Le château de Pupetières est un château du qui se dresse sur la commune de Châbons, dans le département de l'Isère et la région Auvergne-Rhône-Alpes, en France.

La famille de Virieu est propriétaire du domaine depuis le , période de la construction du château primitif, alors simple maison forte. Entre 1861 et 1866, Alphonse de Virieu, fils d’Aymon, décide de confier la reconstruction de Pupetières à deux architectes : Denis Darcy, pour les communs et Eugène Viollet-le-Duc, pour le château dans un style néogothique.

Le domaine de Pupetières est également lié au séjour du poète Alphonse de Lamartine qui y écrivit une de ses œuvres les plus célèbres, d'inspiration romantique et intitulé, Le Vallon, lequel inspirera, à son tour, la comtesse Anna de Noailles.

Le château et ses communs font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du .. Propriété privée, le parc et l'édifice sont cependant ouvert aux visites, les horaires d'ouverture et le prix d'entrée étant fixés par le propriétairepupetieres.jimdo.com page "Visite-animation", consulté le 21 août 2019.

Situation et accès Situation thumb|gauche|Pupetières (entrée du domaine). Le château de Pupetières est situé dans la partie septentrionale du département français de l'Isère, sur le territoire de la commune de Chabons (en limite de celle de Val-de-Virieu), dans le canton du Grand-Lemps.

Dominant la vallée de la Bourbre, mais en léger contrebas du « vallon de Lamartine » et de la Combe Férouillat qui le sépare de l'ancienne chartreuse de la Sylve-Bénite, l'édifice se dresse à moins de trois kilomètres de la petite ville de Virieurattachée à la commune nouvelle de Val-de-Virieu depuis 2019 qui héberge, elle aussi, un château classé, ainsi qu'à quinze kilomètres de Voiron, ville la plus importante de son secteur géographique (distances calculées à vol d'oiseau)Site géoportail, page des cartes IGN. Le château est également situé à proximité de la chapelle Notre-Dame de Milin où un pèlerinage est toujours actif au cours du Site lafrette.fr, page sur la paroisse Notre-Dame de Milin, consulté le 3 novembre 2020..

Accès vignette|Environnement du château de Pupetières (situé au centre de la photo). La sortie d'autoroute (A43), la plus proche, est celle qui dessert l'agglomération de Rives. Une bretelle autoroutière permet de rejoindre la RD 520 (ancienne RN 520) qui traverse Châbons.

Moins d'un kilomètre avant l'entrée de ce village (depuis la sortie autoroutière), la RD 73 croise la RD 520 au « carrefour des quatre routes ». Cette voie qui permet de relier la commune des Abrets-en-Dauphiné à celle de Beaurepaire passe en contrebas du domaine du château, en limite du territoire de la commune de Val-de-Virieu.

Les gares de Châbons et de Virieu sont les gares ferroviaires les plus proches. Celles-ci permettent de se rendre à Grenoble, Lyon, Voiron et Bourgoin-Jallieu ainsi que des stations intermédiaires, soit de façon directe, soit en utilisant des correspondances.

Histoire vignette|80 px|droite|Blason des Virieu-Pupetières L'histoire de ce château est lié à celle de la famille de Virieu. Du Moyen Âge à la Révolution C'est en 1222 que fut construit par les membres d'une branche de la famille de Virieu un premier château qui fut le centre de la seigneurie de Châbons. À l'origine ce n'était qu'une maison fortifiée où les Virieu vécurent jusqu'à la Révolution. Durant la période révolutionnaire, le château fut entièrement dévasté, puis incendiéSite Francebleu.fr, page "Une vie, une passion: Aymar de Virieu et le château de Pupetières, à Châbons", consulté le 15 août 2019.

À cette époque les biens de la famille furent confisqués et les Virieu durent s'expatrier près de Genève, en Suisse, ou une autre branche de leur famille était implantée.

Époque contemporaine À son retour en 1805, la comtesse de Virieu ne retrouva que trois tours en ruines de son ancienne maison forte qui avait été pillée et brûlée lors de la Révolution. vignette|gauche|redresse|80px|Eugène Viollet-le-Duc. Elle décida de racheter ses terres du Grand-Lemps, de Montrevel et de Pupetières et ce fut son petit-fils, Alphonse, qui confie quelques années plus tard (vers 1861), la reconstruction du château à Eugène Viollet-le-DucViollet-le-Duc, architecte français, est connu auprès du grand public pour ses restaurations de constructions médiévales et notamment la restauration de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, Cité de Carcassonne et le château de Roquetaillade. Site de la commune de Châbons, page sur le château de Pupetières, consulté le 14 août 2019. Il sera assisté par l'architecte Denis DarcySite elec.enc.sorbonne.fr -École des chartes , page sur Denis Darcy, consulté le 25 août 2019..

L'architecte redonne vie à ce patrimoine en édifiant un ensemble néogothique. Selon un article paru dans le Dauphiné libéré, plus de 45 modèles de tuiles ont été nécessaires pour la réalisation du toit Site ledauphine.com, article "Le château de Pupetières, un joyau du Dauphiné", consulté le 15 août 2019. À la fin des travaux, c'est un nouveau château qui s'érige au cœur du domaine, en conformité avec l'idée que son auteur a de son travail de « restauration »Site revue-etudes.com, article "Les raisons délirantes de Viollet-le-Duc", consulté le 15 août 2019 : Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné

En 1873, le peintre, aquarelliste et graveur néerlandais Johan Barthold Jongkind, installé tout d'abord au Hameau de Mallein près du château de Pupetières, chez son fils Jules Fesser, puis dans la commune de La Côte-Saint-André, a réalisé un grand nombre d’œuvres représentant les paysages de la haute vallée de la Bourbre qui entoure le château, ainsi que ceux de la plaine de Bièvre, voisine des Terres froidesSite chabons.fr, page "L'association Dans les pas de Jongkind en Dauphiné"..

Dans ses colonnes consacrées aux nouvelles mondaines, le journal Le Matin, distribué le que indiquant ainsi une certaine notoriété pour cette famille et son châteauSite gallica.bnf.fr extrait du journal "le Matin" du 10 juillet 1899, consulté le 15 août 2019.

Description vignette|200 px|Illumination du château de Pupetières durant le concert donné par le Concert Spirituel dans le cadre du Festival Berlioz en 2017. Voici, ci-dessous, l'extrait d'un texte, écrit de la main même de Stéphanie de Virieu, artiste peintre et sculptrice française, élève de Jacques-Louis David et fille du marquis de Virieu, qui décrit le château et son domaine, en 1859 (année précédant sa restauration)Google livre, "Viollet-le-Duc: Villégiature et architecture domestique" de Viviane Delpech, page 76 , consulté le 15 août 2019 :

Il (le château) n'était ni beau, ni bien grand. ce qui me plut davantage, ce furent les communs, fort nombreux et pittoresquement agencés avec une vieille tour contre les écuries. Ce qui surtout me ravit, ce furent les eaux. Car de l'eau vivante et claire courait partout [...] L'eau descendait du vallon et débouchait dans la cour en une cascade bouillonnante dont le chant était ininterrompu. L'ensemble s'achevait par un jardin à choux et à laitues qui partait du chemin d'arrivée. Il était si raide qu'il fallait toujours plusieurs chevaux pour hisser une voiture jusque devant le château.

Dans le Mercure de France, le lecteur peut découvrir une autre description du château, signé par Paul Berret et publiée le site gallica/bnf Extrait du Mercure de France : série moderne Tome CCXLV N°843, consulté le 15 août 2019 :

Pupetières a été achevé en 1862 par Viollet-le-Duc; il dresse aujourd'hui ses tours moyenâgeuses à l'embouchure du vallon qu'il cache aux yeux du promeneur; il apparaît d'une architecture trop neuve avec ses pierres roses et blanches et ses tours effilées...

Les éléments protégés au titre des monuments historiques sont les façades et toitures du château ainsi que des communs. les pièces suivantes avec leur décor : vestibule, escalier avec sa rampe en fer forgé, salle à manger, grand salon avec sa cheminée, bibliothèque y compris les armoires à livres sur deux étages, la chambre d'apparat dite de la duchesse de Noailles avec sa cheminée et la chambre de la reine Esther.

Aspect extérieur

Le château est un bel exemple de l'architecture de style néogothique du dans le département de l'Isère. D'une surface de , différents matériaux de construction furent utilisés pour sa reconstruction intervenue en 1861. Ainsi les murs de pierres côtoient ceux de briques, de pisé et de galets en pesci. Un avant-corps en saillie, de forme hexagonale, orné d'une balustrade, marque l'entrée.

Les sept tours, coiffées en poivrière, et le corps de logis sont recouverts de tuiles écailles vernissées qui mettent en valeur les multiples décrochements des toitures du château.

Les communs ou dépendances (anciennes écuries et logement des domestiques), également rénovés, sont situés près de l'entrée monumentale où s'effectue également l'accueil des visiteurs.

Aspect intérieur vignette|redresse|Voute du porche du château. À l’intérieur de la bâtisse, les décors mêlent aussi différents matériaux, tels que les bois peints du grand salon où trône une cheminée monumentale dont la sculpture du manteau représente une scène rappelant que la famille de Virieu offrit des terres afin que les chartreux puissent construire leur abbaye de la Sylve Bénite (Le Pin).

Ce même salon possède plusieurs tapisseries originaires de la manufacture royale de Beauvais. La bibliothèque est aussi ornée de bois peints et abrite de nombreux et précieux ouvrages ainsi que des archives que la famille avait cachés avant de se réfugier en Suisse. Ces écrits ont ainsi pu regagner les armoires à livres sur deux étages de la propriété. Brique et marbre sont aussi très présents à l’intérieur du château, tout comme de nombreux faux drapés caractéristiques des restaurations de Viollet-le-DucBibliographie : Marion Frison, Isère Magazine no 112, septembre 2010, ..

Jardins Le château est entouré par un domaine paysager sobrement agrémenté par une cascade et un plan d'eau. Ce grand parc paysager fleuri avec son étang est situé au sud de l'édifice.

Ce secteur de la propriété domine la vallée de la Bourbre (dénommé le « Petit Grésivaudan » par l'historien local Félix CrozetFélix Crozet, Description topographique, historique et statistique des cantons formant le département de l'Isère, 1870), avec au loin la silhouette de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Châbons qui se détache à l'horizon au coucher du soleilSite ledauphine.com, article "Chabons : venez prendre le frais au château de Pupetières, consulté le 14 août 2019.

Évocations Alphonse de Lamartine sans_cadre|90 px|gauche|Alphonse de Lamartine En 1819, l'écrivain et poète français Alphonse de Lamartine, invité sur les lieux le domaine n'était alors qu'un ensemble de ruines par le jeune Aymon de Virieu, écrit le poème Le Vallon, publié en 1820 dans son recueil Méditations poétiques, dans lequel il évoque la nature entourant le domaine de Pupetières et la région de la vallée de la Bourbre ()Site virieu.fr, page sur Alphonse de lamartine, consulté le 23 décembre 2019..

Lamartine évoquera de nouveau ce coin de verdure dans un autre de ses textessite du journal le Dauphiné, article "Le château de Pupetières, un joyau du Dauphiné", publié le 2 mars 2019 : Ce vallon est situé dans les montagnes du Dauphiné, aux environs du Grand-Lemps, il se creuse entre deux collines boisées, et son embouchure est fermée par les ruines d'un vieux manoir qui appartenait à mon ami Aymon de Virieu. Nous allions quelquefois y passer des heures de solitude, à l'ombre des pans de murs abandonnés que mon ami se proposait de relever et d'habiter un jour. Nous y tracions en idée des allées, des pelouses, des étangs, sous les antiques châtaigniers qui se tendaient leurs branches d'une colline à l'autre...

C-A Costa de Beauregard