La fonction de maire a été créée en 1790 par l'Assemblée constituante, tout comme la notion politique et administrative de « commune ». Comme la plupart des autres villes, bourgs et villages, la commune de Draguignan a été créée sur la base des limites de la paroisse dracénoise et des usages immémoriaux.

Cette fonction fait suite aux fonctions des consuls et échevins.

Cet article concerne les maires qui ont présidé le conseil municipal de la ville depuis un peu plus de deux siècles et par voie de conséquence les résultats des élections municipales.

Maires sous la Révolution (1789-1799)

Cette période la Révolution française est marquée, dans le jeune département du Var créé en 1790, par des troubles politiques et sociaux importants. La Constitution civile du clergé, la conversion des louis et écus en assignats qui se dévalorisent rapidement en raison de l'inflation, sont les facteurs de mécontentements en Provence.

Même si le début de la Révolution française est tranquille à Draguignan, avec deux dracénois élus aux États généraux, l'année 1792 est en revanche moins calme, comme dans toute la France, avec le début des guerres révolutionnaires et la proclamation de la République. Maximin Isnard est élu maire de la commune et député à la Convention ; Draguignan s'affirme en ville girondine.

La situation politique troublée entraîne l'élection de 7 maires de 1790 à 1800.

Maires nommés et situation politique de 1800 à 1882

Vingt-six maires (dont Reboul-Taradeau à deux reprises), tous nommés par le pouvoir central, vont se succéder durant cette période :

* Charles Ricaud de 1800 à 1803

* Joseph Tournel de 1803 à 1807

Création de la place du marché, telle qu'on la connaît actuellement (après destruction d'un îlot central de maisons) Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 291, 2000, .

* Jean-Louis Jaubert de 1807 à 1808

* Désiré Reboul-Taradeau de 1808 à 1813

* Étienne de Berlier-Tourtour (Ultra-royaliste), de 1813 à 1814

* Claude-Auguste Jauffret (Ultra-royaliste), de 1814 à 1815

* Jean-Baptiste Hugou-Lange (Ultra-royaliste), de 1815 à 1820

* Marien Fauchier (Ultra-royaliste), de 1820 à 1821

* Désiré Reboul-Taradeau (Ultra-royaliste), de 1821 à 1830

En 1827 a lieu une « crue centennale », donc d'ampleur comparable à celle du , qui dévaste la ville et ses environs. Draguignan, protégée par ses remparts et beaucoup moins étendue qu'aujourd'hui, n'eut à déplorer que la mort de deux personnes (4 morts à Trans) Voir article détaillé.

* Victor Carle (orléaniste), de 1830 à 1832

* Jean-Pierre Poulle (orléaniste), de 1832 à 1834

* Honoré Ardoin (orléaniste), de 1834 à 1846

C'est sous son mandat que fut construite la première caserne de Draguignan, près du théâtre municipal (à la fin du siècle, elle sera nommée caserne Abel Douay) Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 101, 2000, . .

Un nouveau Palais de Justice est construit, inauguré en 1829.

En 1836, la ville se dote d'un grand théâtre, qui fonctionnera jusqu'en 1963, date de la construction d'un nouveau théâtre plus grand.

* Joseph Roque (orléaniste), de 1846 à 1846

Son départ, quelques mois à peine après son entrée en fonction, est dû au nivellement de la « rampe Bonfils » permettant la création de l'avenue Carnot. Les commerçants dracénois ne voulaient pas de la création de cette avenue, qui risquait de voir se déplacer le « centre de gravité » de la ville vers le sud. Afin de conserver de bonnes relations personnelles avec des amis commerçants, Joseph Roque choisit de démissionner.

* Charles Segond (orléaniste), de 1846 à 1848

* Aubin/Jouffret/Pellicot (période intérimaire, dirigée par la gauche républicaine), courant 1848

* Joseph Bernard (sans étiquette), de 1848 à 1849

* Honoré-Blaise Théüs (Bonapartiste), de 1849 à 1853

* Alexandre Bouyer (Bonapartiste), de 1853 à 1864

C'est sous son mandat que fut créée en 1855 la société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan et du Var, doyenne des sociétés intellectuelles du départementGeorges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 91, 2000, . .

Arrivée du chemin de fer, de l'éclairage au gaz, du télégraphe et scolarisation de plus en plus importante.

* Jean-Joseph Coulomb (Bonapartiste), de 1864 à 1865

* Jules Messonnier (Bonapartiste), de 1865 à 1870

Inauguration de l'église Saint-Michel entièrement reconstruite (1869).

* Félix Anglès (Républicain), de 1870 à 1874

Création d'un square en face de la préfecture ; ce square sera ultérieurement dénommé « Jardin Anglès ».

* Claude Lombart(sans étiquette)de 1874 à 1874

* Emmanuel Poulle (sans étiquette), de 1875 à 1876

* Antoine Boucharla (sans étiquette), de 1876 à 1876

* Achille Chaffary (Radical-socialiste), de 1876 à 1877

* Félicien Clavier (Radical-socialiste), de 1877 à 1878

* Honoré Samglar, de 1878 à 1878

* Oscar Michel, de 1878 à 1881

Maires élus et situation politique de 1882 à 1945

L'élection des maires à partir du début de 1882 change la donne politique : les dracénois ont désormais la parole. La ville vote globalement à gauche sous la troisième République, d'abord pour le parti radical de 1882 à 1912, puis pour la SFIO à partir de 1912. Le mandat des maires est de 4 ans de 1882 à 1930, puis de 6 ans après 1930.

Cinq maires marquent cette période.

Félicien Clavier (radical-socialiste) : maire de 1881 à 1912

« Recordman » des mandatures, il a été maire durant 31 ans. Une rue de la ville porte son nom. On accède au collège Ferrié, construit en fin de son dernier mandat, par cette rue. En 1890, un nouveau bâtiment accueille la bibliothèque municipale riche d'anciens manuscrits prestigieux, qui se trouve toujours au même endroit aujourd'hui. Installation de l'éclairage électrique.

Élections municipales de 1884

Résultats du premier tour ()

Résultats du second tour ()

Élections municipales de 1888

Résultats du premier tour () liste Clavier (républicains modérés) : 1 137 voix liste Verny (SFIO) : 584 voix

Il n'y a pas de liste conservatrice/monarchiste.

Résultats du second tour () : pas de second tour.

Élections municipales de 1892

Résultats du premier tour () : une seule liste de 23 noms, élue au premier tourCf « Le petit dracénois » du 8 mai 1892..

Résultats du second tour : pas de second tour.

Élections municipales de 1896

Résultats du premier tour ()

Résultats du second tour ()

Élections municipales de 1900

Résultats du premier tour ()

Résultats du second tour ()

Élections municipales de 1904

Résultats du premier tour () :

Résultats du second tour ()

À la suite de ces élections, Achille Ditgès est adjoint (il sera maire en 1919).

Élections municipales de 1908

Résultats du premier tour

Résultats du second tour

Faits marquants et réalisations entre 1881 et 1912

Installation en 1887 d'un kiosque à musique en haut des Allées d'Azémar Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 136, 2000, . .

Inauguration en 1909, par le président de la République Armand Fallières et du président du conseil Georges Clemenceau, du « Collège de garçons de Draguignan ». Il a reçu son nom « Collège Général Ferrié » en 1932. Ce collège a fêté son centenaire en 2009.

Construction du quartier Chabran entre 1908 et 1916, à usage militaireGeorges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 102, 2000, . .

Gustave Fourment (SFIO) : maire de 1912 à 1919

Élections municipales de 1912

Résultats du premier tour

Résultats du second tour

Faits marquants et réalisations entre 1912 et 1919

Période de marasme due à la guerre.

L'usine d'épuration des eaux, mise en chantier en 1913 au quartier du Salamandrier, devient opérationnelle au printemps 1916. Prévue pour une population de 9 000 habitants, elle fonctionnera jusqu'en 1962Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 15 et 16, 2000, . Dès 1908, un chercheur avait démontré que la si le taux de mortalité était de 1.90 % en France, il était de 2,84 % à Draguignan. Le 28.10.1910, les ponts et chaussées soumettaient un projet au conseil municipal ; le 26 octobre 1912, le plan définitif était approuvé. .

Achille Ditgès (radical-socialiste) : maire de 1919 à 1925

Achille Ditgès était maître d'hôtel, né à Draguignan le 27.10.1858 et mort à Châteauneuf-de-Grasse le 20.02.1951 Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 41, 2000, . .

Élections municipales de 1919

Résultats du premier tour ()

Résultats du second tour () Cf. «Le Petit Var» du 8 décembre 1919. Suffrages exprimés : 1 445 Bloc républicain modéré de A. Ditgès : 753 voix Bloc de gauche SFIO de Aiguier et Albert : 715 voix

Faits marquants et réalisations entre 1919 et 1925

Le préfet autorise l'ouverture d'un « dépotoir municipal » au quartier du SalamandrierGeorges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 17, 2000, . .

Mise en place de l'eau courante à domicile ; creusement des égouts en centre-ville ; installation des lignes téléphoniques

Joseph Collomp (SFIO) : maire de 1925 à 1940

Il est l'un des 80 députés qui votent contre l'attribution des pleins pouvoirs au maréchal Pétain en .

Élections municipales de 1925

Résultats du premier tour ()

Résultats du second tour ()

Élections municipales de 1929

Résultats du premier tour ()

Résultats du second tour ()

Élections municipales de 1935

Résultats du premier tour ()

Résultats du second tour ()

Faits marquants et réalisations entre 1925 et 1940

Achat en 1928 par la mairie d'un projecteur de cinéma, et premières représentations cinématographiques (muet) au théâtre (ancien théâtre) de la ville. Les séances avec des films « parlant » ont lieu à partir de 1931Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 128, 2000, .. Construction des premières HLM (« Habitations Bon Marché ») dans la rue de Trans (1930) Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 18, 2000, . . Acquisition d'un camion pour le balayage des rues et de l'enlèvement des ordures ménagères du centre-ville (1929) ; acquisition d'une benne à ordures et d'une voiture à cet effet (1935) Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 26, 2000, . . La mairie doit faire face à la faillite de la banque Isnard ; cette faillite, en 1931, lèse un millier de créanciers. Installation de l'éclairage public, tout d'abord sur le boulevard Clemenceau au niveau du Crédit Lyonnais et aux allées d'Azémar (1933), puis sur tout le boulevard Clemenceau et sur les rues adjacentes (1934) Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 22, 2000, . . Construction en 1936 de la première piscine municipale d'été, située route de la garrigue (aujourd'hui avenue Alphonse Daudet) ; longueur du bassin : 33,33 m, volontairement conçu aux dimensions olympiquesGeorges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 30-31, 2000, . Draguignan, tome 2, Charles Clairici et Carine Leiser, éditions Alan Sutton, , 2010, .. Installation de la première cabine téléphonique automatique, près de la poste centrale, en 1937Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », , 2000, . .

Fernand Escullier (pétainiste) : maire de 1941 à 1944

Le , le conseil municipal de Draguignan est suspendu par un décret du maréchal Pétain, qui nomme en substitution une « délégation spéciale » composée de 4 membres et d'un président, Fernand EscullierNé en 1887, décédé en 1966., professeur retraité de l'école normale d'instituteurs Georges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 42, 2000, . . Escullier est officiellement nommé maire le , et rebaptise certains lieux publics : ainsi le collège Ferrié devient le collège Général-Ferrié, et l'avenue Jaurès devient avenue du Maréchal-Pétain.

Le Sporting Club de Draguignan est créé le , avec la fusion de l'Olympique dracénois et du Sporting clubGeorges Gayol, « C'était notre Draguignan (1925-1955) », p. 138-139, 2000, . .