Nantes a été présentée en 2004 comme « la ville la plus agréable d'Europe » par le magazine Time, pour ses espaces verts et sa qualité de vie.. Selon le magazine, elle a su attirer de nouveaux habitants par son dynamisme, sa culture et sa créativité. Nantes obtient pour l'année 2013 le titre de « capitale verte européenne »..
Morphologie urbaine Historique du développement de Nantes Site d'implantation Le développement urbain de Nantes est dû à sa position, à l'embouchure de l'Erdre sur la Loire, et, dans une moindre mesure, de celle de la Sèvre nantaise..
Le lit de la Loire est resté navigable pour les navires à fort tonnage jusqu'à ce que ceux-ci dépassent la contenance de , c'est-à-dire jusqu'au . Le port de Nantes s'est donc développé grâce à son ouverture maritime, et comme point de rupture de transport par des navires nécessitant moins de tirant d'eau, vers la région traversée par la Loire, et au-delà la région de Paris et le reste de l'Europe.
Du fait de la confluence de deux rivières relativement importantes, la Loire était, dès l'Antiquité, divisée en plusieurs bras entourant des îles sableuses (aujourd'hui assemblées pour former l'île de Nantes). C'est le premier site depuis l'embouchure, située à à l'ouest, où un pont (ou plutôt une succession de ponts) a pu être construit avant le milieu du , ce qui a fait de Nantes le passage d'un axe routier relativement important, assurant la liaison commerciale terrestre entre la Bretagne et le Poitou, et au-delà vers le sud de la France.
Extension jusqu'au début du La cité gallo-romaine était contenue dans la zone délimitée, au sud, par la Loire, à l'ouest et au nord par l'Erdre, le tout compris dans une enceinte fortifiée. Au Moyen Âge, ces fortifications apparaissent insuffisantes. : la ville s'est développée sur la rive droite de l'Erdre, sous l'effet de l'activité de « la Fosse », devenue le principal port de la ville au détriment des quais longeant, plus à l'est, le mur d'enceinte sud de la cité antique. Un faubourg est apparu, le « Bourg-Main », autour de l'église Saint-Nicolas, et le quartier de la Fosse s'étire le long de la Loire, entre le fleuve et un escarpement rocheux.
Au , une nouvelle muraille est construite, englobant le quartier de Saint-Nicolas, et gagnant sur les zones marécageuses de la rive gauche de l'Erdre. La Fosse n'est pas protégée par ces murailles, renforcées au ., pas plus que les faubourgs du Bourgneuf (au nord-ouest, sur la rive gauche de l'Erdre) et de Richebourg. La présence de la nouvelle muraille va conditionner le développement urbain de Nantes jusqu'à la fin du .
Au , la ville continue de s'étendre au-delà des murailles, notamment le Marchix, au nord-est, qui se voit fortifié par le duc de Mercœur, et le long du quai de la Fosse..
Apparition d'une politique d'urbanisme au La figure emblématique de l'apparition de l'urbanisme dans la ville est Gérard Mellier, maire de 1720 à 1730. Les mesures préconisées ne se limitent pas à la prévention des incendies en imposant l'utilisation de la pierre plutôt que le bois, mais consistent aussi en l'exigence de l'alignement des façades, et à la mise en œuvre de grands chantiers urbain, notamment le lotissement de l'île Feydeau, pour lequel un programme architectural est mis en place, imposant des normes communes aux nouveaux édifices. Les constructions sont établies sur des terrains gagnés sur le fleuve ou les rivières (l'embouchure de la Chézine est canalisée en sous-sol).. Le premier plan de la ville « vue du ciel » est réalisé par Louis Jouanaulx en 1722..
L'enrichissement de la ville au entraîne un besoin croissant de constructions nouvelles, tandis que l'« embellissement » de la ville est devenu une préoccupation de l'autorité municipale. Les projets d'urbanisme visent à élargir les places et les rues, et à urbaniser les îles Gloriette et de la Madeleine. Les freins à ces visées sont la présence des murailles et de nombreux établissements religieux en ville, la densité du bâti et la difficulté technique rencontrée lors des constructions sur les îles de Loire, ainsi qu'en témoigne la déformation des hôtels construits sur l'île Feydeau.. Cette difficulté met provisoirement un terme aux tentatives d'urbaniser les îles et les zones marécageuses. La vieille ville redevient le centre d'intérêt. Le cours Saint-Pierre est aménagé en 1725, et, en 1728, l'ingénieur Jacques Gabriel propose un plan envisageant la destruction des remparts le long de la Loire..
En 1739 et 1742, deux plans sont dessinés pour définir l'élargissement de quelques rues, et préciser certaines servitudes urbaines. Les particuliers sont donc dès lors obligés de suivre certaines normes de construction. Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis, duc d'Aiguillon, ayant, à sa nomination comme intendant de Bretagne, jugé Nantes comme étant sale, inesthétique et encombrée, il confie à Pierre Vigné de Vigny la tâche de concevoir un plan d'urbanisme pour améliorer la ville. Bien qu'architecte réputé internationalement, Vigny commet quelques erreurs d'appréciation, notamment concernant la faisabilité d'implantation d'édifices dans les zones inondables. De plus, son plan très ambitieux, peu précis quant au coût et au financement, est rejeté par les édiles nantais, et le duc d'Aiguillon n'insiste pas.
La place et le financement nécessaires à l'amélioration urbanistique sont trouvés après l'autorisation de destruction des remparts et l'attribution à la ville des terrains ainsi libérés. Jean-Baptiste Ceineray, architecte de la ville entre 1759 et 1780, inaugure l'intervention des autorités dans l'ordonnancement urbain, qui suit dès lors des normes établies, et qui subordonne les constructions privées aux édifices publics et religieux avoisinants.
Mathurin Crucy, successeur et continuateur de Ceineray, supervise la plus spectaculaire opération urbanistique de cette période : l'aménagement du quartier autour de la place Graslin. L'extension de la ville est dès lors planifiée : le quartier de l'entrepôt est d'abord conçu sur un plan, avant d'être mis en œuvre, même si la réalisation n'atteint pas les objectifs initiaux..
L'urbanisme au L'architecte Henri Driollet (1805-1863) symbolise le mouvement Hygiéniste à Nantes. Pourtant choisi, en 1837, au poste d'architecte de la ville pour ses qualités artistiques, c'est lui qui met en place les premiers réseaux publics de distribution d'eau et de gaz à grande échelle. Une de ses réalisations artistiques phares, la fontaine de la place Royale, est d'ailleurs décrite par lui-même comme étant ..
La politique hygiéniste est encouragée par une loi de 1850 facilitant les expropriations des quartiers réputés insalubres. Ceci vise notamment les quartiers du Marchix et de l'Hermitage, ce dernier accueillant les « immigrants » bretons venus de basse-Bretagne.. Les grandes percées Haussmaniennes nantaises sont élaborées, et réalisées jusqu'en 1865. Mais elles se limitent à la prolongation des « voies impériales », en particulier la rue de Strasbourg, fruit d'un ancien projet de traversée de la ville par la voie venant de Rennes, et dont la percée entraîne la destruction de nombreuses habitations, et l'axe composé des actuelles rues du Général-Leclerc-de-Hauteclocque et de l'Hôtel-de-Ville (anciennement rue de Châteaudun et rue Adolphe-Thiers)..
Le chemin de fer arrive à Nantes dans les années 1850, et les îles deviennent un lieu d'implantation de l'industrie, notamment les chantiers navals. La circulation des transports en commun devient un facteur déterminant de l'urbanisme ; dans ce domaine, Nantes a une réputation de pionnière..
L'urbanisme a changé. Les architectes-voyers sont des ingénieurs, qui sont chargés du développement des réseaux de distribution de l'eau, de gaz, d'électricité, d'évacuation des eaux usées et des déchets, des transports. Ils ont supplanté les « artistes » spécialisés dans le décor. La politique urbaine est également une arme. Ainsi, la création des boulevards de ceinture, achevés en 1898, préfigure l'annexion des communes voisines de Doulon et Chantenay.
Le s'ouvre sur une volonté de rationaliser l'extension des villes. Un projet d'urbanisme, intitulé « plan d'extension, d'embellissement et d'aménagement », est établi à partir de 1918..
Le comblement partiel de la Loire et de l'Erdre Le comblement de parties de cours d'eau en centre-ville n'est pas une spécificité nantaise, pas plus qu'elle n'est un cas isolé dans l'histoire de Nantes. L'embouchure de la Chézine est canalisée en sous-sol lors de la création du « quartier de l'entrepôt ». Par contre, l'ampleur des comblements effectués à Nantes entre 1920 et 1940 est hors norme. Cette opération d'urbanisme, justifiée par les crues de la Loire, les nécessités liées aux nouveaux modes de transport, et la volonté de maintenir un tirant d'eau suffisant dans le port de la ville en concentrant le cours de la Loire, transforme radicalement la physionomie de la ville, en faisant naître de vifs regrets de ce que la mémoire collective conserve sous l'appellation de « Venise de l'Ouest ». L'embellissement de la ville envisagé par les urbanistes de l'époque ne s'est pas réalisé..
Dans cette période, Camille Robida et Étienne Coutan établissent le « plan d'extension » de la ville, plan qui concernait , limités au nord par les « boulevards périphériques », englobant les îles (qui devient alors une île d'un seul tenant), et une petite zone sur la rive sud de la Loire. L'architecte urbaniste Georges Sébille revoit l'ambition à la baisse quelques années plus tard, en divisant la zone en une zone moyenne de , et une zone dense de , cette dernière concentrée autour du centre-ville..
La reconstruction après la Seconde Guerre mondiale La ville est frappée par les bombardements alliés lors de la Seconde Guerre mondiale. Les destructions sont nombreuses ; le quartier autour de la rue du Calvaire est rasé ; dans la zone à l'intérieur des « boulevards de ceinture », 11 % des bâtiments sont détruits à plus de 75 %.
L'architecte Michel Roux-Spitz est à la tête de l'équipe qui organise la reconstruction. Il reprend le « plan d'extension », et le « secteur dense » est ramené à une surface de , au nord de la Loire, toujours plus concentré autour du cœur historique.
La fin du Le plan d'extension des années 1920 prévoyait l'urbanisation de l'île Beaulieu. Celle-ci est réalisée à partir de plans élaborés dans les années 1950 et 1960. La ZUP ainsi constituée devait devenir la vitrine de l'urbanisme moderne. Les tours et barres d'habitations, alternées avec des espaces verts, caractérisent cette ville nouvelle. Mais ce projet n'est pas considéré comme une réussite. L'urbanisation ultérieure de la partie est de la même zone s'effectue selon un schéma beaucoup plus classique, avec un retour à l'îlot urbain (groupe de bâtiment entourant un espace clos)..
En 1973 est établi le plan de sauvegarde et de mise en valeur du centre-ville de Nantes, qui concerne un périmètre encore plus restreint que le plan d'extension de l'après-guerre. Le secteur sauvegardé de Nantes couvre . Contrairement à d'autres villes, le centre de Nantes n'a pas souffert de désaffection des classes aisées, et a « bénéficié » des opérations d'urbanisme haussmanniens et d'après-guerre, qui lui ont épargné de gros bouleversements par la suite. L'action urbanistique a consisté principalement, dans les années 1970-1980, à créer des voies piétonnes.
La désindustrialisation de Nantes et le déclin de son port entraînent la désertification de la partie ouest de l'île de Nantes dans les années 1980. Ce phénomène de société pose un problème d'urbanisme qui ne sera résolu qu'au début du (voir la section sur l'île de Nantes). Une tentative d'extension du centre-ville vers l'ancien quartier industriel Madeleine-Champ-de-Mars est lancée dans les années 1980 (édification du centre des congrès, du siège de la banque CIO, etc.), mais le but n'est pas atteint.
La ville au Organisation d'ensemble