Le Belikh ou Balikh (en arabe : نهر البليخ) est une rivière pérenne (jusqu'à une époque récente) qui coule en Syrie. Elle naît à la source karstique 'Ayn al-'Arus, près de Tall Abyad, à proximité de l'actuelle frontière de la Turquie, et se jette plus au sud dans l'Euphrate près de la ville de Raqqa. Son cours est long d'une centaine de kilomètres.
Les précipitations varient de en moyenne près de la frontière turque à près de Raqqa, avec des épisodes de sécheresse qui surviennent plusieurs fois par décennie, de sorte que l'agriculture est impossible sans irrigation.
Un ancien affluent, le Jullab, prenait sa source au nord de Şanlıurfa ; il est aujourd'hui à sec avant d'atteindre la plaine de Harran, l'antique CarrhesS. Lloyd et W. Brice, "Harran". Anatolian Studies. British Institute at Ankara. 1: 77–111, 1951..
Histoire
La région semble avoir été plus humide et plus peuplée dans la Protohistoire et l'Antiquité ; cependant, elle connaît un effondrement démographique vers av. J.-C., probablement dû à une catastrophe climatique. Tell Sabi Abyad, sur le Belikh, a été une importante forteresse du Néolithique à l'époque médio-assyrienne à la fin de l'âge du bronzeAkkermans, P. et Wiggermann, F. « La forteresse de tell Sabi Abyad », Archéologia 358, Dijon, p. 56-65.. Une importante route royale traversait cette plaine ; elle est suivie par l'armée de Cyrus le Jeune en 401 av. J.-C.. et c'est là que s'est jouée la bataille de Carrhes qui opposa les Romains aux Parthes en 53 av. J.-C.. .
Pendant les croisades, au début du , le Belikh marque la frontière entre le comté d'Édesse, un des États latins, et la principauté turque des Artoukides de Harran. Selon le chroniqueur Guillaume de Tyr, le pays est alors fertile, traversé de canaux, et il y croît René Grousset, Histoire des croisades, t. 1. 1095-1130, Perrin, 1934, rééd. 1991 et 2006, p. 446.. C'est encore au bord du Belikh que se joue la bataille de Harran en 1104, victoire des musulmans sur les croisésRené Grousset, Histoire des croisades, t. 1. 1095-1130, Perrin, 1934, rééd. 1991 et 2006, p. 447-449..
Pendant la guerre civile syrienne, la bataille de Tall Abyad (mai-) et l'offensive turque Source de paix () se déroulent en partie sur ses rives.
Du fait de la croissance démographique et d'une consommation accrue, le Belikh est désormais à sec une partie de l'année ; les villages se concentrent le long de la vallée en fonction des ressources en eau. Leur population a connu d'importants changements démographiques, les péripéties de la guerre entraînant le déplacement des populations kurdes ou arabes. .
vignette|centre|redresse=1.5|Le Belikh et son affluent à sec, le Jullab, à l'est d'Alep. Carte du district ottoman de Zor par Edward Stanford, 1901.
Notes et références
Bibliographie .
1Balikh Catégorie:Mésopotamie Catégorie:Cours d'eau en Syrie Catégorie:Oued