Jean Laran est un bibliothécaire, historien et historien de l'art français, né le à Castres et mort le à HossegorNotice d'autorité de la BnF. Directeur du Cabinet des estampes de 1940 à 1942, il est aussi administrateur par intérim de la Bibliothèque nationale en 1940 puis en 1944.
Conservateur des estampes
Après des études à l'École du Louvre, il entre au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale en . L'année suivante, il soutient une thèse sur les proportions de la statuaire romaneSIte du Comité départemental d'archéologie du Tarn. Il est nommé membre de la Commission supérieure des bibliothèques en 1931Bibliothèque de l'École des chartes, n°92, 1931, p. 444
Au cours de sa carrière, Jean Laran publie de nombreuses études. Certaines portent sur sa région natale : on lui doit notamment une étude sur la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi (1911). Mais c'est surtout à l'estampe qu'il consacre son travail. Il participe à l'organisation de plusieurs expositions de la Bibliothèque Nationale, il commence l'inventaire du fonds français pour les graveurs après 1800, et publie de nombreux articles scientifiques.
La guerre
Alors que Paul-André Lemoisne est responsable du dépôt de Castelnau (où sont envoyés des documents de la Bibliothèque Nationale afin de les préserver), Jean Laran se trouve conservateur en chef par intérim du Cabinet des estampes. Il est ensuite chargé d'administrer par intérim de la Bibliothèque nationale. Il occupe ce poste du au , à l'époque de la défaite militaire française, puisque l'administrateur Julien Cain, aussi secrétaire général du commissariat général (puis ministère) de l'Information, doit suivre le gouvernement. Le maréchal Pétain nomme à sa place Bernard FaÿMartine Poulain, Livres pillés, lectures surveillées. Les bibliothèques françaises sous l'Occupation, Paris, Gallimard, 2008, p. 80-81. Jean Laran est alors le nommé de manière définitive conservateur en chef du Cabinet des estampes; il remplit ces fonctions jusqu'à son départ à la retraite en .
Il est néanmoins rappelé comme administrateur par intérim pendant plus d'un an à la Libération, du au , en attendant le retour de Julien Cain de Buchenwald. Il doit alors mener à bien l'épuration et ramener la BN à un fonctionnement normal. Il supprime alors les départements créés par Bernard Faÿ qui ne lui semblent pas liés aux missions premières de la BN (Musée des Sociétés secrètes, Centre d'histoire française contemporaine)Martine Poulain, op. cit., p. 239-241.
Dans son ouvrage traitant des bibliothèques sous l'Occupation, Martine Poulain le considère comme le modèle du bibliothécaire juste, ayant refusé de quitter son poste, mais ayant toujours su exercer ses fonctions sans se compromettre avec l'occupant ou le pouvoirMartine Poulain, op. cit.. Le livre lui est dédié - ainsi qu'à Marcel Bouteron, Jenny Delsaux et aux Juifs spoliés - en tant que « bibliothécaire[...] qui su[t] distinguer le bien du mal ». L'auteur parle de « quelques grands personnages, courageux, justes, d'une finesse exquise, les Jean Laran, les Marcel Bouteron, délicieux érudits à l'éthique infaillible » (p. 14).
Jean Laran reprend ses travaux sur l'estampe, mais il meurt peu après, le .
Distinctions
(1948)
Références
Annexes Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Bibliothécaire français Catégorie:Élève de l'École du Louvre Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1948 Catégorie:Membre du Comité national de la gravure française Catégorie:Naissance en novembre 1876 Catégorie:Naissance à Castres Catégorie:Décès en août 1948 Catégorie:Conservateur à la Bibliothèque nationale de France Catégorie:Historien de l'estampe Catégorie:Décès à 71 ans