Chronologie de l'Afrique 2008 au Soudan - 2009 au Soudan - 2010 au Soudan - 2011 au Soudan - 2012 au Soudan 2008 par pays en Afrique - 2009 par pays en Afrique - 2010 par pays en Afrique - 2011 par pays en Afrique - 2012 par pays en Afrique
Chronologie au Soudan
Premier trimestre au Soudan
Jeudi : Six personnes reconnues coupables d'avoir participé en 2005 à des affrontements meurtriers avec la police dans une banlieue pauvre de Khartoum ont été exécutées. En , quelques mois après la fin de la guerre civile entre le nord et le sud du Soudan, les autorités soudanaises avaient tenté de forcer l'évacuation du camp de Soba Aradi, en banlieue de Khartoum, où se trouvaient personnes déplacées par ce conflit. Lors de ces affrontements, 30 personnes ont trouvé la mort chez les civils et 14 au sein des forces de l'ordre.
Vendredi : Le Tchad et le Soudan ont établi à N'Djamena un calendrier sur la création de leur première force mixte, prévoyant notamment « l'occupation des postes et la sécurisation de la frontière des deux pays » devenant effective entre le 15 et le . Le calendrier a été arrêté par les deux parties dans le cadre d'un protocole d'accord « portant sur les mesures concrètes de normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan ». Côté tchadien, un poste d'observation est prévu à Abéché (est) et pour le Soudan, il sera installé à El-Geneina (Darfour). Le Tchad et le Soudan « se sont donné un délai de deux mois pour prendre chacun les mesures qu'il faut pour mettre un terme à toute présence, tout soutien et de toute action des groupes armés à l'un ou l'autre pays ». « Tout cela doit se faire au plus tard le », mais avec une possible prorogation possible, en cas de besoin, « jusqu'au » Le Figaro.fr, Création d'une force mixte Tchad-Soudan .
Mardi : Trois touristes, deux Français et un Belge, sont détenus depuis deux semaines pour avoir eu en leur possession des restes d'une météorite célèbre tombée en dans le secteur d'Abou Hamad (quelque au nord de Khartoum), une région reculée, près de la frontière avec l'Égypte. Selon le ministère de l'Intérieur, l'achat de morceaux de cette météorite, baptisée « 2008 TC3 », constitue une « violation » des règlements encadrant la pratique de l'archéologie Le Figaro.fr, Deux Français détenus pour vol de météorite. Deux rebelles du Darfour sont condamnés à la peine de mort pour une attaque contre la banlieue de Khartoum en , ce qui porte à 105 le nombre de rebelles condamnés à la peine capitale pour leur rôle dans ces violences. Les rebelles avaient été repoussés par les forces de sécurité soudanaises à l'issue de violents combats qui ont fait 220 morts. Cinq autres accusés dans cette affaire ont été blanchis. L'ONG Amnesty International se dit « scandalisée par le fait que les autorités soudanaises continuent d'appliquer la peine de mort après des procédures judiciaires injustes » Le Figaro.fr, 2 rebelles condamnés à mort.
Vendredi : Selon la commission de l'Union africaine, la décision de la Cour pénale internationale, visant à la délivrance d'un mandat d'arrêt pour génocide contre le président Omar el-Béchir, « va à contre-courant » du processus de paix. La chambre d'appel de la CPI a ordonné mercredi aux juges de première instance de réexaminer leur décision de ne pas retenir le génocide dans leur mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir Le Monde.fr, Soudan: L'UA juge "à contre-courant" la décision de la CPI.
Lundi : Le président tchadien Idriss Deby Itno est arrivée à Khartoum où il a été accueilli par le président Omar el-Béchir. Cette visite constitue un signe d'apaisement entre le Tchad et le Soudan qui se livrent une guerre par groupes rebelles interposés et dont les bonnes relations sont jugées essentielles pour la paix au Darfour.
Mardi : Le Soudan a signé à Doha (Qatar), une trêve avec le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), un important mouvement rebelle du Darfour, rendue possible par le rapprochement entre Khartoum et le Tchad, mais le retour à la paix dans cette région nécessitera le ralliement d'autres groupes rebelles. L'accord indique que le JEM doit se constituer « en parti politique dès la signature de l'accord final entre les deux parties » Le Monde.fr, Un petit pas vers la paix au Darfour.
Mercredi : Le ministre de la Justice fait libérer 57 prisonniers du JEM, dont 50 étaient condamnées à mort, soit la moitié des détenus membres de ce groupe rebelle du Darfour. Le président Omar el-Béchir avait annoncé le week-end dernier l'annulation des peines de mort prononcées contre les prisonniers du JEM et la libération rapide de 3O% d'entre eux, après la signature de l'accord de Doha.
Mercredi : Le bureau politique du Mouvement populaire de libération du Soudan annonce boycotter le processus électoral au Darfour et son représentant, Yasser Arman, principal opposant au président Omar el-Béchir, se retire de la course à la présidentielle du . Lundi, il avait accusé le Parti du congrès national, du président Bachir, de faire « tout ce qui est en son pouvoir pour falsifier la présidentielle », affirmant que les conditions pour un scrutin « libre » et « équitable » ne sont pas réunies, et que l'insécurité au Darfour ne permet pas la tenue d'un scrutin. Son retrait fait d'Omar el-Béchir le grand favori de la présidentielle. Sadeq al-Mahdi, ancien premier ministre et chef du parti Umma (nationaliste) reste en compétition Le Monde.fr, Le principal opposant au président Bachir se retire de l'élection présidentielle au Soudan.
Deuxième trimestre au Soudan
Jeudi : Quatre importants candidats opposés au président soudanais Omar el-Béchir se retirent de la course à la présidentielle du au , premier scrutin multipartite en 24 ans au Soudan.
Jeudi : Selon la présidence, l'opposition soudanaise va tenter d'organiser des émeutes afin de changer le régime en place à Khartoum à l'issue des élections, « ils évoquent les exemples du Zimbabwe, du Kenya, du Nigeria », « comme s'ils voulaient convaincre l'opinion publique que cela était possible ». Les premières élections — législatives, régionales et présidentielle — multipartites depuis 1986, sont boycottées par une partie de l'opposition qui accuse le parti au pouvoir de truquer le scrutin Le Figaro.fr, La présidence accuse l'opposition de préparer des émeutes.
Lundi : Selon la commission électorale, le président Omar el-Béchir est reconduit au pouvoir avec 68,24 % des voix à l'issue d'élections controversées et entachées par des accusations de fraudes et des problèmes techniques qui ont compliqué le déroulement du vote et l'annonce des résultats. Ce sont les premières élections — législatives, régionales et présidentielle — multipartites depuis 1986. Le président de la région semi-autonome du Soudan du Sud, Salva Kiir, a également conservé son poste. Le président el-Béchir a déclaré : « C'est une victoire pour tous les Soudanais. Je confirme que nous allons mettre en œuvre le référendum au Soudan du Sud à la date précise et on va continuer à œuvrer pour la paix au Darfour ». L'organisation Human Rights Watch a dénoncé « la répression politique et les violations des droits de l'homme » « qui ont sapé le caractère libre et équitable du scrutin dans tout le Soudan ». Les observateurs de l'Union européenne et de la fondation américaine Carter ont estimé qu'elles ne répondaient pas aux « normes internationales », notamment au Soudan du Sud, région où de nombreux cas de fraudes et d'intimidations ont été enregistrés Le Figaro.fr, Omar el-Béchir reconduit au pouvoir.
Vendredi : Quatre pays d'Afrique de l'Est — l'Éthiopie, l'Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie — ont signé à Entebbe un nouvel accord, en négociation depuis une dizaine d'années, sur le partage des eaux du Nil, en l'absence du Burundi et de la Congo-Kinshasa, et malgré le boycott de l'Égypte et du Soudan, farouchement opposés à ce projet, dont tous les détails n'ont pas été rendus publics. Selon le texte, la nouvelle Commission du Bassin du Nil sera chargée de recevoir et approuver tous les projets (canaux d'irrigation, barrages…) concernant le fleuve. Elle sera basée à Addis-Abeba et comptera des représentants des neuf pays concernés Le Figaro.fr, Nil: accord de 4 pays d'Afrique de l'Est.
Samedi : L'opposant islamiste Hassan al-Tourabi est arrêté à son domicile un mois après les élections législatives et présidentielle qui se sont tenues pour la première fois en 24 ans au Soudan. Mentor du général Omar el-Béchir lors du coup d'État militaire de 1989, qui avait porté ce dernier au pouvoir, Hassan al-Tourabi est devenu son pire ennemi après avoir été évincé en 1999. Il avait qualifié les dernières élections de « frauduleuses » et affirmé que son parti, le Parti du congrès populaire (PCP), ne participerait pas au prochain gouvernement, ni ne siègerait aux différents parlements. Hassan al-Tourabi a été emprisonné à plusieurs reprises par le passé. Sa dernière arrestation remonte à la mi- après avoir affirmé à des médias internationaux que le président soudanais était « politiquement coupable » de crimes commis au Darfour. À sa sortie de prison en , il avait aussi estimé que l'homme fort du régime devait se rendre de son propre chef devant la Cour pénale internationale (CPI) qui siège à la Haye pour répondre aux accusations de crimes de guerre et contre l'humanité, pour son rôle supposé dans les violences au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003 Le Figaro.fr, L'opposant islamiste Tourabi est arrêté .
Samedi : La présidence ougandaise de l'Union africaine annonce que le président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour crimes de guerre et contre l'Humanité au Darfour, ne sera pas invité au prochain sommet de l'UA à Kampala Le Figaro.fr, Somme de l'UA: El-Bechir pas invité .
Mercredi : Le Soudan s'est engagé avec cinq autres pays africains à ce qu'« aucun enfant de moins de 18 ans ne prenne part, directement ou indirectement, à des hostilités et, le cas échéant, de prévenir toute forme de recrutement ». Il s'agit d'un accord en treize points, dont une stratégie transfrontalière contre la prolifération et le trafic d'armes légères. Les signataires ont également promis de ratifier le protocole additionnel à la Convention des droits de l'enfant de l'ONU concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés Le Monde.fr, Six pays africains s'engagent à mettre fin au recrutement des enfants soldats.
Troisième trimestre au Soudan Lundi : Les juges de la Cour pénale internationale ajoutent le « génocide » aux chefs d'accusation de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Darfour figurant déjà dans le mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir. La chambre d'appel de la CPI avait ordonné le aux juges de première instance de réexaminer leur décision de ne pas retenir le génocide dans le mandat d'arrêt délivré le contre le président Omar el-Béchir. Le procureur Luis Moreno-Ocampo avait fait appel le .
Jeudi : État de la Mer Rouge : les fortes pluies tombées depuis dimanche ont provoqué des inondations dans les villages autour de la ville de et fait 33 morts, alors que d'autres personnes sont portées disparues ainsi de nombreuses têtes de bétail. 3 journalistes du quotidien islamiste d'opposition Ray al-Shaab (L'Opinion du peuple), sont condamnés à des peines allant de deux à cinq ans de prison pour la publication d'articles « erronés » sur le soutien populaire au président Bachir, vainqueur des élections d'avril et pour avoir fait état de la présence au Soudan d'une usine produisant des armes pour l'Iran et le mouvement islamiste palestinien Hamas Le Monde.fr, 3 journalistes condamnés à la prison pour des articles "erronés".