Saint-Léonard de Fougères est un lieu de culte catholique, une des églises paroissiales de Fougères, en France. Le culte, la messe catholique, dans cette église a lieu tous les dimanche à 11h00. Elle est située dans la haute ville au voisinage immédiat de l'hôtel de ville et du jardin public. L'impasse Saint-Léonard la sépare de l'ancien siège de la Chambre de commerce et d'industrie du pays de Fougères.

Histoire L'église Saint-Léonard a été érigée au par les moines de Pontlevoy sur le plateau qui domine le château de Fougères. Cette fondation est consécutive à un différend afférent à l'église Saint-Nicolas, lequel les ayant opposés aux religieux de Marmoutiers devait les léserChanoine Amédée Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes, Fougeray et Paris, René Haton, 1880-1886, 6 vol. in-8° br., couv. impr. (disponible sur Gallica).. Très vite, Saint-Léonard est devenu la paroisse du bourg-neuf de Fougères. Elle a été reconstruite de 1407 à 1636 dans un style gothique flamboyant afin de satisfaire aux exigences de l'accroissement démographique que connaissait alors la cité. Profané à la Révolution, l'édifice a été profondément remanié au par les architectes Tourneux et Prioul, avec notamment la réorientation du sanctuaire, son agrandissement et l'édification d'une nouvelle façade principalePrésentation de l'église Saint-Léonard par l'office du tourisme..

L'église a fait l'objet d'une inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le .

Architecture

Extérieurs Saint-Léonard de Fougères constitue un exemple typique des édifices religieux construits en Haute-Bretagne à la fin du Moyen Âge. Dépourvue de transept, terminée par un chevet plat, son ample nef est accostée d'une enfilade de chapelles construites au gré des fondations et des besoins d'une population croissante. Pour autant, l'église présente des façades homogènes à pignons multiples, les bâtisseurs s'étant astreints à édifier des chapelles régulières. Le côté nord, tourné vers la ville, présente une ornementation sensiblement plus riche (galerie renaissance, gâbles ornés de feuillages et choux frisés, extrados d'une fenêtre agrémenté d'une représentation du péché originel, pinacles sculptés, gargouilles...) que le collatéral sud que bordaient les remparts.

La façade principale date du et remplace le chœur originel. Posée sur un haut emmarchement, véritable dentelle de pierre, elle transpose les modèles des grandes façades flamboyantes d'Ile-de-France (Beauvais, Senlis, Sens ou Meaux) sous les cieux bretons, utilisant avec brio le kersanton pour un résultat des plus gracieux. La porte principale, au tympan ajouré, est entourée de contreforts sommés de pinacles, un gâble couronnant le tout et interrompant une première galerie ouvragée bordant une terrasse sise à mi-hauteur. En retrait, une rose de six mètres de diamètre constitue l'ornement majeur du frontispice. Une seconde balustrade surmonte l'étage intermédiaire qu'achève un fronton orné de motifs feuillagés. Deux puissants contreforts, agrémentés de pinacles et terminés par des clochetons, équilibrent les lignes horizontales des degrés ou galeries, concourant même à un certain élan ascensionnel de l'ouvrage.

Le clocher, édifié en granit d'extraction locale, contraste avec la couleur grise du kersanton. Si sa base constitue la partie la plus ancienne de l'édifice, les étages supérieurs trahissent les signes d'une renaissance tempérée par la taille difficile de la pierre. Dotée de gargouilles en forme de canons et d'une galerie renaissance, la tour s'achève par haut beffroi couronné par un dôme à lanternon.

Intérieur thumb|Vue intérieure de l'édifice. L'église Saint-Léonard de Fougères présente un plan de type basilical des plus simples. Il s'agit en effet d'une ample nef de neuf travées accostée de collatéraux, la première travée constituant une sorte de narthex ouvrant sur deux chapelles (dont une sous la tour). L'édifice s'apparente à une église halle, le douvis couvrant la nef principale ayant cependant été porté à une hauteur supérieure aux voûtes des nefs secondaires au cours du .

L'élévation est à deux étages: grandes arcades portant une arcature continue que coiffe un douvis rythmé par des arcs doubleaux. L'éclairage directe de la nef reste parcimonieux: si la maîtresse-vitre occidentale et la rosace orientale y concourent, ce sont bien plus les fenêtres des collatéraux qui permettent d'assurer indirectement une certaine luminosité au vaisseau central.

Originellement, ces collatéraux consistaient en une suite de chapelles indépendantes. La régularisation du plan de l'édifice au a sensiblement modifié la perception des volumes, la distribution des espaces et la circulation interne. Le couvrement des collatéraux par des voûtes d'ogives en pierre et la décoration des chapelles sud (tabernacles et crédences lavabos) attestent encore partiellement des dispositions primitives.

L'espace liturgique du chœur est singularisé par la présence d'un arc triomphal à son entrée et le voûtement d'ogives des deux dernières travées de l'église. Ces dernières datent du qui vit le changement d'orientation de l'édifice, la façade principale étant désormais tournée vers la ville haute.

Vitraux La majeure partie des vitraux de l'église Saint-Léonard date de 1959. Le bombardement de la ville en 1944 ayant soufflé les anciennes verrières, François Lorin (1900-1972), maître-verrier à Chartres, a pourvu les fenêtres des collatéraux et du chevet de figures en pied de saints bretons ou ayant fait l'objet d'une vénération particulière au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime : sainte Jeanne de France et sainte Geneviève, saint Yves et le Curé d'Ars, saint Crépin et saint Crépinien, saint Aubert et saint Michel.

L'édifice conserve cependant quelques fragments de sa vitrerie du ainsi que le vitrail le plus ancien de Bretagne qui provient de l'abbaye de Saint-Denis et date du . Ces pièces, exposées dans les chapelles flanquant la façade principale de Saint-Léonard, ont été classées le .

Dans la chapelle des fonts (chapelle nord, sous la tour):

Fragments d'une entrée du Christ à Jérusalem (Rameaux) qui ornait l'ancienne maîtresse-vitre et autres scènes du . Fragments d'une résurrection de Lazare, de Jésus dans le Temple, de la femme adultère.

Dans la chapelle du Sacré-Cœur (chapelle sud):

Déploration sur le corps du Christ, donateur et Saint-Yves. Rondel du présentant deux scènes de la vie de Saint-Benoît, provenant de Saint-Denis : Romanus remettant à Benoît sa coule et Benoît nourri le jour de Pâques par un prêtre. C'est le plus ancien vitrail conservé en Bretagne. Il fut donné à l'église Saint-Léonard vers 1898 par Alfred Alexandre Danjou de la Garenne. Ces fragments proviennent de deux verrières commandées par l'abbé Suger entre 1140 et 1144 pour l'église de l'abbaye bénédictine de Saint-Denis.

Mobilier

Les orgues thumb|Grandes-orgues Debierre. Les grandes-orgues ont été construites en 1881 par Louis DebierreAssociation des Amis des Orgues de Saint-Léonard, Fougères, Église Saint-Léonard, Grand Orgue Louis Debierre., plaquette de 8 pages éditée à l'occasion de l'inauguration du Grand Orgue restauré, les 22 et 24 avril 1994.. Elles comportent:

3 claviers manuels et un pédalier, 37 registres pour 34 jeux réels (3 jeux de pédale (*) sont empruntés au Grand-Orgue), la traction électropneumatique des claviers et des jeux. I Grand-Orgue C–gMontre 16′Bourdon 16′Montre 8′Flûte 8′Bourdon 8′Flûte 4′Prestant 4'Quinte 2/3′ II Grand-Chœur C–gFlûte harmonique 8′Salicional 8'Octave 4′Doublette 2′Tierce 1/5′Piccolo 1′Clarinette 8′Fourniture IV Basson 16′Trompette 8′Clairon 4′ III Récit(expressif) C–gQuintaton 16′Flûte traversière 8′Gambe 8′Bourdon 8′Flûte octaviante 4′Octavin 2′Trompette 8′Basson-Hautbois 8′Clarinette 8′Clairon 4′Voix humaine 8'Voix céleste 8' Pédale C–gContrebasse 16′ *Soubasse 16′ Basse 8′ *Flûte 4′ *Bombarde 16′ Trompette 8′

Copulas et Tirasses manuellesTirasses Récit, Grand-Chœur, Grand-OrgueCopulas III/II, III/I, II/IOctaves aigües Grand-Chœur, Pédale

Tirasses Orage, Récit, Grand-Chœur, Grand-OrgueAppels Fonds 8', Fonds 8-4', Fonds et MutationsAppels Anches Pédale, Grand-Chœur, RécitTutti Anches, Tutti Quanti, Trémolo

Pédale d'expression

L'instrument a été inauguré le par César Franck et Eugène Gigout. Originellement d'un seul tenant, le buffet a été modifié en 1902 de sorte qu'il épouse la courbe inférieure de la rosace de la façade principaleMichel Cocheril, Les orgues en Bretagne, Collection Images du patrimoine, , Éditions Ursa, Baillé, 1988, 32p., , .. Classées à titre d'objet pour leur partie instrumentale le , les grandes-orgues de Saint-Léonard ont été restaurées de 1991 à 1994. thumb|Orgue de chœur Debierre. Saint-Léonard compte également un orgue de chœur du même facteur Association des Amis des Orgues de Saint-Léonard, Saint-Léonard, Fougères, Renaissance de l'orgue de chœur, plaquette de 16 pages éditée à l'occasion de l'inauguration de l'orgue de chœur restauré, le 24 septembre 1989. Cet instrument comporte:

deux claviers manuels et un pédalier 10 registres pour 8 jeux réels (les 2 jeux de pédale (*) sont empruntés au Grand-Orgue) une traction mécanique et un tirage de jeux pneumatique.

I Grand-Orgue C–gBourdon 16′Flûte harmonique 8′Bourdon 8' II Récit expressif C–gPrincipal 8′Violoncelle 8'Flûte octaviante 4′Plein-jeu 2-5 rangsTrompette 8′ Pédale C–gSoubasse 16′ * Bourdon 8′ *

Tirasses Récit, Grand-Orgue

Copula II/I, II/I 4'

Cet orgue de chœur possède en outre 5 combinaisons fixes et progressives. Il a été classé le pour sa partie instrumentale.

Statues et tableaux Groupe de l'éducation de la Vierge (originellement statue trinitaire de Sainte-Anne, la Vierge et Jésus, l'enfant ayant été buché depuis), œuvre flamande datant du premier quart du , classé le .

Statue de Sainte-Marguerite, du quatrième quart du , classée le .

Statue de la Vierge à l'Enfant, sculptée en 1873 par Amand Harel, artiste originaire de La Selle-en-Luitré.

L'église Saint-Léonard conserve deux tableaux des frères Devéria classés à titre d'objet le :

l'Assomption: tableau d'Eugène Devéria (1835).

la résurrection de Lazare: seul tableau d'Achille Devéria conservé à Fougères (1835).

Originellement, sept tableaux des frères Devéria ornaient l'égliseAutour de Delacroix : la peinture religieuse en Bretagne au siècle., Vannes, Musée de la Cohue, 1993, catalogue bis, .. Quatre furent dans un premier temps réalisés par Eugène en 1834: l'Adoration des mages, le Christ au milieu des docteurs, la descente de Croix et la Résurrection et . Ils se trouvent actuellement au couvent des urbanistes et ont été classés le . Cet ensemble fut complété par les deux tableaux exposés in situ ainsi que par un tableau de chevalet, classé le , qui orne actuellement le salon des mariages de l'Hôtel de Ville. Cette œuvre a pour thème la présentation au temple.

La réalisation de ce corpus exceptionnel s'explique par le fait que les artistes, outre qu'ils étaient familiers de Victor Hugo, dont la maîtresse Juliette Drouet était fougeraise, avaient pour ami un des membres du conseil de fabrique de Saint-LéonardDidier Rykner, Nouvelles acquisitions du Musée des Beaux-Arts de Pau., La tribune de l'art, article du 22 février 2005. Article afférent à l'acquisition de cinq esquisses préparatoires à ces tableaux par le musée de Pau. Ce fut par ailleurs l'occasion de remeubler l'église qui avait été profanée et saccagée au cours de la période révolutionnaire.

Autres œuvres d'art thumb|Maître-autel de Saint-Léonard par Poussielgue-Rusand. Chaire à prêcher de 1716.