Plusieurs observations d'ovnis se sont en fait révélées être des canulars. L'article qui suit en dresse la liste.

Canulars antérieurs aux ovnis Le , deux habitants d'Omaha (Nebraska) lancèrent un ballon d'hélium avec une nacelle enflammée Brenda Denzler, The Lure of the edge: scientific passions, religious beliefs, and the pursuit of UFOs, University of California Press, 2001, , .. Le , le Dallas Morning News rapporte que l'après-midi précédent trois hommes avaient fabriqué un en trempant une boulette de coton dans le kérosène et en l'attachant à la patte d'un vautour. Quand ils lâchèrent le vautour, les témoins des lumières crièrent : « Regarde, c'est le dirigeable fantôme ! ». Le canular fut démasqué quand l'oiseau atterrit sur le toit du lycée local et que la boulette de coton mit le feu à l'école.. Le , le journal de la ville d'Aurora (Texas) annonça qu'un dirigeable fantôme s'était écrasé sur le moulin à vent du juge Proctor et qu'un cadavre d'extraterrestre avait été inhumé dans le cimetière de la ville. Des proches des instigateurs de ce canular donnèrent une interview au Time pour expliquer les raisons de cette blague, à savoir la volonté d'attirer l'attention sur la ville, qui était en déclin et menaçait de disparaître à cause de l'abandon d'un projet de voie ferrée..

Canulars avérés Canulars avoués par leurs auteurs ou leurs proches droite|sans_cadre|167x167px

Incident de l'île Maury (1947)

L'incident de l'île Maury est un canular monté autour de la prétendue observation de soucoupes volantes qui serait survenue en près de l'île Maury, dans le Puget Sound (État de Washington). Les scories brûlantes tombées d'une soucoupe en difficulté s'avérèrent être de l'aluminium provenant d'une fonderie locale Albert A. Harrison, Starstruck: Cosmic Visions in Science, Religion, and Folklore, Berghan Books, 2007, 231 p., chap. 7 (Tricksters)..

L'affaire de Belesta (1954) Cette affaire, survenue le à Bélesta durant la vague d'observations de l'automne 1954, était considéré comme un « classique de l'ufologie », jusqu'à ce que les auteurs, 55 ans après les faits, avouent la supercherie. La Dépêche du Midi y avait consacré un long article qui parlait Des boules lumineuses évoluant durant une demi-heure en une ronde magique, La Dépêche du midi, 19 octobre 1954.. Des dizaines de témoins tombèrent dans le panneau. , dira l'un des auteurs du canular. , explique René Lagarde. Cinquante-cinq ans plus tard, les auteurs (Jean et André Sibra, René Lagarde, Gérard Pibouleau, Gérard Coléra) en rient encore. Le faux engin a été fabriqué à partir d'une fourche de vélo, un guidon, une roue et des lampes électriques puissantes fixées sur la structureJean-Philippe Cros, Ovni à Bélesta en 1954 : c'était une blague !, ladepeche.fr, ..

La photo de l'île de la Trinité (1958) vignette|La photo truquée de l'ile de la Trinité par Almiro Baraúna, en 1958. Il s'agit d'une photographie prise par un expert en trucages photographiques au large de l'île de la Trinité dans les Antilles. Le photographe, Almiro Baraúna, est connu pour ses récits humoristiques comme cet article publié dans un magazine sous le titre « Une soucoupe volante m'a pourchassé chez moi » et agrémenté de faux documents.

Le dimanche , Emília Bittencourt, nièce de Baraúna, déclara avoir entendu ce dernier avouer en privé le canular : « Família de fotógrafo revela verdade sobre fotos de óvnis em Trindade », globo.com, :.

L'affaire de Beert (1975) En , à Beert, cinq personnes déposèrent à la rédaction d'un journal belge néerlandophone une photographie de ce qu'ils appelèrent l'affaire du siècle. Le journal publia la photo avec un article demandant s'il y avait des témoins. La rédaction fut assaillie de coups de fils de personnes qui jurèrent avoir vu exactement le même objet. Ce fut une mini-vague d'ovnis. Au bout de quelques jours, les cinq personnes reconnurent que le cliché était un faux. L'expérience montre qu'à partir d'un faux cas (ici un canular), on peut engendrer d'autres témoignages tout aussi faux par la simple contagion psychologiqueMarc Hallet, Les sciences parallèles ou la sagesse des fous, Espace de Libertés, 1992.. Les croyants crièrent au scandaleInforespace , . mais sans pouvoir invalider la justesse de la démonstration.

L'affaire de Cergy-Pontoise (1979) Trois jeunes Français prétendirent que l'un d'eux avait été enlevé par des extraterrestres à Cergy-Pontoise.. Trois ans plus tard, un des trois jeunes, Jean-Pierre Prévost, déclara : ..

L'incident de Rendlesham (1980)

En 2003, la BBC publie le témoignage du garde de sécurité Kevin Condé qui explique avoir fait une blague avec un collègue aux autres membres du service de sécurité. Il explique qu'il ne s'agissait pas d'un ovni mais d'une Plymouth Volare 1979 dont les feux de patrouille ont illuminé les bois et qu'il a utilisé son haut-parleur pour rendre les animaux « agités » ..

La photo de la lande d'Ilkley (1987) Il s'agit d'une photo d'humanoïde censée être prise en Angleterre le sur la lande d'Ilkley (Ilkley Moor) dans le Yorkshire de l'Ouest. Cette photo fut à l'origine d'une enquête du NUFON et du MUFORA avant d'être publiée dans la revue britannique Magonia. Ce fut le quotidien britannique The Daily Star qui, dans son édition du , révéla le pot-aux-roses : l'humanoïde était en fait un agent d'assurances photographié à son insu, alors qu'il rendait visite à des clients isolés et devait pour ce faire traverser la lande Massimo Polidoro, Cette photographie fait partie des 10 meilleures ou pires photos d'aliens, Notes on a Strange World, Volume 36.5, September/October 2012..

La photo de Petit-Rechain (1990)

droite|sans_cadre|La photo en question. La photo de Petit-Rechain est probablement la fausse photo d'ovni la plus célèbre. Elle engendra des débats passionnés. Quelques experts ne tombèrent pas dans le panneau et envisagèrent un faux. L'histoire, racontée par un photographe professionnel, d'un témoin qui prend une photo au téléobjectif en pose BVague d'ovnis sur la Belgique, tomes 1 et 2, éditions Sobeps. et assure n'avoir pas bougé, présente de nombreuses incohérencesPierre Magain et Marc Remy, Les OVNI : un sujet de recherche ?, Physicalia Magazine, vol. 15, , .. On peut croire que le photographe se moque des « experts » à qui il remet la photo. L'ufologue Amanda Nuwanda écrit : .. Le , le photographe ayant saisi le cliché admet avoir fait un fauxL'OVNI de Petit-Rechain aussi faux que celui de Roswell, rtl.be, 28 juillet 2011..

L'affaire de Morristown (2009)

vignette|L'affaire de Morristown. L'affaire de Morristown, connue sous le nom de « grand canular ovni de 2009 »Sharon Begley, The Great UFO Hoax of 2009, The Daily Beast, April 1, 2009., fut, à l'origine, un évènement aérien non identifié qui se produisit le lundi entre 20 h 15 et 21 h. Cinq lumières, attachées à des ballons d'hélium lâchés par Joe Rudy et Chris Russo, furent aperçues dans le ciel au-dessus du Morris County dans le New Jersey, principalement dans les villes de Hanovre, Morristown, Morris Plains, Madison et Florham Park. L'évènement était en fait un canular, dévoilé par ses auteurs dans un article intitulé « Comment nous avons monté le canular de l'ovni de Morristown » Joe Rudy et Chris Russo, "How We Staged the Morristown UFO Hoax", skeptic.com, avril 2009..

Canulars pour lesquels une analyse montre qu'il s'agit d'un faux L'affaire de l'engin détecteur de pétrole (1950)

En 1950, Frank Scully écrit un ouvrage à sensation Behind the Flying SaucersGebauer est aussi appelé Gee dans cet ouvrage., dans lequel il affirme que d'après d'éminents scientifiques, qu'il ne nomme pas, des soucoupes volantes se sont écrasées au solPierre Lagrange, Roswell : la chronologie, Anomalies, , 1996.. Le journaliste Donald Keyhoe analyse cette affaire et conclut au canular. Après enquête fouillée, J. P. Kahn révèle que les deux fameux scientifiques étaient en réalité deux escrocs notoires, déjà condamnés, Newton et GebauerTrue, septembre 1952.. Ces deux escrocs racontent l'histoire d'une soucoupe prétendument écrasée près d'Aztec au Nouveau-Mexique en . Les seize « extraterrestres » retrouvés morts auraient été récupérés puis transportés ailleurs par l'U.S. Air Force. Et leur technologie aurait permis la fabrication d'un engin « détecteur de pétrole »Ancêtre des « avions renifleurs »..

Le cas de Nort-sur-Erdre (1988)

À Nort-sur-Erdre, un jeune adolescent a voulu faire passer le bruit d'un radar trans horizon pour celui d'un engin extraterrestre. L'analyse montra que l'enregistrement n'avait rien d'exceptionnel.

Le faux extraterrestre de Roswell vignette|Autopsie d'un extraterrestre, au Roswell UFO Museum (États-Unis). Le sociologue Pierre Lagrange s'exprime ainsi dans Science et ViePierre Lagrange, « Extraterrestres : La grande arnaque », Science et Vie, , août 1995. : .

Canulars possibles

L'affaire de Socorro (1964) Selon l'enquêteur Anthony Bragalia, qui écrit quarante-cinq ans après les faits, la célèbre observation de Socorro, alléguée par le lieutenant de police Lonnie Zamora, est un canular. Il se fonde sur les dires d'un ancien président de faculté, pour lequel l'observation ne serait qu'une blague de potaches assez élaborée.. Anthony Bragalia fait état de la lettre que Linus Pauling, intéressé par l'affaire, avait envoyée le à son collègue et ami, le Colgate, président de l'Institute of Mining and Technology à Socorro, demandant à ce dernier s'il avait des informations sur l'incident : « Connaissez-vous le sergent de police Zamorra, de Socorro, qui rapporta avoir vu une soucoupe volante au sol le ? Le sergent Sam Chavez ? Que pense-t-on de cette affaire au IMIMT ? ». Colgate lui avait répondu sur la lettre : « J'ai une bonne idée de l'étudiant qui a concocté ce canular. Il nous a quittés. Salutations, Stirling »..

Les affirmations de Bragalia sont en contradiction flagrante avec l'enquête officielle du projet Blue Book, alors dirigée par le major Hector Quintanilla, comme avec les positions des ufologues scientifiques Allen Hynek et Jacques Vallée. Tous trois affirment la crédibilité du témoin principal Lonnie Zamora, policier ayant agi dans l'exercice de ses fonctions. Selon Quintanilla, « There is no doubt that Lonnie Zamora saw an object which left quite an impression on him. There is also no question about Zamora's reliability. He is a serious police officer, a pillar of his church, and a man well versed in recognizing airborne vehicles in his area. He is puzzled by what he saw, and frankly, so are we. »« Il n'y a aucun doute que Lonnie Zamora a vu un objet qui lui a fait une sacrée impression. Il n'y a pas non plus de doute sur la fiabilité de Zamora. C'est un policier sérieux, un pilier de son église et un homme versé dans la reconnaissance des aéronefs dans sa région. Il est intrigué par ce qu'il a vu, et franchement, nous aussi. ».

La rencontre de Valensole (1965)

La rencontre de Valensole est, dans la terminologie des ufologues, un célèbre cas français de rencontre du , où, en 1965, un cultivateur provençal, Maurice Masse, affirma avoir observé un engin du type soucoupe volante posé au sol et deux passagers humanoïdes.

L'ufologue et collectionneur de bandes dessinées Raoul Robé a émis l'hypothèse que le récit de Maurice Masse avait été inspiré par une histoire, « Passagers de soucoupes volantes », publiée en 1950 dans l'illustré À travers le monde. Republiée en 1960, cette histoire présente des points communs avec le récit de Masse : Provence comme cadre, atterrissage d'une soucoupe volante, petits extraterrestres, rayon paralysant. Pour le psychologue Gilles Fernandez, ce scénario est improbable (mais non pas impossible) car il y a peu de similitudes et trop de différences entre « Passagers de soucoupes volantes » et le récit de Maurice MasseGilles Fernandez, « Rencontre Maurice Masse (Valensole, 01/07/1965) : canular inspiré d'une bande dessinée française ? », blog Sceptiques vs. les Soucoupes Volantes, novembre 2017..