Principaux ouvrages sur ce thème Principaux romans et essais Le Silence des armes Le massacre des innocents Lettre à un képi blanc Les Grands Malheurs La peur et la honte, préface à J'avais six ans à Hiroshima. Le 6 août 1945, 8h15 de Nakazawa Keiji

Principaux Récits et témoignages Bernard Clavel, qui êtes-vous ? Écrit sur la neige Bernard Clavel (Ragon) Préface Défense de Jean-Marie Deveaux à l'ouvrage L'Affaire Deveaux Préface au livre de Claude Mossé Mourir pour Dacca Paroles de paix Cent poèmes pour la paix

L'écrivain Bernard Clavel a œuvré tout au long de sa vie pour défendre la paix et les droits de l'homme à travers le monde, pour lutter contre la guerre qui lui apparaît comme le principal fléau qui menace l'humanité. Son action s'est traduite par son engagement pour défendre avec ses amis et les associations auxquelles il a adhéré, les droits des personnes, en particulier ceux des enfants, lutter contre la famine et la guerre. Elle se retrouve aussi dans ses écrits, que ce soient des romans, des essais ou dans les nombreux articles qu'il a écrits.

Présentation générale Très tôt, Bernard Clavel a été confronté à l'injustice et même à la violence pendant son apprentissage de pâtissier à Dole. Il sera marqué pour la vie par cette expérience traumatisante qu'il a relatée dans son roman La Maison des autres, tome I de sa suite romanesque La Grande Patience. Il pense que « la lutte pour une meilleure justice s'inscrit au chapitre du combat pour un monde enfin préservé de la haine, pour un humanité plus humaine.Pour ce que Lecoin appelait 'la patrie humaine'. »

1959 : Dans un passage de son roman L'Espagnol, il parle de La peur de Pablo confronté, alors qu'il se trouve dans un maquis de la Résistance en 1944, à la torture d'un homme, collaborateur sans doute, mais qui lui est insupportable. Cet épisode est éminemment autobiographique et Pablo n'est autre que le jeune Bernard Clavel face aux cris d'un homme qu'on torture et dont il ne peut supporter la souffrance, épisode qui a joué un rôle certain dans son évolution vers la non-violenceVoir son ouvrage autobiographique Bernard Clavel, qui êtes-vous ?.

Août 1977 : Bernard Pivot interviewe Bernard Clavel au sujet de son dernier roman La lumière du lac tome II de la suite romanesque intitulée Les Colonnes du ciel, l'histoire de paysans jurassiens qui durant l'hiver 1639 fuient la guerre pour s'installer dans le Pays de Vaud à Morges quand débarque un médecin qui veut sauver tous les enfants. C'est un médecin Engagé dans la paix dit Bernard Pivot, le genre d'homme que Bernard Clavel rencontre à l'époque de son engagement et qui l'a fortement marqué dans le portrait de son personnage.

Le romantisme du soldat, qu'il a cultivé dans sa jeunesse à travers la figure de son oncle capitaine dans l'armée d'AfriqueVoir son roman Le Soleil des morts où son oncle en est la figure centrale, qui a nourri son imagination d'enfantVoir son roman, largement inspiré de souvenirs d'enfance et intitulé Quand j'étais capitaine, est bien loin désormais.

Le Silence des armes Bernard Clavel publie en 1970 le roman Le silence des armes. Il y dénonce les ravages de la guerre à travers l'histoire d'un soldat perdu de la guerre d'Algérie qui a vécu les massacres de l'armée française et le recours à la torture, un soldat qui, lors d'une permission dans son village ne peut plus supporter de se taire et de participer à cette 'sale guerre'. Clavel dira qu'il n'y a pas de sale guerre ou de guerre juste, par définition la guerre est sale et injuste. Il faut alors lutter contre son principe même, profiter d'un temps de paix pour agir et mettre toute guerre hors la loi.

Son roman provoquera de nombreuses polémiques, en particulier avec un soldat, le caporal Mc Seale auquel il répondra dans une lettre au ton de véritable essai sur les ravages de la guerre et l'argumentation des militaristes dans sa Lettre à un képi blancVoir La guerre inhumaine, repris dans la biographie de Michel Ragon Bernard Clavel.

Le massacre des innocents Deux rencontres vont jouer un rôle essentiel dans l'évolution de Bernard Clavel et son engagement dans la lutte contre la guerre, la famine et la reconnaissance des droits de l'enfant. D'abord sa découverte de la gravité de la situation dans de nombreuses régions du monde. Il racontera son parcours et ses réactions face à la terrible réalité à laquelle il est confronté dans un essai-témoignage intitulé Le massacre des innocentsVoir aussi l'extrait paru dans la biographie de Michel Ragon Bernard Clavel parue chez Seghers où les innocents dont il parle sont surtout des enfants. Dans sa préface au livre de Claude Mossé Mourir pour DaccaVoir Claude Mossé Mourir pour Dacca, éditions Robert Laffont, 1972, il écrit que quand il entend le cri d'angoisse que lance Claude Mossé concernant les enfants du Bangladesh, il décide immédiatement de partir avec lui. Et ce qu'il voit est terrifiant : images insoutenables de ces tueries qui prouvent que « le monde s'habitue à l'horreur », une expérience qui restera pour lui « l'un des passages les plus douloureux de mon existence » ajoute-t-il avant de citer son ami l'écrivain Jean Guéhenno : « La guerre, c'est l'impuissance de l'homme. »Voir Jean Guéhenno Journal des années noires

Pacifisme et droits de l'homme En 1967, quand Bernard Clavel apprend dans quelles conditions son ami l'acteur Jean-Claude Rolland a pu se suicider dans sa cellule où il était emprisonné pour un délit mineur, il s'écrie, indigné : « Il est mort assassiné par un juge d'instruction et par le système pénitentiaire. » D'autres événements vont aussi servir de révélateurs et le conduire à s'engager dans un combat plus centré sur la défense des droits de l'homme.

En 1965, il est confronté à un coup de hasard comme la vie en réserve parfois : lors d'un congrès en Allemagne à Weimar, il fait connaissance avec l'un de ces allemands qu'il a côtoyé en 1942 à la caserne de Carcassonne et qui est devenu depuis le traducteur allemand de l'œuvre de Romain Rolland. Retrouvailles miraculeuses avec celui qu'il n'appellera plus désormais que « mon ami Hans Balzer. » « Souviens-toi, lui écrit-il, Hans mon ami, cette nuit du 16 au dans Weimar endormie. Souviens-toi "jeunes frères ennemis". C'est par ces mots que commence Au-dessus de la mêléeVoir Romain Rolland, Au-dessus de la mêlée, Librairie Paul Ollendorff, 1915 (première édition)... Et cette nuit-là, dans la cité toute imprégnée de souvenirs de Goethe nous devions découvrir soudain que nous avons été cela. »Voir l'article Jeunes frères ennemis, revue Europe, novembre 1965 Il y eut ensuite cette histoire d'erreur judiciaire dans la région lyonnaise qu'il connaît bien pour avoir résidé 15 ans à Lyon, ce qu'on a appelé L'Affaire Deveaux, du nom de ce jeune homme condamné aux assises à vingt ans de prison pour le viol et le meurtre d'une fillette. Procès bâclé selon les tenants de la révision du procès dont faisait partie Bernard Clavel car à l'époque, l'appel en cours d'assises n'existait pas encoreVoir sa préface Défense de Jean-Marie Deveaux à l'ouvrage L'Affaire Deveaux, Éditions et Publications premières, Paris, 1969. Dans cette logique, il écrira aussi cette même année 1969, une lettre pamphlet très ironique au maire de Gambais pour se plaindre qu'on ne fête pas dans sa commune le centième anniversaire de la naissance de Landru, qu'il traite de modeste artisan à côté d'un Napoléon et dont il fait toujours ironiquement un précurseur des chambres à gazVoir sa Lettre au maire de Gambais dans la biographie de Michel Ragon Bernard Clavel parue chez Seghers.

Liberté et objection de conscience Tenant à la fois du refus de la guerre, de l'armée et de la défense des droits de l'homme se situe son combat pour faire reconnaître l'objection de conscience et en faire un droit de la personne humaine, non une simple preuve de lâcheté. Ce combat aussi prend racine dans une rencontre d'un homme pour qui il avait un respect immense et qui deviendra l'un de ses grands amis : Louis Lecoin. Il a souvent reconnu la valeur de l'homme, lui rend un hommage appuyé dans un chapitre de son essai Lettre à un képi blancLouis Lecoin et l'objection de conscience, repris dans la biographie de Michel Ragon Bernard Clavel (pages 142-146) Il écrira souvent des articles dans sa revueRevue Liberté de Louis Lecoin, articles de Bernard Clavel sur le pacifisme et l’objection de conscience et préfacera l'un de ses ouvragesÉcrits, Louis Lecoin, extraits de 'Liberté' et de 'Défense de l'homme', Union pacifiste de France (UPF), Boulogne, 255 pages, 1974.

Le , 150 personnes accompagnent une délégation du Comité lyonnais pour la reconnaissance légale de l'objection de conscience, avec notamment Bernard Clavel, Jean-Pierre Lanvin, et le pasteur Jean Lasserre, qui se rend à la Préfecture du Rhône pour réclamer un statut pour les objecteurs de conscience.

« Le pacifisme sans l’antimilitarisme est aussi stupide qu’un escalier sans marches. », estime Clavel en 1991 dans un entretien vidéo que lui consacre Bernard Baissat. Il rédige des articles dans le journal de l’Union pacifiste de France. En , avec René Dumont, Théodore Monod, Jean Rostand, Lanza del Vasto et des dizaines de personnes, il signe une lettre de soutien à ceux qui renvoient leurs livrets militaires pour protester contre la force de frappe nucléaire. Il soutiendra le Groupe d’action et de résistance à la militarisation, initiateur de ce document, en particulier lors de ses actions contre le poste de commandement de la force de frappe nucléaire du Mont Verdun.

Il milite également contre la peine de mort avec le père Boyer, ne serait-ce que pour éviter les erreurs judiciaires comme dans 'l'Affaire Deveaux' deviennent irréparables, luttant contre cette fascination devant une exécution, faisant référence au vécu d'Albert CamusVoir l'expérience de son père dans L'Envers et l'endroit qu'il a transcrit dans cette justice implacable qui s'abat sur Patrice Meursaut dans L'Étranger et le condamne à la peine de mortVoir son livre autobiographiques Écrit sur la neige.

Dans le même ordre d'esprit, il prendra toujours la défense des travailleurs, des humbles, peuple qu'il connaît bien puisqu'il se sent 'des leurs', à travers de nombreux articles, avec son ami Michel Ragon par exemplePar exemple, Ils ont semé nos libertés, Michel Ragon, avant-propos de Bernard Clavel, Éditions Syros, 1984 ou dans le cadre de son engagement pour telle ou telle cause qu'il juge juste et tient à défendrePar exemple, Les Travailleurs Face à L'armée, Jean Authier, postface de Bernard Clavel, Moisan Union pacifiste de France.

Paroles de paix Dans les années 2000, il reprendra son combat en publiant un réquisitoire contre la guerre qui couvre l'histoire d'une famille de la première à la seconde guerre mondiale, aux nombreux éléments biographiques, qu'il a intitulé Les Grands Malheurs. À propos de ce roman, Françoise Xénakis écrivait :« Une énorme stature d’écrivain. »

Il va le compléter par la présentation d'un ouvrage basé sur des citations d'écrivains en faveur de la paix, Paroles de paix ainsi que sa participation au livre Cent poèmes pour la paix. Puis il va publier un dernier texte, repris comme préface au livre de Nakazawa Keiji, J'avais six ans à Hiroshima. Le 6 août 1945, 8h15, intitulée La peur et la honte.

La non-violence « La non-violence, cette seule espérance » a-t-il intitulé un chapitre de son livre Écrit sur la neige. C'est ajoute-t-il le thème essentiel de son roman L'Hercule sur la place où les 'forts de foire' savent canalisent leur agressivité. Roman largement autobiographique de sa jeunesse quand il gagnait sa vie de cette façon dans les fêtes foraines avec son ami Kid Léon.