Le processus de discrimination systémique est, dans l'organisation sociale, l'ensemble des discriminations qui relèvent de relations systémiques de fonctionnement d'une société donnée.

La discrimination systémique se distingue du racisme systémique, notamment par le fait que ce dernier présuppose « la construction sociale des races comme réelles, différentes et inégales (racialisation) », alors que la discrimination n'est pas nécessairement liée à des considérations raciales.

Les discriminations sociales sont le fruit de processus historiques qui ont pour effet, par exemple, de rendre moins accessible à certains groupes l'accès aux soins et à la santé, à un logement décent ou à un emploi stable. Les discriminations systémiques sont donc constituées par ces processus qui maintiennent les positions sociales inégalitaires en fonction de stéréotypes et de préjugés, ou plus généralement de préférences ou d'affinités, qui peuvent notamment être liées à des questions de proximité culturelle ou à des facteurs linguistiques, par exemple le niveau de maîtrise d'une langue commune.

Définition La discrimination systémique fait référence à des discriminations récurrentes renforcées par des inégalités de pouvoir et de statut qui sont inscrites dans l'organisation sociale, bien que souvent commises par des individus, puisque des facteurs sociologiques tels que les normes sociales, la position sociale, l'autorité, les privilèges vont influer : .

Dans les sociétés islamiques Les minorités religieuses font l'objet de nombreuses discriminationshumanrights.ch .

En Arabie saoudite, bien que les femmes aient acquis certains droits, le fonctionnement de la société saoudienne ne leur permet pas toujours de les exercer pleinement, notamment en ce qui concerne la conduite automobileAmnesty.fr.

Au Canada La discrimination systémique est reconnue depuis les années 1980 par la Cour suprême du Canada.

Au Québec Selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, la discrimination systémique est :.

Le premier ministre du Québec François Legault considère qu'il n'y a pas de racisme systémique au Québec. En 2020, il a par ailleurs affirmé « que la discrimination existe au Québec, mais [qu']il n'y a pas de discrimination systémique », en ce sens qu'il « n’y a pas de système de discrimination ». Quelques mois plus tard, son gouvernement se montrait ouvert à reconnaître l’existence de « discrimination systémique » à l’égard des Autochtones, mais cette reconnaissance n'a toujours pas été officialisée en date d'.

En France

Police et discrimination systémique

Selon un rapport du Défenseur des droits (2017), les jeunes hommes de 18 à perçus comme noirs ou arabes en France déclarent être davantage tutoyés, insultés et brutalisés que l'ensemble de la population lors de leur dernier contrôle d'identité. La fréquence des contrôles d'identité pour cette population serait ainsi 20 fois supérieure à la moyenne. Ces expériences s'associeraient à une perte de confiance envers les forces de police, mais ne mène à aucune action en justice : seulement 5 % des personnes déclarant ces manquements à la déontologie engagent des démarches juridiques, les considérant inutiles. En effet, les démarches aboutissent rarement et les peines, quand elles sont prononcées, sont souvent légères. Sur un échantillon de interrogées en France en 2017, 80 % des personnes correspondant au profil de « jeune perçu comme noir ou arabe » déclarent avoir été contrôlées dans les cinq dernières années, contre 16 % pour le reste des enquêtés.

L'État a porté plainte contre lui-même pour cette discrimination raciale. Après la condamnation, Manuel Valls pourvoit le cas en Cour de cassation, argumentant que comme il s'agit d'appréhender des étrangers en situation irrégulière, il est normal que les Noirs et les Arabes soient plus contrôlés.

En , le Défenseur des droits, saisi d'une affaire de violences policières à Paris, dénonce un , tout en indiquant et en appelant à une traçabilité des contrôles d'identité, pour limiter les contrôles au faciès qui sont, selon l'institution, une réalité sociologique.

Arte radio et Mediapart dévoilent en le témoignage d'un policier de l'Unité d’assistance administrative et judiciaire qui a déposé plainte après avoir découvert . Mis en cause en , les policiers concernés sont renvoyés en conseil de discipline à la suite d’une enquête disciplinaire, également en .

Une enquête du site StreetPress porte en sur un groupe privé Facebook, qui comprendrait des forces de l'ordre. Selon l'enquête, les y seraient très nombreux. Le ministre de l'Intérieur saisit le parquet de Paris, qui ouvre une enquête préliminaire pour et . L'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira estime alors que , ainsi que , alors que Damien Abad récuse l'existence d'un .

Critique du concept Pour Pierre-André Taguieff, les notions de « racisme institutionnel », « racisme structurel » et « racisme systémique » dérivent de la définition antiraciste du racisme fabriquée par des militants afro-américains révolutionnaires à la fin des années 1960. Selon lui, ces termes ne seraient pas l'expression d’une conceptualisation du racisme, mais « une arme symbolique qui consiste à réduire le racisme au racisme blanc censé être inhérent à la « société blanche » ou à la « domination blanche », celle-ci étant la seule forme de domination raciale reconnue et dénoncée par les néo-antiracistes. ». Ce « nouvel antiracisme » recourt à des catégories raciales pour se définir ce qui crée un antiracisme racialiste, voire raciste. L'Occident, qui est ainsi « essentialisé et démonisé en tant que raciste », devient « l’objet principal d’une haine sans limites »Pierre-André Taguieff : "Ce pseudo-antiracisme rend la pensée raciale acceptable", marianne.net, 25 octobre 2020.

Bibliographie

.

Articles connexes Racisme systémique Racisme d'État Ségrégation raciale Privilège blanc Violence structurelle Racisation Oppression Oppression systémique

Références

Catégorie:Concept sociologique