Maxime Weygand, né le à Bruxelles (Belgique) et mort le à Paris (Seine), est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur, médaillé militaire et membre de l'Académie française. Il joue un rôle important lors des deux guerres mondiales.

Bras droit du maréchal Foch au début de la Première Guerre mondiale, il est notamment chargé, le , de lire les conditions de l'Armistice dans la clairière de Rethondes à la délégation allemande.

Nommé le , par le président du Conseil Paul Reynaud, commandant en chef de l'armée française en remplacement du général Gamelin, il ne peut pas empêcher la défaite lors de la bataille de France. Il est alors le premier à se déclarer partisan d'un armistice (comme lors de la Première Guerre mondiale) avec l'Allemagne alors que le président du Conseil et d'autres membres du gouvernement sont partisans d'abandonner le territoire métropolitain et de poursuivre la lutte depuis l'Afrique du Nord avec les Britanniques.

Le , il devient ministre de la Guerre du gouvernement Pétain, prépare l'armistice, signé le , puis participe durant deux mois au gouvernement de Vichy, avant d'être nommé, le , délégué général pour l'Afrique du Nord. Il réorganise l'armée d'Afrique en vue de la reprise des combats. Rappelé et relevé par Pétain de son commandement en sous la pression allemande, il est assigné à résidence dans une villa en Provence.

Arrêté par la Gestapo la veille de l'invasion de la zone libre par les Allemands le , il est incarcéré en Allemagne et interné jusqu'à la fin de la guerre. Arrêté à son retour d'Allemagne, accusé de haute trahison et emprisonné par le Gouvernement provisoire de la République française dirigé par le général de Gaulle, il bénéficie d'un non-lieu en 1948. Il se fait le défenseur de la mémoire du maréchal Pétain et soutient les partisans de l'Algérie française pendant la guerre d'Algérie.

Mystère de sa naissance gauche|vignette|Maxime Weygand enfant (adulte en médaillon). gauche|vignette|Maxime Weygand enfant. Weygand est né le à Bruxelles, de parents inconnus. C'est le médecin accoucheur, le docteur Louis Laussedat, qui, deux jours plus tard, déclara à l'état civil la naissance de l'enfant, répondant au prénom de Maxime.

Selon certaines sources et rumeurs diverses, nées après la Grande Guerre : aucune allusion à une naissance princière ou royale n'existe avant la fin de la Grande Guerre. La légende proviendrait simplement des circonstances curieuses de sa naissance, et de la quasi paronymie entre les noms Vaughan (qui était le nom de Blanche Delacroix, dite la baronne de Vaughan, maîtresse de Léopold II que ce dernier épousa religieusement sur son lit de mort) et Weygand, d'autant que celui-ci se prononce Végand en France., il serait le fils illégitime de l'impératrice Charlotte du Mexique, fille du roi des Belges , et du colonel (et futur général) Alfred van der Smissen (1823-1895), commandant du corps d'armée belge qui avait accompagné les troupes françaises du maréchal Bazaine lors de l'expédition au Mexique sous le Second Empire. Cette thèse est étudiée parmi d'autres par Dominique PaoliDominique Paoli, Maxime ou le secret Weygand, Éditions Racine, Bruxelles, 2003 .. Pour conforter cette hypothétique filiation, d'aucuns font remarquer la ressemblance entre Van der Smissen et Weygand adulte, comme cela apparaît lorsque l'on confronte leurs deux photographies, ainsi qu'elles furent présentées dans une émission de télévision du journaliste d'histoire Alain Decaux. C'est aussi l'opinion du journaliste spécialisé en histoire André Castelot à qui le roi des Belges a déclaré Maximiliano y Carlotta, Mexico 1987.. Cependant l'impératrice Charlotte n'est revenue en Belgique qu'en , soit bien après la déclaration de naissance de Maxime en ., ce qui rend cette hypothèse d'une maternité de l'impératrice Charlotte quasi impossible.

Le général de Gaulle, quant à lui, ne se privait pas de relier la naissance de Weygand à l'expédition du Mexique. Ainsi, en 1964, lors d'un conseil des ministres où était préparée la visite officielle de Charles de Gaulle au Mexique, le ministre des Armées Pierre Messmer annonça que la France allait restituer les fanions de l'armée mexicaine pris lors de l' Expédition du Mexique sous , et déclara que cette guerre n'avait rien rapporté à la France. Le général l'interrompit et lui dit : Raymond Tournoux, Pétain et de Gaulle, Paris, éd. Plon 1960 275 (voir aussi du même auteur Pétain et la France, La Seconde Guerre mondiale, 1980).. Ceci montre que le général de Gaulle avait entendu les rumeurs sur la naissance de Weygand, mais non que ces rumeurs étaient prouvées.

Selon une autre thèse, celle de Charles Fouvez, qui a publié en 1967 Le Mystère Weygand, il serait le fils illégitime du roi des Belges . Bien qu'aucune preuve formelle ne soit apportée, il existerait un faisceau d'indices formant, d'après cet auteur, des quasi-preuves. Dans le périodique Histoire pour tous d', l'auteur confirme sa conviction sur la base du courrier reçu par luiPour , il n'y a dans ce courrier que des "on-dit" car il s’agit d’une lettre, datée de Nîmes, du 19 mars 1968, appartenant à M. Ch. Fouvez à qui la lettre a été adressée par M. J. Gaultier. D’après cette lettre, l’oncle défunt d’un certain M. Jean Gaultier, qui était apparenté à la famille de Joachim Murat, aurait rencontré Weygand vers 1906 chez la comtesse de Flandre, et celle-ci lui aurait confirmé la maternité de sa belle-sœur, tout en taisant le nom du père !. Aucune crédibilité ne peut donc être attachée à une telle lettre. après la publication de son livre. De plus, d'après Fouvez, la mère de Weygand serait la comtesse Kosakowska, épouse d'un aristocrate russe d'origine lituanienne.

Selon Bernard Destremau, auteur d'une biographie de Weygand en 1989, trois hypothèses seraient principalement à retenir : La plus probante pour l'auteur s'appuie sur la confidence, déjà faite à André Castelot, par le roi des Belges , suivant laquelle Maxime Weygand serait bien le fils du colonel van der Smissen et de Charlotte de Belgique, impératrice du Mexique. Cette possibilité est rendue plausible par la ressemblance entre Weygand et van der SmissenPage présentant, parmi d'autres, le colonel van der Smissen photographié par Ghémar frères, page présentant un livre sur Weygand avec ce dernier en couverture. et a été soutenue par Dominique Paoli dans son livre Maxime ou le secret Weygand. Depuis lors, Dominique Paoli a reconnu que cette thèse était erronéeVoyez l'article de Christian Laporte, dans le journal La Libre Belgique du 16 décembre 2008 sous le lien .. Pour mieux approcher le problème, il faut savoir que le colonel van der Smissen commandait le corps militaire belge au Mexique. Cette unité avait été jointe aux forces françaises envoyées par l'empereur des Français . Celui-ci voulait profiter de l'installation d'un nouveau régime au Mexique pour y étendre l'influence française en soutenant le nouvel empereur du Mexique, l'Autrichien Maximilien. L'épouse de celui-ci étant la fille de Léopold , roi des Belges, ce dernier joignit des forces belges à l'expédition française, peut-être dans le cadre d'ambitions coloniales qu'il avait déjà tenté d'orienter vers la Colombie. Après avoir exercé un commandement dans plusieurs batailles, dont la victoire de Loma, van der Smissen devint l'aide de camp de l'impératrice Charlotte. Cette thèse ne peut cependant pas être soutenue si l'on sait que l'enfant est né à Bruxelles plus de six mois avant le retour de l'impératrice Charlotte en Belgique ; une autre hypothèse, évoquée par Dominique Paoli, maintient la paternité de van der Smissen, mais pense que la mère serait peut-être Mélanie Zichy-Metternich (1832-1919), fille du prince de MetternichArticle « Qui furent les parents de Maxime Weygand ? » basé sur le livre de Dominique Paoli, , sur dhnet.be. ; une autre rumeur impliquerait toujours l'impératrice Charlotte, mais cette fois-ci avec un médecin mexicain d'origine indienne, ce qui pourrait être illustré par un certain type physique aux yeux légèrement bridés qui s'accentua avec l'âge chez Weygand. Mais van der Smissen présentait également cette caractéristique. L'amiral Philippe de Gaulle reprend l'hypothèse de son père Charles de Gaulle qui présume que Weygand est le fils de l'empereur du Mexique Maximilien et d'une Mexicaine, recueilli au premier âge par Léopold II de Belgique puis confié au docteur Weygand. Thèse erronée puisqu'il n'existe pas de docteur Weygand.

vignette|redresse|David de Léon Cohen en 1879.