Le Parti progressiste des travailleurs (AKEL) (en grec moderne : , abrégé en , et ) est un parti politique chypriote, d'orientation communiste et marxiste-léniniste.

Il est l'un des deux premiers partis politiques chypriotes depuis 1960. Aux élections législatives de 2016, il a obtenu sur 56 (trois de moins qu'en 2011). Il dispose également depuis 2004 de deux députés européens qui font partie du groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. Au premier tour de l'élection présidentielle du , son leader de l'époque, Dimítris Khristófias, a obtenu plus de 33 % des voix , et a été élu à 53 % des suffrages au second tour face à son adversaire conservateur Ioánnis Kasoulídis. Depuis 2013, le Parti progressiste des travailleurs est à nouveau dans l'opposition.

Ándros Kyprianoú est secrétaire général du parti depuis , remplaçant le président Dimitris Christofias à ce poste.

Positionnement politique

Le Parti progressiste des travailleurs milite pour l'indépendance de Chypre vis-à-vis de la Grèce et de la Turquie. Il souhaite la réunification de l'île avec une solution fédérale, ainsi que la démilitarisation et le non-alignement du pays. Il était pour l'entrée de Chypre dans l'Union européenne sous conditions.

Histoire

Créé en 1926, sous le nom de Parti communiste de Chypre (KKK), il était au départ opposé à l'Énosis (union avec la Grèce) et prônait l'indépendance du pays. Il devint illégal en 1931, par décision du gouvernement colonial britannique à la suite d'émeutes nationalistes. En 1941, les dirigeants de ce Parti interdit fondèrent AKEL avec d'autres hommes politiques de gauche. Aux premières élections municipales en 1943, les candidats d'AKEL remportèrent les mairies de Limassol (Ploutis Servas) et Famagouste (Adam Adamantos).

Contrairement à son prédécesseur, AKEL n'était pas opposé à l'Énosis. Il réclamait un processus d'indépendance graduel, qui commencerait par une constitution et un gouvernement autonome (en conservant le statut de colonie), et ayant pour but l'auto-détermination et l'Énosis.

À partir de 1955, AKEL s'opposa aux pratiques violentes employées par le mouvement de résistance anti-britannique EOKA. L'EOKA accusa AKEL de collaboration avec les britanniques, bien qu'AKEL ait aussi été déclarée illégale en 1955. L'EOKA fut à l'origine de plusieurs assassinats de membres. AKEL accusa l'EOKA d'être anti-communiste, notamment sur la base de la participation de Georges Grivas à la guerre civile grecque du côté opposé aux communistes. Durant ces mêmes années, l'Organisation de résistance turque, (TMT), organisation nationaliste issue de la partie turque de Chypre, commence à viser les membres turcs de l'AKEL, qui sont forcés de quitter l'île, à l'instar de Ahmet Sadi, ou sont assassinés, comme Fazil Onder. Le dernier membre turc chypriote du Comité central d'AKEL, Derviş Ali Kavazoğlu est tué en 1965 par le TMT.

À la première élection présidentielle à la suite de l'indépendance de Chypre, AKEL soutient le candidat Ioannis Kliridis contre . En 2001, AKEL remporte la victoire aux élections législatives et son secrétaire général, Dimítris Khristófias, est élu président du Parlement, pour la première fois dans l'histoire de Chypre. Il était également soutenu par le Mouvement pour la démocratie sociale (EDEK) et par le Parti démocrate (DIKO).

La coalition de ces trois partis présenta un candidat unique à l’élection présidentielle de 2003, le président du DIKO Tássos Papadópoulos, qui remporte les élections. L'AKEL entre alors au gouvernement chypriote avec quatre portefeuilles ministériels.

Lors des élections législatives du , le parti maintient sa place de premier parti de Chypre acquis en 2001 avec 31,1 % des suffrages et 18 des malgré la perte de 3,6 % des suffrages et de deux sièges.

En présentant Dimitris Christofias à l'élection présidentielle des 17 et , AKEL amène, une première dans l'Union européenne, un communiste à la présidence.

Celui-ci est remplacé en janvier 2009 par Ándros Kyprianoú au poste de secrétaire général d'AKEL. Dimitris Christofias ne se représente pas à un second mandat ; l'élection présidentielle de 2013 est remportée par le candidat conservateur, face au candidat soutenu par les communistes.

Niyazi Kızılyürek est élu député européen en 2019 pour l'AKEL, ce qui fait de lui le premier Chypriote-turc à entrer au Parlement européen et brise ainsi ce qui était considéré comme un tabou sur l'ile. L'AKEL milite pour la création d'un État fédéral dans lequel cohabiteraient les Chypriotes-grecs et les Chypriotes-turcs.

+ Liste des secrétaires généraux Période Nom 1936-1945 Ploutis Servas1945-1949 Fifis Ioannou 1949-1989 Ezekías Papaioánnou 1989-2009 Dimítris Khristófias 2009-2021 Ándros Kyprianoú Depuis 2021 Stefanos Stefanou

Résultats électoraux

Chambre des représentants

AnnéeVotesSiègesVoix %Rang1960 35,0 1970 34,1 1976 avec DIKO et EDEK 1981 32,8 1985 27,4 1991 30,6 1996 33,0 2001 34,7 2006 31,1 2011 32,7 2016 25,7 2021 22,3 2026 23,9

Élections présidentielles

AnnéeCandidatVoix %RangVoix%Rang1959soutien à John Clerides1968pas de candidat1973pas de candidat1978pas de candidat1983soutien à Spýros Kyprianoú1988soutien à Giórgos Vasileíou1993Giórgos Vasileíou44,249,71998soutien à Georgios Iakovou2003soutien à Tássos Papadópoulos2008Dimítris Khristófias33,2953,372013Stávros Malás26,9142,522018Stávros Malás30,2444,012023soutien à Andréas Mavroyiánnis

Parlement européen

AnnéeVotesSiègesGroupeVoix %Rang2004 27,9 GUE/NGL2009 34,9 2014 27,0 2019 27,5 202421,49

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des partis et mouvements d'extrême gauche

Liens externes

Catégorie:Parti politique fondé en 1926