La Macédoine du Nord a déposé sa candidature d'adhésion à l'Union européenne le à Dublin (Irlande). Cette demande est officialisée par la Commission européenne début 2005. Le statut de candidat lui est accordé par le Conseil européen en . Sa demande est déposée treize ans après son indépendance de l'ancienne Yougoslavie.

Parmi les obstacles à l'adhésion se trouvait avant 2019 le débat avec la Grèce autour du nom de la Macédoine, raison pour laquelle elle était officiellement appelée par l'Union « ancienne république yougoslave de Macédoine » (ARYM), plutôt que par le nom constitutionnel de « république de Macédoine ».

Un accord a été trouvé le entre le gouvernement de Macédoine et le gouvernement grec afin de renommer le pays en « république de Macédoine du Nord »., accord approuvé le par l’Assemblée macédonienne. et le par le Parlement grec.. L'accord entre officiellement en vigueur le .

L'adhésion à l'Union a été définie comme la principale priorité stratégique par le gouvernement macédonien.

Après l'adhésion de la Slovénie et de la Croatie à l'Union européenne, la Macédoine du Nord est le troisième pays issu du démembrement de la Yougoslavie à avoir fait une demande d'adhésion à l'Union. Son adhésion est décrite dans une perspective à « moyen long terme ».

Le slogan du gouvernement pour la candidature est « The Sun, too, is a star », en référence au soleil du drapeau de la Macédoine du Nord parmi les étoiles du drapeau européen.

Historique

La Macédoine du Nord a commencé son processus formel de rapprochement avec l'Union européenne en 2000, en entamant les négociations au sujet de l'Accord de stabilisation et d'association avec l'UE. Elle devint le premier pays des Balkans hors UE à le signer le à Luxembourg. L'accord a été ratifié par le Parlement macédonien le , et il entra en vigueur le .

Dépôt de la candidature Le , à Dublin (Irlande), la Macédoine du Nord a déposé sa candidature à l'adhésion à l'Union. Le , le gouvernement macédonien adopte une Stratégie nationale pour l'intégration européenne soutenue par le parlement du pays au travers de sa Commission aux Affaires européennes. Le gouvernement a par la suite entamé les procédures en répondant au questionnaire de la Commission européenne. Ce questionnaire concerne les performances de la Macédoine du Nord en préparant l'adhésion en accord avec les critères de Copenhague, un processus qui prit fin le . Le Conseil européen a officiellement reconnu le statut de candidat le , après une revue et une recommandation de la candidature par la Commission.

Chronologie DateÉvénement La république de Macédoine désigne ses représentants à Bruxelles et accepte l'usage des termes « ancienne […] yougoslave » dans son nom constitutionnel (« république de Macédoine ») dans ses relations bilatérales. La république de Macédoine et l'Union établissent des relations diplomatiques. Les négociations commencèrent par un accord de coopération à large portée dans les domaines commerciaux, financiers et des transports. La mission macédonienne permanente à Bruxelles est élevée au niveau d'ambassade. La Macédoine devient un partenaire du programme PHARE. Les négociations commencent avec un accord de coopération et un accord sur les transports entre la république de Macédoine et les Communautés européennes. Conclusion des deux accords sus-cités. L'accord sur les transports entre en vigueur. L'accord de coopération entre en vigueur. Les premiers pourparlers politiques au niveau ministériel se tiennent à Ohrid, en accord avec l'accord de coopération. Un accord commercial et textile est signé (il est resté en vigueur en 1998 puis a été remplacé par un nouvel accord le ). 21 et Première réunion d'un Conseil de coopération mutuelle à Skopje. Seconde réunion d'un Conseil de coopération mutuelle à Bruxelles. La Commission européenne adopte des directives concernant la coopération et le début officiel des négociations pour une adhésion potentielle. Ouverture de la délégation de l'UE à Skopje ; désignation du premier chef de la délégation. Début du premier cycle des négociations de l'accord de stabilisation et d'association (ASA) Adoption d'une régulation sur la perspective d'une adhésion potentielle par le Conseil européen de Fiera. Initialiation de l'ASA au sommet de Zagreb. Entrée en vigueur du règlement du Conseil sur l'introduction de mesures commerciales exceptionnelles ; la Macédoine rejoint le programme régional CARDS 2002-2006. Accord provisoire sur les dispositions commerciale de l'ASA. L'ASA et l'accord provisoire de le commerce sont signés. Ce dernier accord entre en vigueur le . Protocole supplémentaire sur le vin et les spiritueux, et accord commercial sur les produits textiles Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, se rend à Skopje, confirmant la position de l'Union sur les perspectives macédoniennes d'adhésion. Dernière des six rencontres du Conseil de coopération à Bruxelles. « Déclaration sur la demande d'adhésion à l'UE » signée par le Parlement macédonien. Lors d'une cérémonie à Dublin (Irlande), le gouvernement macédonien soumet sa candidature à l'UE. L'ASA entre en vigueur après sa ratification par les États membres. Première rencontre du Comité de stabilisation et d'association à Skopje. La Stratégie nationale pour l'intégration européenne est adoptée par le gouvernement macédonien. Deuxième rencontre du Conseil de stabilisation et d'association à Bruxelles. Questionnaire sur la préparation d'adhésion soumis au gouvernement macédonien par la Commission européenne. Réponses au questionnaire finalisées par le gouvernement macédonien. Soumission des réponses à la Commission européenne par la délégation macédonienne à Bruxelles. Réception de questions additionnelles au questionnaire de la Commission européenne. Renvoi des réponses aux questions additionnelles à Bruxelles. Recommandation positive de la Commission à l'adhésion macédonienne. Le Conseil européen reconnait le statut de candidat à l'adhésion. La Commission européenne décide de commencer les négociations sur les facilités d'obtention de visa avec la Macédoine. Le Parlement européen publie le Rapport de suivi 2006 relatif à l'ancienne république yougoslave de Macédoine. La Grèce et la Macédoine le définissaient comme une « victoire ». Le rapport est critique envers l'accord bilatéral d'immunités avec les États-Unis (qui viole le principe du statut de Rome) ; échec de la mise en place du principe de Badinter ; l'affaire Khaled El-Masri ; le renommage de l'aéroport de Skopje en « Alexandre le Grand » ; et d'autres problèmes liés à la protection environnementale et les relations de voisinage. Deux propositions d'amendements faisant référence à la Bulgarie et la Grèce à propos de l'échec de la reconnaissance des minorités macédoniennes dans ces pays, et une se référant au nom constitutionnel de la république de Macédoine, ont été rejetées. D'autre part l'UE réitéra que la question de la dénomination du pays ne serait pas considérée dans le processus d'adhésion (bien que la capacité de veto grecque reste intacte). Les eurodéputés issus de la Nea Dimokratia grecque votent en faveur de la résolution ; ceux du parti d'opposition PASOK votèrent contre. À la suite du sommet européen, la résolution du débat sur le nom devint un prérequis à l'adhésion. La Commission européenne recommande de commencer les négociations d'adhésion de la Macédoine. Le Conseil de l'Union européenne reporte à la première partie de 2010 sa décision d'octroi d'une date de début des négociations. Le Parlement européen adopte une résolution pressant le Conseil de donner une date d'ouverture des négociations à la Macédoine. Il regrette que le conflit sur le nom porte préjudice à l'ouverture des négociations. La Commission ouvre un dialogue de haut niveau sur l'adhésion avec la Macédoine. Dans son rapport la Commission recommande l'ouverture des négociations d'adhésion afin d’accélérer les réformes dans le pays favoriser une résolution rapide du conflit sur le nom avec la Grèce sous l'égide de la Commission. La Commission recommande, dans son rapport annuel, l'ouverture des négociations d'adhésion afin d’accélérer les réformes dans le pays et de favoriser une résolution rapide du conflit sur le nom avec la Grèce. La Commission recommande, dans son rapport annuel, l'ouverture des négociations d'adhésion en reconnaissance des efforts accomplis par le pays et afin d’accélérer les réformes. Le Conseil de l'Union européenne décide de l'ouverture des négociations d'adhésion en si les réformes continuent. Entrée en vigueur de l'accord de Prespa mettant fin au différend sur le nom de la Macédoine que celle-ci entretenait avec la Grèce depuis son indépendance ; le pays devient ainsi officiellement la « république de Macédoine du Nord » et la Grèce lève son veto sur l'adhésion du pays à l'UE et à l'OTAN. La Commission européenne recommande l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Macédoine du Nord et l'Albanie.. Les ministres des affaires étrangères des États membres de l'UE donnent leur feu vert pour l'ouverture des négociations d'adhésion de la Macédoine du Nord et de l'Albanie https://www.politico.eu/article/north-macedonia-albania-eu-membership-talks.. La Bulgarie pose son véto à l'approbation du cadre de négociation du fait de la faible mise en œuvre de l'accord d'amitié de 2017 et de l'atmosphère anti-bulgare en Macédoine ainsi que du refus du gouvernement macédonien de considérer les Bulgares comme une minorité nationale. Le parlement bulgare vote la levée du véto à l'ouverture des négociations après la proposition de résolution du conflit entre la Bulgarie et la Macédoine du Nord faite par le président Emmanuel Macron au cours de la Présidence française du Conseil de l'Union européenne du premier semestre 2022. Le parlement macédonien approuve la proposition de la Présidence française : la fin des « discours de haine » contre toutes les minorités et communautés, la reconnaissance par la Macédoine du Nord d'une histoire partagée avec la Bulgarie, l'inscription de la minorité bulgare dans la constitution. Le Conseil européen approuve l'ouverture des négociations.. Clôture de l'examen analytique. Le Conseil de l'Union européenne demande à la Macédoine du Nord de réaliser les modifications constitutionnelles mentionnées dans l'accord de juillet 2022 avant toute convocation d'une conférence intergouvernementaleLe Conseil approuve des conclusions sur l'élargissement.

État des négociations Infrastructures établies pour l'intégration européenne Le gouvernement macédonien a établi une infrastructure de gestion du processus d'intégration européenne sur la base d'un document adopté en 1997 et dont le titre était « Les bases stratégiques de la république de Macédoine pour réaliser l'adhésion de l'Union européenne ». Il s'agissait des institutions suivantes : le Comité pour l'intégration euro-atlantique joue un rôle central dans la prise de décision des politiques du pays dans le processus d'intégration européen. Il est présidé par le Premier ministre et les vice-premiers ministres, et tous les ministres du gouvernement, le gouverneur de la Banque nationale de la république de Macédoine et le président de l'Académie macédonienne des sciences et des arts sont membres du comité. le Comité de travail à l'intégration européenne du gouvernement de la république de Macédoine – il est présidé par les vice-Premiers ministres chargés de l'intégration européenne, dont l'adjoint est le ministre de l'économie. Les membres sont les secrétaires tous les ministères. Il s'agit d'un organe opérationnel et interministériel établissant les méthodes et dynamiques de mise en œuvre des décisions stratégiques, des directives politiques et des priorités du gouvernement, ainsi que le contrôle de la réalisation des tâches concrètes.