Martha Jane Cannary, dite Calamity JaneLes surnoms comportant Joe et Jane sont très fréquents aux États-Unis, et on connait même d'autres « Calamity Jane », dont au moins une Mattie Hamilton (ou Young), citée en dans un journal de Pueblo (Colorado), quelques mois avant la première mention écrite de Martha Jane Cannary avec ce surnom de « Calamity Jane » (d'après ). Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API., est une personnalité de la conquête de l'Ouest, née le Aucune source n'atteste cette date, on garde par habitude la date indiquée par Calamity Jane elle-même. D'autres sources indiquent 1852 ou 1856. près de Princeton dans le Missouri et morte le à Deadwood dans le Dakota du Sud.

Après avoir connu la notoriété de son vivant par sa participation à la conquête de l'Ouest et son rôle lors des guerres indiennes au cours desquelles elle s'est prétendue éclaireur pour l'armée américaine avec le général George Custer, elle devient le personnage principal d'un spectacle fondé sur sa propre légende, le Wild West Show. Ce spectacle va accroître cette légende du vivant de Calamity Jane, rendant ardue la tâche pour la distinguer de la réalité historique. Elle meurt en 1903 à dans le Dakota du Sud, en étant pauvre, aveugle, alcoolique, mais toujours aussi célèbre.

Il existe diverses sources biographiques concernant Calamity Jane : les recherches historiques réalisées par des historiens, en particulier Jennewein ou McLaird, avec des données restant inconnues, par exemple sa date de naissance réelle ; l'autobiographie de Calamity Jane distribuée au cours de ses spectacles, qui avait une forte valeur romanesque et ne peut donc être considérée comme fiable d'un point de vue historique ; l'abondante littérature que sa légende a suscitée, même de son vivant, qui à son tour alimentait cette légende ; une série de lettres nommées Lettres à sa fille. Bien que leur authenticité ait été très fortement mise en doute, leur publication a fait sensation et elles se mêlent à présent à la légende de Calamity Jane, en particulier en France où les biographies historiques restent confidentielles.

La légende Ce qui suit rapporte la légende la plus complète de Calamity Jane dans une compilation des biographies historiques, autobiographie et des lettres à sa filleCalamity Jane, Lettres à sa fille, Seuil, coll. Point-Virgule, 1979. de Calamity Jane, c'est-à-dire que tous les faits ne sont pas authentifiés.

Calamity Jane naît sous le nom de Martha Jane Cannary le à Princeton au Missouri, dans une famille de paysans. Elle est l'aînée d'une fratrie composée de quatre filles et de deux garçons. Leurs parents laissant souvent les six enfants livrés à eux-mêmes, elle apprend très tôt à s'occuper d'eux. Enfant, elle aime beaucoup s'amuser à l'extérieur et apprend tôt à monter à cheval, arrivant à dresser bientôt les plus têtus d'entre eux.

En 1865, la famille partEn fait, la famille est ruinée et a très mauvaise réputation : la mère boit et le père est très joueur. pour le Montana, empruntant la piste de l'Oregon. Elle a alors . Pendant le voyage, qui dure cinq mois, elle participe à la chasse avec les hommes. Sa mère Charlotte Cannary meurt pendant le voyage. La même année, la famille émigre à nouveau, cette fois pour Salt Lake City dans l'Utah, où son père disparaît en 1868 (personne n'a jamais su s'il était mort ou s'il était parti pour recommencer sa vie ailleurs).

Commence alors à l'âge de la vie aventureuse qui va la rendre célèbre. Elle rejoint deux ans plus tard le général George Custer en qualité de scout (au sens propre : guide ou éclaireur). Elle fait campagne en Arizona contre les Amérindiens. Elle commence à porter des habits d'homme. Elle exécute de dangereuses missions, participe à plusieurs campagnes et devient très habile au tir.

D'après ses mémoires, c'est pendant sa période « scout » qu'elle gagne le surnom de « Calamity Jane ». Engagée par le général George Crook, il lui est ordonné de partir avec un détachement dans le Wyoming. Parti pour plusieurs jours, le groupe de soldats subit plusieurs escarmouches amérindiennes au cours desquelles six soldats sont tués et de nombreux autres sérieusement blessés. De retour vers le fort, à quelques kilomètres seulement de celui-ci, le détachement tombe dans une embuscade. Le capitaine est blessé. Se retournant, Martha s'aperçoit que l'officier va tomber de son cheval. Elle galope alors vers lui et l'attrape avant qu'il tombe. Elle le hisse sur son cheval, devant elle, et le ramène au fort, lui sauvant la vie. Une fois guéri, le capitaine lui aurait dit, en plaisantant : « Je vous baptise Calamity Jane, l'héroïne des plaines. » Ce surnom ne l'aurait ensuite plus jamais quittée.

Au cours de ses campagnes, elle est la première femme blanche à pénétrer dans les Black Hills, alors contrôlées par les Sioux Lakotas, dont ce sont les montagnes sacrées. En 1875, elle fait partie de l'expédition géologique menée par le professeur Walter Jenney, l'Expédition des Collines noires, c'est à cette occasion qu'apparaît dans la presse Calamity Jane. Elle doit ensuite rejoindre le général Custer à Little Bighorn. Durant son voyage, elle est contrainte de traverser à la nage la rivière Platte, à la suite de quoi elle tombe malade. Elle est rapatriée au Fort Fetterman, où elle reste quatorze jours. Puis, ayant récupéré, elle se met en route pour Fort Laramie. Là, elle rencontre Wild Bill Hickok. Elle fait la route avec lui jusqu'à Deadwood. Puis elle assure la liaison, en qualité de courrier, entre Custer, encore dans les Black Hills, et Deadwood. Un jour d'août 1876, son ami Wild Bill Hickok est tué d'une balle derrière la tête dans un saloon de Deadwood. Bien que l'on prête à Calamity Jane une aventure avec ce dernier, il semblerait qu'ils n'aient été en fait que de très bons amis, sans plus, et que le père de son enfant (Janey) ne soit autre qu'un lieutenant avec qui elle aurait eu une liaison quelque temps.

Elle serait alors partie à la recherche de l'assassin, un nommé Jack McCall, et l'aurait attrapé pour le livrer à la justice. Mais celui-ci se serait échappé. Il a été repris quelque temps plus tard, jugé puis pendu.

Elle quitte Deadwood en 1877 avec le septième régiment de cavalerie. L'année suivante, elle fait un peu de prospection. Puis elle fait des navettes entre différents forts et villes, convoyant un attelage de bœufs, les animaux les plus résistants pour ce genre de trajets dans cette région précisément. Elle ne cesse de changer d'activité (cuisinière pour les ouvriers de chemins de fer ou pour les cow-boys dans des ranchs ou saloons, infirmière lors d'une épidémie de variole à Deadwood en 1878, lingère dans des bordels tenus par son amie Dora DuFran) et de voyager, allant du Wyoming, vers l'Oregon, ou encore vers la Californie, élevant du bétail ou le convoyant. En 1882, elle refuse de participer au spectacle populaire de Buffalo Bill, le Buffalo Bill’s Wild West. vignette|upright|Calamity Jane à cheval, portant bottes à éperons, en cuir sur son jean, devant des tentes et tipis de l’Exposition pan-américaine de Buffalo Calamity Jane photography, Library of Congress Prints..

Elle se marie avec une brute, William Steers avec qui elle a un fils surnommé Little Calamity, qui meurt nourrisson. Elle rencontre ensuite Clinton Burke, originaire du Texas, en 1885 à El Paso. Elle accepte de vivre une vie de couple et de famille. Ils se marient en 1887 et elle donne naissance à une petite fille, Jessie. La famille part alors pour le Colorado, où ils ouvrent un hôtel. Puis ils voyagent encore de ville en ville pour revenir à Deadwood, dix-sept ans après le départ de Martha. Ses anciens amis sont ravis de la revoir ; certains veulent mettre par écrit ses aventures et d'autres lui proposent de les jouer. Entre-temps son mari la quitte. Elle participe ensuite à plusieurs spectacles centrés sur le mythe de l'Ouest américain (Wild West Shows, Great Rocky Mountain Show de Tom Hardwick en 1884), en vogue à l'époque. Le , elle est engagée au Dime museum du cirque Kohl & Middleton à Chicago et Minneapolis, dont elle profite pour publier son autobiographie.. En 1901, elle est internée dans une maison pour indigents : une journaliste de New York vient la chercher pour la faire participer à l’Exposition pan-américaine de Buffalo mais, alcoolique et ingérable, elle est vite renvoyée.

Elle meurt le d'une pneumonie. Deux de ses amis transportent son corps de la ville de Terry à Deadwood, où les membres de la Société des Pionniers des Black Hills organisent des funérailles prestigieuses. Habillé de blanc, placé dans un cercueil capitonné, son corps est exposé dans l'arrière-salle d'un saloon, où tous les habitants de Deadwood peuvent venir lui faire un dernier adieu.

Elle est enterrée au cimetière de Mount Moriah (Deadwood), à côté de Wild Bill Hickok, selon sa volonté.

Les différentes biographies vignette|Calamity Jane à côté de la sépulture de Wild Bill Hickok à Deadwood.

Autobiographie: Life and Adventures of Calamity Jane Son Autobiographie est une petite brochure en anglaisConsultable notamment sur le projet Gutemberg, ou encore ici., qu'elle a distribuée à partir de 1896 pour des spectacles organisés à Minneapolis, remplie d'imprécisions et d'actes héroïques inventésUne étude succincte en anglais est disponible ici.. Même son âge est sujet à caution : dans cette brochure, elle dit être née « Marthysic : Marthy, et non Martha. Cannary à Princeton, Missouri, en mai 1852 ». Or, sa première pierre tombale, au cimetière de Mount Moriah, à Deadwood, était gravée « âgée de 53 ans », ce qui la ferait naître en 1850. De plus, le recensement de 1860 indique qu'elle est née en 1856 (voir paragraphe Recherches historiques).

Calamity Jane étant considérée comme quasi-analphabète (en particulier par les auteurs qui invalident les lettres à sa fille), il est vraisemblable qu'elle ait dicté ce court texte ou qu'il ait été rédigé par l'organisateur des spectacles.

Dans cette brochure, elle dépeignait Wild Bill Hickok comme un « ami ».

Lettres à sa fille

En 1941, une femme du nom de Jane Hickok Burkhardt Mc Cormick, se présentant comme la fille de Jane et de James Butler Hickok, lit à la radio à l'occasion de la fête des Mères des lettres qui seraient de la main même de sa mère. À la mort de Jane Hickock en 1951, le musée dans lequel elle travaillait les retrouve et les conserve. Lorsque le musée ferme, la propriétaire du musée les conserve à son tour, jusqu'à ce que le Français Grégory Monro récupère le manuscrit pour le rapporter en France..

Des historiens réputés remettent depuis longtemps en cause l'authenticité de ces lettres. J. Leonard Jennewein, l'historien du Dakota du Sud, a notamment conclu après une recherche méticuleuse, au de ces lettres. Cela n'a toutefois pas empêché leur diffusion importante et l'amplification du mythe de Calamity Jane, et la popularisation de l'hypothèse du couple qu'elle aurait formé avec Wild Bill Hickok. La commentatrice française Laure Noël, qui admet qu'aucune analyse ne prouve de façon irréfutable l'authenticité des lettres, estime malgré tout qu'« il n'y a aucun doute que [Calamity Jane] aurait pu [les] écrireLaure Noël, commentaire et résumé de lecture de « Calamity Jane, Lettres à sa fille, traduit de l'anglais par Marie Sully, Paris, Payot et Rivages, 1997 (édition de poche), 114 p. », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés Lire en ligne, mis en ligne le 8 février 2005, consulté le 7 octobre 2014. »

Recherches historiques