La franc-maçonnerie à Besançon commence à partir du , lors de la création de la plus ancienne loge de la ville, la loge . Son ancienneté, son influence sur la franc-maçonnerie au et sa contribution à la survivance d’un système maçonnique particulier, le Rite écossais rectifié. Elle n'est pas la seule institution franc-maçonne de la ville ; en effet, au cours des siècles, les loges et s'ajoutent à la loge , avant que toutes ne fusionnent pour former la loge « Sincérité, Parfaite union et Constante amitié réunies » (SPUCAR).
Histoire
thumb|La plaque du grand séminaire.
En 1764 que la première loge franc-maçonne bisontine est officiellement créée : il s'agit de la loge , qui est établie, d'après des documents, à la Saint-Jean d'hiver (soit le ) sous l'égide du prince de Bourbon-Condé, comte de Clermont, qui est à l'époque le grand maître de toutes les grandes loges de France, ainsi que grâce à Charles-André de Lacoré, intendant de la province de Franche-Comté.. Cependant, un document qui est probablement erroné parle d'une présence franc-maçonne dans la ville à partir de 1720 ; ce qui est peu probable au vu du contexte, la maçonnerie émergent à peine en France à cette époque.
Le fait que la cité soit une ville de garnison n'aura pas d'influence sur les débuts de la maçonnerie dans la région, mais par la suite de nombreuses loges militaires s'implanteront bien qu'elles disparaissaient une fois le régiment parti. Les premiers francs-maçons de Besançon étaient principalement des nobles de la ville et des environs comme son fondateur l'intendant de Lacoré et ses assesseurs ou encore le marquis de Jouffroy d'Abbans, ainsi qu'une trentaine d'ecclésiastiques, présents dans la loge jusqu'à la Révolution. Le fait que des clercs soient francs-maçons est assez rare, notamment parce que la bulle pontificale du formulée par le pape Clément XII intitulée In eminenti apostolatus specula excommunie les catholiques francs-maçons In eminenti apostolatus specula sur le site de la Grande loge anglaise (consulté le ). ; cependant cette bulle ne fut jamais appliquée parce que le parlement de Paris ne l'a jamais enregistrée. L'influence des francs-maçons sur la ville reste assez marginale (par rapport à la loge parisienne des Neuf Sœurs par exemple). En effet, leur principale activité consiste à des actions de bienfaisance envers les Bisontins et notamment en 1778 où ils achètent du blé pour la population en proie à une terrible famine ; ils parrainent également des enfants pauvres pour leur permettre d'aller à l'école.
thumb|left|Le temple des francs-maçons de Besançon, rue Émile Zola.
En 1786, les deux loges de la ville, loges Sincérité et Parfaite union, fusionnent, page 23., et à la veille de la Révolution, on les présente comme les têtes pensantes de la Révolution, même si dans les faits les maçons bisontins sont partagés. Après la Révolution, la loge bisontine Sincérité et Parfaite union se retrouve en clandestinité parce que le gouvernement révolutionnaire les soupçonne de fomenter une opposition ; il faudra attendre 1800 pour qu'elle rouvre ses portes à Besançon. Le seul événement notable de la première moitié du est la fusion de la loge Sincérité et Parfaite Union avec la loge Constante Amitié, qui donne la loge Sincérité, Parfaite union et Constante amitié réunies survenue en 1845.. Pierre-Joseph Proudhon, un frère initié à BesançonPierre-Joseph Proudhon sur le site de la franc-maçonnerie en France (consulté le )., viendra mettre en lumière une pensée politique partagée par la plupart des obédiences : le socialisme utopique. En 1852, l'ancienne chapelle des Antonins est investie pour devenir le temple maçonnique de Besançon.
En 2010, la ville de Besançon compte environ 345 frères revendiqués par les obédiences., ce qui représente environ 2,6 francs-maçons pour habitants calculés sur une agglomération de habitants, ce qui donne un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale, qui se situe à 2,4 %. En 2006, la ville comprenait dix loges : trois loges du Grand Orient de France. (environ 140 frères), deux loges de la Grande Loge de France (environ 40 frères), deux loges de la Grande Loge nationale française (environ 45 frères), deux loges de la Fédération française du Droit humain (environ 60 frères), une loge de la Grande Loge féminine de France (environ 30 sœurs), une loge de la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (17 frères) et une loge du Grand Prieuré des Gaules (13 frères).
Les bons cousins charbonniers
thumb|upright|Un sentier du bois de Bregille. Au , le bois de Bregille aurait servi de lieu de réunions des bons cousins charbonniers, une société secrète d'entraide en milieu forestier proche de la franc-maçonnerie d'après Gaston CoindreMémoires de Bregille, 2009, page 58.. Les bons cousins charbonniers, originaires des forêts du Jura, seraient parmi les premiers à avoir effectué des rituels de charbonniers. Ils sont fortement imprégnés de christianisme et son symbolisme est lié aux pratiques du métier(collection privée) F.T.B. Clavel, Histoire pittoresque de la Franc-Maçonnerie et des Sociétés secrètes Anciennes et Modernes, Paris, Pagnerre, 1843.. On retrouve dans un livre de Charles Godard intitulé Catéchisme des bons charpentiers un passage sur l'initiation d'un franc-maçon bisontin en 1905Archives de la Franche-Comté, 1996, page 170 à 173..
Personnalités liées à des loges bisontines Charles-André de Lacoré, intendant de la province de Franche-Comté. Claude de Jouffroy d'Abbans, constructeur des premiers bateaux à vapeur. Pierre-Joseph Proudhon, père de l'anarchie. Abdoulaye Wade., ancien chef d'État du Sénégal. Joseph Léopold Sigisbert HugoJean Massicot, la franc-maçonnerie, 2010, 532 pages, , page 49., général et père de Victor Hugo. Camille Charvet-KahnSarah Rebouh pour France 3 Franche-Comté, édition, du : « L'incroyable histoire de Camille Charvet Kahn, professeure à Besançon et chef du service de renseignements dans la résistance... et de celles qui veulent faire vivre sa mémoire » (consulté le )., militante et résistante. Georges Oudot., peinte et sculpteur. Pierre Choderlos de LaclosPhilippe Sauter pour l'Est républicain, édition du : Les francs-maçons donnent leur mémoire à la Ville de Besançon (consulté le )., officier et écrivain. Pierre-Joseph BriotLes Maçons célèbres sur le site de l'ONG Dialogue & Démocratie Suisse (consulté le )., révolutionnaire. Stéphane Mallarmé, écrivain. Charles Pichegru, général. Jean de BryPhilippe-Jean Bohl, 250 ans de franc-maçonnerie à Besançon, 1764-2014, 2014, éditions Belvédère, 175 pages, ., haut fonctionnaire et préfet. Charles Beauquier, député. Adolphe Veil-Picard, banquier. Henri BaigueJoseph Pinard, « Le Dr Maurice Baigue, premier résistant ? », Besançon Votre Ville, n.266, , page 42., maire de Besançon de 1901 à 1906. Maurice Baigue, médecin, politique et résistantCatherine Eme-Ziri pour France 3 Franche-Comté, édition du : « Qui est Maurice Baigue, ancien médecin et Juste parmi les nations auquel Besançon rend hommage ? » (consulté le ).. Antoine Magnin, botaniste. Henri Huot., résistant. Antide Janvier, maitre-horloger.
Références
Annexes Articles connexes Histoire de Besançon Franc-maçonnerie
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