités () Les expositions « Chili espoir » avec la présence de Allende au vernissage (), L’ART EN MAI (16 expos et 6 secteurs d’animation) Les animations dans les écoles : musique, cinéma, danse Le Cinéma chaque week-ends avec des cycles (Bunuel, ciné Polonais, le monde Islamique…). Des hommages : Jean Renoir, Marlene Dietrich, Gary Cooper, Ken Russell, le Chili…..

De 1978 à 1986 : Direction Jacques Darolles L’arrivée de Jacques Darolles coïncide avec le départ de Reims de Robert Hossein. Celui-ci est remplacé par Jean-Pierre Miquel (1978 – 1983). L’activité Théâtre se déroule pour partie dans la Grande salle de la Maison de la Culture et pour partie dans une petite salle que la Ville de Reims va aménager au 1, rue Eugène Wiet. Il sera remplacé par Jean-Claude Drouot (1984 – 1986)

Points Forts de cette période Novembre 1978 - L’ouverture d’une salle de cinéma en ville « Le familial » (dirigé et programmé par Gilles Marchal, en partenariat avec Jacques Baudou). Mai 1979 - La création du Festival en France du Film et du Roman Policier (à l'initiative de Jacques Baudou) avec comme invité d’honneur Robert Bloch et Léo Malet – Il y en eut 7 successifs jusqu’en Avril 1980 – Festival de Musiques Nouvelles. Il y en eut 7 successifs jusqu’en Juin 1982 – Sacres Royaux en la Cathédrale de Reims – spectacle audiovisuel Septembre 1982 - départ de Gilles Marchal qui prend la direction du cinéma au Cac (Comité d'animation culturelle) à Angoulême. Il dirige depuis les destinées du cinéma au sein de la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image toujours à Angoulême Mars 1983 – Mois de la Commedia dell'arte avec des spectacles, une exposition sur le masque, la venue de Donato Sartori qui masque la Place Royale Juin 1983 – Le Festival de l’Immigration avec l’enregistrement de l’émission « Mosaïque » par FR3 – 2 jours de spectacles non-stop 1983 – Triptyque consacré à la création contemporaine du vitrail comprenant : une exposition « Vitrail en Eclat » conçue par Françoise Perrot, Directrice du Centre International de Chartres la réalisation d’un film « Opéra Vitrail » par Jean Pourtalé la réalisation d’un livre « Le Vitrail Français Contemporain » par Françoise Perrot photographies de Gérard Rocskay et Alain Hatat

Ce triptyque s’inscrit dans le programme « Art et Technologie » proposé par la M.C.A.M

- 1984 – Diderot et l’Encyclopédie : ce thème comprendra du Théâtre, une exposition, un colloque international, la diffusion de l’Encyclopédie de Denis Diderot. Le cinéma « Le Familial » ferme ses portes en .

C’est à partir de l’année 1983 que l’option choisie par le Directeur est « Art et Technologie ». Cela aboutira à la disparition de la Maison de la Culture à la fin de l’année 1986.

L’équipe de la Maison de la Culture André Malraux sera scindée en deux, certains salariés resteront dans les locaux avec le centre dramatique national (Chaussée Bocquaine) qui deviendra la Comédie de Reims, les autres déménageront avec le Directeur Jacques Darolles rue Eugène Wiet et au cirque et au manège de Reims aujourd’hui le Manège de Reims. L’association sera dissoute début 1987.

Le centre dramatique national de 1979 à aujourd’hui 1979 à 1983 : Direction Jean-Pierre Miquel Pour éviter la cohabitation avec les activités de la Maison de la Culture André Malraux dirigée par Jacques Darolles, Jean-Pierre Miquel aménage son propre lieu rue Eugène Wiet (Ancien collège des jésuites), qui prend le nom de Théâtre de la Comédie, et offre ses tréteaux à Philippe Adrien, Pierre Romans, Denis Llorca. Il monte Tchekhov, Ibsen, Grumberg, Pinter, KalinskiMissions d'artistes, les Centres Dramatiques Nationaux de 1946 à nos jours, sous la direction de Jean-Claude Penchenat, Éditions Théâtrales.

Il quitte Reims en 1983 pour la direction du Conservatoire national supérieur d'art dramatique.

1984 à 1986 : Direction Jean-Claude Drouot Mises en scène en tant que directeur du CDN : Kean, Alexandre Dumas Le Misanthrope, Molière Les Bonnes, Jean Genet Fin de partie, Samuel Beckett vignette|Le hall de la Comédie. Comédien dans : Ghetto, Joshua Sobol, mis en scène par Daniel Benoin

En 1986, le CDN et la Maison de la Culture sont disjoints.