vignette|Le Global Village and Discovery Center d'Habitat for Humanity International à Americus, en Géorgie, recrée un bidonville dans le but de sensibiliser les visiteurs à l'existence et à l'insalubrité des logements pauvre dans le monde.

La précarité énergétique est l'état de précarité de personnes, familles ou groupes n'ayant pas un accès normal et régulier dans leur logement ou lieux de vie aux sources d'énergie nécessaires à la satisfaction de leurs besoins primaires, par exemple à cause de bâtiments mal isolés contre le froid ou la chaleur, ou à la suite de l'inadaptation ou du prix des ressources énergétiques. Près d'un milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'électricité, et beaucoup n'ont pas de moyens de se protéger des grandes chaleurs ou du froid, avec notamment des répercussions sur leur santé et l'éducation des enfants (qui par exemple ne peuvent étudier le soir, faute de lumière). La majorité des personnes en situation de précarité énergétique vivent dans des zones rurales d'Afrique et d'Asie.

Ainsi, en France (où en 2025, 36 % des foyers disent peiner à régler leurs factures d'énergie), pour lutter contre la précarité énergétique, la loi climat-résilience interdit la mise en location des logements classés G, F et E lors du diagnostic de performance énergétique, familièrement qualifiés de « passoires thermiques »Que choisir - Loi Climat et résilience, les passoires thermiques dans le viseur - 26/08/2021Grandclément, C., & Mallard, A. (2024, March). Identifier, qualifier et dénombrer les passoires énergétiques. Les réglages techno-politiques d'un problème public. In Journées d'étude" Rénover pour la transition" |url=https://shs.hal.science/halshs-04887234/file/Grandcl%C3%A9ment-Mallard_JER%C3%A9noverPourLaTransition.pdf, respectivement à partir de 2025 (classe G), 2028 (classe F) et 2034 (classe E)Que choisir - Marché immobilier, les ventes de logements classés F et G explosent - 26/11/2021 : « Le résultat de la loi Climat et résilience ne s'est pas fait attendre. Alors qu'elle gèle le loyer des logements classés F ou G dès 2022, qu'elle interdit leur mise en location dès 2025 pour ceux qui sont notés G, dès 2028 s'ils sont en F et 2034 s'ils écopent d'un E, de nombreux propriétaires préfèrent s'en débarrasser au plus vite. » et impose des gels de loyers pour les locataires déjà titulaires d'un bail dans ce type de logements.

Cette question soulève des enjeux climatiques, de bon état écologique et de respect des limites planétaires, car le chauffage et le fonctionnement de l'habitat sont une source (directe et indirecte) d'importantes émissions de gaz à effet de serre, qui peuvent être atténuées par l'efficience énergétique, laquelle diminue à la fois les dépenses et le gaspillage de carburants.

Éléments de définition La notion de précarité énergétique désigne l'état de précarité de personnes, familles ou groupes n'ayant pas un accès normal et régulier dans leur logement ou lieux de vie aux sources d'énergie nécessaires à la satisfaction de leurs besoins primaires. Elle est dans une certaine mesure relative (relative notamment aux rigueurs du climat de la région considérée) et liée aux besoins énergétiques du foyer..

Trois principales causes directes de précarité sont : une mauvaise conception et/ou isolation des bâtiments contre le froid ou la chaleur ; des comportements, volontaires ou non, de gaspillage d'énergie ; un prix des ressources énergétiques en interdisant l'accès aux moins riches.

En France métropolitaine, l'« indécence énergétique » désigne, dans le cadre de la réglementation, le cas de logements consommant trop d'énergie pour permettre des conditions de vie correctes et éviter des gaspillages. Plus précisément, selon le décret du ., un logement est jugé énergétiquement indécent s’il consomme plus de 450 kilowattheures d’énergie finale par mètre carré par an (évaluation réalisée via le diagnostic de performance énergétique défini à l’article L. 134-1 du Code de la construction et de l’habitation). Ces logements ne peuvent pas être loués, pour ne pas exposer les locataires à des conditions de vie potentiellement dégradées et à des factures énergétiques excessives. Ce mécanisme s’inscrit dans les stratégies de lutte contre les passoires thermiques et de transition énergétique..

Hormis dans le bâtiment très basse consommation (BBC) ou à énergie positive, un accès important et généralement payant à une ou plusieurs sources d'énergie sont indispensables pour se chauffer (ou climatiser), s'éclairer et faire fonctionner des appareils essentiels (souvent électriques).

Pauvreté ou précarité énergétique ? La pauvreté énergétique est un stade ultime de la précarité énergétique qui relève d'une difficulté à accéder techniquement pour son logement à des sources d'énergie outre le fait d'avoir des difficultés à les payer.

Dans les pays développés États-Unis Sous la présidence de Barack Obama, malgré les effets de la crise économique de 2008 qui affectait le pays, les aides aux plus « démunis énergétiques » ont été multipliées par 20 en quelques années, passant, grâce notamment au programme Low Income Energy Assistance Program (4,71 milliards de dollars en 2010, avec des aides atteignant par ménage) de 230 millions de dollars à 5 milliards ! citant ()«Précarité énergétique – des instruments d'intervention contrastés » Aurélie Goin et Hannah Schwind (École polytechnique) – Références économiques pour le développement durable n° 20 - 2011- Conseil économique pour le développement durable.

En Europe En Europe, la précarité est l'un des grands facteurs d'injustice environnementale. et a trouvé une première conceptualisation au Royaume-Uni dès 2001 qui évoque depuis lors la "Fuel poverty" (ou pauvreté énergétique) comme le rappelle le Think Tank Solidarité.

Les usagers européens vulnérables sont reconnus par les directives électricité et gaz de 2009. La directive adoptée le sur le marché intérieur de l'électricité exige des États membres qu'ils prennent les mesures pour protéger le consommateur final et en particulier les usagers les plus vulnérables et pour aider à l'amélioration de l'efficacité énergétique des logements (considérant et points 7 et 8 de l'article 3). La directive adoptée à la même date sur le marché intérieur du gaz naturel présente les mêmes exigences que la directive sur le marché intérieur de l'électricité (considérant et points 3 et 4 de l'article 3). En application du principe de subsidiarité, il appartient à chaque État-membre d'orienter sa politique énergétique avec ses opérateurs.

Alors que l'Europe affiche sa politique de lutte contre les précarités en 2010, c'est sans doute via la politique de logement que les progressions sont les plus attendues.

En France Définition On considère généralement que la précarité énergétique commence en France quand un ménage consacre plus de 8 % de ses revenus aux dépenses d'énergie dans le logement. Pour l'ADEME (2008), "les ménages les plus pauvres consacrent 15 % de leur revenu aux dépenses énergétiques contre seulement 6 % pour les plus riches"https://www.inegalites.fr/IMG/pdf/ADEME-Strategie_Etudes11-De-pensesEnergieMe-nages-4-_0908.pdf.

Selon la loi du portant engagement national pour l’environnement, « est en situation de précarité énergétique une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou conditions d’habitat ». C'est également la définition utilisée par l'Observatoire National de la Précarité Énergétique (ONPE).

En 2025, selon le médiateur national de l'énergie auditionné par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, 75 % des Français ont volontairement restreint leur chauffage et 36 % ont déclaré rencontrer des difficultés pour payer leurs factures de chauffage, contre 28 % l'année précédente.

Évaluations En 2010-2012 l'énergie représente en moyenne 7,7 % de la consommation des ménages français, et le seuil de précarité énergétique est situé à 10 % des revenus ; 9 millions de Français étaient touchés par la précarité énergétique.. En 2012 3,8 millions de ménages, pour 90 % dans le parc privé, et des propriétaires dans 62 % des cas, souvent ruraux, âgée et vivant dans un habitat ancien (avant 1975, date de la thermique). La rénovation énergétique s'est le plus concentré dans l'ouest et le nord du pays..

En 2013, l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) publie un rapport analysant l'ampleur du phénomène de précarité énergétique grâce à l'Enquête nationale logementhttps://onpe.org/etudes-et-rapports/statistiques#enqu%C3%AAtes-nationales-logement ; novembre 2016 - 12 p. - 67 p. - Réf. 010125 (présentation & téléchargement et synthèse)..

En 2014, selon l'ONPE, sur la base d'un elle toucherait 5,1 millions de ménages et non pas neufLogement : la précarité énergétique touche 5,1 millions de ménages , sur le site Vie publique, mis en ligne 2014-10-06.

En 2018, l'ONPE estime que près de 5 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique, malgré les aides financières du Fonds de solidarité pour le logement (FSL), les tarifs sociaux de l'énergie et les aides à la rénovation ou à l'isolation du logementAdeme 2018) La précarité énergétique, Ademe, mis à jour le 10/08/2018. Fin 2018, en complément de l'enquête nationale sur le logement (faite tous les 7 ans), l'ONPE a produit un nouvel indicateur annuel dit de « taux d'effort énergétique »; il correspond au nombre de ménages pauvres et modestes qui consacrent plus de 8 % de leur revenu pour payer la facture énergétique de leur logement. Sa première version concerne 2017 : cette année là près de 12 % des ménages (3,3 millions de ménages ou 6,7 millions de personnes) étaient concernés. Trois ménages sur dix se chauffent moins qu'ils ne le souhaiteraient et un sur dix a des difficultés à régler ses factures d'énergie. En 2017, « ont subi une intervention d'un fournisseur d'énergie (réduction de puissance, suspension de fourniture, résiliation de contrat) suite aux impayés d'énergie ». Une légère amélioration est enregistrée sur 5 ans (de 2013 à 2017) en partie grâce à des hivers plus doux et en partie grâce à la baisse des consommations d'énergie des logements.".

En 2019, près de 3,6 millions de personnes ont froid dans leur logement, et 44 % de plus qu'en 2006 se privent de chauffage à cause de son coût..

En , 36 % de foyers français ont peiné à payer leurs factures d’énergie dans les 12 mois précédent (contre 28% des foyers en 2024 et 18% en 2020), fait aggravé par la hausse des prix et le retard du chèque énergie, poussant le médiateur à réitérer sa demande d'interdiction des coupures d’électricité pour impayés, et un droit à une alimentation minimale en électricité..

Mesures

La CAPEB et l'ANAH ont mi-2011 signé une convention de partenariat, dans le cadre d'un programme « Habiter mieux », visant la réhabilitation thermique de 300.000 logements privés avant 2017. La Région Nord-Pas-de-Calais et l'ADEME soutiennent un programme éco-rénovés, intégré dans une démarche de renouvellement urbain au regard de la lutte contre le changement climatique, avec une idée de « massification » de la réhabilitationADEME et Région Nord-Pas-de-Calais, Appel à projets Lutte contre le changement climatique en Nord‐Pas-de-Calais : Recherches appliquées dans le domaine de l'habitat et de l'urbanisme Année 2011 (consulté le 24 juin 2011)..